Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
MUSECLIO

Cours 2e Histoire : Libertés et nations en France et en Europe dans la première moitié du XIX siècle (3)

23 Mai 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 2e

 

 

 

III. Comment l’esclave a-t-il été progressivement aboli ?

 

            A. Comment la traite et l’esclavage sont-ils abolis en Europe ?

 

Texte 3 page 301 : Le congrès de Vienne abolit la traite

Question 1 page 301 : Au nom de quels principes les puissances réunies à Vienne abolissent-elles la traite en 1815 ?

_ Le Congrès de Vienne de 1815 abolit la traite des esclaves.  Cela s’explique par la diffusion des idées des Lumières (« conforme à l’esprit du siècle » l. 16) considérant comme immoral et inhumain le commerce d’êtres humains. Le rôle politique dominant de la Grande-Bretagne permet à ce pays de faire condamner la traite au Congrès de Vienne et d’influencer les pays européens et américains pour tenter de faire interdire traite et esclavages dans les années suivantes.

Traite (p. 300) : nom donné au commerce international des esclaves.

 

Etude de la chronologie bas page 300

Quel pays est le premier à abolir la traite ? Puis l’esclavage ? Pourquoi

_ La Grande-Bretagne est le premier pays à mettre fin à la traite en 1803, puis à l’esclavage en 1833.En effet l’opinion publique britannique influencée par les églises protestantes, les organisations philanthropiques et les journaux sont favorables à l’abolitionnisme.

_ L’abolitionnisme est un mouvement en faveur de l’abolition de la traite et de l’esclavage. Un courant radical milite pour l’abolition immédiate de l’esclavage. Un courant modéré propose d’abolir d’abord la traite et de préparer progressivement l’affranchissement des esclaves.

 

Lithographie 1 page 300 : Les traitements infligés aux esclaves

Pourquoi des pays comme les Etats-Unis ou le Brésil refuse l’abolition de la traite puis de l’esclavage ?

_ L’économie des colonies des Antilles, du Brésil et du sud des Etats-Unis repose sur la culture par des esclaves de exploitations agricoles des planteurs. La Grande-Bretagne est libre-échangiste et décide de mettre fin à ce système économique.

Colonie (p. 300) : territoire conquis puis possédé, administré et exploité par une puissance étrangère.

Planteurs (p. 300) : dans les colonies, Européens possédant des terres, les plantations, qu’ils font travailler par des esclaves.

Libre-échangisme (p. 300) : doctrine économique qui prône la liberté du commerce, c’est-à-dire l’élimination des obstacles douaniers ou des situations de monopole de commerce entre deux espaces.

 

Comment peut-on s’assurer de l’application de la fin de la Traite ?

_ Les Britanniques et la France s’efforcent de lutter contre la traite pratiquées par exemple jusqu’en 1862 par le Brésil. Pour cela, un droit de visite est instauré sur les navires par le West Africa Squadron.

* Le droit de visite est le droit de contrôler les navires qu’un Etat reconnaît au West Africa Squadron. La France le reconnaît en 1831.

* Le West Africa Squadron est l’escadre britannique créée en 1808 et patrouillant dans le golfe de Guinée pour intercepter les navires négriers. On l’appelle en français « la croisière ». Des navires français se joignent aux croiseurs britanniques à partir des années 1840

 

 

 

B. Comment la France met-elle fin à l’esclavage ?

 

Question 2 page 303 : Comment l’abolition de l’esclavage est-elle justifiée dans le décret ? Comment les propriétaires d’esclaves y répondent-ils ? (doc. 2, 3)  Ce sont essentiellement des arguments moraux qu’avance le décret d’abolition, auxquels les colons répondent par des arguments économiques (doc. 2).

Les propriétaires d’esclaves font peser la menace d’un soulèvement armé contre le commissaire général.

 

_ L’esclavage est aboli par la II République le 27 avril 1848 grâce à l’action de Victor Schoelcher. L’abolition est immédiate et donne la citoyenneté à 260 000 esclaves affranchis.

_ Les anciens esclaves représentent environ 60% de la population des Antilles et de la Réunion en 1848. Ils doivent trouver leur place dans des sociétés marquées par le colonialisme.

_ L’esclavage n’est aboli qu’en 1865 aux Etats-Unis, en 1885 à Cuba, en 1888 au Brésil. En Afrique, la traite arabo-musulmane reste active…

Schoelcher Victor (1804-1893) (p.300) : Défenseur de l’abolition immédiate de l’esclavage, sous-secrétaire d’Etat aux colonies au sein du Gouvernement provisoire de la République après la révolution de février 1848, il fait adopter le décret d’abolition de l’esclavage

 

 

 

 

OU TP L’abolition de l’esclavage à la Réunion

 

Question 1 page 303 : Quelle place occupent les esclaves dans la société réunionnaise avant l’abolition ? (doc. 1 ,6)

 Les esclaves représentent près des deux tiers de la population de La Réunion. Le doc. 1 donne une idée de leur importance au sein de la population active (les adultes de 14 à 60 ans) et donc de l’économie de l’île. On peut souligner, en proportion, le faible nombre de gendarmes et d’hommes de troupe.

 

Question 2 page 303 : Comment l’abolition de l’esclavage est-elle justifiée dans le décret ? Comment les propriétaires d’esclaves y répondent-ils ? (doc. 2, 3)  Ce sont essentiellement des arguments moraux qu’avance le décret d’abolition, auxquels les colons répondent par des arguments économiques (doc. 2).

Les propriétaires d’esclaves font peser la menace d’un soulèvement armé contre le commissaire général.

 

Question 3 page 303 : La mise en œuvre de l’abolition est-elle conforme à ce que prévoie le décret d’abolition ? Pourquoi ? (doc. 2, 3, 6)

Le délai de deux mois prévu dans le décret n’est pas respecté, du fait d’abord de l’éloignement géographique (le décret n’est connu qu’en juillet 1848), du fait ensuite de la réticence d’une bonne partie des propriétaires d’esclaves.

 

Question 4 page 303 : Quelles conséquences de l’émancipation redoute le commaissaire de la République ? (doc. 1, 2, 3, 4)

Joseph Napoléon Sarda-Garriga redoute autant l’anarchie que la désertion des plantations, car celle-ci donnerait raison aux propriétaires d’esclaves.

 

Question 5 page 303 : Comment le représentant s’y prend pour convaincre les futurs affranchis de continuer de travailler ? (doc. 4, 5)  

Le commissaire de la République fait preuve de fermeté vis-à-vis des colons et des esclaves, mais il démontre en même temps une volonté affichée de dialogue, qui contribue à apaiser les esprits. Il parvient ainsi à rassurer les propriétaires d’esclaves, qui obtiennent la promesse d’une indemnisation et un décret rendant le travail obligatoire pour les nouveaux affranchis. Il encourage aussi les futurs affranchis à ne pas « déserter les champs » et à se mettre au travail. Le tableau d’Alphonse Garreau (doc. 5) illustre parfaitement l’importance du travail dans le discours républicain de la fin de l’année 1848, et la comparaison avec le tableau de Biard (p. 301) est de ce point de vue frappante.

 

Question 6 page 303 : Quelle conséquence a l’abolition sur l’emploi de la main d’œuvre par les anciens propriétaires d’esclavages ? (doc. 1, 6)  

Le doc. 6, réalisé à partir de chiffres fournis par des propriétaires d’esclaves, veut montrer que certains d’entre eux, désertés par leurs anciens esclaves, ont souffert de la mise en oeuvre de l’abolition. Il révèle surtout le fait que le décret portant sur le travail obligatoire a été peu appliqué. La question de la main d’œuvre s’avère déterminante, non seulement pour la population active affranchie, mais aussi pour les vieillards, les femmes et les enfants (doc. 1), souvent livrés à eux-mêmes après l’abolition.

 

RACONTER UNE SITUATION HISTORIQUE

En vous appuyant sur les réponses aux questions, racontez les étapes de la mise en œuvre de l’abolition de l’esclavage à la Réunion.

Les principales étapes de la mise en oeuvre de l’abolition de l’esclavage à La Réunion sont :

– le décret d’abolition du 27 avril 1848 ;

– l’annonce du décret le 17 juillet 1848 ;

– l’arrivée du commissaire de la République le 17 octobre 1848 ;

– le décret du 24 octobre 1848 sur le travail obligatoire pour les nouveaux affranchis ;

– l’abolition effective de l’esclavage le 20 décembre 1848.

Lire la suite

Cours 2e Histoire : Libertés et nations en France et en Europe dans la première moitié du XIX siècle (2)

23 Mai 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 2e

 

 

 

 

II. Quelles sont les révolutions politiques et sociales en France et en Europe en 1848 ?  

 

            A. Quelles sont les étapes de la diffusion des idées libérales en Europe ?

 

Carte 2 page 291 : Le libéralisme en Europe (1815-1848)

Question 1 page 291 : Quelles sont les différentes étapes de la diffusion des idées libérales en Europe ?

_ Le libéralisme est une idéologie politique et économique qui favorise les libertés individuelles. Le Congrès de Vienne a en 1815 imposé une réaction en Europe par le refus des libertés et de l’égalité, par exemple en imposant la Restauration en France. Mais, progressivement, les monarchies libérales deviennent plus nombreuses.

* En 1815 le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas sont les seules monarchies libérales.

* En 1830 les monarchies libérales s’étendent depuis la péninsule ibérique jusqu’en Norvège et sur une partie de l’Allemagne à cause de nombreuses insurrections. Par exemple, la révolution parisienne des 27, 28 et 29 juillet 1830 instaure la monarchie de juillet de Louis-Philippe Ier, plus nettement libérale.

* A la fin de la décennie 1840 les idées libérales parviennent à s’établir au nord de l’Italie, par exemple dans les Etats de l’Eglise, et dans la péninsule ibérique.

Réaction (p. 290) : dans l’Europe du début du XIX siècle, la réaction est le refus de la Révolution française et le désir de restauration de l’Ancien Régime.

Restauration (p. 290) : nom donné à la monarchie française sous les règnes successifs des deux frères de Louis XVI, Louis XVIII (1814-1824) puis Charles X (1824-1830).

 

Question 2 page 291 : Quels sont les pays qui ne sont pas touchés par la diffusion des idées libérales ?

_ Des monarchies autoritaires comme le royaume de Prusse et les trois empires d’Autriche, de Russie et l’Empire Ottoman agissent pour réprimer les insurrections sur leur propre sol et en Europe. 

 

 

HISTOIRE DES ARTS : La liberté guidant le peuple de Delacroix. TP. pp. 304-305

 

 

SITUER LA SCENE

Question 1 page 305 : Qu’est-ce qui indique dans quelle ville se déroule la scène ?

On aperçoit les tours de Notre-Dame à l’arrière plan, telles que Delacroix les a vues, surmontées d’un drapeau, le 28 juillet 1830.

 

Question 2 page 305 : Qu’est-ce qui permet de dater l’évènement ?

Delacroix a daté et signé son oeuvre. La présence d’un polytechnicien fait référence à la prise, par « Arcole », du pont qui enjambe la Seine entre l’île de la Cité et la place de Grève le 28 juillet 1830. Cet événement a été représenté par de nombreux artistes, dont Féron (p. 291).

 

 

ETUDIER LA COMPOSITION

Question 3 page 305 : A partir du schéma ci-contre, montrez quels sont les éléments valorisés dans le tableau.

Comme le montre le schéma, ce n’est pas tant la liberté que le drapeau qui est mis en valeur.

 

Questions 4 et 5 page 305 :

* (question 4) Vers qui se dirigent les personnages ? Comment est suggérée l’intensité et la violence de l’évènement ?

* (question 5) Comment les couleurs et la lumière renforcent-elles cette intensité ?

Les personnages franchissent la barricade, l’intensité du combat est suggérée par les regards et surtout par la présence des cadavres.

 

Question 6 page 305 : Qu’est-ce qui fait de la jeune femme une allégorie de la liberté ?

6. Allégorie peinte à l’antique, la Liberté porte un drapeau tricolore et un bonnet phrygien.

 

Question 7 page 305 : Quels âges de la vie et quelles catégories sociales sont représentés sur le tableau ?

De l’ouvrier au bourgeois, plusieurs catégories sociales sont représentées sur le tableau, de même que différents âges de la vie.

 

Question 8 page 305 : Quelle image de la révolution de juillet l’artiste veut-il donner ?

8. L’artiste veut donner l’image de l’union et du mouvement, de l’audace et de la victoire.

Question 9 page 305 : Comment expliquer que ce tableau ait pu devenir un symbole de la République ?

Le tableau devient symbole de la nation et de la République autant du fait de ses qualités propres que du rejet dont il a fait l’objet de la part du régime de Louis-Philippe.

 

 

 

 

B. En quoi consiste le printemps des peuples de 1848 ?  

 

                        1. Comment la vague révolutionnaire de 1848 menace-t-elle le pouvoir des monarchies ?

 

Carte 4 page 297 : La vague révolutionnaire du printemps 1848 en Europe

Question 1 page 297 : A partir de la carte, établissez la chronologie de la diffusion de la vague révolutionnaire de 1848.

_ Le Printemps des peuples désigne la vague révolutionnaire de 1848 renversant l’ordre établi après le congrès de vienne de 1815.

* La vague débute en France avec la révolution de février à Paris qui installe la IIe République (1848-1851), puis s’étend en Europe.

* Le printemps des peuples touche l’Italie et le centre de l’Europe. Les insurrections éclatent à en Italie où la République est proclamée à Rome et à Venise, à Berlin. Les insurrections prennent un caractère national dans la prison des peuples constituée par l’Empire d’Autriche. 

_ Les victoires sont  rapides mais fragiles. La répression menée par les armées des monarques est forte en Autriche et en Italie. En France, le président élu en décembre 1848 Louis Napoléon Bonaparte réalise un coup d’Etat le 2 décembre 1851.

Prison des peuples (p. 296) : expression qui désigne l’Empire autrichien, empire multinational dans lequel cohabitent sous la tutelle autoritaire d’une monarchie de langue allemande une vingtaine de nationalités différentes : Italiens, Hongrois, Tchèques, Polonais, etc.

  

  

2. Quelles sont les demandes sociales et politiques de 1848 ?

 

Texte 2 page 297 : la Constitution de la Deuxième République

Question 1 page 297 : Quels sont les droits et les devoirs fixés par la Constitution ?

_ L’esprit de 1848 se retrouve dans la Constitution de la II République. Le 4 novembre 1848 de nouveaux droits et devoirs sont fixés pour les Français :

* les droits politiques sont l’affirmation d’un idéal démocratique (« La République française est démocratique » l. 3-4) avec le suffrage universel masculin.

* Les droits sociaux avec des mesures favorables aux ouvriers (« assurer l’existence des citoyens nécessiteux » l. 18-19), le droit à l’instruction publique (« mettre à la portée de chacun l’instruction indispensable à tous les hommes » (l. 15-16). Cela correspond à la valeur républicaine de la fraternité (l.6, 17-18).

_ Le citoyen a pour devoir de défendre la République et l’ordre public.

Suffrage universel (p. 296) : droit de vote donné à tous les citoyens, sans aucune condition de cens. Les femmes restent placées sous la domination de leurs maris : il s’agit d’un suffrage universel masculin.

 

Question 1 page 299 : En quoi consistent les ateliers nationaux ? Quel est le projet du gouvernement provisoire ? (doc. 1, 2)

Le document 1 permet de saisir concrètement les implications de la proclamation du droit au travail (organisation de travaux publics pour donner aux ouvriers au chômage un travail rémunéré). Les documents 2 et 3 illustrent les critiques des conservateurs à l’égard des ateliers nationaux (dépenses publiques et inutilité).

 

Question 3 page 299 : Comment les ouvriers protestent-ils contre la fermeture des ateliers nationaux ? Quelles en sont les conséquences ? (doc. 4, 5, 6)

La barricade du peintre Vernet donne à voir le mouvement de juin et la violence des combats, ce qui l’inscrit bien dans la succession des insurrections du premier XIX siècle. Le document 5 défend le point de vue des ouvriers, incités par la misère et le sentiment d’injustice, comme par l’incompréhension devant une République qui les ignore et finalement les réprime.

 

_ Le socialiste Louis Blanc a proclamé le droit au travail le 24 février 1848. Aussi des ateliers nationaux sont créés pour donner du travail à plus de 100 000 ouvriers au chômage. Mais, face au coût représenté par ces ateliers et l’opposition des conservateurs, les ateliers sont supprimés. Cela provoque une insurrection des ouvriers du 23 au 26 juin 1848 avec la construction de 400  barricades.

_ La répression cause la mort de plus de 3500 personnes dans les combats et les exécutions qui ont suivis.

* Le sang versé provoque un divorce entre les ouvriers et la République. Ces événements incitent les ouvriers à se défendre en constituant un mouvement ouvrier.

* Pour les conservateurs, la peur de la Révolution sociale entraîne l’assimilation entre classes laborieuses et classes dangereuses. La République devient conservatrice à partir de la fin de 1848.

Blanc,  Louis (1811-1882) (p. 298) : socialiste et théoricien du droit du travail, Louis Blanc participe à la révolution de février 1848. Il entre dans le gouvernement provisoire de la République et proclame le droit au travail le 25 février 1848. Bien qu’étranger à l’insurrection de juin, il est jugé responsable et contraint à l’exil en Angleterre.

Droit au travail (p. 296) : droit social formulé en 1792 : l’engagement de l’Etat à fournir à tous un travail rémunéré ou, à défaut, une indemnité de chômage.

 

Lire la suite

Cours 2e Histoire : Libertés et nations en France et en Europe dans la première moitié du XIX siècle (1)

23 Mai 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 2e

 

LIBERTES ET NATIONS EN FRANCE ET EN EUROPE

DANS LA PREMIERE MOITIE DU XIX SIECLE

Manuel Belin programme 2010 coll. David Colon

 

Introduction :

La Révolution française a transformé l’Europe. Dans la première moitié du XIX siècle les idées libérales liées inspirées des Droits de l’Homme et du Citoyen ont fortement progressé. Des mouvements sont apparus pour combattre les monarchies absolues. L’opinion publique se développe avec une plus grande liberté de la presse pour étendre le parlementarisme et lutter contre l’esclavage.

            L’idée de nation s’affirme à cette période à cause des guerres menées par les Français en Europe entre 1792 et 1815. En Italie et dans l’espace allemand le désir d’unité nationale s’affirme dans des mouvements nationaux, en particulier en 1848 lors du printemps des peuples.

 

Problématique : Comment s’affirment les aspirations nationales et politiques dans une Europe monarchique ?

 

HISTOIRE DES ARTS

 

Tableau 4 page 289 : La France réprime le peuple madrilène

 

Question 1 page 289 : Quelle image le peintre donne-t-il de la France et de son armée ?

Le peintre espagnol Francisco Goya montre des soldats français agissant avec cruauté en fusillant des hommes désarmés, en pleurs.

L’homme au premier plan a une position des bras ressemblant à celle du Christ en croix, dans l’arrière plan le clocher d’une église recouvert par la nuit évoque les ténèbres menaçant les chrétiens. Le sang rouge des morts aux pieds de l’homme à genoux souligne la violence meurtrière des soldats Français.

 

Question 2 page 289 : Pourquoi ce tableau est-il de nature à susciter l’éveil du sentiment national ?

Le tableau de Goya illustre le nationalisme de réaction à l’occupation impériale par le contraste entre la figure christique du Madrilène et la violence de la ligne des soldats français.

 

I. Quels sont les mouvements libéraux et nationaux en Europe dans la première moitié du XIX siècle ?                      

 

A. En quoi l’Europe a-t-elle été bouleversée par la Révolution française ?

 

Comment la carte de l’Europe a-t-elle été redessinée par le Congrès de Vienne en 1815 ?

           

Grand Angle TP pages 286-287

 

Question 1 page 287 : Quels pays européens ont été le plus touchés par la Révolution et l’Empire ?

La carte de 1811 montre combien les Pays-Bas, l’Italie et une partie de l’Allemagne ont été touchés dans leurs frontières et leur organisation (Code civil).

 

Question 2 page 287 : En quoi les frontières de 1815 ne respectent-elles pas les aspirations des nations ?

La carte de 1815 met en valeur les redécoupages allemands, italiens, ainsi que la disparition de la Pologne.

 

Question 3 page 287 : Quels sont les foyers de résistances nationalistes sous l’Empire puis sous l’Europe de Vienne ? Qu’en conclure ?

La comparaison permet de dégager les foyers pérennes du nationalisme.

 

_ La Révolution française avec la diffusion du Code civil et les guerres de 1792 à 1815 ont bouleversé l’Europe. Ces événements ont crées des aspirations libérales liés aux Droits de l’Homme et du Citoyen, et des aspirations nationales avec des mouvements nationaux désirant l’unité nationale.

_ Les souverains victorieux de Napoléon réunis au Congrès de Vienne de 1815 restaurent les monarchies absolues renversées et redessinent la carte de l’Europe. Sous l’influence du ministre autrichien Metternich les monarques se partagent l’Europe et isolent la France. Ils établissent les nouvelles frontières sans prendre en compte les aspirations nationales et établissent des états tampons comme les Pays-Bas, aux frontières de la France, mettant les Belges catholiques sous la domination de la Hollande protestante. 

Aspirations libérales (p. 288) : revendication des droits de l’individu (libertés d’expression, de croyance, de réunion), de la nation (souveraineté nationale, constitution écrite, distinction des pouvoirs) et de l’égalité civile (égalité devant la loi, l’impôt, l’emploi).

Aspirations nationales (p. 288) : fait, pour un groupe d’individus conscient de partager une unité culturelle, historique, d’aspirer à se constituer en Etat.

Metternich (Klemens Von) (1773-1859) (p. 288) : Diplomate, ministre des Affaires étrangères puis chancelier de l’empire d’Autriche, il impose un ordre conservateur lors du congrès de Vienne. Jusqu’à sa chute en mars 1848, il s’oppose avec acharnement aux mouvements libéraux et nationaux en Europe.

Etat tampon (p. 288) : le congrès de Vienne crée autour de la France des petits Etats destinés à contenir la France en l’isolant des grandes puissances.

 

 

 

 

 

 

B. Comment l’opinion publique européenne romantique appuie-t-elle le mouvement national grec ?

              TP pages 292-293 L’indépendance grecque : une cause européenne

 

Question 1 page 293 : Pourquoi la cause grecque mobilise-t-elle les libéraux et les nationalistes européens ? (doc. 1, 3, 4, 5, 6)

 L’intérêt est de présenter l’élan libéral et national qu’a soulevé partout en Europe l’indépendance de la Grèce. Il s’agit surtout de montrer combien les idées de Liberté, de Nation se retrouvent mobilisées par des artistes engagés. Les romantiques français sont favorisés par le choix des documents, mais les références récurrentes à lord Byron permettent de parler des Anglais, et la gravure est d’un peintre italien. On pourra également utiliser l’autre tableau célèbre de Delacroix, en ouverture de chapitre.

 

Question 2 page 293 : Par quels moyens les artistes entendent-ils aider les Grecs dans leur combat pour l’indépendance ? (doc. 1, 3, 4, 5, 6)

Le corpus documentaire est surtout centré sur l’engagement politique des romantiques. La peinture permet la défense des victimes de la barbarie sanguinaire turque (illustrée par les massacres de Chio et évoquée par Chateaubriand et Lamartine, doc. 3 et 5), le réveil de la Grèce antique à la civilisation magnifiée (les « fils d’Hellé » évoqués par Lamartine). Un large panel d’implication est également couvert, depuis l’art mis au service de la cause à l’intervention en tribune de Chateaubriand.

 

Question 3 page 293 : Quel rôle joue Byron dans l’essor du mouvement philhellène ? (doc. 3, 4, 6).

Byron est mort de malaria à Missolonghi, mais on en fait un martyr (doc. 3, 4, 6). Son intervention physique, sa mort à 36 ans, tout concours à cela. La génération d’après Vienne a besoin de gloire et de héros jeunes, et l’Europe de Vienne étant figée, elle les trouve ailleurs.

 

Question 4 page 293 : Les philhellènes sont-ils mus par les mêmes motifs ? Quel effet cela peut-il avoir sur le mouvement ? (doc. 3, 4, 5, 6).

Tous les thèmes philhellènes sont évoqués : la croisade chrétienne contre les musulmans (intervention de Chateaubriand et présence des popes dans la gravure, doc. 4 et 5) est un thème potentiellement conservateur (Chateaubriand), mais que les libéraux peuvent accepter (la religion est l’âme d’un peuple). Au total, des positions politiques opposées se retrouvent dans le philhellénisme (Lamartine et Chateaubriand). Ne pas oublier, cependant, la réalité sur le terrain d’une guerre civile complexe et très violente à l’égard des civils turcs.

 

Question 5 page 293 : Quelle est la position de l’Angleterre ? Comment évolue-t-elle ? Pourquoi ? (doc. 2, 5, 6).

L’extrait de la position de Castlereagh montre le refus d’intervention des États dans la logique de la Sainte Alliance, alors que les derniers vers du poème d’Hugo permettent d’évoquer le changement d’attitude des chancelleries sous la pression des opinions publiques mobilisées par les artistes.

 

_ En 1820-1821 une vague révolutionnaire éclate en Europe en Espagne, à Naples, en Grèce. Les artistes philhellènes du romantisme comme Lamartine, Chateaubriand ou Byron s’engagent pour la lutte d’indépendance grecque. En effet la Grèce est considérée comme à l’origine de la culture européenne. De plus le massacre de Chio en 1822 (mort de 23 000 personnes) choque l’opinion publique européenne, comme le montre le tableau d’Eugène Delacroix.

_ Le Royaume-Uni et la France viennent au secours des Grecs à la fin de l’année 1828. Les Grecs acquièrent leur indépendance contre les Turcs en février 1830.

Romantisme (p. 290) : ce mouvement artistique et littéraire, dominant dans la première moitié du XIX siècle, prône notamment l’appel au sentiment et la valorisation de cultures populaires. Les artistes romantiques prennent souvent parti en faveur des mouvements libéraux et nationaux.

Delacroix Eugène (1798-1863) (p. 304) : chef de file du courant romantique en peinture. Dans ses œuvres, il cherche moins à représenter la réalité qu’à transmettre des émotions par le recours à l’histoire et la traduction visuelle des idées.

OU

 

B. Comment le mouvement national italien entend réaliser l’unité italienne ?

 

Question 1 page 295 : Montrez pourquoi Mazzini considère l’Italie comme une nation sans existence politique (doc.1, 4)

Le doc. 4, avec, à l’appui, le carton de situation, doit permettre de saisir la division géopolitique italienne et de comprendre l’aspiration à l’unité. Le texte montre bien sur quoi se construit le sentiment unitaire : langue, culture, histoire, religion. L’aquarelle permet d’incarner le sentiment national dans l’attachement au drapeau, et suggère la répression contre les mouvements nationaux par son atmosphère de clandestinité inquiète.

 

Question 2 page 295 : Quelles sont les ambitions de Jeune Italie ? Quel type de régime ce mouvement veut-il mettre en place ? (doc.1, 2, 3) 

Le texte de Mazzini expose clairement le républicanisme de Jeune Italie (auquel le buste d’une république à bonnet phrygien fait aussi référence dans l’image 2) et l’appel à l’insurrection populaire. Il montre également que le mouvement national lutte doublement contre l’Autriche et les monarques italiens (souvent dépendants des Habsbourg), mais aussi contre des régimes de réaction politique emblématiques de l’Ordre de Vienne.

 

Question 3 page 295 : Quels obstacles ce mouvement rencontre-t-il ? (doc. 2, 3, 4, 5)

Le texte de Cavour présente tout à la fois la critique et le projet des libéraux : le choix monarchique, le désir de s’appuyer sur le roi du Piémont et les élites italiennes, la stratégie légaliste (association) et la valorisation de la modernisation (scolarisation et chemin de fer) sont explicites et permettent de comprendre que les classes dominantes ne suivront pas en masse le projet mazzinien. Avec les doc. 1 et 5, les divisions politiques du Risorgimento sont abordées.

 

Question 4 page 295 : Quelles catégories sociales sont touchées par le mouvement Jeune Italie ? Comment sont-elles mobilisées ? (doc. 2, 3, 5) 

Surtout des classes moyennes et des bourgeois, dont des femmes (doc. 3). Les hommes bien vêtus du doc. 2 montrent bien que la sociologie du mouvement était plus élitiste que la cible de ses discours.

 

_ Le mouvement national Jeune Italie mêle lutte nationale et lutte politique. En effet, dans un contexte d’une Europe touchée par le Romantisme, des patriotes italiens se regroupent dans le mouvement du carbonarisme. Les patriotes Mazzini et Garibaldi ont des idées républicaines et souhaitent l’unité de l’Italie fragmentée en de nombreux Etats monarchiques. Le mouvement national s’appuie sur les classes moyennes et les bourgeois. Mais ce sont le roi Victor Emmanuel II du royaume de Piemont-Sardaigne et son ministre Cavour qui parviennent avec l’aide de la France à réaliser le Risorgimento.

Carbonarisme (p.317) : société politique secrète de tendance libérale qui lutte pour l’unité de l’Italie. Inspirée de l’exemple des carbonaris italiens, la charbonnerie française est à l’origine de plusiurs complots contre le régime monarchique.

Mazzini, Giuseppe (1805-1872) (p. 315) : patriote et révolutionnaire italien, carbonaro, il fonde à Marseille, en 1831, le mouvement « Jeune Italie » dont le but est de fonder une république italienne unitaire. Il cherche alors à unifier les révolutionnaires et organise plusieurs conspirations, qui échouent. En 1848, il se porte à la tête de l’éphémère république romaine.

Garibaldi, Giuseppe (1807-1882) (p. 314) : patriote italien, il est condamné à mort par contumace en 1834 pour son action au sein de « Jeune Italie » de Giuseppe Mazzini. Il s’exile en Amérique du Sud, où il se rend célèbre en combattant contre des dictatures à la tête d’une légion italienne, avant de revenir aux côtés des Piémontais contre l’Autriche en 1848.

Risorgimento (p. 290) : terme désignant au sens propre la renaissance (résurgence) nationale à laquelle les patriotes italiens aspirent, et au sens large le vaste mouvement d’éveil culturel qui touche les Etats de la Péninsule depuis la fin du XVIII siècle.

 

Lire la suite