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Cours Terminale

Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 21:29

 

 

LA CONSTRUCTION DE L’EUROPE DE L’OUEST DE 1945 A 1989

 

« Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre vous paraîtra aussi absurde et aussi impossible entre Paris et Londres, entre Petersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le véritable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le Parlement est à l'Angleterre, ce que la Diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France. »

            Victor Hugo, Discours inaugural du congrès de la Paix, Paris, 21 août 1849.

 

Introduction : Victor Hugo espérait dès le XIX siècle la constitution des Etats-Unis d’Europe. Aristide Briand l’a proposé pendant l’entre-deux-guerre. Leur but était la paix entre les peuples européens. 

            Les massacres de la seconde Guerre mondiale et la menace soviétique rendent nécessaire l’association des paix européens pour éviter de nouveaux conflits internes et pour contrer la menace soviétique. 

            Après 1945 en effet, l’Europe est divisée en deux : les pays à l’est de l’Europe rentrent sous domination de l’URSS et deviennent des satellites sans liberté. Les pays à l’ouest du continent s’organisent librement.

 

Problématique :

* Comment des peuples qui se sont déchirés pendant des siècles ont-ils réussi à s’unir autour de valeurs communes ?

* Comment s’est effectuée la construction européenne à l’ouest du continent pour préserver la paix et la liberté ?

 

 (   Annonce du plan : Au départ, simple projet de coopération dans le cadre de la guerre froide, la construction européenne permet vite à l’Europe de l’Ouest de reprendre son indépendance et de se renforcer.  )

 

2 à 3 heures

 

Construction européenne procède de plusieurs facteurs : idéal qui associe rejet des « guerres civiles » européennes et recherche d’un modèle, une réaction à la menace soviétique, une volonté d’utilisation de la puissance de la communauté au service des politiques nationales. Elle se traduit par la mise en place d’une politique d’intégration et de convergence.

 

 

 

Axe d’analyse :

* réconciliation franco-allemande

* Pères fondateurs de l’Europe : Adenauer ; Monnet, Schumann (cf. 2 page 220)

* axe franco-allemand : De Gaulle et Adenauer 4 page 221 (divergences de vue)

* page 226 : coupe franco-allemand

 

I. Comment l’Europe occidentale peut-elle se relever et faire face au bloc soviétique ? (1945-1972)

 

Introduction : La construction européenne procède de plusieurs facteurs : en particulier un idéal qui associe rejet des « guerres civiles » européennes et recherche d’un modèle, ainsi qu’une réaction à la menace soviétique,

 

            A. En quoi l’Europe est-elle un continent divisé et dominé au lendemain de la seconde Guerre mondiale ?

 

Carte 1 page 23 : L’Europe en 1945

En quoi l’Europe est-il un continent divisé et dominé ?

_ Le continent européen est divisé après la seconde Guerre mondiale entre l’URSS dominant les démocraties populaires à l’est du rideau de fer, et les pays de l’ouest sous protection américaine. En effet l’expansion communiste de l’URSS de Staline menace l’Europe de l’ouest.

_ La protection américaine s’exerce, conformément aux décisions prises à la conférence de Yalta (1945), sur l’ouest de l’Europe. L’aide et la protection américaine s’exercent à travers le plan Marshall (1947) et celle de l’OECE (1948), la création de l’OTAN (1949).

* L’OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique) est créée le 16 avril 1948. Cet organisme gère l’aide du plan Marshall (12 milliards de dollars fournis en quatre ans aux seize pays qui l’ont accepté).

* L’OTAN est le traité d’alliance défensive entre les pays des deux rives de l’Atlantique Nord. Tout pays agressé reçoit le soutien des autres.

 

_ La réaction à la menace soviétique conduit à la recherche d’un modèle démocratique unissant les pays européens. Face à l’idéologie communiste le Conseil de l’Europe (création en mai 1949) réaffirme les valeurs démocratiques occidentales.

* Le Congrès de La Haye avait appelé en mai 1948 à la constitution des Etats-Unis d’Europe. (Les 800 délégués de 19 pays, sous l’initiative de Winston Churchill, se sont déclarés favorables à ce projet.)

* Le Conseil de l’Europe comporte 10 puis rapidement 21 membres (tous les pays d’Europe occidentale). Son rôle est de défendre la démocratie et de promouvoir la coopération dans les domaines de la culture et de la justice. Pour cela le Conseil de l’Europe bénéficie de plusieurs institutions : une Assemblée consultative siégeant à Strasbourg, et un conseil des ministres représentant les gouvernements.

 

 

 

_ La réconciliation franco-allemande est un des moteurs de la construction européenne, par la volonté d’éviter de nouvelles guerres.

  

            B. Quelles sont les origines de la construction européenne ?

 

                        1. Quel est le rôle de la CECA dans le rapprochement franco-allemand ?

 

Texte page 214 : La déclaration Schuman, fondation de la CECA (1950)

Question 2 page 214 : Quel est le but premier de la CECA ? Comment y parvenir ? Pourquoi peut-on qualifier la méthode choisie de pragmatique ? En quoi ce texte est-il marqué par le contexte de guerre froide ?

Le document reprend ce que l’on peut considérer comme le texte fondateur de la construction européenne. L’initiative de créer la Communauté européenne du charbon et de l’acier revient à la France (Robert Schuman et Jean Monnet).

* Très clairement, l’objectif de la CECA est le maintien de la paix.

* Il s’agit en plaçant sous une autorité supranationale les productions de charbon et d’acier de rendre impossible toute guerre future entre la France et l’Allemagne en créant une « solidarité de production ».

* L’objectif est ambitieux et global mais la mise en œuvre est pratique. Il s’agit de ne pas brusquer les nations en évoquant des « Etats-Unis d’Europe » à la manière de Briand en 1929, il s’agit au contraire de se cantonner à un domaine limité mais décisif. On voit dans cette approche la touche personnelle de Jean Monnet (Commissaire au plan) qui est persuadé que seules des solidarités de fait peuvent permettre de bâtir l’Europe, non des approches théoriques.

* Pour ne pas braquer l’URSS, hostile à tout ce qui s’apparente à un rattachement de l’Allemagne à l’Ouest. Schuman indique que la production commune sera offerte « à l’ensemble du monde sans distinction ».

 

         LIEN VIDEO : Les pères de l'Europe : Jean Monnet : http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/42-citoyennete/104359-reportage-les-peres-de-leurope-jean-monnet

 

_ Dès le 9 mai 1950 deux pères fondateurs de l’Europe Jean Monnet et Robert Schuman proposent à la France et à l’Allemagne de mettre en commun la production de charbon et d’acier, nécessaire à la reconstruction et à l’industrie de guerre.

_ La CECA désigne la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Elle est fondée le 18 avril 1951 par le traité de Paris avec les trois pays du Benelux, la France, la RFA et l’Italie. 

_ Le but de tels accords est de promouvoir la paix entre pays européens en favorisant le rapprochement des pays d’Europe occidentale sur des bases économiques.

_ La CECA est condamnée par l’URSS est en proie à l’hostilité de la Grande-Bretagne.

Jean MONNET (p. 207)

Robert SCHUMAN (p. 207)

 

Affiche 3 page 215 : Affiche française en faveur de la CED (1951-1954)

Question 3 page 215 : Décrivez et analysez le document. Pourquoi le parallélisme suggéré peut-il être choquant pour la population française ?

* Le document est une affiche sur fond rouge sang qui montre les croix allemandes et françaises des soldats morts à la guerre (trois guerres franco-allemandes sont évoquées avec trois dates : 1870-1871, 1914-1918, 1939-1945). On voit les civils malheureux de chaque camp : femmes et enfant.

* Le parallélisme opéré entre les souffrances des civils des deux camps peut choquer l’opinion française car les Allemands sont tenus responsables des conflits et ont montré de la cruauté envers les civils dans l’occupation des territoires français.

 

_ Le projet de rapprochement des nations européennes autour d’une coopération militaire échoue avec le rejet par les Français de la CED (Communauté Européenne de Défense). La France est à l’origine en 1952 d’un traité prévoyant la création d’une armée européenne. Mais le 30 août 1954 l’Assemblée nationale française rejette ce traité.   

                       

                        2. Quels sont les buts de la CEE ?

 

Texte 4 page 215 : Résolution de la Conférence européenne de Messine (1955)

Question 4 page 215 : Quels sont les objectifs à long terme de la création d’un Marché commun ? Pourquoi est-ce un prolongement logique du choix fait en 1950 avec la CECA ?

            Il faut souligner ici que la conférence de Messine fait suite à l’échec de la CED. On voit clairement que les Européens font alors un retour vers l’Europe économique, seule capable d’être réalisée en l’état actuel des opinions. On trouve dans ce texte, comme pour la CECA, l’idée que la construction européenne doit aboutir à une amélioration du niveau de vie de la population. Il ne s’agit plus seulement du charbon et de l’acier mais de la « fusion progressive des économies nationales ». L’objectif ambitieux est de relever l’Europe et de lui rendre « son influence et son rayonnement ». Il faut rappeler qu’à cette époque, les Etats-Unis soutiennent ardemment toutes ces initiatives. En 1957, le traité de Rome (création de la Communauté économique européenne) est l’aboutissement des négociations ouvertes après la conférence de Messine.

 

_ En juin 1955 la conférence de Messine réunit les ministres des affaires étrangères des six pays de la CECA. Sous l’impulsion de Jean Monnet est crée un Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe. Après l’échec de la CED la Conférence de Messine opère un retour vers l’Europe économique. Le but est de parvenir par la construction européenne à l’amélioration du niveau de vie de la population.

_ Les pères de l’Europe sont les Français Jean Monnet et Robert Schuman, l’Allemand Konrad Adenauer ou le Belge P. H. Spaak.

 

  LIEN VIDEO : Les couples franco-allemand : http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/25-histoire-geoetcivilisations/104361-reportage-les-couples-franco-allemands-peres-de-leurope

 

 

Konrad Adenauer (1876-1967) :

Un des « père fondateurs » de la construction européenne.

1916-1933 : Maire de Cologne

1933 : Opposant au nazisme, il est chassé de sa mairie

1945-1949 : Fonde la Parti chrétien-démocrate à la politique extérieure résolument européenne et pacifiste.

1949-1963 : Chancelier de la RFA, il s’efforce de restaurer l’économie de son pays et de l’intégrer dans l’Europe de l’Ouest.

 

 

Texte page 230 : Préambule du traité de Rome, 25 mars 1957

Questions 1 à 5 page 230

1. Présentez le document

            Ce document est un texte officiel. Il s’agit du préambule au traité de Rome instituant une Communauté économique européenne (CEE), on peut rappeler qu’un second traité a été signé à Rome qui institue Euratom (marché commun nucléaire). Ce document est signé par six pays fondateurs : Belgique, Pays-Bas, France, RFA, Italie et Luxembourg. Cette signature est le fruit de la crise provoquée par l’échec de la CED en 1954 qui rend nécessaire une relance européenne. Trois hommes s’y attachent : Jean Monnet, Jean Beyen (ministre des affaires étrangères néerlandais), P. H. Spaak (président belge de l’assemblée de la CECA).

            Le traité de Rome est aussi le fruit du rapprochement franco-allemand (arrivée au pouvoir de l’Européen convaincu Guy Mollet, règlement de la question sarroise) et du contexte international marqué par la décolonisation qui débute, par l’échec de Suez qui fait prendre conscience aux Français de leur impuissance désormais face aux Etats-Unis et à l’URSS et par les événements de Budapest qui ravivent l’anticommunisme dont on sait qu’il est un puissant facteur de la construction européenne.

 

2. Quels sont les buts essentiels assignés à la CEE ?

On peut distinguer deux types d’objectifs : économique et social, politique et diplomatique. D’abord, la CEE a pour vocation d’assurer « le progrès économique et social » et « l’amélioration constante des conditions de vie et d’emploi ». Il faut rappeler que cet objectif est une des raisons d’être originelles de la construction européenne. Ensuite, il s’agit bien de stabiliser l’Europe et de sauvegarder « la paix et la liberté ». Il faut replacer cette phrase dans le contexte international et souligner la permanence de l’idée selon laquelle la prospérité garantit la liberté politique (cf. plan Marshall). Nous retrouvons donc bien dans ce texte les motivations premières de la construction européenne qui trouvent leur source dans le libéralisme, le christianisme social et le socialisme démocratique. On peut d’ailleurs rappeler que les « pères » de la CEE (les auteurs du mémorandum qui a servi de base à la conférence de Messine) sont issus tous les trois de ces courants politiques : Beyen (libéral), Bech (démocrate-chrétien) et Spaak (socialiste).

 

3. Comment y parvenir ?

            Il faut « renforcer l’unité [des] économies ».Pour ce faire, la libre circulation des produits doit être encouragée ce qui implique : « la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux », c’est-à-dire l’abaissement des tarifs douaniers et de toutes les entraves au commerce (protection non tarifaire) afin de constituer un vaste marché commun. Une période de transition de 12-15 ans est prévue par ailleurs pour réaliser cet objectif. En outre, ce vaste marché commun doit posséder un tarif extérieur commun (« politique commerciale commune »).

            Le deuxième moyen est l’élaboration de politiques économiques communes. Le texte parle d’une « action concertée pour garantir la stabilité dans l’expansion ». Il faut souligner que c’est à l’initiative de la France (G. Mollet) que ce type de préoccupation est introduit. Les Français ne veulent pas entendre parler de marché commun si ce n’est fait pour harmoniser et égaliser les conditions de la concurrence.

 

4. Expliquez l’attention portée aux pays d’outre-mer.

Les « pays d’outre-mer » dont il est question, ce sont les territoires sous administration française et belge en Afrique pour l’essentiel. La France a particulièrement pesé pour les inclure dans l’accord. En effet, en 1957, le problème colonial est encore largement appréhendé en terme de puissance. L’idée est donc d’intégrer les pays d’outre-mer pour éviter une rupture induite par le tarif douanier commun européen. En outre, l’objectif étant « d’assurer le développement de leur prospérité, la France voit l’occasion de partager avec ses partenaires les investissements coloniaux. Cette association des territoires d’outre-mer est décidée pour une période d’essai de cinq ans. Nous pouvons indiquer que ces exigences françaises ont pesé lourdement dans la dernière phase du débat contribuant à replacer la France au centre de la négociation alors qu’elle était disqualifiée depuis l’échec de la CED.

 

5. En quoi ce texte est-il fondateur ?

Le texte est fondateur car il institue une nouvelle communauté. Mais surtout, il est une étape majeure. Il survient après l’échec de la CED et montre que la volonté européenne existe bel et bien : « déterminés à établir les fondements d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ». En outre, le texte est aussi un appel à un futur élargissement : «appelant les autres peuples de l’Europe qui partagent leur idéal à s’associer à leur effort ». Il faut rappeler que le Royaume-Uni a tenté de contrer la mise en place de la CEE en proposant une Zone de libre-échange (ZLE ou AELE).  

 

_ Le traité de Rome permet de relancer la construction européenne après l’échec de la CED. Le 25 mars 1957 est signé le traité de Rome fondant la Communauté économique européenne (CEE) entre six pays : la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la France et l’Allemagne, l’Italie.

_ Dans le même temps la CECA est poursuivie, et l’Euratom (coopération sur le nucléaire civil) est crée.

_ Le Royaume-Uni est hostile à ce processus et crée l’AELE (Association Européenne de libre-échange)

 

Par M. Martineau - Publié dans : Cours Terminale
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 12:17

 

 

II. La période post Guerre froide est-elle celle de l’instauration d’un nouvel ordre mondial ou d’un désordre international ?

 

            A. Comment s’élabore un nouvel ordre mondial ? (1991-2001)

 

                        1. En quoi les Etats-Unis exercent-ils le rôle de « gendarme du monde » ?

 

Cf. cours géographie : la superpuissance américaine.

 

 

_ La fin de la guerre froide soulève l’espoir d’un « nouvel ordre mondial » basé sur le droit international porté par l’ONU.

 

Nouvel ordre mondial : employée par Georges H Bush, président des Etats-Unis de 1988 à 1992, l’expression renvoie à la vision d’un ordre international fondé sur le respect du droit et le primat de l’ONU.

 

 

Texte page 132-133 : L’Empire bienveillant

Question 1 : Présentez le document

 

Question 2 : Quel jugement R. Kagan porte-t-il sur la puissance américaine ? Qu’entend-il par l’expression « hégémonie bienveillante » ?

 

Kagan ne croit pas à la l’efficacité d’un système multipolaire (dont l’ONU serait le cadre).

Son analyse est déterminée par un postulat :la croyance, très profondément ancrée dans la culture américaine selon laquelle les Etats-Unis (démocratie, valeurs fondatrices, combats contre le nazisme, le communisme) appartiennent au camp du « Bien ».

 

Question 3 : Sur quel élément de la puissance R. Kagan construit-il son raisonnement ?

Vision « néo-impérialiste »

Dimension militaire

 

Question 4 : Pourquoi n’y a-t-il pas d’alternative à l’hégémonie des Etats-Unis d’après l’auteur ?

Dans cette optique, les Etats-Unis, forts de leur puissance militaire, ont seuls la capacité opérationnelle d »imposer le règlement de certains conflits (et non l’ONU).

 

 

_ Les Etats-Unis sont désormais la seule superpuissance. Par sa position hégémonique dans un monde unipolaire elle est une hyperpuissance.

 

                        2. Quel est le rôle des institutions mondiales ?

           

Ensemble documentaire pages 134-135 : Quel rôle pour l’ONU aujourd’hui ?

Question 2 page 135 : Dans quelles parties du monde les soldats de l’ONU sont-ils majoritairement déployés ? Quel est leur rôle ?  (doc. 1, 2 et 3)

            Le Conseil de sécurité approuve les opérations de maintien de la paix (OMP), dont il définit la portée et le mandat dans le cadre de ses initiatives en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. La plupart des opérations sont de nature militaire (surveillance d’un cessez-le-feu, création d’une zone tampon, etc.). Depuis le premier déploiement par l’ONU de soldats du maintien de la paix en 1948, 123 pays ont volontairement fourni plus de 750 000 militaires et policiers civils sur plus de 50 opérations de maintien de la paix.

            Ces interventions se sont considérablement diversifiées depuis 1991 puisque, désormais, des OMP font appel à des policiers civils ou à du personnel civil chargé de contribuer à l’organisation d’élections (Cambodge), de surveiller le respect des droits de l’homme, d’assurer une assistance humanitaire (Rwanda). Les dernières interventions au Timor et au Kosovo sont plus ambitieuses puisqu’il s’agit de construire un Etat (« state-building »).

            Ces OMP interviennent dans les zones de conflits héritées de la guerre froide, elles nécessitent alors un consensus entre les deux Grands, en Afrique, en Asie du Sud et Pacifique et en Amérique centrale.

 

_ L’ONU réalise des opérations de maintien de la paix. Depuis 1991, ces opérations sont de natures variées et emploie du personnel civil: assistance humanitaire au Rwanda, organisation d’élections au Cambodge, construction d’un Etat au Timor. Le principe d’ingérence humanitaire est adopté et légitime de plus nombreuses interventions.

_ Au niveau judiciaire le droit international progresse, avec la création d’un Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie en 1993 (comparution de Slobodan Milosevic devant la Haute Cour en 2001), un tribunal est également crée pour le Rwanda en 1994. Une Cour pénale internationale est créée en 2002 pour le jugement de crimes contre l’humanité. Mais, les Etats-Unis, la Chine, les pays du Proche-Orient ne reconnaissent pas son autorité.

 

Question 3 page 135 : Quels nouveaux défis l’ONU doit-elle relever au XXI siècle ? Doc. 1 et 4

            Dans sa déclaration du Millénaire, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, établit de nouveaux objectifs pour l’ONU : le développement humain, les droits de l’homme, le droit de générations future, etc. De fait, les organismes des Nations unies (nébuleuse institutionnelle du Conseil économique et social) consacrent 70% de leurs activités à la réalisation de ces objectifs. L’ONU se fait l’interprète des nouvelles préoccupations internationales comme le développement durable.         

 

_ L’ONU consacre 70% de ses activités à la protection des droits de l’homme, au développement durable, au maintien de la paix.

 

Question 5 page 135 : Quel obstacle l’ONU doit-elle surmonter pour remplacer ses missions ? (Doc. 4 et 5 )

            Le duopole américano-soviétique n’a pas permis à l’ONU de remplir sa mission originelle durant la guerre froide (consensus nécessaire du Conseil de sécurité et droit de veto). Avec la décolonisation, l’ONU est devenue, dans les années 1960-1970, un forum du dialogue Nord-Sud, les questions de développement prenant le pas sur les problématiques de maintien de la paix. « L’embellie » du début des années 1990 n’est qu’illusoire au regard de cet objectif initial (leadership américain en ex-Yougoslavie et dans l’après 11 septembre). L’ONU bute sur le principe de souveraineté des Etats (qui est, à l’origine, le cadre territorial de son action) et sur les intérêts des grandes puissances. Son statut d’arbitre impartial, au-dessus des Etats, lui confère a posteriori sa légitimité juridique mais l’oblige à dépendre des grandes puissances pour l’application du droit international.

 

_ L’ONU  a été qualifié de « machin » par le général de Gaulle en raison de son impuissance durant la Guerre froide (1947-1991) à cause du droit de veto des membres du Conseil de sécurité. Dans les années 1960-1970 l’ONU devient la tribune des pays du Sud pour promouvoir la décolonisation. De 1991 à 2001 l’ONU porte des espérances d’établissement d’une paix mondiale.

_ L’ONU multiplie les interventions dans la décennie suivant la fin de la Guerre froide : en Somalie en 1992 pour résoudre la famine et la guerre civile ; à Haïti en 1994 pour renverser le président Aristide et établir la démocratie, autorisation donnée à la France d’utiliser « tous les moyens » en 1994 pour faire cesser le génocide des Tutsis envers les Hutus (800 000 victimes,  2 millions de réfugiés au Congo).

_ De nombreux obstacles entravent l’efficacité de l’action de l’ONU : principe de souveraineté des Etats, intérêts des grandes puissances, dépendance de l’ONU par rapport aux Etats pourvoyeurs de troupes de casques bleus, position dominante et inquiétante des Etats-Unis après le 11 septembre 2001.

 

 4 page 127 : La difficile application de l’accord de Kyoto

Question 4 page 127 : A quel problème le protocole de Kyoto tente-t-il d’apporter une solution ? Quels obstacles empêchent son application ?

            En un siècle, les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté de 50% avec comme principale conséquence l’augmentation des températures et du niveau des eaux.

            En 1997, les représentants de 159 pays approuvent le protocole de Kyoto, engageant 38 pays industrialisés à réduire leurs émissions de six principaux gaz à effets de serre (GES) de 5% en moyenne entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. Il fixe des valeurs limites juridiquement contraignantes pour les émissions de GES des pays industrialisés. L’entrée en vigueur du protocole dépend de sa ratification par 55 pays responsables de 55% des émissions en 1990. Il est entré en vigueur en février 2005 et a été ratifié à cette date par 156 pays sur 192, mais les Etats-Unis et l’Australie ne sont pas signataires.

 

            B. Quels sont les foyers de tensions et les incertitudes d’ « une période de « nouveau désordre mondial ? » (2001 à nos jours)

 

                        1. Pourquoi « la poudrière des Balkans » montre les déchirements et l’impuissance des Européens ?

 

Photographie 1 page 122 : La guerre en Bosnie : la ville de Sarajevo en ruines, 4 août 1993

Question 2 page 123 : Montrez que la ville bosniaque de Sarajevo est devenue le symbole de la cruauté d’une guerre au cœur de l’Europe.

            Le 25 juin 1991, la Croatie et la Slovénie proclament unilatéralement leur indépendance, entraînant l’intervention de l’armée fédérale. Ils sont suivis par la Macédoine en septembre 1991.

            En décembre 1991, l’Allemagne reconnaît officiellement la Croatie et la Slovénie, poussant la Communauté européenne à faire de même le 15 janvier 1992. La Bosnie-Herzégovine se proclame indépendante en avril 1992 mais s’embrase aussitôt, les Bosno-Serbes de Karadzic et Mladic appuyant l’armée « fédérale » de Belgrade (la Serbie et le Monténégro regroupés dans la république fédérale de Yougoslavie) pour créer une république serbe autonome jouxtant le Serbie. Pratiquant la conquête de territoires, le « nettoyage ethnique » en Bosnie mais aussi en Croatie, les Serbes et les Bosno-Serbes restent sourds aux condamnations de la communauté internationale malgré le déploiement des Casques bleus.

            Au cœur de la guerre de Bosnie, le siège de Sarajevo, le plus long de l’histoire contemporaine (2 mai 1992-26 février 1996) est avec ses 10 000 morts et ses 50 000 blessés, le symbole de l’affrontement ethnique dans l’ex-Yougoslavie. Le siège est filmé, photographié et décrit dans des reportages de guerre. Sarajevo devient une ville martyre. Mais elle incarne également le symbole de la résistance culturelle à la guerre.

           

_ Après la mort du dirigeant communiste Tito l’Etat pluri ethnique de Yougoslavie implose. La Croatie et la Slovénie déclarent leur indépendance le 25 juin 1991, la Macédoine en septembre 1991. Les Serbes réagissent en utilisant l’armée fédérale dominée par les Serbes.  Ils font la conquête de territoires et pratiquent un « nettoyage ethnique » en Bosnie et en Croatie. La communauté internationale est impuissante face à ces massacres, en particulier l’Union européenne.

_ Les Etats-Unis interviennent avec l’OTAN. Les Casques bleus se déploient alors que le Tribunal pénal pour l’ex Yougoslavie se créent en 1993. En 1995 les accords de Dayton mettent fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine.

 

Question 3 page 123 : Comparez la carte des nationalités en 1989 et celle de 1995. En quoi l’accord de Dayton entérine-t-il le « nettoyage ethnique » ?

 

 

                        2. Quelle est l’histoire des conflits israélo-arabe ?

 

Carte 2 page 118 : Israël-Palestine, 50 d’affrontements

Question 2 page 119 : Quelles sont les conséquences territoriales de la guerre de 1948-1949 pour Israël ? Pour les Palestiniens ? Quelle est la conséquence territoriale de la guerre de 1967 ? Quelles sont les conséquences du processus de paix de 1993 ? Montrez que l’on est passé d’un conflit israélo-arabe à un conflit israélo-palestinien.

            La proclamation par David Ben Gourion de l’Etat d’Israël (15 mai 1948) marque le début de la première guerre israélo-arabe. Les armées de l’Egypte, du Liban, de la Syrie, de l’Irak et de la Transjordanie (aujourd’hui Jordanie) envahissent le territoire de l’Etat hébreu dès le lendemain.

            La première guerre israélo-arabe permet au nouvel Etat israélo-arabe permet au nouvel Etat israélien d’étendre les territoires sous son contrôle au sud (jusqu’au désert de Néguev), à l’est (à la mer Morte) et au nord (jusqu’à la frontière libanaises). Dès avant la décision prise par l’ONU de partager la Palestine entre deux Etats, juif et arabe, des combats sporadiques opposent régulièrement les colons juifs, dont les premiers sont installés depuis 1880, et les Palestiniens arabes.

            Durant les hostilités, plus de 700 000 Arabes fuient le territoire de l’Etat hébreu pour se réfugier en Syrie, au Liban et en Transjordanie (c’est Naqba, « catastrophe » en arabe). Maintenus dans des camps de réfugiés, les Palestiniens voient leurs territoires administrés par l’Egypte (bande de Gaza) et la Jordanie (Cisjordanie, Jérusalem-Est).

            A l’issue de la victoire israélienne de 1967 sur les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes, la bande de Gaza, le plateau du Golan, la Jordanie et Jérusalem-Est passent sous contrôle israélien. Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité adopte la résolution 242, qui prévoit la fin de l’état de guerre et le retrait des troupes israéliennes des territoires qu’elles occupent. C’est la naissance des territoires occupés.

            Avec la paix signée entre l’Egypte et Israël (1979), la première Intifada (« guerre des pierres ») dans les territoires occupés (1987) et les accords d’Oslo (1993), le conflit israélo-arabe, inter-étatique, devient un conflit israélo-palestinien, d’essence infra-étatique. Les territoires occupés (Gaza et Cisjordanie) offrent une base territoriale à la future Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat. Si la « cause palestinienne » continue à cimenter un monde arabe en mal d’unité, force est de constater que le conflit israélo-palestinien conserve surtout sa portée internationale par le biais de liens transnationaux (terrorisme islamiste). 

 

 

Le conflit israélo-arabe comporte plusieurs étapes

1) La Guerre des Six jours en 1967

_ Le 28 mai 1964, est créée l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) dirigée par Yasser Arafat. En octobre, l’OLP est reconnue par l’ONU.

 

Le 18 mai 1967, Nasser demande à l’ONU le retrait des Casques bleus mis en place en 1956, ce qui lui est accordé dès le 21 mai. Le 22, Nasser bloque l’entrée du Golfe d’Aqaba à tout navire israélien et à tout navire transportant des produits stratégiques à destination d’Israël.

Se sentant à nouveau menacer, Israël décide une guerre préventive en 1967.

Le 5 juin, l’aviation égyptienne est détruite au sol ; Israël s’empare du Sinaï, de Jérusalem Est, de la Cisjordanie et du plateau du Golan syrien.

Le 8 juin, l’Egypte accepte le cessez-le-feu, suivie le 10 juin par la Syrie. La guerre a duré 6 jours.

L’Etat d’Israël passe de 20 800 Km2 à 102 400 Km2. Le 23 juin, le parlement israélien vote l’annexion de Jérusalem est malgré les protestations de l’ONU et des grandes puissances, Israël refuse d’exécuter la résolution 242 de l’ONU (nov. 67) lui ordonnant d’évacuer les territoires occupés.

La guerre de six jours augmente la résistance palestinienne depuis leurs bases du Liban, de Syrie et de Jordanie. Chaque agression contre l’Etat d’Israël se solde par de violentes ripostes israéliennes.

En Jordanie et au Liban, les résistants palestiniens se comportent comme un Etat dans l’Etat d’où des accrochages avec l’armée libanaise, mais surtout avec l’armée jordanienne qui en écrase un certain nombre en 1970 (d’où naissance d’un mouvement terroriste : Septembre Noir). Les Palestiniens, pour que le monde n’oublie pas leur cause, se lancent alors dans le terrorisme à grande échelle (piraterie aérienne et prise d’otages).

2) La guerre du Kippour

En 1970, mort de Nasser et prise de pouvoir d’Anouar El Sadate qui annonce régulièrement la revanche sur le désastre de 1967.

Le 6 octobre 1973, en plein Ramadan et le jour du jeûne juif du Yom Kippour, l’Egypte attaque brusquement Israël. L’armée égyptienne pénètre dans le désert du Sinaï et bouscule l’armée israélienne. De son côté, l’armée syrienne pénètre sur le plateau du Golan.

Le 15, percée de l’armée israélienne qui franchit le canal de Suez.

Le 22, face à une situation redevenue critique, Sadate accepte le cessez-le-feu, voté par le Conseil de sécurité. L’ONU sous la pression des EUA met en place une nouvelle force d’interposition.

En réaction, les pays arabes décident d’utiliser l’arme pétrolière, et dès le 16 octobre, le baril de pétrole passe de 3 à 5 dollars, menaçant d’embargo tous les amis d’Israël. En décembre le baril de pétrole atteint 12 dollars. La guerre du Kippour a démontré la combativité des Arabes, le fait que l’armée israélienne n’est pas invincible, mais le problème palestinien demeure entier.

 

                        3. Comment émerge et s’affirme l’islamisme ?

 

Affirmation à la partir de la fin des années 1970 de l’islamisme sous différentes formes.

                                   a. Quelles définitions donner de l’islamisme ?

 

Question 2 page 125 : Quel autre aspect de l’islamisme est représenté sur cette photographie ?

            Le port du voile ne naît pas dans les pays musulmans avec l’islamisme mais, si cette pratique et la forme prise par ce voile sont fortement liées aux traditions locales, l’arrivée au pouvoir des islamistes est toujours marquée par son obligation. Ainsi, en 1979, le clergé chiite impose le port du tchador (niqab au Maghreb qui ne laisse que deux « trous » pour les yeux »). Ce grand voile est complété par une étoffe ne laissant apparaître qu’une fente pour les yeux.

            En 1996, les Talibans afghans imposent la burqa, à l’origine, le vêtement traditionnel de certaines tribus pachtounes afghanes. Ce long voile, de couleur bleu ou marron, couvre complètement la tête et le corps des femmes. Un grillage cache les yeux. Promu par les Frères musulmans égyptiens, le hijab, voile qui cache les cheveux, les oreilles et le cou, et ne laisse voir que l’ovale du visage, tend à se généraliser dans le monde musulman.

 

_ L’islamisme est une forme de totalitarisme qui désire contrôler tous les aspects de la vie de la personne, ainsi que ses pensées, au nom d’une idéologie religieuse.

_ La vie des personnes doit obéir à la Charia (loi islamique). La Charia se base sur le livre saint des musulmans : le Coran, et constitue un code pour la vie sociale, politique…

_ L’islamisme est intolérant et porte donc en elle la violence par l’utilisation de la « Jihad » (guerre sainte), qui a pour but de tuer ou de forcer à la conversion les ennemis (hérétiques ou infidèles) de l’Islam.

_ Les interdits sont nombreux et variés : alcool, mixité, mais aussi tabac et jeux de hasard, la musique ou encore le cinéma ; de même sont rejetés la pensée scientifique, la démocratie et la liberté (inventions humaines contraires au Coran). Enfin, les femmes doivent être totalement soumises  et l’antisémitisme est un principe !

 

 

 

*  Le wahhabisme :

Conception conservatrice, très dogmatique et particulièrement puritaine de l’Islam, mais sans contestation de l’ordre politique, né en Arabie, créé par Abd Al Wahhab (1720-1792) censée être celle des "salafi" (successeurs de Mahomet)

Les Wahhabites prônent le « tahrib » (la contrainte) pour imposer l’islam

* Le Salafisme

De Salaf, ancêtre, il prône aussi le retour au chemin des ancêtres, aux valeurs les plus authentiques de l'Islam.

Interprétation figée des textes sacrés, hostile à toute innovation.

Il prend sa source dans le Wahhabisme mais il conteste l’ordre politique en place dans les pays musulmans

                            b. Quels sont les actions des islamistes ?

 

Carte 3 page 125 : Les attentats islamistes depuis 1993

Question 3 page 125 : Dans quel pays ont lieu la majorité des attentats depuis 1993 ?

La majorité des attentats islamistes attribués au réseau Al Qaida frappent d’abord les intérêts occidentaux à l’intérieur des pays musulmans proches de l’Occident. Dès 1998, des attentas visent les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, les lieux fréquentés par les touristes occidentaux (Bali), les lieux publics occidentaux (Maroc), les cibles militaires occidentales (Arabie Saoudite), la communauté juive (Tunisie, Turquie). Les opérations du 11 septembre 2001 et du 11 mars 2004 à Madrid frappent par leur caractère spectaculaire mais demeurent l’exception, du fait de leur difficulté opérationnelle.

 

* Les moyens d’action : les réseaux terroristes

_ Les réseaux terroristes utilisent comme moyens d’action des réseaux clandestins, cloisonnés, présents dans plusieurs pays.

* Al-Qaïda est à l’origine d’attentats contre les intérêts américains et saoudiens. Le milliardaire  Oussama Ben Laden finance et inspire l’organisation terroriste. En février 1998  Ben Laden et Zawahiri lance un appel pour « tuer les Américains et les juifs partout où ils se trouvent ». La nébuleuse Al-Qaïda regroupe des cellules dormantes dans les pays cibles et des centres d’entraînements dans des pays alliés (Afghanistan des Talibans). 

* Le Londonistan désigne différents groupes et leaders islamistes installés à Londres, formant dans la capitale un centre de l’internationale islamiste.

 

* Lieux et types d’actions

_ En Egypte les « Frères musulmans » assassinent le Président Sadate et multiplient les attentats pour faire fuir les étrangers, notamment les touristes. Les attentats visent également le président Moubarak.

_ En Algérie :

* le FIS a tenté un processus d’islamisation par le bas avec une aide dans les domaines de la santé, de l’éducation, dans un pays où l’Etat est défaillant dans ces domaines. Le FIS remporte les élections en 1992, mais il est dissous par le pouvoir militaire qui impose l’état d’urgence.

* Les GIA prennent la suite en pratiquant le terrorisme. Le pays plonge dans dix ans de guerre civile, provoquant plus de 100 000 morts !

* L'Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique) succède aux GIA et mène dans le Sahel des actions d'enlèvement et de meurtres d'Occidentaux (touristes, hommes d'affaires, humanitaires comme Michel Germaneau).

GIA = Groupes Islamiques Armés

FIS = Front Islamique du Salut

Al-Qaïda : « la base » en arabe, créée en 1993 par un communiqué du « Front islamique pour le Djihad contre les juifs et les croisés »

 

                        c. L’originalité de la révolution iranienne

 

Texte 1 page 124 : Khomeiny et la révolution iranienne de 1979

Question 1 page 125 : Quels groupes ou nations sont dénoncés par Khomeiny ? Quelle est son attitude à l’égard des libertés démocratiques ?

            En Iran, en février 1979, l’ayatollah Khomeiny destitue le Shah et instaure une république islamique. Avec le départ du Shah, les Etats-Unis perdent l’un de leurs meilleurs alliés dans la région, ils sont désormais considérés comme le « grand Satan » par de nouveaux dirigeants iraniens qui vouent également aux gémonies l’ « ennemi sioniste ». L’avènement de la république islamiste en Iran ne profite pas non plus à l’URSS qui envahit l’Afghanistan, pays musulman aux portes d’un Iran qui échappe désormais à la logique de guerre froide et se lance rapidement dans un conflit régional avec l’Irak.

            La république islamiste est proclamée en avril 1979 : elle se construit en réaction aux valeurs occidentales, rejette les « libertés occidentales » et remet en vigueur la Charia. Déni démocratique, la république iranienne s’impose comme une théocratie, animée par le clergé chiite avec parti unique et Gardiens de la révolution (« Pasdaran ») qui lui vaut le qualificatif de « totalitarisme vert ».

 

_ L’Iran est un pays pratiquant le chiisme. En 1978-1979 se déroule une révolution islamique provoquée par les masses populaires déshéritées et les commerçants du bazar. La révolution met à sa tête l’ayatollah Khomeiny. Celui-ci meurt en 1989.

_  Le régime semble bloqué à l’intérieur et provocateur à l’extérieur : menaces envers Israël et les Etats-Unis, construction d’une arme nucléaire, soutien au terrorisme chiite libanais pour constituer un croissant chiite de l’Iran au Liban en passant par l’Irak.

 

Chiisme : Doctrine des musulmans qui estiment que la succession d’Abu Bakr au califat et qu’elle aurait dû revenir aux descendants d’Ali ; organisation avec un rôle prédominant des imams qui dominent la structure religieuse (ayatollahs, mollahs)

 

Par M. Martineau - Publié dans : Cours Terminale
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 11:49

 

 

LA RECHERCHE D’UN NOUVEL ORDRE MONDIAL (1975 à nos jours)

 

Introduction : Les années 1970 constituent un tournant car l’équilibre international est remis en cause à la fois au niveau économique (crises pétrolières, chômage de masse…), au niveau des relations internationales (renouveau de la Guerre Froide) et par l’affirmation de nouvelles formes de contestation radicale (islamisme).

Problématique : Comment passe-t-on d’un monde bipolaire à un monde unipolaire ? Après la guerre froide, quels types de conflits menacent la paix dans le monde ?

Comment refonder un nouvel ordre mondial ?

 

I. Comment prend fin le monde bipolaire ? (1975-1991)

 

            A. En quoi consiste la Guerre fraîche (1975 – 1985) ?

 

                        1) L’affaiblissement de l’Occident

 

Courbe 1 a page 52 : Le prix du baril de pétrole, 1960-2002, en dollars courants.

 

                                   * Crises économiques

 

Quelles sont les conséquences économiques de l’augmentation du prix du pétrole en 1973 et 1979 pour l’économie occidentale ? Pour les Etats-Unis ?

_ Les années 1970 sont une période de crise économique lié à des tensions internationales. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 multiplient le prix du pétrole, révélant les faiblesses des puissances économiques occidentales. La fin des « Trente Glorieuses » se traduit par l’augmentation du prix du pétrole et la fin de l’énergie bon marché, l’apparition d’un chômage de masse.

_ Les Etats-Unis, principale puissance occidentale, connaissent des difficultés économiques : en août 1971 le président Nixon annonce la fin de la convertibilité en or du dollar. De plus, les Etats-Unis décident de dévaluer le dollar en 1973. Un désordre monétaire s’installe avec la fin de l’ordre monétaire international décidé en 1944.

 

                                    * Contestations internationales du monde bipolaire

 

En quoi l’utilisation de l’arme pétrolière par les pays du Sud montre un changement dans l’équilibre politique mondial ? 

_ En utilisant l’arme pétrolière les pays de l’OPEP montre leur puissance d’intervention pendant la guerre du Kippour (1973). La tension Nord Sud d’un monde multipolaire semble remplacer la confrontation Est Ouest du monde bipolaire. 

 

 

 

                                   * Le repli américain des années 1975-1979

 

Photographie page 82 : La guerre du Vietnam : un soldat américain dans un village au sud de Danang (Sud-Vietnam), 1965.

Quel est le niveau de prestige américain dans les années 1975-1979 ?

 

_ L’Amérique est traumatisée par la défaite du Vietnam. La population doute de la valeur morale de l’engagement au Vietnam. Les vétérans de retour sont rejetés par la population comme soldats de la honte et de la défaite. Le Congrès américain refuse désormais des politiques militaires coûteuses à des interventions militaires à l’extérieur des Etats-Unis.

 

_ De plus, d’autres crises affaiblissent les Etats-Unis. Une crise interne, celle du scandale du Watergate. Le président Nixon est suspecté d’avoir ordonné l’écoute illégale des responsables du parti démocrate. L’affaire est révélée lorsque des individus sont arrêtés la nuit du 17 juin 1972 dans l’immeuble du Watergate avec du matériel d’écoute. Le président Nixon préfère démissionner plutôt qu’être destitué par la procédure d’ « impeachment » lancé par le Sénat pour abus de pouvoir, obstruction à la justice, outrage au congrès.

(De plus, une procédure de fraude fiscale contre Nixon de 450 000 dollars est également lancée). Le vice président (S. Agnew) a également démissionné. Gerald Ford devient président des Etats-Unis et accorde son « pardon » à Nixon, lui conférant une immunité totale. Les Américains traversent une crise de confiance envers leur système politique.

Watergate (p. 110) : nom de l’immeuble de Washington dans lequel les espions cambriolent en 1972 le siège du parti démocrate. L’affaire, révélée par le Washington Post, atteint le président Nixon qui démissionne en août 1974 pour éviter une mise en accusation par le Sénat.

 

 

 

_ Une crise externe affecte également les Etats-Unis : la prise en otage du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran. La révolution islamique en Iran, dirigée par l’ayatollah (dignitaire religieux chiite) Khomeiny, est antiaméricaine. Le 4 novembre 1979 les « étudiants islamiques » prennent en otage le personnel de l’ambassade américaine à Téhéran. En avril 1980 la tentative illégale de libération par la force des otages est un échec et un nouveau coup porté au prestige des Etats-Unis. Les Iraniens libèrent les otages au bout de 444 jours de captivité.

   

 

                        2) L’expansion soviétique  (1975-1980)

 

L’expansion de l’influence de l’URSS s’opère particulièrement en Amérique latine (Cuba, Grenade), en Afrique et en Orient. Elle aboutit à une intervention directe en Afghanistan.

 

Carte pages 106-107 : Les points chauds (1975-1991)

Quels sont les pays sous influence soviétique à la fin des années 1970 en Amérique ? En Afrique ? En Asie ?

_ L’expansion de l’influence soviétique en Amérique latine est causée par un anti-américanisme croissant. L’Amérique latine est considérée comme la « chasse gardée » américaine au profit des FTN américaine. Celles-ci soutiennent les dictatures sud américaines.

( Des personnalités du clergé catholique comme don Helder Camera au Brésil ou monseigneur Romero au Salvador se soucient des plus pauvres. Ils s’éloignent ainsi des grands propriétaires et de la bourgeoisie soutenant les dictatures. Les prêtres adeptes de la « Théologie de la Libération » proche du marxisme sont condamnés par Rome).

 

* L’URSS s’implante à Cuba. Che Guevara promeut la guérilla au Pérou, au Venezuela et en Colombie.

 

(  * Le Chili est un pays démocratique où parvient au pouvoir en 1970 une coalition de gauche. Salvator Allende devient président de 1970 à 1973. Son gouvernement nationalise les mines de cuivre détenues par les FTN américaine. La CIA soutient le coup d’Etat militaire du général Pinochet mettant en place une dictature féroce. )

 

* Au Nicaragua le dictateur Somoza est renversé en mars 1979 par une révolution d’origine marxiste : le sandinisme. Le dirigeant Daniel Ortega met en place à l’intérieur une réforme agraire de type soviétique, et à l’extérieur se rapproche de l’URSS et de Cuba, il soutient également les maquis du Salvador et de Guatemala.

Sandinisme (p. 110) : mouvement révolutionnaire du Nicaragua se réclamant d’Augusto Sandino assassiné en 1934 par la famille Somoza. Cette dernière reste au pouvoir jusqu’en 1979, date à laquelle les sandinistes renversent le dictateur Somoza soutenu par les Etats-Unis.

* Les socialistes s’emparent du pouvoir de 1979 à 1983 sur l’île de la Grenade. Après la prise du pouvoir par l’armée staliniste, une intervention américaine en octobre 1983 permet l’établissement de la démocratie.

 

_ L’Afrique est l’enjeu de la rivalité Est-Ouest. L’Afrique est importante à cause de ses ressources énergétiques et minérales, mais aussi de sa position stratégique pour le contrôle de la Méditerranée (canal de Suez) mais aussi des routes pétrolières (corne de l’Afrique). 

De nombreux pays basculent dans différentes formes de communisme : Algérie et Libye.

Des pays d’Afrique noire deviennent communiste : Bénin, Congo, Madagascar (mais aussi Guinée, Tanzanie).

* En 1974 l’Ethiopie bascule. La vieille monarchie de Haïlé Sélassié incapable de résoudre une terrible famine, s’effondre. Une junte militaire prosoviétique prend le pouvoir. Le pays est soutenu par l’URSS  dans son conflit avec la Somalie en 1977.

* La révolution des œillets de 1974 renverse la dictature du Portugal. Ce pays accorde l’indépendance à ses colonies africaines : Angola, Guinée-Bissau, îles du Cap vert, Mozambique.

 En Angola et au Mozambique, des milliers de soldats cubains équipés par les soviétiques viennent aider les guérillas marxistes dans leur lutte pour le pouvoir face à d’autres mouvements soutenus par l’Afrique du sud pro-occidentale.

* En Namibie occupée par l’Afrique du sud, l’URSS soutient un mouvement de lutte contre l’« apartheid ».

 

_ En Asie l’expansion communiste concerne le Vietnam, mais aussi le Laos ou le Pathet Lao (les communistes laotiens) prennent le pouvoir. Dès 1977, le Laos est sous domination du Vietnam.

* Le génocide khmer (2 à 3 millions de morts sur 7 millions d’habitants) incite le Vietnam soutenu par les communistes à attaquer le Cambodge soutenu par la Chine en janvier 1979. La Chine réplique en envahissant le Vietnam en février-mars 1979, mais c’est un échec face à la puissante armée vietnamienne. La peur a été forte d’une attaque soviétique sur la Chine !

 

 

1979-1988 : intervention soviétique en Afghanistan

 

Photographie 2 page 111 : Le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan le 2 juin 1989

_ L’invasion soviétique de l’Afghanistan s’est déroulée le 24 décembre 1979. Elle a pour but de soutenir le régime prosoviétique installé en 1978 dans sa lutte contre la guérilla anticommuniste d’un peuple musulman. La résistance afghane est importante dans un pays montagneux propice à la guérilla.

_ L’URSS est condamné par un vote de l’Assemblée générale des Nations Unies de 114 voix contre 18. La réprobation est forte dans les pays musulmans et en Occident. Le « coup de Kaboul » est un choc pour les Américains et marque la fin de la Détente, en particulier avec l’aide militaire apportée par les  Américains.  

_ L’enlisement soviétique fait penser à une vietnamisation de la guerre, malgré l’absence de médiatisation du conflit. L’URSS ne contrôle que les villes et les axes de communication. L’occupation et la répression sont violentes (villages bombardées, bombes blessantes ne tuant pas forcément, mines en forme de jouet pour les enfants…). L’armée soviétique est démoralisée avec des problèmes de drogue et de désertions de soldats musulmans.

 

                        3. Un climat d’hostilité renforcé (1980-1985)

 

_ Le climat est désormais hostile entre URSS et Etats-Unis. Le président Carter décrète un embargo sur les céréales américaines vendues à l’URSS et appelle au boycott des Jeux Olympiques de Moscou de l’été 1980. Le président Ronald Reagan qualifie quand à lui l’URSS d’ « Empire du mal ».

_ Le président Reagan adopte une politique de fermeté relançant la course des armements.  C’est le cas  avec la crise des euromissiles : Pendant le relâchement américain les Soviétiques avaient installé des missiles SS20 eu Europe de l'Est qui menaçaient l'Europe de l'Ouest L'OTAN réagit en postant des Pershing II et des Cruise en Europe de l'Ouest. Les SS20 sont neutralisés. Moscou subit un échec, la course à l'armement a recommencé et cela a encore plus contribué à ruiner l'URSS, qui est de moins en moins stable au niveau intérieur.

 

 

_ Le président Reagan lance le programme IDS : « guerre des étoiles ». Il veut établir une protection du territoire par l'installation de « parapluies » antinucléaire. Il fallait protéger le territoire américain des missiles par un système d'interception en vol.

 

Ronald Reagan : Président des Etats-Unis de 1980 à 1988, renforce la puissance militaire des Etats-Unis avant de négocier avec l’URSS.

 

 

            B. Comment prend fin la guerre froide (1985-1991) ?

 

                        1. En quoi l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev modifie les relations internationales ?

 

Texte 3 page 117 : Mikhaïl Gorbatchev définit la perestroïka.

Question 3 page 117 : Quels sont les domaines concernés par la perestroïka ? Montrez que Gorbatchev n’entend pas rompre avec le système soviétique.

La perestroïka (« restructuration » selon le titre de l’ouvrage de M. Gorbatchev) est le nom de l’ensemble des réformes destinées à sauver le régime soviétique.

 

En 1985, Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir. Il désire réformer le système soviétique pour le sauver. Pour cela il inaugure un ensemble de réformes connu sous le nom de perestroïka.

Perestroïka (p. 380) : mot russe qui signifie « reconstruction, restructuration ». Lancé par Gorbatchev en 1985, ce « tournant en profondeur et réellement révolutionnaire » doit rénover l’URSS, « reconstruire » le système communiste en le réconciliant avec la démocratie, en associant la population au système politique et en instaurant une « réforme radicale de l’économie » afin d’améliorer le niveau de vie des Soviétiques. Cette politique de réformes a précipité l’éclatement du pays.

 

Texte 2 page 116 : Une nouvelle conception des relations internationales

Question 2 page 117 : En quoi la perestroïka explique-t-elle la nouvelle politique étrangère soviétique ? En quoi ce mode de pensée » constitue-t-il un tournant des relations internationales depuis 1945 ?

Lorsqu’il accède au pouvoir en 1985, M. Gorbatchev prend conscience de la fragilité du système soviétique et surtout de son incapacité à absorber plus longtemps les conséquences d’une guerre froide, relancée depuis 1980 par le nouveau président des Etats-Unis, Ronald Reagan. M. Gorbatchev estime alors que la détente dans les relations internationales va lui permettre de réduire les dépenses militaires et, par conséquent, de relancer l’économie soviétique (perestroïka). A l’heure où elle s’enlise dans le bourbier afghan, l’URSS ne peut relever le nouveau défi américain sur le terrain de la course aux armements, la « guerre des étoiles » (IDS), qui conduirait à terme à une rupture de « l’équilibre de la terreur », principe de base de la guerre froide.

            En voulant « abandonner les visions d’une politique étrangère influencée par un point de vue impérial », M. Gorbatchev introduit une rupture majeure dans la politique soviétique depuis 1945 et signe ainsi la fin de la guerre froide, concrétisée par la résolution d’un certain nombre de conflits périphériques (Afghanistan, Cambodge, Angola) et l’entrée dans un nouveau cycle de négociations sur le désarmement (signature d’un accord visant à réduire à néant l’armement nucléaire tactique, « l’option zéro », en 1987, START en 1991).

 

_ La volonté de l’URSS d’appliquer une nouvelle politique étrangère pour réduire les coûts de la course aux armements se traduit par une série d’accords entre URSS et Etats-Unis. 

* En janvier 86 Gorbatchev propose de diminuer les forces conventionnelles et d’opérer un désarmement nucléaire de l'Europe (le problème des Euromissiles est séparé des autres négociations).

* En décembre 1987 le traité de Washington est signé. L’accord vise à parvenir à l’ « option zéro », c'est-à-dire à réduire à néant l’armement nucléaire tactique. Les missiles de croisière Pershing 2 et SS20 sont démantelés. Des accords sont passés pour le déroulement d’inspection et de contrôle mutuel.

* En décembre 1989 se déroule le sommet de Malte. Lors de ce sommet la décision est prise d’étendre le désarmement aux armes stratégiques. Le président H. W. Bush et M. Gorbatchev célèbre ensemble la fin de la guerre froide.

 

 

                        2. Comment cessent d’exister les démocraties populaires et l’URSS ?

 

Photographie page 105 : La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989

            L’image montre la joie des Allemands de retrouver la liberté et les autres Allemands dont ils ont été longtemps séparés par le « mur de la honte ». La photographie indique que le système communiste n’arrive plus à contrôler la population. Comment cela est-il arrivé ?

 

_ Lorsque M. Gorbatchev arrive au pouvoir, il désire promouvoir la liberté dans les démocraties populaires. Cette libéralisation a d’importantes conséquences :

* En Pologne, en 1989, l’accord entre Jaruzelski et Walesa permet la transition vers le libéralisme.

* Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin est démantelé et l'Allemagne réunifiée le 3 octobre 1989. Les démocraties populaires cessent d’exister, M. Gorbatchev décidant de ne pas intervenir militairement. 

* Les démocraties populaires cessent d’exister, malgré la résistance de Ceausescu en Roumanie.

 


Photographie 4 page 117 :

Question 4 page 117 : Pourquoi Boris Eltsine peut-il chasser Gorbatchev ?

 

_ Les communistes conservateurs s’opposent à la politique de M. Gorbatchev et organisent un coup d’Etat en juin 1991, mais celui-ci est un échec. Boris Eltsine, président de la république de Russie, intervient contre les putschistes et s’impose comme un contre-pouvoir. L’URSS est fragilisée et déstabilisée par la tentative de coup d’Etat. Pour sortir du système communiste Boris Eltsine pousse à l’éclatement de l’URSS. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne. L’URSS implose.

 

Transparent : éclatement de l’URSS OU Carte 5 page 117

Question 5 page 117 : Quels sont les Etats qui succèdent à l’URSS ? Quelle est la conséquence de cette dislocation au niveau international ?

La période gorbatchévienne est marquée par les troubles nationaux dans le Caucase et dans les pays Baltes : au départ, les revendications sont assez modérées, puis elles se durcissent avec la détérioration de l’économie et la raideur du pouvoir central.

            Dans les jours qui suivent la tentative de putsch, l’Union soviétique éclate. Les Etats baltes, puis l’Ukraine, la Biélorussie et huit autres républiques de l’Union font sécession. Durant le dernier trimestre 1991, de nombreuses déclarations sont faites contre le pouvoir soviétique et contre le maintien de l’Union. Le 8 décembre 1991, la Communauté des Etats indépendants (CEI) est formée sur les décombres de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Elle regroupe 11 des 15 anciennes républiques soviétiques. Le 25 décembre 1991, la Russie remplace l’URSS en tant que membre permanent de l’ONU. La dislocation de l’URSS laisse la place à de nouvelles souverainetés qui se trouvent confrontées à des problématiques très différentes quant à leur rapport avec la Russie (« étranger proche ») et à leur place dans le système international (logique européenne pour les pays Baltes, rôle des républiques d’Asie centrale après l’attentat du 11 septembre 2001.

 

_ L’URSS éclate après l’échec du putsch. Les accords de Minsk créent la Communauté des Etats indépendants (CEI). La CEI succède à l'URSS le 8 décembre 1991 avec 11 des 15 anciennes républiques soviétiques. A l’ONU, le 25 décembre 1991, la Russie remplace l’URSS comme membre permanent du Conseil de sécurité.  

 (   _ L’effondrement de l’URSS provoque la prolifération des armes de destruction massive avec le départ de savants de l'URSS pour monnayer leur savoir dans le Moyen Orient. L’armement est vendu à l’étranger à bas prix. De manière clandestine sont réalisées des ventes d’armes nucléaires.

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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 10:58

 

 

IV. Quelles sont les formes d’émancipation après 1980 ?

 

( A. Comment les peuples font-ils pression pour obtenir la démocratie et le respect des droits de l’homme ? )

 

Texte 2 page 190 : La nature du pouvoir politique en Afrique après les indépendances

Question 2 page 191 : Quelles sont les caractéristiques des dictatures africaines ? En quoi le pouvoir politique en Afrique reste-t-il influencé par l’Occident malgré l’indépendance ?

Les dictatures africaines imitent les pouvoirs coloniaux, elles s’appuient sur la force armée. Elles sont coupées de la base populaire et des pouvoirs des chefs traditionnels. Le modèle est l’ex administration coloniale.

 

Dans quel autres pays sont établis des dictatures ?

_ Après les décolonisations, de nombreux pays voient se mettre en place des dictatures comme dans de nombreux pays africains comme le Zaïre de Mobutu. D’autres régions voient également se mettre en place ou se consolider des régimes dictatoriaux : Amérique latine, Europe centrale et Europe de l’Est.

 

Quelles sont les actions en faveur de la démocratie ?

_ Les actions en faveur de la démocratie sont nombreuses. En effet les populations se mobilisent progressivement pour réclamer la démocratie : par exemple avec la vague des « conférences nationales » en Afrique au début des années 1990. Ces actions sont soutenues par la pression internationale. Mais cette pression est un mouvement de soutien populaire non gouvernemental, plus qu’un réel appui des Etats.

_ La démocratie progresse un peu partout : avec la fin de l’apartheid en Afrique du Sud avec l’action de Nelson Mandela, la démocratisation de nombreux pays en Afrique, en Amérique latine, et dans toute l’Europe centrale et de l’Est. Mais les exceptions sont encore nombreuses (République démocratique du Congo), les retours en arrière possible (Côte d’Ivoire) et surtout les progrès se sont faits avec parfois des épisodes de violence et de génocide (Rwanda, Balkans).

Apartheid (p. 376) : régime de « développement séparé » des races en Afrique du Sud entre 1948 et 1992. Il instaure une ségrégation dont sont victimes les populations non-blanches pourtant majoritaires.

MANDELA Nelson (1918-…) : Membre de l’ANC Nelson Mandela résiste à politique raciste de l’Afrique du Sud. Il est libéré en 1990 après 26 ans de prison pour motifs politiques. Il est élu en 1991 président de l’ANC. Il mène avec le président F. W. De Klerk les négociations qui mettent fin à l’apartheid. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1993, puis est élu président de la nation « de l’arc en ciel » de 1994 à 1999.

 

_ La "révolution du Jasmin" a éclaté en Tunisie en janvier 2011, elle a été provoquée par des mécontentements sociaux dans la classe moyenne, par la colère contre la corruption en vigueur dans les classes dirigeantes proches du président Ben Ali. Après trois semaines d'émeutes le dirigeant a quitté le pouvoir, laissant une transition politique incertaine.

 

            ( B.  Comment les peuples luttent-ils pour sortir de l’emprise de certaines puissances étrangères ? )

 

_ L’URSS a étendu son influence sur une grande partie de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. L’armée rouge passant d’armée de libération à une armée d’occupation. Cette expansion se continue avec par exemple l’invasion de l’Afghanistan. La chute de l’URSS a permis à ces peuples de reprendre leur autonomie et, pour certains, d’intégrer l’Union Européenne. D’autres, inclus dans la CEI, tentent de s’émanciper de l’influence russe (Révolution orange en Ukraine, 2005). Certains pays demeurent dominés par de puissants voisins : c’est le cas du Tibet, envahi par la Chine en 1950.

_ De manière générale, les peuples du Tiers-Monde tentent, depuis la conférence de Bandung, de s’affranchir de l’influence des puissances qui dominent la planète (« néocolonialisme » qui maintient certaines formes de domination entre les anciennes colonies et les puissances dominantes). Ces mouvements prennent des formes variées, des plus pacifiques comme les mouvements altermondialistes, d’ailleurs largement portées par les opinions publiques des pays du Nord, aux plus extrêmes, comme les mouvements fondamentalistes musulmans dans leur lutte contre la puissance occidentale.

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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 10:55

 

 

III. Quelles sont les tentatives d’organisation du Tiers Monde ?

 

            A. Qu’est-ce que le Tiers monde ?

 

Texte page 196 : Trois mondes, une planète

 

Question 1 : Présentez le document.

            Le texte est un extrait d’un article de presse nommé « Trois mondes, une planète » paru dans le journal L’Observateur, le 14 août 1952. L’auteur, le démographe et économiste français Alfred Sauvy (1898-1990) est célèbre pour sa création du terme Tiers monde, dans ce même article.  

            Le contexte dans lequel est paru l’article est celui des débuts de la décolonisation : l’Empire des Indes pour la Grande Bretagne par exemple, mais aussi la Syrie et le Liban pour la France en 1946. De plus, une guerre se livre entre Viet minh et soldats français en Indochine. A cette lutte s’en ajoute une autre : la Guerre froide entre les Etats-Unis et les pays alliés contre l’URSS et les démocraties populaires. Alors que les blocs antagonistes se forment, la question de la place des nouveaux pays indépendants dans ce cadre bipolaire se pose.  

 

Question 2 : Définissez chacun des trois mondes auxquels l’auteur fait allusion.

Les trois mondes auxquels fait allusion Alfred Sauvy sont les deux blocs occidental et soviétique s’opposant dans le cadre de la Guerre froide.

* Le « monde libre » est constitué des Etats-Unis et de ses alliés européens. Ils ont pour point commun d’être des démocraties (France, Royaume-Uni..) et d’avoir un système économique basé sur le capitalisme et le libre-échange. C’est un monde riche ou en reconstruction rapide avec le plan Marshall.

* Le bloc soviétique est formé de l’URSS et des démocraties populaires, mais aussi de la Chine populaire à partir de 1949. L’ensemble est uni par une économie communiste où l’Etat domine et planifie la production, ainsi que par une absence de liberté politique.

* Enfin, le « Tiers monde » (l. 23) 

 

 

_ Au fur et à mesure que les colonies accèdent à l’indépendance se forme un troisième bloc, le Tiers Monde, plus ou moins neutraliste, plaidant en faveur de l’émancipation des peuples encore colonisés. En 1955, à la Conférence de Bandoeng, ce bloc neutraliste proclame sa solidarité avec les pays encore dominés, et condamne le colonialisme.

 

            B. Quelles sont les tentatives d’organisation politique du Tiers Monde ?

 

                        1. En quoi consiste le Mouvement des Non-Alignés ?

 

_ Le Mouvement des Non-Alignés naît pendant la Guerre Froide. Le Tiers Monde prend peu à peu conscience de lui-même. D’abord en Asie du Sud-est où se trouvent les premiers pays à accéder à l’indépendance (Inde, Pakistan, Ceylan -Sri Lanka-, Birmanie –Myanmar-, Indonésie). La guerre d’Indochine entretient dans cette région du monde une solidarité anti-impérialiste.

 

                        2. En quoi la Conférence de Bandoeng de 1955 constitue-t-elle un acte fondateur?

 

Texte 1 page 186 : La résolution finale de la conférence de Banung (24 avril 1955)

+ Texte 2 page 186 : Discours de clôture de Nehru à la conférence de Bandung (24 avril 1955)

Question 1 page 187 : Que condamnent ces textes ? Quels en sont les objectifs ? Comment les pays participant à la conférence espèrent-ils arriver à leurs fins ?

_ Que condamnent ces textes ? Quels en sont les objectifs ?

Ces textes condamnent tous deux le colonialisme : « Le colonialisme sous toutes ses formes est un mal auquel il doit être rapidement mis fin » (document1). L’expression est volontairement large pour englober des situations variées et contenter ceux qui, comme l’Irak, pensent que l’on peut assimiler également la diffusion des idées communistes comme une nouvelle forme de colonialisme.

_ Les objectifs de ces textes sont de lutter contre le colonialisme, de favoriser l’accès à l’indépendance des pays encore dominés et en lutte contre la métropole (par exemple les Algériens contre la France depuis 1954). L’autre objectif est de créer un bloc neutre, à l’écart des blocs communistes et américains.  

_ Les pays espèrent arriver à leurs fins grâce à l’ONU (texte 1, l.22, 35 : « Charte de l’Onu »);  à la solidarité entre nations du Tiers-monde (texte 2, l. 16-17 : « Il appartient à l’Asie d’aider l’Afrique au mieux de ses possibilités, car nous sommes des continents frères. »            

 

_ A la Conférence de Bandoeng convoquée par ces 5 pays asiatiques participent 29 Etats afro-asiatiques. Le mouvement est dominé par Nehru, Nasser, Halié Sélassié, Soekarno. Tito est là aussi en tant qu’observateur. La conférence condamne le colonialisme, mais aussi la politique des blocs. Aucune organisation internationale n’est créée à Bandoeng.

Nehru : (1889-1964) Biographie page 174

 

                        3. Quelles sont les décisions de la Conférence de Belgrade de 1961 ?

 

Texte 4 a page 187 : Déclaration finale de la conférence de Belgrade

Question 3 page 187 : Qu’est-ce que le « non-alignement » ?

Les promoteurs du mouvement des non-alignés rejettent la conception d’un troisième bloc qui serait une « contradiction en soi, car un tel bloc les entraînerait justement dans le système des blocs, ce qu’ils considèrent comme indésirable » (déclaration Nehru-Tito du 5 octobre 1954) ou encore « les pays non alignés représentés à la conférence ne prétendent pas créer un nouveau bloc et ne peuvent pas constituer un bloc ». Dans la réalité, ils ont toujours cherché à créer un pôle autonome entre l’Est et l’Ouest. En 1947, un bloc « arabo-asiatique » se forme à l’ONU à l’occasion des événements indonésiens. En décembre 1950, la guerre de Corée est l’occasion de la naissance du groupe « afro-asiatique ». Se développe alors une réaction « neutraliste » face au contexte international.

            Nasser, arrivé au pouvoir en 1954, rêve d’unifier la « nation arabe », aspirant à jouer un rôle analogue à celui de Nehru dans le Sud-Est asiatique. Ce dernier refuse également d’intégrer l’un des deux blocs. Aux côtés de Nehru et Nasser, Tito apparaît comme le troisième père fondateur du mouvement. Tito rencontre Nehru en 1954. La conférence de Bandung en 1955 conforte un neutralisme fortement anti-européen et confirme le rôle prééminent de Nasser et de Nehru. Tito, lui, est laissé en dehors de la manifestation. Une semaine avant de prononcer son célèbre discours de Belgrade sur le canal de Suez, Nasser se rend en Yougoslavie, dans l’île de Brioni, pour y rencontrer Tito et Nehru, le 18 juillet 1956. Leur déclaration commune à l’issue de l’entrevue marque le point de départ de liens et de consultations réguliers entre les trois hommes (entre 1955 et 1960, Tito et Nasser se rencontrent plus de trente fois). C’est de ces rencontres que naît le concept de « non alignement », énonce officiellement à Belgrade en 1961.

 

_ La conférence de Belgrade en 1961 est la première réelle conférence des non-alignés. A l’initiative de Tito et de Nehru y est défini le concept de neutralisme. Les signataires de la Conférence déclarent oeuvrer pour la coexistence pacifique, soutenir les mouvements de libération nationale comme le FLN algérien, n’appartenir a aucune alliance et refuser toute base militaire étrangère sur leur territoire.

_ Mais assez rapidement le mouvement des non-alignés prend un caractère ambigu. En effet, le mouvement des non-alignés n’est plus uniquement un groupement d’anciennes colonies (présence de la Yougoslavie), et surtout certains pays membres sont tout à fait communistes (Yougoslavie, Cuba, Vietnam). Son caractère neutraliste devient donc pour le moins suspect.

Tito : biographie page 241

  

                        4. Quelle est l’ambiguïté du mouvement des non-alignés ?

 

Texte 1 page 190 : Les limites du non alignement

Texte 3 page 191 : « Le non alignement a-t-il encore un sens? »

Question 1 page 191 : Pourquoi peut-on parler d’une faillite du non-alignement ?

Il semble que, dès le sommet d’Alger en 1973, le mouvement des non-alignés rencontre des difficultés. Dans son allocution, le colonel Kadhafi fait état de certains leaders du mouvement qui entretiennent des relations, voire engagent « des alliances avec les grandes puissances », ce qui est contraire à l’idéal du non-alignement. Le document 3, écrit avec du recul (1998), rappelle ces contradictions du mouvement non-alignés, se sont retrouvés tous en rang serrés, alignés derrière l’un ou l’autre camp, malgré eux et à leur corps défendant » (ex. relation de l’Egypte de Nasser avec l’URSS). Dans chacun des documents, cette dérive est justifiée par la force des enjeux de la guerre froide, ainsi que les difficultés économiques des pays du Tiers monde qui les conduisent à accepter l’aide financière de l’un des blocs. Selon Kadhafi, le non-alignement a failli également à mettre en pratique les principes de paix qu’il s’était assignés : « Je constate également que, malheureusement, nous avons eu nous-mêmes recours à la force armée pour régler nos conflits ». Enfin, avec la disparition des blocs, le mouvement non alignés perd sa raison d’être, même s’il continue à se réunir ponctuellement : « Dans le contexte qui est celui de cette fin du XX siècle, le non-alignement a-t-il encore un sens ? La réponse, d’emblée, est non… »

 

_ L’entrée de pays comme Cuba ou le Nord-Vietnam compromet de plus en plus le projet initial de neutralisme. Cuba préconise «l’alliance naturelle» avec le camp socialiste. Le Nord-Vietnam est à cette époque en guerre contre les Etats-Unis d’Amérique, alors que Cuba est nettement aligné sur l’URSS. La Conférence des non-alignés, après celles du Caire en 1964, et d’Alger en 1973, se tient à La Havane en 1979, et Fidel Castro en devient même le Président ! Si bien que ce neutralisme... trop pro-soviétique devient  très suspect.

_ Aujourd’hui, le mouvement des non-alignés regroupe plus de 110 pays et se veut le porte-parole des problèmes des pays sous-développés. A l’antagonisme Est/Ouest, le mouvement a tenté de substituer l’antagonisme Nord/Sud. Mais trop souvent, le mouvement tombe dans la dénonciation unilatérale de l’impérialisme nord-américain, si bien que les Etats-Unis  n’ont jamais entretenu de rapport avec lui.

 

( * Depuis les années 1950, les Etats-Unis d’Amérique n’apprécient pas le développement du mouvement des non-alignés dans les pays d’Amérique Latine qui ont pourtant les mêmes problèmes de sous-développement que le reste du Tiers-Monde. )

* Pour leur éviter de prendre des positions trop «neutralistes», les Etats-Unis disposent de moyens de persuasion très efficaces, pression économique, diplomatique ou militaire. Et quand un pays tente une voie différente, les Etats-Unis ont tôt fait de le ramener sous leur tutelle : interventions militaires au Guatemala et Costa Rica en 1954, sur l’île de la Grenade en 1983, pression économique sur le Chili de Salvador Allende en 1973 puis coup d’Etat, sur le Nicaragua des sandinistes de Daniel Ortega.

 

                        5. Quelle est l’efficacité de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.) ?

 

_ L’OUA est créée en 1963 dans le but de hâter la décolonisation et de préparer une union économique africaine. Dès le départ, elle est déchirée entre une tendance réformiste et une autre plus révolutionnaire. Si bien qu’elle se borne à condamner les régimes racistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie, mais demeure inopérante dans certains conflits comme au Congo ou au Tchad. Pourtant, petit à petit, elle s’impose comme une force politique. Elle se pose en tant que médiatrice dans le conflit Maroc/Algérie à propos du Sahara Occidental, et, entraînée par les pays arabes, elle soutient la cause du peuple palestinien.

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) : biographie page 177

 

            C. Quelles sont les limites économiques du Tiers-Monde ?

 

                        1) En quoi les pays du Tiers-Monde ont-ils besoin de l’aide des pays développés ?

 

Tableau statistique 3 page 188 : L’évolution du PIB par habitant, par région

Question 3 page 189 : Comparez l’évolution du PIB/habitant dans les pays développés et ceux du Tiers monde. Qu’en déduire ?

Si, dans tous les cas, on observe une augmentation du PIB/hab. entre 1950 et 2001, on constate que celui des régions pauvres reste toujours inférieur à celui des régions plus riches (Europe de l’Ouest et Etats-Unis). L’écart va de 1 à 10,6 entre l’Afrique et les Etats-Unis en 1950 et de 1 à 18,5 en 2001. Ce rapide calcul illustre l’accentuation des écarts Nord-Sud.

 

_ La volonté du Tiers-Monde/PED d’être indépendant des blocs est diminuée par l’importance des besoins et des problèmes de développement impossibles à résoudre sans aide extérieure. L’aide au Tiers-Monde est essentiellement occidentale. De 1945 à 1970, 90% de l’aide provient des pays occidentaux et à peine 10% des pays de l’est. L’aide des Etats-Unis est la plus importante.

 

_ L’octroi d’une aide dépend de la politique économique du pays demandeur. Pour les Etats-Unis, le libéralisme économique devient un dogme politique. Ils répugnent à aider des pays du Tiers-Monde qui s’engagent dans la voie du socialisme, ou d’une économie planifiée. Le refus des Etats-Unis conduit l’URSS à apporter son aide aux pays nécessiteux, sinon elle encourt elle aussi une perte de prestige (ex. : l’Egypte de Nasser lors de la construction du barrage d’Assouan).

 

(L’URSS, de son côté, intervient surtout dans des projets de développement planifié et d’inspiration socialiste. Ne se sentant nullement responsable du sous-développement imputable au pillage du Tiers-Monde par les pays capitalistes, l’URSS accepte d’aider les pays qui s’engagent dans la voie du socialisme, et de préférence un socialisme de type soviétique donnant priorité à l’électrification (Egypte), ou à l’industrie lourde (Inde)...)

_ Les deux blocs sont donc présents dans le Tiers-Monde à travers des aides techniques, financières, de telle manière que la subordination économique du Tiers-Monde n’a pas cessé avec la décolonisation.

 

_ L’industrialisation reste très insuffisante pour couvrir les besoins de développement. La croissance démographique entraîne une augmentation de la demande de produits alimentaires que les pays industrialisés sont souvent les seuls à pouvoir satisfaire. Il faut donc que les pays du Tiers-Monde exportent des produits tropicaux, des matières premières, du pétrole.... pour pouvoir payer des importations indispensables à leur survie. Le déficit de la balance des paiements des pays du Tiers-Monde est catastrophique, l’endettement s’est accru et aujourd’hui bien des pays sont dans l’incapacité de payer seulement les intérêts de leur dette.

 

                        2) Quels sont les objectifs de l’O.P.E.P. ?

 

Courbe 6 page 189 : Evolution des cours du pétrole entre 1950 et 1981

Question 4 page 189 : Commentez ma courbe. Mettez en évidence les raisons de la création de l’OPEP et ses objectifs.

L’examen de la courbe nous permet de mettre en évidence une phase de stagnation des prix entre 1950 et 1973 et une croissance ininterrompue jusqu’en 1981, s’intensifiant à l’occasion des deux crises pétrolières (1973 et 1979). L’OPEP est créée en 1960 à l’occasion des deux crises pétrolières (1973 et 1979). L’OPEP est créée en 1960 à l’initiative du Venezuela dans le but de s’opposer à la faiblesse et à la baisse du prix du brut décidée par les compagnies occidentales pour supplanter définitivement les autres sources d’énergie. Ses membres partagent alors la conviction que la fin des inégalités dans le système des échanges pétroliers passe par le renversement des rapports de force en faveur des pays producteurs. Les pays membres de l’OPEP parviennent alors à acquérir le droit de décider des prix et à contrôler la production chez eux. Malgré la disparité politique et idéologique de ses membres, elle réussit, à l’occasion des deux crises de 1973 et 1979, à avoir un poids décisif sur le marché.

 

_ L’OPEP est créée à Bagdad en 1960, par les 5 principaux exportateurs d’alors : Arabie Saoudite, Irak, Iran, Koweït, Venezuela. L’OPEP domine le marché du pétrole dans les années 1970. Depuis la guerre du Kippour, l’OPEP a fait monter le prix du baril de pétrole de 2.9$ en juin 1973 à 34$  en octobre 1981. Depuis la situation lui échappe à nouveau en grande partie, à cause de la diminution de la consommation des pays industrialisés qui ont pratiqué des politique d’économie d’énergie et accéléré le développement de leur programme nucléaire, mais aussi du fait de l’apparition de nouveaux grands producteurs non membres de l’OPEP.

 

                        3) En quoi consiste le Groupe des 77 et la C.N.U.C.E.D. ?

 

Texte 2 page 188 : La situation économique du Tiers monde à la fin des années 1960

 

_ Fondé à l’ONU en 1963, le «Groupe des 77» s’est mis d’accord pour réclamer une Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement ou CNUCED, afin de mieux régler les échanges entre le Tiers-Monde et les pays les plus industrialisés. La première conférence s’est réunie à Genève en 1964, réussissant à conclure quelques accords internationaux sur les prix des produits de base.

_ En 1974, le Groupe des 77 a fait adopter par l’ONU une «Déclaration concernant l’instauration d’un nouvel ordre économique international» : demande de restructuration des échanges internationaux, demande de réforme du système monétaire international, demande d’allègement des dettes, demande d’un nouveau droit à la mer... Les EUA se sont opposés à toutes ces revendications.

_ Entre temps, le Groupe des 77 s’est élargi. Les pays du Tiers-Monde ont pris conscience des énormes différences entre pays à très faibles revenus et d’autres exportateurs de pétrole, ce qui entraîne en septembre 1981 à la Conférence de Paris, la mise en place d’un plan d’action en faveur des 31 pays les plus pauvres du monde ou P.M.A. (Pays les moins avancés). En 1981, le premier et dernier sommet Nord/Sud réunissant 22 pays a lieu à Cancun. Il est resté sans lendemain.

_ En août 1980, l’ONU a proposé que les pays développés consacrent 0.7% de leur budget national à l’aide au Tiers-Monde. Peu de pays ont fait l’effort. Aujourd’hui, l’aide accordée fait l’objet de critiques car elle est insuffisante, mal distribuée et arrive très souvent à peine aux vrais destinataires !

_ Les tentatives d’organisation politique et économique du Tiers-Monde existent mais montrent une faiblesse dans ses résultats. C’est dû à des faiblesses internes des pays, à l’instabilité politique (plus de 60 coups d’Etat en Afrique depuis 1945), à l’autoritarisme de certains régimes politiques, à la corruption. Le Tiers-Monde voit s’affronter les Grands qui essayent d’établir des zones d’influences.

 

Par M. Martineau - Publié dans : Cours Terminale
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