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MUSECLIO

Cours 1ère S : La France des années 1930 n° 2

28 Avril 2008 Publié dans #Cours 1ère

II. Comment le Front populaire cherche-t-il à répondre aux crises et à fonder une nouvelle justice sociale ? (Quelles sont les réalisations du Front populaire au niveau économique et social ? )

 

            A. Quels espoirs et peurs suscitent le Front populaire ?

 

Caricature 6 page 119 : la peur du communisme

Question 10 page 119 : Quelle message politique cette caricature tente-t-elle de faire passer ?

La caricature appelle l’attention des électeurs sur le danger d’un débordement des groupes politiques traditionnels par les révolutionnaires communistes. La peur du communisme est basée sur les idéaux communistes : abolition de la propriété, instauration d’une dictature soviétique.

La caricature montre ainsi l’union des forces de gauche et la peur de nombreux électeurs du communisme.

 

_ Le Front populaire est une alliance électorale regroupant plusieurs partis politiques : le parti radical au centre, les socialistes de la SFIO, les communistes du PCF. La réunification des syndicats CGT et CGTU montre la volonté d’union de la gauche, surmontant la division traditionnelle entre communistes et socialistes datant du Congrès de Tours (1920).

_ La peur du communisme s’explique par les idéaux communistes : abolition de la propriété, instauration d’une dictature soviétique. Aussi le socialiste SFIO Léon Blum (1872-1950) forme un gouvernement avec l’appui du PCF mais sans la participation de ceux-ci au gouvernement (absence de ministres communistes).

SFIO (p. 110) : Section française de l’Internationale ouvrière, créée en 1905 pour regrouper les socialistes français.

PCF (p. 110) : Parti communiste français, créé lors du Congrès de Tours (1920) durant lequel s’est opérée la scission entre socialistes (SFIO) et communistes (PCF).

CGT (p. 110) : Confédération générale du travail, centrale syndicale française créée en 1895. Elle devient majoritairement socialiste après 1918.

CGTU (p. 110) : Confédération générale du travail unitaire, créée en 1922 et qui regroupe les syndicats de tendance communiste, exclus en 1921 de la CGT.

 

Texte 2 page 118 : le programme du Front populaire

Question 3 page 119 : Quel programme le gouvernement Blum  entend-il appliquer ? En quoi consiste-t-il ?

_ Le programme du gouvernement Blum est le programme du Front populaire décidé avant les élections par toutes les forces de gauche constituant la coalition. Ce programme  est celui sur lequel il a été élu lors des élections législatives de mai-juin 1936.

_ Le programme consiste en des réformes sociales audacieuses : semaine de quarante heures, contrats collectifs et non individuels, congés payés, grands travaux pour relancer l’économie.

 

_ Les candidats du Front populaire remportent les élections législatives le 3 mai 1936 (376 sièges contre 222 à leurs adversaires). La SFIO obtient le plus grand nombre de députés, aussi son chef Léon Blum devient-il président du Conseil. Pour la première fois des femmes participent au gouvernement, dont Irène Joliot-Curie (prix Nobel de chimie) à la recherche scientifique.

_ Le programme du Front populaire tient en trois mots : pain, paix et liberté. Des réformes sociales sont annoncées, facilitées par la vague de grèves de l’été 1936.

_ Léon Blum veut installer une politique de « reflation » inspiré du New Deal américain. Dans ce but le déficit du budget doit financer une politique de relance par l’augmentation des bas salaires et la diminution du temps de travail (semaine de 40 heures) sans baisse de salaires. Les grands travaux doivent permettre de lutter contre le chômage. La croissance doit augmenter les rentrées fiscales et permettre le retour à l’équilibre du budget.

 

            B. Quelles sont les réalisations sociales et économiques du Front populaire ?

                        1) Quelles sont les particularités des grèves de l’été 1936 ?

 

Photographie 1 page 120 : Une usine en grève

Texte 2 page 120 : Des grèves joyeuses

Questions 1 et 2 page 121 

1. Comment le mouvement de grève de juin 1936 se déroule-t-il ? Pourquoi est-il interdit ?

_ Le mouvement de grève se déroule dans une atmosphère de fête et de joie, d’un sentiment de dignité retrouvée.

_ Le mouvement de grève est interdit car il ne s’agit pas seulement d’un arrêt de travail mais aussi de l’occupation des usines pour empêcher la reprise du travail.

 

2. Quelle est sa signification pour les ouvriers ?

Pour les ouvriers, la grève signifie aussi l’espoir et la dignité retrouvée, avec l’absence temporaire de la soumission et de la contrainte.

 

_ Un immense espoir naît chez les ouvriers : deux millions de grévistes cessent le travail et occupent les usines, dans une atmosphère de fête, pour soutenir le gouvernement face aux patrons.

 

                        2) Quelles sont les dispositions des accords Matignon ?

Texte 3 page 121 : Les accords Matignon (7 juin 1936)

Questions 3, 4 et 5 page 121

3. Qui sont les signataires de ces accords ?

Les signataires sont : « la délégation patronale » (l. 4) appelé aussi confédération générale de la production française (l. 1),  et les représentants des salariés c’est-à-dire le syndicat de la  C.G.T. (l. 2).

Récit : Les grèves et les occupations d’usines inquiètent le patronat. Il y voit une tentative d’expropriation et le début d’une révolution sociale. A la demande du patronat Léon Blum réunit à l’hôtel Matignon les représentants du patronat et la C.G.T. . Ils signent les accords le 7 juin 1936.

 

4. En quoi est-ce une nouveauté ?

Pour la première fois l’Etat intervient directement pour arbitrer des conflits sociaux par la conclusion d’accords sociaux. De plus des conventions collectives sont élaborées.

Conventions collectives : Les accords conclus entre les représentants du patronat et des salariés d’une branche professionnelle (textile, métallurgie), sur les conditions de travail et de salaires minimaux dans les entreprises de la branche.

 

5. Quelles sont les principales mesures contenues dans cet accord ?

_ L’accord reconnaît le droit d’adhérer à un syndicat (Article 3) et la création de délégués ouvriers (Article 5) servant d’intermédiaires entre l’ouvrier et l’employeur, ainsi que contrôlant le droit du travail (Code du travail, salaires, sécurité…).

_ D’importantes hausses de salaires sont consenties par le patronat : hausse de 7 à 15% des salaires.

 

_ Les discussions syndicats-patronat organisées par le gouvernement aboutissent aux accords Matignon signés le 7 juin 1936 :

* conventions collectives.

* augmentation des salaires (7 à 15%).

* liberté d'action syndicale (droit d’adhérer à un syndicat…).

* création des comités d'entreprise (organisme formé par des représentants élus des salariés).

_ Le Parlement vote d'importantes lois sociales :

* deux semaines de congés payés par an : beaucoup de Français voient la mer pour la 1ère  fois.

* semaine de 40 heures (et non 48).

* nationalisations des Chemins de Fer (S.N.C.F.), du secteur de l’armement et de l’aéronautique.

_ Pour lutter contre le danger de l’extrême droite les Ligues sont interdites.

Nationalisation : Passage d’une entreprise du secteur privé au secteur public.

            C. Pourquoi le gouvernement de Léon Blum n’a-t-il duré qu’un an ?

Quelles sont les causes des échecs du Front populaire ?

             

Affiche 3 page 124 : un bilan économique critiqué

Question 4 page 125 : D’après cette affiche, quelles raisons expliquent l’échec du Front populaire ?

L’affiche dessinée par Yo Mich figure Marianne contemplant les « calamités » apportés par le gouvernement Blum. L’échec du Front populaire s’explique selon l’affiche par un mauvais bilan économique. En effet la dévaluation du franc de 25 à 35% en septembre 1936  n’est pas efficace pour relancer le commerce français à l’étranger. Les quarante heures augmentent de façon considérable les coûts de production.

 

Découragé le patronat n’investit plus et place ses capitaux à l’étranger.

 

_ Le bilan économique du Front populaire est un échec. La dévaluation du franc de 25 à 35% en février 1936 est tardive et inefficace, les quarante heures augmentent fortement le coût du travail. Le patronat n’investit plus et place même ses capitaux à l’étranger. 

 

Texte 5 page 125 : Léon Blum annonce la « pause » dans les réformes

Question 7 page 125 : Comment Léon Blum justifie-t-il la « pause » dans les réformes ?

Léon Blum justifie la pause pour éviter d’accroître excessivement le déficit budgétaire. 

En fait il cherche à restaurer la confiance des industriels. En agissant ainsi il déclenche la colère populaire.

 

_ Alors que la situation budgétaire devient catastrophique (17 milliards de déficit en 1936), Blum est contraint de rejeter à plus tard certains projets sociaux (retraite des personnes âgées notamment). En février 1937 Léon Blum annonce une pause dans la mise en œuvre des mesures économiques et sociales en espérant restaurer la confiance des industriels, mais il s’attire l’hostilité des classes populaires.   

 

Affiche page 112 : Un appel à l’aide pour la République espagnole par Juan Miro, en 1937

Quel est le but de cette affiche ? Pourquoi faire appel aux citoyens ?

_ Le but de l’affiche est de soutenir le gouvernement espagnol de Front populaire - élu après le Front populaire français – dans la guerre civile opposant Républicains espagnols et nationalistes du général Franco.

_ L’affiche fait appel aux citoyens car le gouvernement français a opté pour la neutralité dans la guerre civile, en suscitant alors l’opposition et la colère des communistes.

 

_ Le contexte international est très difficile : en Espagne le général Franco mène une guerre civile contre le Front populaire (Frente Popular) espagnol (« guerre d'Espagne », se terminant par la victoire de Franco en 1939). En France les partis de gauche se scindent alors entre pacifistes et antifascistes. Le gouvernement est divisé et attaqué par les communistes demandant « des avions et des canons pour l’Espagne ». 

_ Blum démissionne en juin 1937. Malgré sa courte durée, son oeuvre est durable.

 

 

 

 

1e Fiche d’objectifs histoire n°4

 

LA FRANCE DES ANNEES 1930

 

    SAVOIR   

 

1/ JE SAIS REPONDRE AUX QUESTIONS SUIVANTES :

 

I. Quelles crises affectent la France ?

                A. En quoi consiste la crise économique et sociale des années 1930 ?

                B. Quelle est la politique gouvernementale contre la crise ? Inspire-t-elle confiance aux Français ?

C. Comment se manifeste la crise politique ?

                               1) En quoi les scandales affectent la confiance en la démocratie ?

                               2) Quels groupes remettent en cause la République ?

                               3) Une tentative de coup d’Etat a-t-elle eu lieu le 6 février 1934 ?

4) Quelles sont les conséquences politiques du 6 février 1934 ?

II. Comment le Front populaire cherche-t-il à répondre aux crises et à fonder une nouvelle justice sociale ? (Quelles sont les réalisations du Front populaire au niveau économique et social ? )

                A. Quels espoirs et peurs suscitent le Front populaire ?

                B. Quelles sont les réalisations sociales et économiques du Front populaire ?

                               1) Quelles sont les particularités des grèves de l’été 1936 ?

                               2) Quelles sont les dispositions des accords Matignon ?

                C. Pourquoi le gouvernement de Léon Blum n’a-t-il duré qu’un an ?

 

2/ JE SAIS DEFINIR :

 

Déflation : Politique qui recherche l’équilibre du budget en diminuant les dépenses de l’Etat, dont le budget, comparé à celui d’une famille, ne doit pas être en déficit.

Antiparlementarisme : hostilité aux principes républicains et à la délégation du pouvoir du peuple à ses représentants élus.

Ligue : Dans les années 1930, groupes d’extrême droite hostile au régime parlementaire et aux partis politiques traditionnels.

Front Populaire : Nom donné au rassemblement des partis et organisations de gauche après 1934, puis au gouvernement de gauche qui dirige la France de 1936 à 1938.

SFIO (p. 110) : Section française de l’Internationale ouvrière, créée en 1905 pour regrouper les socialistes français.

PCF (p. 110) : Parti communiste français, créé lors du Congrès de Tours (1920) durant lequel s’est opérée la scission entre socialistes (SFIO) et communistes (PCF).

CGT (p. 110) : Confédération générale du travail, centrale syndicale française créée en 1895. Elle devient majoritairement socialiste après 1918.

CGTU (p. 110) : Confédération générale du travail unitaire, créée en 1922 et qui regroupe les syndicats de tendance communiste, exclus en 1921 de la CGT.

Conventions collectives : Les accords conclus entre les représentants du patronat et des salariés d’une branche professionnelle (textile, métallurgie), sur les conditions de travail et de salaires minimaux dans les entreprises de la branche.

Nationalisation : Passage d’une entreprise du secteur privé au secteur public.

 

3/ JE SAIS REPERER DANS LE TEMPS :

 

1929 : La crise économique américaine.

1931 : Les répercussions de la crise touchent la France.

6 février 1934 : Manifestation et émeute mortelle.

7 février 1934 : Démission de Daladier, investi président du Conseil le 6 février au soir

Léon Blum (1872-1950)

3 mai 1936 : Le Front populaire remportent les élections législatives

Eté 1936 : Vague de grèves

7 juin 1936 : Signature des accords de Matignon

septembre 1936 : Dévaluation du franc de 25 à 35%

février 1937 : Léon Blum annonce une pause dans la mise en œuvre des mesures économiques et sociales

juin 1937 : Démission de Léon Blum

1936-1939 : Guerre civile espagnole

 

SAVOIR FAIRE

 

4/ Je sais analyser des photographies.

5/ Je sais répondre à des questions sur un texte.

6/ Je sais analyser un tableau chiffré.

7/ Je sais commenter une caricature.

Lire la suite

Cours de 1ère S : La France des années 1930 n°1

28 Avril 2008 Publié dans #Cours 1ère

LA FRANCE DES ANNEES 1930

 

Introduction :

            La société française connaît dans les années 1930 une série de crise : économique, sociale, politique et culturelle. 

            Quelles crises affectent la France et quelles sont les tentatives pour résoudre celles-ci ?

 

I. Quelles crises affectent la France ?

 

            A. En quoi consiste la crise économique et sociale des années 1930 ?

 

Pages 114-115  T.P La crise de 1929 en France

Tableau 2 page 114 : Evolution des revenus entre 1930 et 1935

Question 3 page 115 : Quels sont les groupes sociaux particulièrement affectés par cette crise ?

Les agriculteurs (pouvoir d’achat diminué de presque la moitié : 46%) et le groupe des industriels et commerçants (pouvoir d’achat : - 18%).

 

Texte 3 page 114: Le malaise du monde rural 

Question 4 page 115 : Comment se traduit la crise économique dans le secteur agricole ?

Le secteur agricole est fortement affecté par la crise. La chute des prix (blé, vin) est forte et la mévente importante (l.1, 3). La baisse de niveau de vie est importante. L’absence de rentrée d’argent n’empêche pas les dépenses : location des terres, impôts, mais aussi les frais pour entretenir la ferme et faire les récoltes : matériel, maréchal-ferrant…

Les produits indispensables ne peuvent plus être achetés, le recours à l’emprunt avec le problème des dettes est parfois évité par un retour à l’autoconsommation et à la production vivrière.

 

Photographie 4 page 115 : Marche des chômeurs, à Saint-Denis, en 1933

5. Quelles sont les conséquences sociales de la crise de 1929 en milieu rural comme en milieu urbain ?

La crise de 1929 entraîne une généralisation de la misère dans les campagnes, l’argent manque même pour les produits de première nécessité comme le pain. La situation est comparable dans le monde urbain où le chômage conduit à ne plus pouvoir acheter les aliments. Des marches de la faim se produisent alors. Elles regroupent un grand nombre de personnes et sensibilise l’opinion car ces marches sont longues (depuis Calais au Nord industriel de la France jusqu’à Paris).

 

_ En 1929 la crise économique américaine éclate. Les répercussions ne touchent la France que vers 1931. Cependant à cette époque elle provoque des faillites bancaires, une forte hausse du chômage... Celui-ci passe de 1700 chômeurs secourus en 1930 à 500 000 chômeurs complets en 1935. Le nombre d’emplois a diminué de 1 800 000. (De 1930 à 1935 la production d’acier diminue de 40%.)

_ La crise est également sociale. Les catégories les plus affectées par la crise sont les paysans (diminution de presque 50% du pouvoir d’achat entre 1930 et 1935), les commerçants et les ouvriers au chômage. L’importante baisse du niveau de vie provoque le manque de produits de base (alimentation…) dans ces catégories. De spectaculaires marches de la faim débutent pour protester contre les effets de la crise économique. Les soupes populaires se multiplient.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

 

 

 

 

            B) Quelle est la politique gouvernementale contre la crise ? Inspire-t-elle confiance aux Français ?

 

Texte 5 page 115 : La politique de déflation (1935)

Questions 6, 7 et 8 page 211

6. En quoi consiste la politique de déflation préconisée par Laval ?

La politique de déflation consiste à réduire le déficit budgétaire de l’Etat en réalisant des économies par la diminution des salaires et traitements versés aux fonctionnaires, jusqu’à 10%.

 

7. Pourquoi les partis de gauche qualifient-ils ces lois de « décrets de misère » ?

Les partis de gauche qualifient ces lois de « décrets de misère » car ils plongent dans les difficultés financières les fonctionnaires de l’Etat.

 

_Les gouvernements luttent sans succès contre la crise économique. Le gouvernement de Pierre Laval en 1935 décide de la déflation, c’est-à-dire de réduire les dépenses publiques (traitement des fonctionnaires…) pour équilibrer le budget, mais aussi de baisser les salaires pour diminuer le coût du travail. 

Déflation : Politique qui recherche l’équilibre du budget en diminuant les dépenses de l’Etat, dont le budget, comparé à celui d’une famille, ne doit pas être en déficit.

 

8. Relevez les expressions qui traduisent l’impuissance des gouvernements face à la crise.

Les « hommes politiques éminents qui se récusaient » (l.4 – 5), « peut-être est-ce par indigence (faiblesse) de pensée, mais nous n’avons pas trouvé mieux. » (l. 30 à 32).

 

_ Les radicaux et des socialistes remportent une victoire électorale en 1932. Mais ils mènent une mauvaise politique économique qui conduit le budget de l'Etat à être déficitaire.

_ La politique de lutte contre la crise des nombreux gouvernements qui se succèdent est inefficace. L’impuissance des hommes politiques à résoudre les difficultés économiques provoque, dans l’opinion des classes frappées par la crise, une remise en cause des valeurs républicaines et de l’efficacité de la démocratie.

 

OU

 

Travail des élèves en groupes : 15 à 20 minutes

 

Les élèves se mettent en groupe de 4, et répondent sur 3 rangées à deux questions à partir des documents du livre :

Elaborez une dizaine de lignes sur le sujet suivant à partir des documents du livre :

* pages 114-115 :

_ Quels sont les effets de la crise économique sur l’activité économique et le niveau de vie de la population ? Quelles sont les conséquences pour la démocratie ?

* pages 116-117

_ Quelles sont les causes de la crise politique ? Quelles sont les conséquences pour la démocratie ?

 

 

Réponse : cours encadrés précédents

B. Comment se manifeste la crise politique ?

Problématique : La démocratie est-elle en danger ?

 

                        1) En quoi les scandales affectent la confiance en la démocratie ?

 

Texte 1 page 116 : L’affaire Stavisky

Questions 1 et 2 page 117

1. Qui est Sacha Stavisky ?

* L’escroc Alexandre (dit Sacha) Stavisky est accusé d’avoir détourné environ 200 millions de francs (environ 300 000 euros) par l’intermédiaire du Crédit Municipal de Bayonne.

* L’homme s’est échappé et est recherché par la police.

 

2. Pourquoi cette affaire a-t-elle pris une dimension politique ?

L’affaire Stavisky a pris une dimension politique car une double accusation est portée contre les hommes politiques :

* L’escroc aurait fondé le Crédit Municipal de Bayonne avec le soutien des hommes politiques (« fondé avec la bénédiction de M. Garat, député maire, et d’autres personnalités politiques… » l. 3-4).

* L’accusation porte aussi sur les facilités accordés à l’évasion de M. Stavisky, « familier des ministres et le conseiller du gouvernement ». (l. 10-11).

 

Récit : Alexandre Stavisky est retrouvé mort avant son arrestation. Est-ce un suicide ? Ou a-t-il « été suicidé » ? Le scandale est tel qu’il provoque la démission du gouvernement.

 

_ Les scandales financiers touchent des hommes politiques importants, provoquant une hausse de l'antiparlementarisme. Le scandale le plus célèbre est celui de l’Affaire Stavisky. Au début de l’année 1934 l’escroc Alexandre Stavisky est accusé d’avoir émise de faux bons du trésor avec la complicité d’hommes politiques haut placés. En contrepartie, Stavisky aurait financé les radicaux au pouvoir. La police est sur le point d’arrêter Stavisky mais elle découvre un cadavre. Est-ce un suicide ? Ou a-t-il « été suicidé » ? Le scandale est tel qu’il provoque la démission du gouvernement.

Antiparlementarisme : hostilité aux principes républicains et à la délégation du pouvoir du peuple à ses représentants élus.

  

                        2) Quels groupes remettent en cause la République ?

 

Fiche : La Ligue des Croix de Feu

Ou

 

Texte 2 page 116: Les Ligues

Question 3, 4 et 5 page 117

3. Quelles critiques les ligues adressent-elles au régime républicain ?

Les ligues accusent le régime républicain :

* de trahir les Français en préparant une dictature « nos maîtres » (l. 6), « la dictature qui t’attend » (l.7).

* D’être le régime qui permet le pouvoir des hommes politiques corrompus « « Ton parlement est pourri, tes politiciens compromis » (l. 9-10).  

* Les accusations sont aussi de ruiner la France : « Paysan, la ruine te menace » (l. 16).

* Le régime est aussi accusé de favoriser l’insécurité (l. 13-15) aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

 

4. Qui rendent-elles responsables de la crise ?

Les ligues rendent responsables de la crise les parlementaires corrompus et les étrangers qui accaparent les métiers des Français (l. 18-19).

 

5. En quoi ce texte est-il antisémite ?

* Le texte est antisémite en citant les noms des Juifs (l. 1à 5) comme ceux de personnes « maîtres » (l. 6) à qui sont livrés les Français. Ces derniers sont assimilés à un « troupeau de foire » (l. 2) que l’on expose avant l’abattage.

* Les personnes juives citées sont celles des grands hommes politiques comme Léon Blum, dirigeant socialiste du parti SFIO. 

 

_ Les scandales financiers touchent quelques hommes politiques importants. Cela provoque une hausse de l'antiparlementarisme, qui s'exprime dans les ligues d'extrême-droite, dont les Croix de Feu du colonel de la Rocque, l'Action Française de Charles Maurras.

_ Les ligues accusent le régime parlementaire de ruiner la France et de favoriser guerres civiles et guerres étrangères, d’être le gouvernement des hommes politiques corrompus, de laisser les étrangers et les juifs dominer la France. En effet de nombreuses ligues d’extrême droite sont antisémites

Ligue : Dans les années 1930, groupes d’extrême droite hostile au régime parlementaire et aux partis politiques traditionnels.

 

 

Réponses aux questions de la fiche :

1 – Comment de La Rocque considère-t-il le Parlement ?

Usé, déconsidéré par son incapacité

2 – Quel est le contexte économique ?

La crise (économique, sociale, politique)

3 – Quelle est la principale assise sociale des Croix de Feu ?

Les Anciens Combattants.

4 – Pourquoi De La Rocque appelle-t-il à la restauration ?

Pour éviter une révolution sanglante.

 

 

La ligue Croix de Feu

 

Les réserves de la fortune publique sont usées ; la crise économique, sévit, s'étend, s'aggrave. Le Parlement, ayant dépassé la mesure, est déconsidéré. Débordant sur les pouvoirs, il leur a communiqué son état infectieux. Le peuple ne croit plus en ses représentants, même s'il accepte de les réélire. Et les générations d'après-guerre, dont le sang a retrouvé sa chaude circulation, veulent de la propreté, de la vie. En face d'elles, le conservatisme apeuré de M. Prudhomme et de M. Jourdain, l'inhumaine pédagogie de Karl Marx, s'efforcent encore de précipiter les énergies jaillissantes vers le nouveau cul-de-sac de je ne sais quelles opérations électorales. Ce serait reculer pour mieux courir à l'abîme. Ce serait lancer la France dans les hasards mortels d'une révolution. Et au milieu de quelles conjonctures extérieures ! Les hommes de l'après-guerre veulent, en 1934, une restauration de l'ordre : de l'ordre, ils attendent une réadaptation de l'organisme national. Ils ont été trop souvent éprouvés pour se contenter de promesses.

Anciens combattants, sachons voir leurs mains tendues sachons entendre leur appel. Mais ne nous leurrons pas. Si nous ne leur apportions ni résolution, ni discipline, ils nous relégueraient aux accessoires. Ils auraient bien raison.

D'après Lt-colonel de La Rocque, Service public - 1934.

1 – Comment de La Rocque considère-t-il le Parlement ?

2 – Quel est le contexte économique ?

3 – Quelle est la principale assise sociale des Croix de Feu ?

4 – Pourquoi De La Rocque appelle-t-il à la restauration ?

 

 

                        3) Une tentative de coup d’Etat a-t-elle eu lieu le 6 février 1934 ?

 

Photographie 3 page 116 : L’émeute du 6 février 1934, place de la Concorde

Comment agissent les manifestants ? Contre qui ? Comment ces gestes peuvent-ils être interprétés ?

_ Les manifestants défilent mais certains provoquent les forces de l’ordre et lancent des projectiles contre la police.

_ Ces gestes peuvent être interprétés comme un recours de la violence contre la légalité de l’ordre républicain.

 

4 page 117 : Affiche d’anciens combattants (1934)

Comment les manifestants (ligueurs et anciens combattants) présentent-ils la répression de leur manifestation ? 

Les Ligues qui ont subis la répression policière de leur manifestation considèrent que les hommes politiques ont fait tirer sur des Anciens combattants (hommes âges, mutilés, patriotes). Les hommes politiques sont assimilés à des assassins.

 

_ Le 6 février 1934 les ligues manifestent devant la Chambre des députés en criant : « A bas les voleurs » en mémoire du scandale Stavisky. La nuit d’émeute où le gouvernement craint que les émeutiers ne désirent prendre le pouvoir par la force aboutit à 14 morts du côté des manifestants, un garde mobile tué, et 1 435 blessés de part et d’autre.

 

4) Quelles sont les conséquences politiques du 6 février 1934 ?

 

1er texte du texte 5 page 117 : la valse des ministères

Question 5 page 117 : Quelle est la conséquence politique immédiate de la crise du 6 février 1934 ?

L’homme politique (du parti radical) Daladier, investi président du Conseil le 6 février au soir doit démissionner le 7 février. C’est la première fois qu’une manifestation populaire aboutit à un renversement de gouvernement.

 

_ La manifestation du 6 février 1934 aboutit à une nouvelle crise dans l’exercice du pouvoir : L’homme politique (du parti radical) Daladier, investi président du Conseil le 6 février au soir doit démissionner le 7 février. L’instabilité gouvernementale est ancienne : quinze crises ministérielles (gouvernements renversés par un vote des députés) se sont déroulés entre 1932 et 1938. Mais c’est la première fois qu’une manifestation populaire aboutit à un renversement de gouvernement.

 

Couverture d’affiche 6 page 117 : L’unité à gauche avec le Rassemblement populaire

Questions 9 page 117. Quelle est la raison qui pousse les partis de gauche à s’unir ?

Les partis de gauche s’unissent car ils ont pour ambition de défendre la démocratie contre les ligues accusées de vouloir renverser la République.

 

_ Le 6 février 1934 est considéré par les forces de gauche comme une tentative de prise de pouvoir par les ligues, comme une menace fasciste.

_ Les forces de gauche réagissent par une grève générale le 12 février 1934 dans le but de défendre la République. Le 14 juillet 1935 les partis et associations du centre et de gauche décident de s’unir. Le Front populaire est créé.   

Front Populaire : Nom donné au rassemblement des partis et organisations de gauche après 1934, puis au gouvernement de gauche qui dirige la France de 1936 à 1938.

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L'agriculteur, une espèce en voie de disparition en Algérie (préparation de la conférence du 22 avril 2008)

18 Avril 2008 Publié dans #Activités et conférenciers

L'agriculteur, une espèce en voie de disparition en Algérie (préparation de la conférence du 22 avril 2008)

 

         Le ministre de l'Agriculture annonce que l'Etat infligera "des amendes et des pénalités" aux propriétaires et bénéficiaires du domaine foncier agricole qui n'exploitent pas la terre. Malgré la disponibilité de la terre et de l'argent, l'agriculture refuse de décoller. Depuis 1962, on aura tout essayé : d'abord, le modèle autogéré yougoslave, le sovkhoze et le kolkhoze soviétiques. Sans autonomie de gestion et assurés du financement de leurs déficits, ces "domaines" servaient de villages aux derniers paysans sans terre.

 

         Dans leur situation d'agriculteurs sous-payés, ils songeaient à quitter la ferme pour une place de planton dans une prospère société nationale. Et leurs enfants, quand ils ne réussissaient pas leurs études, rêvaient de devenir agents de l'administration. Dans cette situation provisoire, qui penserait à entreprendre des travaux de mise en valeur, à planter et à soigner un verger ? L'Etat avait donné l'exemple avec l'arrachage des vignes. L'éloge des "industries industrialisantes" achevait de signifier le mépris national pour l'agriculture. Ce fut l'exode vers les couronnes urbaines et les pompeux "pôles" industriels. Au passage, on massacra les plaines de la Mitidja, d'Arzew. On bétonna. On inventa les cités bidonvilles.

         Comme l'industrialisation n'allait pas sans la socialisation, il fallait nationaliser les exploitations. Certains des propriétaires remettaient leurs terres au fonds de la Révolution agraire avec un zèle paradoxal : ils devaient trouver plus d'intérêt à soutenir le socialisme qu'à travailler la terre. Le résultat fut de créer une nouvelle catégorie de "coopérateurs salariés" qui trouva plus avantage à transporter du sable dans une remorque et à tracter des citernes d'eau qu'à labourer un sol où ils sont de passage. On essaya encore autre chose : les EAC (exploitations agricoles collectives) et les EAI (exploitations agricoles individuelles). Elles ont servi, le plus souvent, à quelques-uns des citadins bureaucrates, devenus majoritaires dans le pays et possédant l'entrisme nécessaire à ce genre d'opportunités, à vérifier qu'on ne s'improvise pas agriculteur. Ils auront eu le temps de revendre des serres et des matériels financés à crédit avant d'avouer l'impossibilité de leur reconversion professionnelle.



         Le paysan a disparu. Pour la bureaucratie toute-puissante comme pour le nouveau bénéficiaire, la terre n'est plus qu'un fonds, pas un capital, quelque chose dont la valeur est dans sa propriété, non dans son exploitation. Seuls les paysans des profondeurs rurales s'acharnent encore à tirer leur subsistance d'un sol émietté et souvent ingrat. Par les expériences appliquées à la gestion de la terre et par les statuts successifs qu'on lui a décernés, on l'a éloigné de son objet. Le spéculateur a progressivement remplacé l'agriculteur, qui, peu à peu, a disparu, éradiqué par les politiques agraires.

 

Avant d'espérer relancer l'agriculture, il faudrait peut-être réinventer l'agriculteur, le fellah.



Article de Mustapha Hammouche dans le journal algérien Liberté, extrait du Courrier International du 17 avril 2008

 

 

 

* Questions sur le texte sur l’agriculture en Algérie :

1. Présenter le document (NADA) Nature, auteur, date, analyse.

2. En quoi ce document montre une situation préoccupante de l’activité agricole en Algérie (pays du Sud économique) ?

3. Quelles sont les causes politiques et sociales de cette situation ?

4. Quelles sont les conséquences ?

 

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Emeutes et guerre de la faim (préparation de la conférence débat du 22 avril 2008)

18 Avril 2008 Publié dans #Activités et conférenciers

Un texte pour mieux cerner les enjeux de l’agriculture dans le monde : émeutes et guerres de la faim

 

           

Un texte pour mieux cerner les enjeux de l’agriculture dans le monde : émeutes et guerres de la faim

 

         Si les OGM poussaient de partout, y aurait-il eu des émeutes de la faim ? Les défenseurs des organismes génétiquement modifiés assurent que non. Mais les OGM devaient déjà nous préserver des famines, non? Pourquoi 820 millions de personnes sont-elles encore sous-alimentées dans le monde? Et pourquoi, alors que la productivité agricole est incroyablement élevée, ce chiffre augmente de plus en plus vite, selon la FAO ?

Il y a plus d'un an, les Mexicains manifestaient dans les rues parce que le prix de la tortilla, leur aliment de base, avait grimpé de 14 à 50% selon les régions en 2006 et de 40% en 2007. En ce moment, le maïs sert plutôt à remplir les réservoirs des bagnoles américaines et les pauvres des pays pauvres n'ont plus qu'à dépenser plus pour manger moins.

On a bien vu tout au long de l’été 2007 que les cours des matières premières agricoles avaient augmenté. Au retour des vacances, en France, tout le monde a hurlé parce que le prix de la baguette avait pris 10, 15 voire 20%. Les céréaliers se sont empressés d’expliquer que la part des céréales ne comptait que pour une infime partie du prix du produit final. Pour mesurer l'impact d'une hausse du prix des céréales sur le prix du pain, des viandes de poulet et de porc, l'Association des producteurs de blé (AGPB) a mesuré ce que représente le coût de la matière première dans le prix de ces produits. Résultat: la part des céréales n'est que de 4,2% dans le prix d'une baguette, 9,8% dans celui du kilo de poulet et 6,6% dans le kilo de longe de porc. Donc si votre boulanger a augmenté le prix de la baguette, ce n’était pas pour compenser le prix de ses céréales… Faudra aller le lui dire.

Tout cela nous renseigne sur un point: la façon dont on cultive la nourriture des hommes va devoir radicalement changer dans le futur.  Ou alors se préparer aux guerres à venir: guerres de la soif, de la faim, pour la vie. Les enjeux sont de taille: nourrir de plus en plus d’hommes dans un monde sujet aux changements climatiques, le tout en évitant les crises sociales et un effondrement environnemental.

Quelques 400 experts se sont creusés la tête pour dégager quelques pistes et évaluer les techniques et sciences agricoles dans le monde. Ils constatent l'échec de l'agriculture productiviste, l'incapacité des cultures transgéniques à préserver le monde des famines et déplorent l'impact environnemental de l'agriculture mondiale. Ils ne proposent donc pas forcément que l'on se concentre sur les biotechnologies et plaident en faveur de plus d'équité entre les systèmes nord-sud. Le patron de l’IAASTD estime que les plus pauvres sont les plus mal desservis par le système actuel (étonnant...). “Les incitations pour que la science s’occupe des problématiques des plus pauvres sont assez faibles. Les plus pauvres des pays en développement sont les grands perdants de l'agriculture mondialisée, quels que soient les scenarii de libéralisation du commerce.” En gros, que les OGM nourrissent les affamés est assez peu probable. Ils continueront longtemps à nourrir la viande des plus riches.

L’agriculture moderne a fourni d’inestimables progrès en matière de production alimentaire. Mais la répartition de ces bénéfices est inégale tandis que le coût de ces progrès techniques est insupportable pour les communautés agricoles, les petits fermiers, et les ruraux. A titre d’info, souvenons-nous qu’il existe trois milliards de paysans dans le monde, dont 30 millions seulement sont motorisés.

D’après le rapport, il faut de tout urgence élaborer des cadres légaux, économiques et institutionnaux qui préserveraient à la fois la productivité agricole mais aussi les ressources naturelles comme les sols, l’eau, les forêts et la biodiversité. Les auteurs de l’évaluation estiment que si l’on continue sur la voie de l’ultra-sophistication, de la productivité à tout crin, les ressources seront vite épuisées et le futur de nos enfants mis en péril. “On a peu de temps pour inverser la tendance” préviennent-ils.

64 gouvernements ont validé l’évaluation, sauf l’Australie, les Etats-Unis et le Canada.

 

D’après le blog du journal Libération : Libération.fr : Six pieds sur Terre

Source : http://environnement.blogs.liberation.fr/

 

* Questions sur le texte sur les émeutes de la faim

1. Présenter le document (NADA) Nature, auteur, date, analyse.

2. Pourquoi existent-ils des émeutes de la faim ? Expliquez la situation au Mexique.

3. Pourquoi les prix mondiaux des aliments augmentent-ils ?

4. Quel autre usage des céréales à part l’alimentation peut-il être fait ? Pourquoi ?

5. Pourquoi les OGM et les techniques de productions agricoles sont-ils remis en question dans l’agriculture mondiale ?

 

 

 

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Présentation de la rencontre de la conférence-débat sur l'agriculture

18 Avril 2008 Publié dans #Activités et conférenciers

 

            Dans le cadre des cours d'ECJS, de l'éducation au développement durable, l'activité du club écologie et des cours de géographie de Seconde, M. Aubriet et M. Martineau reçoivent M. Dominic Hofbauer, du PMAF - département Education, à rencontrer les élèves de 2e  1 dans la matinée, ainsi que les de 2e 7 et 2e 8 l'après-midi dans l'amphithéâtre.


            Les élèves de 2e abordent le développement durable au cours de plusieurs chapitres de géographie. Deux chapitres en particulier peuvent être mis en relation avec l'intervention du conférencier : « Nourrir es hommes » et « L'eau, entre abondance et rareté».



            L'intérêt pédagogique est de croiser l'apport de savoir et l'éducation citoyenne sur des thèmes étudiés en classe, puis repris au cours de la conférence et du débat qui doit suivre. A titre d'exemple voici quelques thèmes indiqués par le Bulletin Officiel n°6 du 29 août 2002 pour le chapitre « nourrir les hommes » : « les systèmes de production plus ou moins intensifs, l'agro-business et les filières agro-alimentaires ». Cela  peut-être mis en relation avec les propos du conférencier sur les « différents systèmes d'élevage (intensif, alternatif, biologique.) de plusieurs filières. ».

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Rencontre du 13 mars 2008 avec deux anciens résistants romillons

14 Avril 2008 Publié dans #Activités et conférenciers


RENCONTRE AVEC LES RESISTANTS ROMILLONS JEAN GIROST ET GINETTE COLLOT

 

Préambule :

            Le jeudi 13 mars 2008 de 9h00 à 11h00, dans le cadre du CNRD, la classe de 1ère S3 du lycée Frédéric et Irène Joliot-Curie a pu recevoir pour la deuxième fois les deux anciens résistants romillons Jean GIROST et Ginette COLLOT. Ce sont joint aux élèves de 1ère S3 les élèves de Terminale Littéraire et de 1ère ES membres du club histoire.

            Avec une très grande attention les élèves ont écouté le récit des actions des résistants, et ont posé des questions sur le délicat sujet posé au CNRD cette année : « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale : une forme de résistance. »

 

Plan de l’intervention :

Trois axes ont été abordés :

            I. La description de l’époque : quelle était la situation de l’époque au début puis au cours de la guerre ? Quels renseignements avaient-ils sur les minorités (juifs, tziganes…) et les groupes politiques persécutés ?

            II. Les actions de la résistance en France, dans la région et dans le département en faveur des persécutés. Quelles ont été les formes d’actions ? Quels lieux ont été utilisés ? En quoi les villes et les campagnes ont été impliquées ?

            III. Les témoignages personnels de Mme COLLOT et de M. GIROST de leurs actions et de celles de leurs camarades dans la résistance.

 

Quelques indications sur la teneur de l’intervention :

Texte constitué en croisant les notes des élèves Adeline LAFORGE, Laura JACQUEMIN et Floriane PARISOT de 1ère S3. Merci à elles.

 

            « La persécution pouvait toucher tout le monde, car les Allemands se considéraient comme supérieurs. Elle visait surtout les Juifs et les personnes de couleurs, les républicains et les socialistes, communistes.

            L’idéologie nazie prônait l’inégalité, d’envahir l’Europe pour mieux établir la supériorité de la race pure : la race aryenne. Etaient considérés comme des pestiférés les handicapés et malades mentaux, les homosexuels…

            Les Français qui collaboraient avaient pour motivation le racisme, l’antisémitisme, l’esprit de vengeance ou l’avidité.

            Les risques liées à la persécution sont grands : torture (être passé à tabac, écrasement des doigts pour forcer aux aveux), la déportation (avec les risques de mourir de faim, de souffrir du froid durant le trajet), et encore ma chambre à gaz puis la crémation !

           

            Les persécutés pouvaient être :

- les juifs. Dans l’Aube, une dame juive Dwojna  HERSKOWICZ a été déportée avec son enfant, Simone, qui avait 11 mois ! Dans l’Aube, les Juifs étaient beaucoup moins nombreux qu’à Paris, mais étaient également en danger à cause de la solution finale.

- les tziganes : disséminés sur le territoire français, ils étaient contrôlés par les Français et déportés par les Nazis !

 

            La collaboration et la résistance. Il faut distinguer nazis et Allemands. Ainsi, M. Girost confie ce témoignage indirect : un colonel de la Kommandantur de Romilly a prévenu des familles juives de leur arrestation, aurait libéré des détenus. Mais, pour cela, il aurait été décapité sur la base aérienne de Romilly. De même, si la police française de Pétain donnait les personnes arrêtées aux nazis, là encore, il y’avait des résistants parmi eux.

            Des officiers français accompagnaient des officiers allemands déserteurs pour les emmener à Londres et leur éviter la mort.  M. Girost a accompagné de ces déserteurs pour les faire rejoindre Londres.

 

Les conditions de la persécution :

            * Les étrangers déjà dans les camps d’internement français dans le sud de la France subissaient des pressions et ont été donnés à la déportation, cela même s’ils étaient dans la zone libre.

            * Les juifs : Philippe Pétain voulait plaire aux Allemands et c’est pour cela qu’il a copié les lois de Nuremberg, appliquant des lois d’inspiration nazie dans la zone libre de la France !

            Laval, président du conseil de Pétain, a décidé de livrer les enfants juifs aux nazis.

            L’étoile jaune est apparue, portée par Mme Dwojna  HERSKOWICZ et sa fille Simone.

            * Les communistes : avant même l’occupation le parti communiste était interdit. Les communistes ont été fusillés, envoyés dans des camps d’internement pour communistes (cf. intervention des résistants le 22 octobre pour la journée Guy Mocquet). Les communistes ont été parmi les premiers persécutés, à Clairvaux il y a eu des communistes fusillés.

            * Les syndicalistes : Pierre Sémard a été fusillé. Il était responsable au niveau national de la SNCF.

 

L’action des cheminots : Les cheminots étaient étroitement surveillés car le matériel allemand se déplaçait sur les chemins de fer. La cohésion des cheminots était forte au sein des ateliers, en effet, alors qu’ils devaient réparer le matériel ferroviaire pour transporter les chars, etc… ils pratiquaient le sabotage et faisaient par exemple sauter les pylônes électriques pour empêcher les ateliers de fonctionner. Les cheminots ont également aidés les gens à fuir, ont été parmi les premiers passeurs. Ils étaient l’image de la résistance.

 

L’action des médecins : Les persécutés étaient cachés par des fermiers, des médecins, d’autres personnes encore… Le docteur Graffin de Romilly soignait les résistants blessés dans sa maison. Certains médecins faisaient des papiers de complaisance pour expliquer les absences des résistants, comme le docteur Gougis qui donna un mot d’absence pour le mari de madame Collot. On peut encore citer le docteur Hugues. Un réseau d’anonymes aidait la résistance pour les médicaments, les papiers à montrer aux Allemands. Les employés de mairie et de préfectures faisaient des tickets d’alimentation et des faux papiers d’identité.

 

L’aide des campagnes et des fermiers : Les fermiers ont abrités des résistants. Il était plus simple d’aidés dans a campagne car les personnes étaient moins surveillées. Mais, comme peu de gens parlaient, beaucoup ne savaient pas comment aider. Les fermiers ont procuré du ravitaillement aux résistants. La famille Jeanson est une grande famille de résistants. La ferme de Varsovie était un lieu de concentration de résistants qui attendaient d’aller à Rigny. Jeanson effectuait des allers-retours entre Traconne et Varsovie pour leur stock d’armes, lorsque leur a dit qu’ils étaient surveillés ; ils ont rejoint Rigny (deux anglais, deux américains).

 

Les FTP : Les Francs Tireurs et Partisans. C’est la lutte armée du Front National et de groupes communistes clandestins. Ils s’occupent de parachutages, du déplacement d’armes, de sabotage de voies ferrées et lignes électriques, réalisent des hold-up dans les bureaux de tabac pour ravitailler en cigarettes.

 

            Dans les maquis cela fonctionne comme dans un camp de vacances avec des sorties mitraillettes au poing pour faire sauter des chemins de fer et une formation militaire dans le but de libérer Paris. Les maquis bougeaient lorsqu’ils se sentaient observés, lorsque c’était nécessaire. Les maquis comprennent surtout des hommes, car seuls les hommes étaient affectés au STO du fait du manque d’homme dans l’industrie allemande. Il y a quelques femmes dans les maquis, mais elles étaient affectées à la communication, elles étaient des agents de liaison entre les caches.

 

            Les réfractaires du STO étaient intégrés à un groupe et les résistants les formaient. Les maquis de l’Aube ont été créés fin 1943. Il n’y a pas d’arrivées massives de réfractaires de STO car ils étaient planqués ailleurs, comme dans des fermes.

 

            Les groupes de résistance : L’Armée Secrète. Une sage-femme, Mlle Aigle, emmenait les aviateurs anglais blessés dans son coffre jusqu’à un réseau à Paris pour les mettre en sécurité. Elle faisait partie du groupe d’André « La Pipe », du nom de son attrait pour le tabac. André « La Pipe » protégeait d’autres résistants même s’ils n’étaient pas de son réseau.

             Les FTP étaient communistes, Libé Nord (socialistes), les Commandos M (Militaires et Alliés). Le BOA (Bureau d’Opération aérienne) s’occupe de parachutages.  

 

            Les femmes : En 1940 de jeunes prisonniers évadés se sont installés dans le studio au dessus de l’habitation de la mère de madame Collot, pendant quinze jours. Sa mère et elle les ont aidés puis ils sont repartis.

            Les femmes qui avaient des enfants ne leur disaient rien de leurs activités clandestines. Les femmes étaient enrôlées par les fiancés, les maris, etc. Parfois les femmes, les mères, ignoraient ce que faisaient leurs proches.

            Les femmes s’occupaient des liaisons, des boites aux lettres en transportant et recueillant les messages, de cacher les armes. Elles risquaient la déportation ou la mort si elles se faisaient prendre.

 

            Des résistants :

* Robert Larcher est un fermier à Courtavent qui a hébergé beaucoup de persécutés et de résistants, mais aussi des enfants juifs.

* Mme Henry a hébergé aussi beaucoup de résistants dont le mari de Madame Collot avant qu’ils retournent dans le maquis pendant 3 semaines.

* Madame Kompf, une dame d’environ 45 ans qui travaillaient à la Kommandantur, a vu des noms sur une table et a prévenu la mère de Mme Collot et celui-ci a pu s’enfuir et se réfugier chez Mme Henry.

            * L’abbé Corre à Romilly a fait parti de la résistance. Des couvents, des centres laïcs ont été ouverts pour accueillir les enfants juifs.

 

Les motivations des résistants : A partir de  1943, les gens ont pris conscience qu’il fallait faire quelque chose ! Ils ont rejeté l’ennemi, l’occupation ! Mais cela comportait des risques : Raymond Birraire a été décapité à la hache. Beaucoup d’Allemands étaient présents à Romilly. Le manque de liberté et la faim caractérisaient la situation des Romillons.

            Les enrôlés d’office d’Alsace-Lorraine et les jeunes ont été pris d’office dans la guerre ! Rawa-Ruska (en Ukraine) a été un camp de représailles pour les prisonniers évadés.

 

Les trahisons et collaborations : La peur était importante dans la guerre ; celle de mourir, et aussi des dénonciateurs. Il y avait en effet de trahisons, par exemple celle de M. Lecourt, mais, il est passé devant M. Collot à plusieurs reprises avec les Allemands sans jamais le dénoncer.

            L’entreprise Todt travaillait pour les Allemands et les ouvriers ont fait sauter ce qui était produit.

 

 

Remerciements :

Les élèves de 1ère S, les membres du club histoire et M. Martineau tiennent à exprimer une nouvelle fois tous leurs remerciements à Mme COLLOT et à M. GIROST pour le temps qu’ils ont accordé et pour la gentillesse de leur intervention.

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