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MUSECLIO

Cours Terminale L/ES : LES GRANDS MODELES IDEOLOGIQUES ET LA CONFRONTATION EST-OUEST JUSQU’AUX ANNEES 1970 : LA GUERRE FROIDE

26 Novembre 2009 Publié dans #Cours Terminale

LES GRANDS MODELES IDEOLOGIQUES ET LA CONFRONTATION EST-OUEST JUSQU’AUX ANNEES 1970 : LA GUERRE FROIDE

 

Introduction :

 

                Au sortir de la seconde Guerre mondiale les deux principaux vainqueurs, l’URSS et les Etats-Unis se retrouvent face à face. Ce sont deux puissances aux modèles opposés mais qui prétendent être la référence pour les autres pays du monde.

                Ces deux superpuissances s’affrontent depuis l’après-guerre jusqu’à la fin de l’URSS (1947-1991). Cette période qui a connu son apogée dans les années 50 et 60 s’appelle la Guerre Froide.

Problématiques :

1) Sur quels principes l’URSS et les Etats-Unis prétendent-ils établir un ordre mondial ?

2) Sous quelles formes les Etats-Unis et l’URSS s’affrontent-ils ?

 

I. Comment expliquer l’attraction du modèle soviétique ?

 

                A. Une dictature totalitaire

 

                               1) Comment évolue dans le temps le modèle soviétique ?

 

Frise chronologique (page 70)

 

Le modèle communiste soviétique a toujours été considéré, depuis sa mise en place dans les années 20, comme une alternative au modèle libéral. Mais la dictature de Staline a établi un contrôle très strict sur la population et la vie intellectuelle. Au lendemain de la guerre, on assiste à une expansion du modèle de par le monde et plus particulièrement en Europe orientale, qui devient très vite une réplique copie conforme du modèle soviétique, sauf dans un pays, la Yougoslavie.

_ 1953, marque un tournant fondamental dans l’évolution du modèle avec la mort de Staline. Khrouchtchev est le nouveau maître du pays. La déstalinisation est lancée mais l’URSS n’est pas encore prête à accepter l’instauration de communismes nationaux dans les démocraties populaires. Avec Khrouchtchev, le modèle tente de se moderniser, mais ses réformes constituent un échec qui plonge de nouveau le modèle dans une ère de stagnation avec Brejnev. Il faut attendre 1985, pour voir Gorbatchev lancer la Perestroïka dont les difficultés de mise en place entraînent sa chute et par la même occasion celle du modèle en 1991.

                               T. P. pages 86-87 : le modèle soviétique

 

2) Quels sont les principes du modèle soviétique ?

 

Tableau 1 page 86 : Staline et l’URSS pour la paix

 

Question 1 page 87 : Etudiez la composition de l’affiche et l’attitude du personnage : quelle image de l’URSS est transmise ?

                L’affiche montre une union de toutes les populations (personnages en habit russe traditionnel au centre, homme noir et militaire asiatique sur le côté), des deux sexes, adultes et enfants. L’impression d’union et de joie est confortée par les applaudissements, les fleurs, les couleurs vives et les sourires.

                Dans ce monde sans distinctions sociales (mélanges) règne l’égalité et la paix (panneaux avec le mot paix écrit dans différentes langues : paix, paz mir en alphabet cyrillique). Le règne mondial du communisme se voit dans l’association des drapeaux : polonais, allemand, britannique, américain et surtout les drapeaux rouges communistes soviétiques et chinois).

                Le peuple descend en masse un escalier. Ils s’éloignent d’une statue armée alors qu’une colombe, symbole de paix, se dirige vers eux. La population porte les portraits de Staline et de Mao Zedong (fond), les guides du peuple dans le communisme.

 

_ Le communisme (ou marxisme léninisme) a pour objectif l’établissement d’une société sans classes où chacun aura selon ses besoins. Pour y parvenir, le prolétariat doit renverser la bourgeoisie et faire régner sa dictature.

 

 

3) Quelles sont les pratiques ?

 

Texte 2 page 86 : Idéologie et économie soumises au totalitarisme stalinien

Question 2 a page 87 : Quel est le rôle du parti communiste ? quels sont les devoirs de tout membre du parti ?

 

_ Tout le pouvoir appartient au parti communiste, considéré comme le représentant de la classe ouvrière, aucun autre parti n’est toléré. C’est Lénine qui a imposé cette interprétation de la doctrine marxiste et qui a créé le moyen de l’imposer au peuple, c’est à dire la police politique (la tchéka) et les camps de concentration (le goulag). Staline n’a fait qu’accentuer ce que Lénine avait établi dès les premiers mois de son pouvoir, en 1918. Le parti est organisé selon le principe du centralisme démocratique. L’individu n’existe pas : le communisme est un système totalitaire, où l’emprise de l’Etat sur l’individu est totale.

 

B. Comment l’Etat contrôle-t-il l’économie ?

 

Question 2 b page 87 : Quels sont les objectifs à atteindre d’après ce plan ? Dans quels buts ?

 

_ Tous les moyens de production (terres, usines, banques, commerces) sont nationalisés et l’Etat planifie l’économie par les plans quinquennaux. Staline choisit de privilégier les industries lourdes et les infrastructures aux dépends de l’agriculture et des industries de biens de consommations, qui resteront le point faible de l’économie soviétique.
_ Le système n’a jamais correctement fonctionné. Il a permis cependant de bâtir une solide industrie lourde, qui a permis à l’URSS de battre l’Allemagne nazie et de se lancer dans la conquête spatiale.

 

C. En quoi le système est-il conquérant ?

 

Carte 5 page 75 : L’encerclement de l’URSS (années 1960)

 

_ La victoire soviétique dans la seconde guerre mondiale a donné à l’URSS un immense prestige et une zone d’influence en Europe de l’Est, où Staline va pouvoir installer des régimes communistes à la suite d’élections truquées et de coups d’Etat (le coup de Prague en février 1948).  La victoire des communistes en Chine en 1949 augmente encore la puissance du bloc communiste, auquel il faut ajouter la Corée du Nord, le Vietnam du Nord et à partir de 1960 Cuba.

 

D. En quoi le système est-il contesté ?

 

Texte 5 page 87 : « La dictature communiste en URSS »

Question 5 page 87 : Que dénonce ce réfugié soviétique dans son livre ?

 

_ Les Soviétiques ont du mal à maintenir leur emprise sur l’Europe de l’est : en 1953, les ouvriers de Berlin Est se soulèvent, en octobre 1956, ce sont les Polonais, le mois suivant les Hongrois, en août 1968 les Tchèques et les Slovaques. A chaque fois, la réponse est la même, l’URSS envoie ses chars et écrase les révoltes dans le sang.

 _ Pourtant, la contestation ne cesse jamais tout à fait : les Hongrois acceptent la domination politique mais libéralisent l’économie, les Polonais obtiennent de maintenir les libertés religieuses et créent avec Lech Walesa le syndicat Solidarité, les soviétiques ont leurs dissidents comme Andrei Sakharov ou Alexandre Soljenitsyne.

 

II. Quels sont les traits majeurs du modèle américain dans les années 1950-1960 ?

 

Introduction :

 

Le modèle américain a dominé les représentations politiques, idéologiques et culturelles du monde occidental depuis la Seconde Guerre Mondiale. Cette hégémonie du modèle américain s’explique à la fois par la victoire militaire qui a validé son efficacité et sa légitimité, par la puissance économique qui lui a donné un rayonnement matériel à l’échelle mondiale et par le poids politique et militaire perçu comme la protection de l’Occident face à la puissance soviétique.

Cette influence considérable du modèle américain n’a pas suscité seulement l’admiration mais aussi d’importantes critiques, à l’image des nombreuses contradictions qui caractérisent ce système.

Problématique : Quelles sont les originalités, les forces et les contradictions de ce modèle ?

A. Quelles sont les composantes de la démocratie américaine ?

TRANSPARENT Organigramme Constitution américaine 

Elle se caractérise avant tout par sa stabilité puisque la Constitution date de 1787, au lendemain de l’indépendance. Depuis quelques amendements. Cette Constitution a instauré un Etat fédéral et un régime présidentiel.

1) Un Etat fédéral

_ Le pouvoir est organisé à 2 niveaux :

* au niveau local, le pays a été, à l’origine, divisé en 13 Etats, les ex 13 colonies. Avec l’extension territoriale du pays, les Etats sont aujourd’hui au nombre de 50 (le dernier Hawaii). Chaque Etat a sa constitution qui prévoit l’élection au suffrage universel d’un gouverneur (exécutif) et de 2 assemblées (législatif). Ces institutions sont compétentes dans le domaine de la justice, de la police, de l’éducation..........

* au niveau central, au dessus des Etats, le gouvernement fédéral installé à Washington est compétent dans les domaines militaires, diplomatiques et monétaires. Dans certains cas, il peut intervenir dans les affaires de chaque Etat et imposer des décisions particulières par des lois de caractère fédéral (création du FBI, contre la discrimination raciale, le droit à l’avortement...). Ce gouvernement central est dominé par le pouvoir présidentiel.

 

 

 

 

 

2) Un régime présidentiel

            a) Le pouvoir central

_ Le pouvoir central est constitué de 3 ensembles :

* le pouvoir exécutif formé du Président, élu pour 4 ans au suffrage universel indirect, et du cabinet (gouvernement). Ministres= secrétaires d’Etat ; le vice président vient après le Président dans la hiérarchie politique.

* le pourvoir législatif détenu par le Congrès qui est constitué de 2 assemblées élues au suffrage universel : le Sénat (2 élus par Etat) et la Chambre des représentants (le nombre d’élus est proportionnel à la population de chaque Etat).

* le pouvoir judiciaire représenté par la Cour suprême ; elle veille en particulier à l’application de la Constitution et arbitre les conflits entre Etats et Etat-fédéral. Ces décisions s’imposent à tous.

                        b) L’importance du pouvoir présidentiel

 

_ Parmi ces 3 pouvoirs, c’est celui du Président qui domine. Cette prédominance repose sur plusieurs prérogatives particulières :

* il est à la fois chef de l’Etat et chef du gouvernement. De ce fait, il est le chef des armées et de la diplomatie ; il choisit les secrétaires du cabinet. Le président et le gouvernement ne sont pas responsables devant le Congrès qui ne peut les renverser. Le Président détermine la politique générale du pays et dirige l’administration ; il nomme et révoque les hauts fonctionnaires.

* il dispose d’un droit de veto si le Congrès vote une loi contraire à sa politique.

*  il désigne les nouveaux membres de la Cour suprême

                                  

c) Quelles sont les limites des pouvoirs du président ?

 

_ Cependant plusieurs limites restreignent les pouvoirs du Président :

*  il ne peut exercer que 2 mandats

* seul le Congrès a l’initiative des lois.

* un veto du Président peut être tourné par un vote du Congrès à la majorité des 2/3.

* le Congrès peut refuser certains crédits au Président.

_ Par conséquent, quand les 2 assemblées sont dominées par une majorité d’opposition au Président, celui-ci n’a plus qu’une marge de manoeuvre limitée. Cette situation est très fréquente du fait des caractéristiques de la vie politique américaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3) une société peu politisée

 

4 grandes caractéristiques distinguent la vie politique du pays :

                       

a) Le bipartisme

 

_ 1) le bipartisme : deux grands partis, créés au XIXème dominent la vie politique dont le temps fort reste l’élection présidentielle :

* le parti républicain est le parti des WASP. Très implanté dans le N.E mais aussi dans le Centre et dans l’Ouest, il recrute ses dirigeants dans la bourgeoisie et trouve sa base électorale dans les classes moyennes. Il est politiquement conservateur et partisan du libéralisme.

*  le Parti démocrate est moins homogène ; créé à l’origine dans le sud conservateur, il a réussi à s’implanter dans le Nord industriel en se liant au syndicat. Se présentant comme le défenseur des ouvriers, il est partisan de " l’Etat Providence " ce qui lui vaut le soutien des minorités ethniques et des classes moyennes progressistes.

_ En fait, au delà des principes affichés, ces partis au pouvoir ont mené des politiques très semblables et affichent des programmes flous et très voisins. De plus, ce sont avant tout des machines électorales qui semblent se dissoudre en dehors des périodes d’élections ; les campagnes électorales ressemblent d’ailleurs plus à des kermesses qu’à des initiatives politiques. D’où un désintérêt des Américains pour la vie publique.

 

                        b) L’abstention

 

_ 2) Une participation électorale historiquement faible, même aux élections présidentielles où environ la moitié des électeurs s’abstient. Aux élections au Congrès, la participation est nettement inférieure à 50%.

                       

c) Le 4e pouvoir : la presse

 

_ 3) le rôle essentiel tenu par la presse, à tel point qu’elle a été baptisée le 4ème pouvoir. Cette particularité américaine est devenue évidente en 1974 quand le Président Nixon fut obligé de démissionner à la suite du scandale du Watergate qui éclata à la suite d’une campagne de presse. De même, les risques de destitution du Président Clinton sont largement liés aux prises de position des journaux.

                       

d) L’influence des lobbies

 

_ 4) l'influence très importante des groupes de pression appelés lobbies (sociétés industrielles ou financières, syndicats, défenseurs des armes à feu, groupes religieux......). Très puissants, ils financent en grande partie la campagne électorale des candidats qui se sont engagés à tenir compte de leurs demandes. Ce rôle politique des puissances d’argent est un des aspects du libéralisme.

 

 

 

B. Le libéralisme est-il la clé du « rêve américain » ?

 

1) La libre entreprise et le désengagement de l’Etat.

 

Photographie 3 page 84 : L’American way of life

Question 3 page 85 : Comment cette photographie évoque-t-elle l’American way of life ?

Le rêve américain, au XIX siècle, était l’espoir d’être accueilli sur une terre d’asile reconnaissant la liberté des convictions religieuses ou politiques et offrant du travail.

A la fin de la guerre, le GI est tout à la fois le libérateur et celui qui apporte le chewing gum, la cigarette et le bas nylon tout en invitant les femmes à danser le charleston et le be-bop.

Quelques années plus tard, le symbole du rêve américain, la voiture décapotable, véhicule les concepts de liberté et d’aventure (la possibilité de se déplacer librement, vite et loin), de richesse (avec la taille de cette voiture, aux chromes mesurés, on est bien loin de la minuscule « quatre chevaux » cahotant sur les routes départementales françaises !) et de progrès (n’oublions pas que l’automobile est le symbole phare de la bonne santé économique et du progrès technique). A l’automobile, il faut ajouter la maison individuelle certainement suréquipée et la belle femme blonde au volant, renvoyant à la célèbre et mythique Marilyn Monroe.

 

L’American way of life propose le bonheur à chacun, en fonction de son travail, sans obstacles de la part de l’Etat…

L’idéologie dominante repose sur l’idée que la société doit favoriser l’individualisme ; la plupart des Américains pensent que tout le monde peut réussir à condition de le mériter par son travail, sa vertu..... La réussite se mesure alors à la capacité de gagner de l’argent. Pour réussir, chaque individu doit être libre d’agir dans le cadre des lois du marché. Ce point de vue appelé libéralisme prétend que l’exercice de la liberté économique nécessite que l’Etat n’intervienne pas dans l’économie.

 

_ En principe, l ‘économie repose sur la libre entreprise et la non-intervention de l’Etat dans le domaine économique. De ce fait, la concentration est devenue importante dès la fin du XIXème et le gouvernement a fait une première grande entorse aux principes libéraux en faisant appliquer des lois anti-trust pour que " la concurrence ne tue pas la concurrence ".

_ Ensuite, avec la crise économique des années 30, l’intervention de l’Etat s’est accrue avec l’application du New Deal par le President démocrate Roosevelt. Les bases de l’Etat-Providence sont ainsi mises en place. Après la Seconde Guerre Mondiale, le Président démocrate Truman complète cette politique par des mesures en faveur des salariés, en particulier dans le domaine social. Cependant aux E.U, le rôle de l’Etat reste plus limité que dans la plupart des autres pays développés. De ce fait, la pression fiscale est restée moins élevée aux EU (27% contre une moyenne de 38% dans l’OCDE).

_ Malgré cette particularité américaine, les années 80 ont été marquées par une nouvelle orientation impulsée par le Président républicain Reagan. : Diminution des dépenses publiques (sauf dans le domaine militaire) et des responsabilités de l’Etat dans le domaine social et économique pour parvenir à une diminution des impôts. Cette volonté de démantèlement de l’Etat Providence a accru certaines faiblesses du système américain.

            2) L’envers du libéralisme.

 

Texte 5 page 85 : « J’ai fait un rêve »

Question 5 page 85 : Quels reproches Martin Luther King adresse-t-il aux Etats-Unis ? Quel est son rêve ? ( A l’aide des documents 2 et 4, expliquez en quoi il est enraciné dans le rêve américain ».)

            Le reproche principal adressé par M. Luther King à son pays est le non respect des valeurs sur lesquelles repose la constitution américaine : liberté, égalité et justice pour tous les citoyens. 

Pasteur noir américain, né à Atlanta dans un ancien Etat esclavagiste, M. L. King s’engage rapidement dans la lutte non-violente contre la discrimination raciale aux Etats-Unis. En 1955, il obtient la fin de la ségrégation dans les autobus de Montgomery en Alabama.

 

_ Malgré la fin de la ségrégation raciale, l’intégration des noirs reste difficile. En 1954-1955, sous la présidence républicaine du général Eisenhower, la Cour suprême condamne la ségrégation dans l’enseignement puis les transports.

 

En 1957, Martin Luther King fonde la fondation de la Conférence des leaders chrétiens du Sud qui lutte pour l’égalité des droits des Noirs dans le Sud alors que le président Eisenhower envoie les troupes fédérales à Little Rock, en Arkansas, afin de permettre à des enfants noirs de pénétrer dans une école qui leur était auparavant interdite par les Blancs.

Mais la déségrégation reste lente. C’est pour cela que, lors de la grande manifestation du 28 août 1963, il prononce sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, son discours devenu célèbre : « I have a dream… », afin que toutes les lois ségrégationnistes soient abrogées, ce qui est réalisé en 1964.

 

_ En 1964-1965, le Président démocrate Johnson fait voter des lois interdisant toute discrimination dans les lieux publics et accordant l’égalité politique aux noirs. Mais malgré une politique d’aides, la discrimination reste une réalité sociale et économique puisque actuellement le revenu moyen des familles noires représente 58% de celui des familles blanches ; les noirs sont les premières victimes de la pauvreté.

 

_ La pauvreté qui avait fortement reculée durant les Trente Glorieuses a fortement progressé du fait des difficultés économiques et de la politique néolibérale de R Reagan et de ses successeurs. Elle touche 14% des américains (et 30% des noirs), affectant surtout les noirs, les femmes seules et les autres minorités ethniques. Cette évolution explique en partie l’explosion de la délinquance qui touche surtout les quartiers déshérités des villes : En proportion de la population il y a 10 fois plus de meurtres aux EU qu’en Europe et 7 fois plus de prisonniers dont plus de 2000 sont des condamnés à mort. La société américaine reste marquée par la violence (ex du Texas).

 

_ Au niveau scolaire, l’école publique manque de moyens et les classes y sont surchargées ; le taux d’échec est de ce fait très élevé. Par contre, les classes moyennes envoient leurs enfants dans des écoles privées payantes où les conditions de travail sont satisfaisantes. L’Université est d’un accès très coûteux. Dans le système éducatif, la sélection se fait donc par l’argent ce qui assure la reproduction sociale.

 

_ De même, la Sécurité sociale étant très insuffisante, les Américains doivent s’assurer dans des sociétés privées. De ce fait, 37 millions de personnes n’ont aucune couverture sociale. L’existence de cette misère de masse nuit au prestige du modèle américain.

 

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C. Rayonnement et contestation du modèle américain

1) Puissance matérielle et hégémonie culturelle

_ Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’influence américaine, en rupture avec la tradition isolationniste, prend un caractère international qui ne cessera de s’étendre jusqu’à nos jours, en particulier du fait de la décolonisation puis de la désintégration du bloc soviétique.

 

_ Cette influence combine une dimension politique, économique, technologique et culturelle dont le succès s’appuie sur les éléments suivants :

* la puissance militaire colossale, toujours incontestée, et la présence d’importantes bases sur tous les continents.

*  l'implantation planétaire des multinationales dont beaucoup axent leur publicité sur leur identification au modèle culturel américain (Coca Cola, Mac Donald.......).

*  culture de masse avec une énorme production cinématographique et télévisuelle qui domine de manière écrasante le marché mondial.

* la maîtrise des activités informatiques. Ils n’ont pas de concurrents sérieux dans le domaine de la production d’ordinateurs, de logiciels. La plupart des grandes banques de données sont américaines. Ils ont mis en place le système de communication Internet.

* la recherche scientifique américaine reste de loin la première du monde.

* l’arme alimentaire a été, du fait de l’énorme production agricole, en particulier céréalière, un moyen de pression sur de nombreux pays du Tiers-monde jusqu’au début des années 80. Mais du fait de la montée de la concurrence, elle a beaucoup perdu de son importance.

* Depuis les accord de Bretton Woods, le $ reste la seule véritable monnaie internationale. Le mark et le yen n’ont guère entamé sa prépondérance.

* la suprématie de l’Anglais comme langue internationale reflète l’influence mondiale des EU. Le déclin du français est net depuis 1945 et le recul brutal du russe à la suite de l’éclatement du bloc de l’Est a profité exclusivement à l’Anglais.

 

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2) Un modèle contesté

_ La contestation du modèle américain est très diverse à travers le monde. On peut distinguer 4 grandes sources différentes de contestation :

*  la source communiste soviétique qui a atteint sa maturité durant le Guerre froide avec la doctrine Jdanov. Cette source n’existe quasiment plus.

*  la source tiers-mondiste qui critique la domination politique et économique des E.U et en particulier la dictature du dollar.

*  la source arabe qui reproche aux EU son soutien permanent à Israël et leurs recours à la force contre les gouvernements arabes qui leur déplaisent. La guerre du Golfe et l’embargo contre l’Irak a renforcé cette contestation.

* la source européenne qui critique l’individualisme américain mais aussi son impérialisme culturel du fait de l’invasion de produits culturels de bas niveau exportés massivement par les EU. Les européens considèrent aussi souvent que les américains sont convaincus de la valeur universelle de leur modèle et voudraient le voir adopté par les pays d’Europe.

 

Conclusion : Dans l’ensemble, le modèle américain n’a pas pleinement profité de la désintégration du modèle soviétique ; on peut considérer qu’il a atteint son apogée au début des années 60 au moment où il combinait avance et prospérité économique, augmentation généralisée du niveau de vie, réduction de la discrimination raciale, " leader-ship " du monde occidental dans un contexte général de détente internationale.

Puis la guerre du Viêt-nam, le développement de la contestation noire et étudiante, ensuite la crise économique et les échecs internationaux des années 70 ont entraîné un déclin relatif du modèle. Aujourd’hui, les contradictions du système américain, combinées pourtant au maintien de sa puissance, font des EU un modèle écorné qui laisse transparaître une large part d’ombre.

 

 

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Cours Terminale L/ES : Quel est le déroulement de la Guerre Froide de 1945 à 1970 (2)

26 Novembre 2009 Publié dans #Cours Terminale

 

 

 

 

III. Quelles sont les réseaux d’alliances formant deux blocs antagonistes ?

 

Introduction : L’opposition entre les deux superpuissances  est si forte après la 1ère crise de Berlin et après la guerre de Corée que des alliances militaires se nouent entre les pays pour se protéger mutuellement de l’autre bloc : principalement l’OTAN et le Pacte de Varsovie.

 

Carte pages 72-73 : Le monde de la guerre froide

Nommer les alliances ainsi que leurs principaux membres.

Les alliances unissent les pays communistes d’Europe centrale (URSS et démocraties populaires) en 1955 dans le Pacte de Varsovie. En Asie, les pays alliés à l’URSS sont la Chine, la Corée du Nord, le Vietnam et la Mongolie. Du côté des alliés des Etats-Unis les alliances sont nombreuses : la principale est l’OTAN en Europe, avec son similaire en Océanie : l’OTASE, on note aussi le Pacte de Bagdad, l’OEA, etc…

 

            A. Quelles sont les alliances de l’URSS ?

 

Carte pages 72-73 : Le monde de la guerre froide  (OU Texte 4 page 247 : Le Pacte de Varsovie (1955)

Décrire d’après la carte le bloc de l’Est.

_ Le bloc communiste est vaste et compact : Europe centrale, URSS, Mongolie, Chine, Corée du Nord, Vietnam. Le 14 mai 1955 le pacte de Varsovie scelle l’alliance militaire entre l’URSS et les démocraties populaires (Bulgarie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Roumanie, la RDA (République Démocratique Allemande), ainsi que l’Albanie). Le pacte de Varsovie s’intitule officiellement Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle.

_ Le pacte militaire stipule qu’en cas d’agression intérieure ou extérieure contre le régime en place tous les membres du pacte se doivent de réagir. C’est le cas par exemple en 1956 avec l’insurrection hongroise. 

 

_ En Asie, la poussée communiste est forte. A partir d’octobre 1949 le communiste Mao Zedong prend le pouvoir en Chine. Le modèle communiste se repend à la Corée du Nord de Kim Il Song, mais aussi le Nord Vietnam ou, après le départ des Français en 1954, Ho Chi Minh met en place un régime communiste nationaliste.

 

             

            B. Quelles alliances protègent le « monde libre » ?

 

Décrire d’après la carte le bloc de l’Ouest.

_ Le bloc de l’Ouest est spatialement morcelé. Les Etats-Unis ont multiplié les alliances sur plusieurs continents pour contrer la poussée du communisme, dans les Etats proches de l’URSS et à l’intérieur des démocraties : c’est l’application de la doctrine de l’endiguement. De plus, la politique étrangère des Etats-Unis menée dans les années 1950 a également pour but de refouler les communisme : « Roll back » (refoulement).

_ La signature de nombreux traités et la politique étrangère du secrétaire américain Foster Dulles dans les années 1950 a pris le nom de « pactomanie ».

* En Amérique : En 1948 la charte de l’Organisation des Etats Américains (OEA) est signée. Elle regroupe de nombreux pays américains. Elle s’inspire de la doctrine de Monroe. Les Etats-Unis considèrent le continent américain comme leur « chasse gardée » : les grandes entreprises américaines sont implantées dans les pays d’Amérique latine dans les secteurs bancaires, de l’agriculture, de l’extraction des matières premières.

Les Etats-Unis interviennent avec la CIA en 1954 au Guatemala, mais ne parviennent pas à stopper la révolution castriste cubaine de1959. 

* En Europe : Le Pacte atlantique est signée le 4 avril 1949.  Il réunit les pays de l’Europe occidentale du plan Marshall, ainsi que la Turquie, le Canada et les Etats-Unis. L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a pour but de garantir la stabilité, la liberté et la prospérité de ses membres grâce à un système collectif de sécurité.

* En Asie : L’Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (Otase) est fondée le 8 septembre 1954, moins de deux mois après les accords de Genève, consacrant le retrait français d'Indochine. Elle est conçue comme un pacte de défense destiné à prévenir une extension du communisme en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique Sud. Elle comporte aussi un volet économique et culturel. L’alliance regroupe des pays d’Asie (Thaïlande, Pakistan) et d’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande), ainsi que les puissances coloniales (France, Royaume-Uni) ainsi que les Etats-Unis. L’Otase est différente de l’OTAN car elle ne prévoit pas d’entraide militaire automatique en cas d’attaque de l’un des membres. Elle est dissoute en 1977.

* Au Moyen Orient, le 24 février 1955 la Turquie et l’Irak signent à Bagdad un « Pacte de coopération mutuelle ». Celui-ci s’explique par l’influence de l’ancienne puissance coloniale britannique. Le pacte de Bagdad a pour but la coopération militaire et politique des signataires.  La Grande-Bretagne, le Pakistan et l’Iran adhèrent au pacte en fin 1955. Un représentant des États-Unis fait partie du Conseil et du Comité militaire permanent qui sont instaurés. Le 21 août 1959 l’Irak se retire du pacte de Bagdad pour rejoindre le camp soviétique. La Révolution iranienne de 1979 met un terme au Pacte de Bagdad.

* En extrême Orient : En 1951 le traité de San Francisco établit un pacte de sécurité militaire entre les Etats-Unis et le Japon. Le Japon sert de base militaire aux troupes militaires engagées dans la guerre de Corée.

 

Doctrine de Monroe (p. 377) : du nom du président républicain des Etats-Unis de 1817 à 1825, doctrine qui condamne toute intervention des pays du continent européen dans les affaires des Etats-Unis comme des Etats-Unis dans les affaires européennes.

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Cours Terminale L/ES : Quel est le déroulement de la Guerre Froide de 1945 à 1970 (1)

26 Novembre 2009 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

QUEL EST LE DEROULEMENT DE LA GUERRE FROIDE DE 1945 à 1970 ?

 

Introduction :

 

            La rupture de la grande alliance de guerre contre l'Allemagne marque le début de la guerre froide. Deux blocs se forment alors, se groupent autour de valeurs communes, partagées ou imposées et se dotent d'institutions collectives aussi bien politiques que militaires. La rivalité des deux grandes puissances, soviétique et américaine est à l'origine d'un monde bipolaire.


Problématiques :

            En quoi la guerre froide entre 1947 et 1975 constitue-t-elle l’affrontement entre deux modèles ?

            Pour quelles raisons la guerre froide ne s’est-elle pas transformée en conflit généralisé entre les deux blocs ?

           

I. Comment se constituent deux blocs antagonistes ? (1945-1948)

 

            A. Quelles sont les origines de la rivalité américano-soviétique après la 2e Guerre mondiale ?

                       

                        1. Qu’est-ce que la guerre froide ?

 

                                    a) Comment définir « guerre froide » ?

 

Frise chronologique page 70 

Quels sont les moyens par lesquels s’opposent URSS et Etats-Unis ?

 

_ La guerre froide est donc un profond antagonisme Est-Ouest qui dure de 1947 à 1991 et prend la  forme  d'un conflit permanent et systématique, sur le plan idéologique, politique, économique, culturel, militaire et spatial, mais qui  ne conduit pas pour autant à un affrontement armé direct et généralisé des deux blocs.

_ Les deux adversaires recourent à  tous les moyens de l’intimidation, de la propagande, de la subversion, voire de la guerre locale tout en s’abstenant d’en venir aux armes l’un contre l’autre ; la menace sur la paix est tout de même désormais permanente.

Guerre froide (page 78) : expression créée en 1947 par le journaliste américain walter Lippman pour désigner la situation de tensions entre les Etats-Unis et l’URSS dans laquelle chacun des deux camps tente de prendre l’avantage sur l’autre, tout en évitant de déclencher un conflit armé direct. 

 

                                    b) Quelle est la chronologie de la guerre froide ?

 

Frise chronologique page 70 

Quelles sont les grandes étapes de la guerre froide ?

 

_ La Guerre froide comporte plusieurs étapes :

* elle débute en 1947 (discours de Fulton), année charnière, et culmine dans les années 48-53 (blocus de Berlin jusqu’à la mort de Staline).

* elle se poursuit par une période d'amélioration, avec la coexistence pacifique de 1953 à 1962 et la Détente entre 1962 et 1975.

* elle connaît un regain de tension de 1976 à 1985 surtout après l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS fin 1979 (la Paix Froide de 1980 à 1985)

* la guerre froide se termine par une véritable amélioration consécutive à l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir en 1985 ce qui conduit à la disparition de l'URSS en 1991, et par voie de conséquence à la fin de la guerre froide.

             

 

                        2. Pourquoi la méfiance s’installe-t-elle entre Alliés et URSS ?

 

                                    a) Comment s’effectue la poussée soviétique dans le monde dès 1945 ?

 

Carte 4 page 75 : L’encerclement des Etats-Unis (années 1960)

Quels sont les territoires aux mains des communistes ? Depuis quand ?

Les communistes ont pris le pouvoir en URSS, Europe de l’Est, mais aussi Chine et Mongolie.

Carte 4 : Cette carte présente l’Amérique, à laquelle il faut ajouter l’Europe occidentale, à l’Est par rapport aux Etats-Unis et, à l’Ouest de ceux-ci, l’ensemble australien : « ce monde libre » est bloqué d’un côté et de l’autre par un seul et même ensemble : le bloc de l’URSS et de ses alliés.

                La carte insiste aussi sur la poussée communiste à l’intérieur de chacun des continents : influence du parti communiste en France, basculement de l’Egypte et de Nasser vers l’URSS en 1956, suivi deux après par celui de l’Irak ; guérillas communistes de modèle castriste en Amérique latine ; intervention cubaine en Angola et au Mozambique après l’indépendance de ces pays en 1974 contre le Portugal ; guerres menées par les forces communistes au Vietnam, au Laos et au Cambodge à partir des années 1960 et s’accentuant dans les années 1970.

 

OU carte 2 page 21 : L’Asie en 1945 ; carte 1 pages 22-23 : L’Europe en 1945

 

Quelles sont les causes de la méfiance des Occidentaux envers l’URSS ?

_ L’engrenage de la méfiance commence dès 1945-1946. L’expansion de l’URSS provoque du côté des Alliés britanniques et américains la perception d’une menace communiste. Les prétentions territoriales soviétiques, occupations et tentatives de prises de pouvoir des communistes sont nombreuses :

* En Europe de l’Est l’armée rouge se maintient. Elle cesse d’être une armée de libération pour devenir une armée d’occupation

* En Grèce, en Turquie, en Iran : les pressions soviétiques se multiplient.

En 1944, les Anglais libèrent la Grèce et luttent durant un mois contre les maquis communistes, soutenus par Tito et l'Albanie. La guerre civile se déroule en Grèce entre les communistes et l’armée gouvernementale soutenue par les américains, elle causa 150 000 morts de 1946 à 1949.

* En Chine, la guerre civile reprend entre les communistes de Mao Zedong (biographie p.78) et les nationalistes de Tchang Kai-Chek. Elle aboutit à la fuite de ce dernier sur l’île de Formose (Taiwan). La république populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949 par Mao Zedong à Pékin.

Mao Zedong : (1893- 1976) biographie page 78

 

                                    b) Comment s’opère la mainmise soviétique sur l’Europe de l’Est dès 1945 ?

 

Texte 1 page 37 : Le « rideau de fer »

(Rappel)

Les communistes d’Europe de l’Est aidés par les soviétiques prennent le pouvoir.

 

_ Le processus de conquête du pouvoir des communistes en Europe de l’Est prend l’apparence de la légalité mais se déroule en fait sous la pression soviétique.

* L’occupation du pays par l’armée rouge permet la dénazification et l’épuration, mais s’accompagnent du démantèlement des structures et des cadres politiques de l’ancien régime.

* Puis, un « Front National » contrôlé par les communistes regroupent les forces issues de la résistance. Des gouvernements de coalition ou d’Union Nationale sont formés où les communistes détiennent les postes-clés comme l’Intérieur, la Justice, l’Armée, l’Economie.

* Les communistes opèrent le noyautage de l’Etat, de l’administration, et s’emparent même de la direction des associations, des usines…

* Enfin les opposants sont éliminés et les élections truquées, garantissant ainsi la victoire des communistes et des socialistes ralliés. 

_ Au niveau extérieur : La signature d’un traité d’alliance avec l’URSS est conclue au profit de cette dernière.

_ Au niveau intérieur : L’opposition est interdite et pourchassée, ses chefs étant en fuite, en prison ou exécutés. Un système totalitaire importé d’URSS est instauré avec un parti unique, une police politique, une milice, et le règne de la terreur et de la peur.

           

 

               B. Comment s’opère en 1947 la riposte américaine ?

 

Quelles sont les réactions occidentales ?

_ L’expansion soviétique provoque des réactions occidentales :

* Churchill parle publiquement dans son discours à Fulton d’un « Rideau de fer » qui s’est abattu sur l’Europe de Stettin à Trieste. Il accuse l’URSS de ne pas respecter les accords de Yalta pris en février 1945.

* Les Américains réagissent avec fermeté : en 1945 ils cessent le fonctionnement de la loi de prêt-bail, il manifeste de la mauvaise volonté pour démonter les usines allemandes (dans le cadre des réparations de guerre). La flotte américaine est mobilisée en Méditerranée. Les pressions diplomatiques de Washington se multiplient.

 

Texte 1 page 99 : Discours de George Marshall à Harvard, le 5 juin 1947

 

1. Présentez le document.

Le document présenté ici est un discours prononcé par le général George Marshall, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du président Truman depuis janvier 1947. Ce discours a été prononcé au cours dune remise de diplômes à l’université de Harvard, le contenu s’adressant plus aux dirigeants des pays européens qu’aux étudiants américains. Cette allocution est à replacer dans un contexte de crise due tout d’abord à la misère matérielle des Européens après la guerre et à un climat de début de guerre froide entre les anciens alliés de l’Est et de l’Ouest : pour le président américain il faut « endiguer » la poussée soviétique  et aussi combattre l’influence communiste dans les démocraties occidentales, ce qui se concrétise par le départ des ministres communistes des gouvernements français, belges et italiens au printemps de cette année de rupture de la Grande Alliance, l’année 1947.

 

2. Quelles sont les raisons économiques de l’aide proposée par les Américains ?

Au début du discours, Marshall expose les raisons économiques de l’aide américaine : les Européens ont de très gros « besoins », « en vivres et autres produits essentiels » qu’ils importent, d’après le général, d’ « Amérique ». Ils manquent de « capacité actuelle de paiement », aussi, l’Amérique se doit d’être généreuse en apportant une « aide supplémentaire très importante ». A plusieurs reprises, il évoque la nécessité de « rétablir la santé économique du monde ».

 

_ Le plan Marshall a pour objectif de relancer l’économie européenne.

_ Les raisons économiques des Etats-Unis sont aussi à destination intérieure : favoriser le plein emploi aux Etats-Unis et écarter ainsi le spectre d’une nouvelle crise économique comme celle des années 30. Les économies européennes redressées pourront absorber des exportations américaines, et la demande extérieure viendra donc compléter un marché intérieur développé mais insuffisant compte–tenu des capacités de production américaines accrues pendant la guerre.

_ Les moyens utilisés par les Etats-Unis sont une aide économique à tous les pays qui la souhaitent. Elle s’élève à 13.5 milliards de $ sur quatre ans (en dons ! …).

 

 3. Quelles sont les motivations sociales et politiques de ce soutien financier ? 

Ce soutien financier et économique a des raisons sociales : le « désespoir des peuples » (dû à la misère matérielle) peut entraîner des « troubles » (des révolutions sociales entraînant la critique du système capitaliste). Il faut assurer « la stabilité politique » qui va de pair avec la solide installation du système libéral et capitaliste, les bonnes conditions politiques étant celles des Etats-Unis, définies comme étant « de libres institutions ». En aucun cas le général Marshall ne prononce les mots « communisme » ou « Union soviétique » : le langage reste feutré, il n’empêche que tout le monde peut comprendre à qui il s’adresse.

 

_ Le plan Marshall cherche à relancer l’économie européenne, et ainsi d’élever le niveau de vie et donc de diminuer le risque de contagion communiste liée à la misère. Il cherche également à amorcer un processus d’unification européenne qui accroisse ainsi régionalement la résistance au communisme.

 

4. Quelles sont les conditions imposées par les Etats-Unis pour pouvoir bénéficier de cette aide ?

            L’attaque à l’égard de l’URSS et des partis communistes occidentaux qui lui sont soumis reste camouflée (« Tout gouvernement qui intrigue », « les partis et les groupes politiques qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en tirer un profit sur le plan politique »). Marshall fait allusion ici aux grandes grèves de l’année 1947, les dirigeants syndicaux liés aux partis communistes y dénonçant les dirigeants au pouvoir et exigeant leur départ.

            Les Etats-Unis réclament donc une bonne collaboration des Etats concernés afin de pouvoir bénéficier de l’aide : « Tout gouvernement qui veut aider à la tâche de la reprise économique jouira, j’en suis sûr, de la plus entière coopération de la part du gouvernement des Etats-Unis ». Dans cette proposition, aucun pays n’est nommément cité et, en principe, l’aide est ouverte à tous ceux qui acceptent de suivre le modèle américain.

 

_ Les Etats-Unis impose comme conditions aux pays voulant bénéficier de l’aide une collaboration entre Etats. En juillet 1947 est crée l’OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique) qui a pour mission de distribuer aux différents Etats l’aide américaine : les Européens se trouvent donc amenés à travailler ensemble.

_ En juillet 1948, est institué « l’European Recovery Program ». L’aide est assurée à 90 % par des dons en nature livrés aux gouvernements qui les vendent aux industriels à crédit.

_ L’activité industrielle peut donc  redémarrer, et cette contrepartie permet aux Etats de consentir des prêts publics ou de financer des travaux d’infrastructure.  

 

5. En quoi cette proposition risque-t-elle d’accentuer les tensions américano-soviétiques ?

Cette proposition accentue les tensions américano-soviétiques car même si l’URSS n’est pas citée, l’allusion ne peut passer inaperçue et est considérée par l’URSS comme une véritable provocation aboutissant à la création du Kominform se fixant pour tâche de coordonner l’action des partis communistes européens en vue de bloquer l’avancée américaine. Les Etats-Unis abusant selon elle de leur supériorité économique, l’URSS les accuse d’impérialisme.

 

_ La proposition américaine a pour conséquence de couper le monde et l’Europe en deux.

* Les pays occidentaux acceptent l’aide et parviennent à une reconstruction rapide, pratiquement achevée en 1950. Les relations avec les Etats-Unis sont devenues plus étroites.

* Les pays sous influence communiste refusent par peur de la dépendance : selon l’URSS le plan Marshall est une manœuvre impérialiste américaine pour dominer et contrôler les pays qu’ils aident. C’est aussi selon eux le prélude à une guerre de conquête contre l’URSS

* Les partis communistes du monde entier partent donc en guerre contre le plan Marshall par exemple avec le Kominform.

Kominform (p. 379) : bureau d’information communiste qui réunit les principaux partis communistes européens de 1947 à 1956.

 

 

            C. En quoi les doctrines des deux camps s’opposent-elles ?

 

Etude de trois documents : Texte 2 : La doctrine Truman ; Texte 3 page 100 : La doctrine Jdanov ; Texte 5 page 101 : la doctrine américaine de l’endiguement

           

Question 2 page 101 (avec aide de l’analyse des documents) : Etudiez les idéologies opposées de chacun des deux camps.

Les représentants de chaque camp affirment des idéologies et des points de vue rigoureusement opposés. En 1946, les désaccords entre les deux Grands les entraînent à défendre avec acharnement leurs points de vue et à accuser l’autre d’agression ou d’expansionnisme : les discours, déclarations et rapports forment ce qui a été dénommé par la suite une « doctrine ».

 

D’après Truman (doc.2), quel message les Etats-Unis doivent-ils porter au monde ?

            C’est le 11 mars 1947 que le président Truman, à la tribune du Congrès, accuse l’Union soviétique. Il rappelle, en 1956 dans ses mémoires, les dangers que représente le modèle soviétique et, d’autre part, les buts que les Etats-Unis se sont donnés. Pour lui, les Etats-Unis, après avoir très fortement contribué à la chute des régimes totalitaires doivent à nouveau y faire face : sans nommer l’URSS, le président parle d’un « défi lancé par le nouveau totalitarisme », expression qu’il définit à deux reprises. Dans certains pays jamais nommés existent des « minorités armées » (Truman pense ici aux milices communistes) cherchant à « asservir » (c’est-à-dire, à cette date, à prendre le pouvoir), s’appuyant sur « des pressions venues de l’extérieur » (en l’occurrence de l’URSS). Il revient à la fin de ce discours sur les critiques adressées à ce type de régime : « une minorité imposée par la force à la majorité, « la terreur, l’oppression, une presse et une radio contrôlées, des élections truquées et la suppression des libertés individuelles ».

             En opposition, il dresse un tableau idyllique de l’autre modèle, c’est-à-dire le sien, le modèle américain, défini essentiellement par un mot : «liberté ». C’est pourquoi ce modèle doit s’engager dans une mission de « soutien » aux autres peuples dans les domaines politique, économique et financier. Le soutien dans ces deux derniers domaines prend la forme de « l’aide Marshall » proposée dès le 5 juin.

 

_ La doctrine Truman est exposée par le président Truman lors de son discours du 11 mars 1947 devant le Congrès. Il est la réponse à la demande formulée par la Grande Bretagne aux Etats-Unis pour qu’ils prennent le relais de la lutte des démocrates contre les communistes dans les guérillas en Grèce et en Turquie. En fait la Doctrine Truman dépasse largement le cadre de ces deux seuls pays.

_ La doctrine expose que le monde est partagé en deux systèmes radicalement opposés et engendrant des modes de vie tout à fait différents : le monde libre à l’Ouest, le totalitarisme à l’Est. La sécurité des Etats-Unis est mise en cause et nécessite une intervention américaine partout où une agression communiste directe ou indirecte menace la paix : en fait la zone de sécurité des Etats-Unis s’étend désormais à l’ensemble du monde libre.

 

 

 

 

D’après Jdanov (doc. 3) quelle est la caractéristique de la situation internationale en 1947 ? Comment définit-il les deux camps ? Quel doit être le rôle des pays communistes dans leur propre Etat ?

                Le représentant soviétique au Kominform Andreï Jdanov énonce dans son rapport une « doctrine » en réponse aux critiques américaines. La « doctrine » oppose les bons et les mauvais. Les mauvais sont les Etats-Unis car leur seul objectif est la conquête du monde : un « expansionnisme » dénoncé à plusieurs reprises par Jdanov. L’ « aide » américaine (allusion au plan Marshall) n’est qu’une domination déguisée qui sous-entend « des mesures militaires stratégiques » (ex. Berlin), « l’expansion économique » (placements de capitaux et d’entreprises américaines), la « lutte idéologique » (mise en place d’une démocratie à l’américaine et d’un modèle culturel fondé sur la consommation).

                 Il définit par contre l’Union soviétique comme un pays totalement victorieux car « en influence internationale croissante » mais « anti-impérialiste », favorable à la construction d’Etats nouveaux de « nouvelle démocratie », où existerait une véritable justice sociale : « ouvriers…qui ne veulent pas nouvelle guerre de domination au profit de leurs propres oppresseurs » (allusion ici aux révolutions sociales).

 

_ En 1947 la libération des pays de l’Est de la domination nazie s’est transformée en occupation, aussi bien au plan politique qu’au plan économique (collectivisation, planification).

_ La doctrine Jdanov est énoncée en septembre 1947 par le représentant soviétique au Kominform Andreï Jdanov, un proche collaborateur de Staline. Selon cette théorie le monde est désormais divisé en deux camps irréconciliables : le camp impérialiste, antidémocratique et belliciste, conduit par les Etats-Unis ; le camp anti-impérialiste, démocratique et pacifiste, conduit par l’URSS. En conséquence, pour contrer l’impérialisme américain les partis communistes doivent prendre le pouvoir partout où cela leur est possible.

 

_ Le Kominform (p. 379) est créée en octobre 1947. Il s’agit officiellement d’un bureau d’information communiste assurant la liaison entre les différents partis communistes. En  réalité c’est l’instrument de la tutelle du PCUS (Parti communiste d’URSS) sur tous les autres partis communistes afin d’en contrôler étroitement et la ligne politique et les hommes : le monde communiste ne peut être qu’obéir aveuglément à l’URSS, patrie des prolétaires.

 

_ Chaque Etat, chaque courant de pensée, parti, association doit choisir son camp. Toute collaboration est devenue impossible et les communistes quittent les gouvernements de coalition auxquels ils participaient (avril 1947 en France et mai 1947 en Italie) pour prendre la tête d’un grand mouvement social ce qui contribue à les isoler un peu plus encore dans un véritable ghetto politique. La situation est désormais celle d’une bipolarisation (p. 78).

Bipolarisation (p. 78) : situation dans laquelle les relations internationales s’articulent en fonction de deux grandes puissances.

 

Quel jugement l’auteur du doc. 5 porte-t-il sur l’URSS ? Pour lui, quel danger ce pays représente-t-il ?

Pour G. F. Kennan, conseiller d’ambassade à Moscou en 1947, les Etats-Unis doivent absolument « endiguer » au plus vite et à long terme « les tendances expansionnistes de la Russie » : l’objectif est ici militaire et il ne s’agit plus d’ « aider » ou de « soutenir » les alliés mais de « contraindre » la poussée soviétique. Kennan est conscient à la fois de la puissance militaire de l’URSS au sortir de la guerre et de l’attrait idéologique de celle-ci pour les « peuples insatisfaits » : il faut donc convaincre au plus vite l’URSS d’adopter une « politique étrangère sage et adroite » et ceci afin de préciser et gérer l’endiguement.

 

_ Dès janvier 1947car les Etats-Unis sont convaincus de la nécessité d’une politique de fermeté à l’égard de l’URSS ; il faut arrêter l’expansion du communisme, le contenir dans les limites qu’il a atteintes : c’est l’endiguement ou containment.

_ Pour réaliser l’endiguement, les USA disposent de plusieurs atouts : le monopole nucléaire ;  la puissance financière et économique (plan Marshall) ;  la CIA créée en 1947. La Central Intelligence Agency ou CIA (Agence centrale du renseignement) est une des plus importantes agences de renseignements extérieurs et d'opérations clandestines des Etats-Unis d’Amérique

Containment (p. 78) : mot anglais qui signifie « endiguement ». Base de la doctrine de Truman, le containment vise à empêcher une nouvelle extension de la zone d’influence soviétique au-delà des limites atteintes en 1947. L’aide financière et militaire des Etats-Unis aux « peuples libres » est destinée à entourer le bloc soviétique d’un « cordon sanitaire ». 

 

_ Les deux blocs opposés s’affrontent désormais dans la guerre froide et l’on vit désormais dans la crainte d’un nouveau conflit mondial.

           

II. Quels sont les premiers affrontements de la Guerre froide (1948-1953) ?

 

            A. En quoi le « coup de Prague » (février 1948) montre la mainmise de l’URSS sur l’Europe de l’Est ?

 

Texte page 258 : Le coup de Prague

 

1. Présentez le document

            En Tchécoslovaquie, les communistes ne sont pas majoritaires même s’ils recueillent 38% des voix aux élections de 1946. Ils sont membres d’un gouvernement de coalition. Mais de nouvelles élections doivent se dérouler en mai 1948. Les communistes craignent un recul et souhaitent que des listes uniques soient constituées, ce que refusent les autres partis. L’épreuve de force se prépare et le ministre communiste de l’Intérieur recourt à des mesures préventives (mutations, nominations d’hommes sûrs…). Sur le plan international, la rupture est consommée depuis 1947 entre les deux Grands et l’URSS a notamment fait pression sur la Tchécoslovaquie pour qu’elle refuse les crédits du plan Marshall.

            L’auteur de ce texte n’est guère connu mais des informations tirées du texte peuvent nous aider. Il semble attendre un appel téléphonique du président Benès avec des proches ; il parle plus loin de « nouvelle liste ». Ceci nous indique qu’il s’agit d’un ministre non communiste du gouvernement sortant.   

 

2. De quels moyens disposent les communistes pour faire pression sur le président ?

Les communistes s’appuient sur des ouvriers et des fonctionnaires pour l’essentiel. Le parti a constitué des « milices ouvrières » armées. Pour faire pression sur le président, ils décident d’appeler à une grande manifestation. Les menaces existent aussi, celle de la grève générale mais aussi des menaces directes contre les « récalcitrants », ce qui montre un climat de tension, voire de violence.

 

_ Le coup de Prague se déroule en février 1948. Le contexte de ce coup de force est original car le prestige de Staline est Tchécoslovaquie est considérable. En effet ce dernier a condamné les accords de Munich en septembre 1938, a libéré le pays sans détruire les beautés architecturales de Prague, et a même fait se retirer l’armée rouge du pays après sa libération !

_ En mai 1946 se sont déroulées des élections législatives d’où sortent vainqueurs une coalition socialo-communiste, ces derniers obtenant 38% des voix. Le Président Bénès appelle donc  le communiste Gottwald  (chef du parti majoritaire de la coalition majoritaire) pour diriger un gouvernement de coalition (dans la tradition et le respect du régime parlementaire en vigueur dans le pays).

_ Mais la mainmise communiste se renforce ensuite avec une influence croissante dans les quartiers, les villes, les usines, l'administration, les associations  etc. ...

 

3. Qu’espèrent les ministres non communistes ?

Le 20 février, douze ministres non communistes démissionnent pour protester contre les mesures prises par le ministre de l’Intérieur, ce qui explique qu’ils soient en train d’attendre un appel téléphonique du président pour s’avoir s’ils sont nommés à nouveau.

 

_ Les ministres modérés estimant que Gottwald prépare l'installation d'une dictature communiste, démissionnent pour provoquer des élections anticipées et un remaniement en leur faveur (sauf Ian Mazaryck, libéral, ministre des affaires étrangères).

4. Quel est le dénouement de la crise et ses conséquences pour la Tchécoslovaquie ?

Les communistes font alors pression sur le président Benès (au demeurant très affaibli par une attaque cardiaque) : « Les milices ouvrières circulèrent dans les rues de la capitale. » La menace d’une grève générale est lancée. Face à cette pression, le président « donne son accord à la nouvelle liste présentée par Gottwald » où les communistes sont désormais majoritaires. Sans vraiment être sortis de la légalité mais sans passer par les urnes, les communistes s’emparent donc du pouvoir.

 

_ Le « coup de Prague » débute par l’organisation par le PC d’importantes manifestations d’ouvriers et de milices ouvrières qui sont une puissante démonstration de force. Le Président Bénès, très impressionné, cède à la pression pour éviter la violence d’une guerre civile et accepte un ministère communiste  homogène préparé par Gottwald (victoire des communistes, avec accord et intervention discrète de I'URSS).

_ L’instauration du totalitarisme est ensuite rapide. Le ministre non démissionnaire Mazaryck tombe d’une fenêtre du Palais. Cette liquidation est selon la version officielle un suicide : Mazaryck a en fait été suicidé ! L’administration est épurée (purgé de ses éléments non sûrs, non communistes). Le président Benès doit démissionner. Le communiste Gottwald est ensuite élu à la présidence de la République en juin 1948. Le PC absorbe alors ses alliés politiques et quadrille le pays avec la milice.

_ A l’Ouest on assiste ému et impuissant au basculement de la Tchécoslovaquie à l’Ouest : le choc est considérable

 

5. Quelles sont les limites d’un témoignage comme celui-ci pour l’historien ?

Bien sûr, il faut souligner ici que nous avons affaire à un témoignage partisan. L’auteur est clairement anticommuniste et il peut donc être tenté de noircir l’action du parti. N’oublions pas non plus qu’il est partie prenante des discussions d’alors puisqu’il est ministre. Il faut donc, sans rejeter ce qu’il dit, être prudent et l’historien se doit de croiser ce témoignage avec d’autres documents pour en vérifier la pertinence.

 

            B. Comment se déroule la première crise de Berlin (juin 1948 –mai 1949) ?

 

Carte 1 page 102 : Berlin lors de la crise de 1948

Question 1 page 103 : Expliquez la vulnérabilité de Berlin en 1947 ?

            Après la victoire contre les nazis allemands, le Conseil du Contrôle Allié établit son siège à Berlin alors que l’URSS a conquis l’Allemagne orientale et la ville et assuré seule l’administration de celle-ci en mai et juin 1945. Début juillet, le Protocole de Londres signé le 12 septembre 1944 entre les Etats-Unis, l’URSS et le Royaume-Uni est mis en application : cet accord prévoit la constitution d’ « un territoire particulier de Berlin, occupé conjointement par les trois puissances » et pourvu d’un organe interallié de gouvernement, la Kommandatura, « pour mettre en place une administration conjointe du territoire de Berlin ». La France est ensuite associée comme quatrième puissance à l’occupation de Berlin et de l’Allemagne occidentale. Les quatre secteurs d’occupation sont distincts, constitués chacun d’un regroupement de circonscriptions afin d’assurer une délimitation, une surveillance claire et directe du stationnement des troupes. Néanmoins, l’administration du Grand-Berlin reste commune.

            La seconde particularité de la ville est due à sa situation géostratégique puisqu’elle est  située au cœur de l’Allemagne orientale occupée par l’URSS ; lors des négociations, seules les liaisons aériennes avec l’Allemagne occupée par les trois puissances occidentales ont fait l’objet de clauses précises sur les « corridors aériens » : c’est ce qui explique sa vulnérabilité.

 

_ Comme le reste de l’Allemagne, Berlin est coupée en quatre zones d’occupation mais en fait en deux : une zone orientale sous contrôle soviétique ; une zone occidentale sous contrôle des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de la France, véritable îlot occidental de deux millions d’habitants en pleine zone soviétique.

_ Berlin ouest est relié à  la trizone occidentale par trois couloirs de circulation, terrestres et aériens.

Texte 2 page 102 : Le blocus de Berlin (1948)

Question 2 page 103 : Qui est responsable de la crise ? Pour quelles raisons ? Pourquoi les Soviétiques lèvent-ils le blocus en mai 1949 ?

 

Pour quelles raisons ?

Très vite, à Berlin, le projet d’une administration quadripartite s’efface devant les divergences d’intérêt entre les puissances occidentales et la puissance soviétique, ces divergences ne faisant que s’accentuer en 1946 puis en 1947 avec la rupture de la Grande Alliance. Suite à l’échec des deux conférences des ministres des Affaires étrangères, les plans américains de relance économique se heurtent à l’intransigeance soviétique. Les Occidentaux décident donc d’amorcer dans leurs zones la reconstruction économique, ce qui provoque le retrait de l’URSS du conseil de contrôle le 20 mars 1948. Ce fait est relaté par Konrad Adenauer – chancelier de la RFA entre 1949 et 1963 – dans ses mémoires éditées en 1965 : « Le 20 mars 1948, le maréchal Sokolovski, commandant en chef soviétique, quitta la séance du conseil de contrôle ». Mais, pour l’URSS, c’est la réforme monétaire dans les secteurs ouest qui est la cause de la crise. Adenauer fait allusion à cette réforme : « lorsque le 20 juin, la réforme monétaire entra en vigueur… ». Cette réforme séparée créant le Deutsche Mark est jugée inacceptable par les Soviétiques puisque toutes les décisions devaient être prises en commun par les quatre puissances occupantes.

 

_ Après le traumatisme causé aux occidentaux par le « coup de Prague » ces derniers décident d’accélérer dans leur zone la reconstruction d’un Etat allemand fort au niveau économique et politique de façon à faire barrage au communisme.

_ Les négociations à quatre sur le statut à donner à l’Allemagne étant dans l’impasse une fois de plus, les trois occidentaux se réunissent pour une conférence à Londres d’avril à juin 1948 et prennent des décisions préparant la naissance d’un nouvel Etat allemand à partir de leurs zones d’occupation. Ces décisions sont la création de la « trizone » par unification des trois zones occidentales d’occupation ; l’élection d’une assemblée constituante annoncée le 7 juin 1948 ; la création d’une nouvelle monnaie annoncée le 20 juin 1948 ( le Deutsche mark, valant un dixième de l’ancien Reichmark).

 

Qui est responsable de la crise ?

 

La crise  explose le « 20 juin […], les trafics ferroviaire et fluvial furent interrompus par les Russes ». Le 24, l’URSS boucle totalement les secteurs occidentaux et coupe l’approvisionnement en électricité. Il s’ensuit « un pont aérien […] entreprise la plus grandiose dans l’histoire de l’aviation moderne […] un million et demi de tonnes environ de marchandises les plus diverses […] parvinrent ainsi par air ». Les avions atterrissent très vite à intervalles d’une ou deux minutes.

 

_ Staline décrète un blocus qui commence le 24 juin 1948 et bloque tous les accès routiers et ferroviaires de Berlin-Ouest afin d’asphyxier la ville, pour tenter d’en chasser les occidentaux  et de se l’accaparer.

 

 

 

 

Pourquoi les Soviétiques lèvent-ils le blocus en mai 1949 ?

Pour l’URSS qui ne souhaite pas s’engager plus loin, le blocus a échoué et les entretiens américano-soviétiques gérés dans le cadre des Nations unies aboutissent le 12 mai 1949 à l’accord quadripartite de New York fixant la levée du blocus qui a duré onze mois. Le blocus a accéléré la création de la République fédérale d’Allemagne – puis celle de la République démocratique allemande – et a affirmé la présence des Occidentaux à Berlin. Pour Adenauer, « Berlin demeurait le bastion de l’Occident ».

 

_ Les Etats-Unis ripostent immédiatement au blocus soviétique par un pont aérien. Truman indique qu’il ne veut « ni abandon, ni troisième guerre mondiale ».  Le « pont aérien » dure 11 mois, avec un avion cargo toutes les trois minutes sur les trois aéroports disponibles, des milliers d’avions au total qui transporte près de 2.5 millions de tonnes de ravitaillement en un an.

_ La fermeté des Américains incite Staline à lever le blocus en juin 1949.

Staline (1879-1953) : Biographie page 77

 

Quelles sont les conséquences de la 1ère crise de Berlin ?

 

_ La 1ère crise de Berlin conduit à la division de l’Allemagne en deux pays distincts :

_ La R. F. A. (République Fédérale Allemande) à l’ouest. En mai 1949 le projet de constitution est adopté. La RFA est créé officiellement en septembre 1949.

Le nouvel Etat allemand a comme caractéristiques une structure  fédérale (11 länder), et un régime parlementaire, le chef de l’exécutif étant le chancelier qui est chef du gouvernement (le premier est Adenauer). La RFA reprend le drapeau noir, or et rouge de 1848.

* La capitale de la RFA ne peut pas être Berlin, aussi est-elle fixée dans une petite ville rhénane : Bonn.

* A Berlin-Ouest la municipalité est dirigée par un bourgmestre (mais avec un contrôle interallié). La ville devient par sa prospérité une vitrine de l’occident face au communisme.

_ La R.D.A. (République Démocratique Allemande) est érigée en démocratie populaire (régime de type soviétique centralisé avec parti unique soumis à Moscou) par l’URSS en  octobre 1949. Elle a pour capitale Berlin Est. La reconstruction de la RDA, intégré au bloc communiste, est difficile.

 

Démocratie populaire (p. 377) : En 1947, Jdanov définit la démocratie populaire comme un nouveau type d’Etat « où le pouvoir appartient au peuple, où la grande industrie, les transports et les banques appartiennent à l’Etat et où la force dirigeante est constituée par le bloc des classes laborieuses de la population, ayant à tête la classe ouvrière ». En réalité ces « démocraties populaires » sont des dictatures communistes.

 

 

 

            C. Quel est le déroulement de la guerre de Corée (1950-1953) ?

 

SITE TV5 (Québec)  : http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-5867-9_septembre_1948_la_Republique_Populaire_Democratique_de_Coree_du_Nord.htm

 

 

 

_ La Corée est une ancienne colonie japonaise depuis 1910. A partir d’août 1945 elle est occupée au nord du 38ème parallèle par l’URSS et au sud du 38ème parallèle par les Etats-Unis, conformément aux accords de Potsdam.

_ En 1948, les deux zones d'occupation deviennent des Etats. L’URSS quitte la Corée du Nord en décembre 1948, les Etats-Unis évacuent la Corée du Sud en juin 1949. Des élections libres en Corée du Sud donnent le pouvoir à Syngman Rhee. La Corée du Sud est reconnu par l’ONU. Au nord la République Populaire de Corée est créée en septembre 1949. Elle est dirigée par Kim Il Sung.

 

Carte page 79 : La guerre de Corée (1950-1953)

+ Chronologie indicative p. 88  

A partir de la carte page 79 et de la chronologie indicative page 88, réalisez un schéma résumant les opérations en Corée.

 

TRANSPARENT

 

_ La guerre de Corée dure trois ans. La guerre débute par une agression nord coréenne en juin- août 1945. La Corée du Sud est rapidement, et presque intégralement conquise. La capitale Séoul en prise en trois jours. En l’absence de l’URSS, qui boycotte l’ONU, les Etats-Unis obtiennent la condamnation de l’agression Nord coréenne et l’envoi d’un corps expéditionnaire (international puisque constitué par 16 pays, mais essentiellement américain) dirigé par le général Mac Arthur.

_ La contre-offensive américaine se déroule de septembre à octobre 1950. Depuis la poche de Pusan les troupes internationales font la reconquête du Sud, franchissent le 38ème parallèle, et s’enfoncent en Corée du Nord pour réunifier la Corée au profit de Syngman Rhee. A cause de l’avancée des troupes américaines vers la frontière chinoise, la Chine (qui sert de base arrière aux communistes coréens) se sent menacée.

_ L’intervention chinoise se produit de novembre 1950 à janvier 1951. Des centaines de milliers de « volontaires » chinois combattent et font reculer les Américains jusqu’au sud du 38ème parallèle. Séoul est évacuée en janvier 1951. Mac Arthur rétablit le front sur le 38ème parallèle.

_ Le front se stabilise de 1951 à 1953. Les deux armées s’enterrent dans des positions fortifiées, des vagues successives de chinois et coréens du nord venant mourir au pied des positions américaines. La guerre est devenue une guerre de positions.

 

 

_ Des négociations s’ouvrent à Pan Mun Jon sur la ligne de front, en 1951. Elles aboutissent à un armistice et à une paix blanche en juillet 1953, après la mort de Staline. La nouvelle ligne de démarcation est établie autour du 38ème parallèle.

 

 

 

OU

 

Texte 1 page 88 : Truman justifie la guerre de Corée

Quel risque est dénoncé par le président Truman ?

Le président américain Truman dénonce la surenchère des combats, et une possible extension du conflit à la Chine (bombardement), et donc une généralisation de la guerre à L’URSS et ses alliés.

La personne visée par le discours est le général Mac Arthur qui a proposé l’utilisation de l’arme atomique.

 

_ Mac Arthur envisage de s’attaquer à la Chine et demande l’utilisation contre elle de l’arme atomique.  L’opinion américaine, séduite par le Maccarthysme, est favorable. Mais cela aurait pour conséquence de provoquer l’entrée en guerre de l’URSS et la mondialisation du conflit. Truman s’y oppose et démet Mac Arthur de ses fonctions. Il est remplacé par le Général Ridgway.

 

Quel est le bilan de la guerre de Corée ?

 

_ Le bilan de la guerre est d’environ quatre millions de morts dont deux millions de victimes civiles …Le pays est dévasté sans que la division du pays ait été modifiée.

_ La guerre de Corées reste localisée mais avec une sérieuse menace d’extension au monde. Il engendre une montée d’anti-américanisme chez les communistes et une profonde vague d’anticommunisme dans l’autre camp (Maccarthysme aux Etats-Unis).

_ Au niveau international l’URSS et la Chine sortent grandies du conflit pour avoir mis en échec les Etats-Unis. De leur côté les Etats-Unis ont montré au monde leur capacité de riposte et leur volonté d’appliquer leur doctrine de l’endiguement du communisme.

 

Maccarthysme : Climat de suspicion violemment anticommuniste (1950- 1954) suscité par le sénateur Mac Carthy. La campagne anticommuniste aboutit à une « chasse aux sorcières », ruinant la carrière et la réputation de milliers de fonctionnaires, de citoyens, d’artistes. A Hollywood  sont établis des « listes noires » d’acteurs et de réalisateurs. Parmi d’autres, Charlie Chaplin s’exile en Europe.

 

 

 

 

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Club histoire : session 2009-2010

23 Novembre 2009 Publié dans #Concours et club histoire

LE CLUB HISTOIRE OUVRE SES PORTES

 

PROGRAMME :

 

Préparation du Concours National de la Résistance et de la Déportation 

Thème :

 

L’appel du 18 juin et son impact jusqu’en 1945.

Et au deuxième semestre :

 

Les voyages d’Ulysse

 

Venez nombreux :

CDI   Salle Jakobs

 

Le lundi de 13h00 à 14h00 et/ou le mardi de 13h00 à 14h00

 

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Conférence CNRD

23 Novembre 2009 Publié dans #Concours et club histoire

La conférence de présentation du thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2009-2010 aura lieu le mercredi 25 novembre de 18h à 20h dans les salons de la Préfecture.

L'intervenant sera Michel Anfrol, président des Amis de la Fondation Charles De Gaulle.

Places limitées, inscription au 03 25 75 20 79
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Jeux géographiques...

22 Novembre 2009 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cartographie généralités


        Trop souvent, apprendre semble difficile voire impossible. En particulier en géographie où il faut non seulement connaître l’orthographe des noms de lieux, mais aussi savoir les situer précisément. Mais en fait, comme bien souvent, apprendre est un jeu de l’esprit.

 

     Pour vous aider à savoir où sont les villes, pays, etc… Voici l’adresse d’un site où se trouvent des jeux géographiques.

 

                Bons jeux à tous

 



http://www.jeux-geographiques.com/

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Methode : L'Ensemble documentaire (1) Terminale

4 Novembre 2009 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Methodologie

METHODE D’ETUDE D’UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

 

 

            Les trois sujets au choix de l’épreuve longue comportent l’étude d’un ensemble documentaire.

 

             Contrairement à ce que de nombreux candidats pensent, cette épreuve n’est pas plus facile que la composition et requiert de réelles connaissances sur le sujet proposé : sinon, le risque est grand de faire une simple paraphrase.

 

            Cette épreuve comporte deux parties : la réponse à un ensemble de questions amenant à une analyse critique des documents, puis une réponse argumentée sur une problématique clairement posée.

 

            Analyse du sujet et des documents :

 

            Lire attentivement le titre de l’ensemble documentaire et identifier la problématique, qui est déjà formulée.

            Prenez connaissance des documents dans leur ensemble : texte, données statistiques, graphiques, cartes, documents iconographiques.

 

            Analyse des documents :

 

Chaque document est à décortiquer :

 

* Analyser la source de chacun et, en histoire, s’interroger sur les éventuels auteurs et le public à qui est destiné chaque document.

 

* Les textes sont à lire en relevant les articulations et les arguments.

 

* Les graphiques et les données statistiques : les lire, identifier les données précises présentées, les unités de mesure. Vérifier la lecture correcte des données : en particulier les pourcentages, les tendances, les exceptions.

 

* Les cartes : à observer, le titre doit être bien compris, les données représentées doivent être identifiées.

 

            Analyse du questionnement :

 

* Lire attentivement chaque question et s’assurer que chaque terme est bien compris.

 

* Rechercher dans le document les éléments de réponse.

 

* Sélectionner les éléments de réponse. Toutes les données ne peuvent pas être utilisées. Mais les principales doivent être citées.

 

 

 

 

 

            Mobilisation des connaissances personnelles :

 

Il ne faut pas se contenter de paraphraser les documents.

 

* En histoire, situer le contexte, expliquer ce qui s’est passé avant, pendant, éventuellement après.

 

* En géographie :

- ne pas se contenter de décrire une situation : il faut en chercher les causes, que ce soit pour les grandes tendances observées comme pour les exceptions qui seront citées.

- expliquer si la tendance est forte ou faible, en donnant éventuellement un point de comparaison.

- il ne faut pas se contenter de donner deux chiffres à la suite : il faut les comparer en évaluant la différence pour une même période, en estimant l’évolution que cela représente pour des périodes différentes.

 

            Préparer la réponse à chaque question :

 

* Organiser ses idées au brouillon : chaque question doit donner lieu à une réponse structurée, argumentée.

 

* Utiliser avec précision les éléments fournis par les documents : donner des exemples précis, des chiffres exacts et complets, des citations entières et entre guillemets.

 

* Travailler sur toutes les questions, au brouillon, avant de rédiger l’ensemble des réponses. Sinon, le risque existe d’avoir déjà répondu à une question avant qu’elle soit posée.  

 

            Travailler la réponse au sujet comme une petite composition :

 

* Lire le sujet et étudier la problématique posée. Ne répondre qu’à cette problématique, même si les documents offrent d’autres perspectives.

 

* Ordonner la réponse en faisant au brouillon un plan structuré en deux ou trois parties courtes, divisées elles-mêmes en deux, trois voire quatre idées clés, avec une courte introduction et une courte conclusion.

 

* Répondre clairement à la problématique posée. Etre démonstratif avec une réponse argumentée.

 

* Mobiliser ses connaissances personnelles.

 

* S’appuyer sur les documents sans les citer longuement.

 

* Rédiger entièrement la réponse. Ne pas se contenter de « jeter » quelques notes.

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Methode : La composition (1) Terminale

4 Novembre 2009 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Methodologie

FICHE DE METHODE : LA COMPOSITION

 

La composition est l’un des deux exercices proposés comme épreuve longue au baccalauréat. Il s’agit d’un devoir composé en vue de répondre à la problématique.

 

            Il s’agit d’un texte rédigé. Il est conseillé d’illustrer l’argumentation par des croquis géographiques, des tableaux, des organigrammes ; ces différents éléments ne sont pas conçus pour remplacer une partie de la composition, mais doivent être utilisées en tant qu’exemples.

            Il n’existe pas de norme pour ce qui concerne la longueur ; toutefois, un devoir qui ne doit pas durer moins de deux heures et demie ne devrait pas être inférieur à six pages. En deçà, le candidat donne l’impression qu’il n’a pas grand-chose à écrire. La longueur n’est pas un caractère suffisant de qualité : un long devoir farci de passages hors-sujet et d’erreurs ne mérita pas la moyenne.

Le sujet contient une problématique, à la quelle il faut répondre

            Les sujets sont amples et peuvent recouper plusieurs parties du programme ou concerner des moments-clefs capitaux.

            Le sujet apparaît le plus souvent sous la forme d’une brève formule, d’au plus deux lignes. La problématique peut être exprimée très clairement, sous forme d’une phrase interrogative. Il faut cependant essayer de comprendre si la question n’est rédigée qu’implicitement, sous forme affirmative. Souvent, il suffit de transformer l’affirmation en question. Par exemple « les Etats-Unis et le monde » peut être traduit par « Quelles sont les relations des Etats-Unis avec le reste du monde ? » Il peut arriver qu’elle soit rédigée de façon à indiquer le plan du développement ; le plus simple est dans ce cas de le respecter.

 

            Il est possible qu’en histoire le sujet soit accompagné d’une chronologie,  en une dizaine de dates maximum. Dans cette éventualité, il faut éviter deux pièges : d’une part, se limiter à paraphraser la chronologie (une telle erreur est très sévèrement sanctionnée, parce qu’elle suggère que le candidat ne sait rien) ; d’autre part, limiter le devoir à raconter ce que l’on sait sur les faits mentionnés ; si cela est moins mauvais, cela laisse dans l’oubli l’essentiel du sujet. Quel est le but de la chronologie ? Ce n’est rien de plus qu’un aide-mémoire pour aider le candidat au début de sa réflexion, et une invitation à ne pas oublier un aspect du sujet : par exemple, la mention de la parution d’un roman dans un sujet sur l’histoire de France est une incitation à ne pas oublier l’histoire culturelle, et non un appel à n’évoquer que ce livre.

 

Evidemment, il n’est pas question d’écrire la moindre ligne avant d’être certain d’avoir bien compris la problématique et défini les limites du sujet dans l’espace géographique et dans le temps.    

Il faut notamment être certain de ce qui est demandé. Exemples :

* Le sujet invite-t-il à décrire une situation à un moment donné ou à étudier une évolution (un changement, qu’il soit positif ou négatif, d’une période à l’autre) ?

- décrire une situation signifie que tout le devoir se réfère au moment qui doit être décrit (aujourd’hui, pour les sujets de géographie). On peut faire référence au passé pour mieux faire comprendre le présent, mais ce rappel doit être rédigé de façon que l’on comprenne bien que le but du passage est d’expliquer l’actuel par des faits antérieurs.

- Etudier une évolution signifie que la rédaction doit être conçue pour mettre en valeur les changements d’une date à l’autre. C’est notamment le cas lorsque le sujet inclut les dates du début et de la fin de la période. On peut intégrer une description d’une situation, mais à condition de bien montrer qu’il s’agit de faire le point au début de la période, à une étape –clé de l’évolution ou à la fin de la période.

 

Transformer une description demandée en un récit, ou une étude d’une évolution en une description, c’est déformer le sujet et donc répondre à une autre problématique que celle à laquelle il est demandé de répondre.

* Il faut savoir que beaucoup de sujets invitent à mettre deux éléments en relation ; c’est le cas lorsqu’ils sont reliés par la conjonction et, dans ce cas, il faut que constamment les deux éléments soient étudiés ensemble. Il faut étudier l’influence de l’un sur l’autre en ne perdant pas de vue que l’élément situé à gauche du « et » est celui qui influe sur celui à droite (sans que soit cependant exclue une relation dans l’autre sens). Par exemple le sujet « la France et ses colonies » invite à étudier les relations de la France avec ses colonies, comment la France a conquis, géré ses colonies et comment elle a réagi aux velléités d’indépendance. Traiter dans une partie l’histoire de France et dans une autre celle de ses colonies c’est n’avoir rien compris au sujet.

 

* D’autres sujets invitent à choisir entre deux options. Par exemple : « Les Etats-Unis d’Amérique : défenseurs de la liberté ou puissance impérialiste ? ». Dans ce cas, il faut consacrer des parties à étudier la première hypothèse et la seconde, voire une autre qui démontrerait que les arguments en faveur de l’une ne sont pas réellement convaincants. Ne pas s’interroger sur l’une des deux éventualités, c’est laisser une partie du sujet de côté. Pour convaincre, on gardera pour la dernière partie l’argumentation en faveur de l’hypothèse à laquelle on adhère après réflexion. Les situations étant rarement simples, voire simplistes, une argumentation nuancée sera appréciée du correcteur.

 

Construire l’argumentation

 

Tout le devoir consiste à développer une argumentation. Il ne s’agit pas de décrire pour décrire ni de raconter pour raconter, mais d’utiliser de descriptions et des récits de faits pour prouver ce que l’on veut désormais démontrer.

 

L’introduction

Elle doit être brève ; pas plus d’une demi page dans un devoir de six. Elle comprend :

- Quelques lignes sur le contexte dans lequel s’intègre le sujet ; cela ne doit pas être le prétexte à un étalage de connaissances ; il ne s’agit que de mentionner quelques faits généraux qui aident à comprendre le cadre géographique et/ou historique.

- La présentation de la problématique. C’est indispensable, et à exprimer le plus clairement possible. C’est souvent en lisant ce point (ou en constatant son absence) que le correcteur sait si le candidat a compris le sujet ou non.

- Les limites du sujet : son cadre géographique, et les périodes à étudier. Si un sujet d’histoire comprend des dates, il faut brièvement expliquer pourquoi elles sont importantes (par exemple 1945 : c’est la fin de la seconde guerre mondiale, donc une date charnière).

 - L’annonce du plan (seulement des grandes parties ; pas des sous-parties).

 

Le développement

C’est le développement qui contient l’argumentation. Préparé au brouillon, le plan doit être structuré rigoureusement de façon que le correcteur puisse suivre sans effort le cheminement du raisonnement. Il faut concevoir chaque partie et chaque sous partie comme des éléments de réponse à la question posée dans al problématique. Si à la lecture de l’une le correcteur n’a pas vu la relation entre ce qui est écrit et la problématique, c’est que la (sous-) partie est hors- sujet. On ne consacrera pas une partie au contexte : c’est l’environnement du sujet et non le sujet lui-même. On peut éventuellement indiquer quelques éléments de contexte au début pour bien cadrer la partie dans l’espace et dans le temps, mais il faut se souvenir que la place du contexte est dans l’introduction.

 

Le plan doit apparaître au premier regard du correcteur sur la copie : on change de ligne en passant d’une sous – partie à la suivante. On fait de même et on passe une ligne pour aller d’une partie à l’autre. Ne pas laisser de trop larges espaces blancs entre deux parties ; cela nuit à l’impression d’unité que le devoir doit donner.

 

Chaque partie doit se présenter ainsi :      

 

- Obligatoirement, la ou les premières phrases annoncent à l’avance ce qui y sera démontré.

- Ensuite, on développe l’argumentation, en y intégrant les récits, les descriptions, les croquis, tableaux ou organigrammes qui l’illustrent.

- La partie s’achève par une ou deux phrases qui font le bilan de ce qui y a été démontré et qui font la transition avec la suite.

 

La conclusion

 

Elle doit être brève, mais soignée : c’est elle qui laisse au correcteur la dernière bonne ou mauvaise impression.

Elle fait le bilan de ce qui a été démontré, exprime le choix final que l’on a fait en cas d’alternative.

Elle s’achève par un élargissement par rapport au cadre géographique et/ou chronologique. Si le sujet concernait le monde méditerranéen, on peut esquisser une comparaison avec d’autres interfaces Nord-Sud. Si le sujet s’arrête en 1991, on peut mentionner les grandes lignes de ce qui s’est produit ensuite…

 

Bien rédiger

Est-il besoin d’insister sur la nécessité de bien rédiger, clairement, l’ensemble du devoir ? Si vous ne comprenez rien après la lecture de quelques pages d’un livre, vous ne continuez pas plus loin. Le correcteur du devoir s’efforcera de tout lire, mais se donner du mal à comprendre l’empêche d’adhérer à une argumentation qui lui est obscure.

 

Il faut bien évidemment construire des phrases qui respectent les règles de la syntaxe ; on n’utilisera pas le style télégraphique, ni le langage SMS. Ne se servir que des abréviations officielles (S.N.C.F., P.N.B., U.R.S.S.) et non celles que vous avez inventées : si pour vous pdt. signifie « président », pour moi c’est peut-être « pomme de terre ».

 

Mais bien rédiger, c’est aussi construire chaque phrase et choisir chaque mot de façon que le lecteur comprenne que tout répond à la problématique. Deux phrases contenant les mêmes connaissances peuvent- être l’une tout-à-fait dans le sujet, l’autre complètement en dehors selon la façon de construire la phrase et le choix des mots. 

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