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MUSECLIO

Dernière lettre de JEAN ALBA, de Saint Hilaire sous Romilly

27 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Activités et conférenciers

 

Voici le texte de la lettre communiquée  par Madame Collot le 22 octobre 2007.

 

 

Jean Alba, garçon de 20 ans, était cantonnier à Saint Hilaire sous Romilly. Il a
été arrêté le 7 mars 1944 au maquis du Vignot, à la limite de l'Aube et de
l'Yonne, puis emprisonné rue Hennequin à Troyes. Enfin, il a été fusillé le
8 juin 1944 à Montgueux.

 



Dernière lettre d’un jeune fusillé à Montgueux

 

                       

                                                           Le 8 juin 1944

 

 

 

 

                        Cher Papa, chère Maman, chers Christiane, Gabriel, Antoine, Huguette et Nolette chéris,

 

 

            Aujourd’hui dimanche 4 juin, je viens de recevoir votre lettre qui m’a fait un très grand plaisir et qui m’a fait pleurer en pensant que je ne vous verrai plus jamais, car vous savez tous le grand malheur qui m’est arrivé.

 

            Jamais je n’aurais pu vous l’apprendre moi-même, j’ai vu l’avocat Maître Jactat hier, il m’a dit que maman était venue avec la Maman de Fernand le trouver vendredi. Je ne vous dit qu’une chose : soyez très courageux car je sais que je vous fait très souffrir. Jamais je n’aurais pensé cela lorsque je suis parti, ce que j’ai fait ne méritait quand même pas la mort.

 

            Je demande et je veux que vous soyez tous heureux, que Christianne soit très heureuse dans son existence et très sérieuse, que Gabriel et Antoine vous aident jusqu’au bout, qu’ils vous obéissent et qu’ils ne vous fassent aucun ennui, qu’ils écoutent bien les conseils de Papa et de Maman, qu’ils soient très sérieux.

 

            Huguette et Nolette qu’elles grandissent en bonne santé, vous leur expliquerez plus tard ce que j’étais, que je ne les oubliais pas, que je les aimais et les adorais.

 

 

            Papa soit très courageux, remonte le moral à Maman. Soyez très forts pour subir ce choc, car je m’en veux beaucoup de vous faire tant de peine.

 

            Jamais je n’aurais pensé vous faire tant de mal car malgré les misères que je vous faisais, je vous aimais beaucoup.

 

 

            Soyez très courageux, car je meurs en bon soldat en essayant de délivrer la France, je meurs en très bon soldat, très fier, la tête haute.

 

 

            Je dis adieu à tous les copains et les copines qui m’aimaient, car j’avais beaucoup de camarades.

 

            Je dis adieu à Monsieur et Madame Bertrand qui étaient bons pour moi, à Monsieur et Madame Dupont et leurs enfants, à Monsieur et Madame Gravier et leurs enfants ; à mes camarades Jean Baudin, Michel, Gilbert, Odette et leurs parents, Guy Carré et ses parents, Jean et Maurice Fuentès ; Monsieur Drappier et Jeannine et leurs parents ; Jeannette, le grand Walter le bon camarade, Simonne Flamand, Georges et leurs parents et Lucienne que je n’oublie pas ; à tout le monde que j’ai connu qui m’aimait et qui pensait à moi.

 

 

            Adieu à Bernard à qui je souhaite plus de bonheur qu’à moi.

 

 

 

                                                                      Jean ALBA

 

 

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Poème attribué à Martin Niemöller

27 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

Le pasteur et théologien allemand Martin Niemöller (1892-1984) a été interné par Hitler de 1937 à 1945 à Moabit à Berlin, puis à Sachsenhausen et à Dachau .

Lorsque les nazis sont venus
chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.
Lorsque ils sont venus
chercher les socio-démocrates
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas social -démocrate.
Lorsque ils sont venus
chercher les syndicalistes.
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste
Lorsque ils sont venus
chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.
Lorsque ils sont venus
chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne
pour protester.

Poème attribué à Martin Niemöller

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Récit de la rencontre avec les résistants le 22 octobre 2007

24 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Activités et conférenciers

 

            Le 22 octobre 1941. Le 22 octobre 2007. Le lycée Joliot Curie,
placé au 1 rue Guy Môquet, a commémoré le souvenir du jeune résistant Guy
Môquet.

            La classe de 1ère S3 de M. Martineau, ainsi que la 1ère ES de M.
Saillard, ont été présentes lors de la venue au lycée des anciens résistants
M. Girost et Mme Collot.


            Le 22 octobre, la lettre de Guy Môquet a été lue par l'élève de
1ère S3 Elodie MARTIN
devant les deux classes réunies et en présence des
deux anciens résistants champenois.

 


            Cette lettre a un fort pouvoir d'émotion. Elle doit susciter
également la réflexion sur le sens de l'engagement de Guy Môquet et de la
jeunesse dans la Résistance. Le
pouvoir de l'émotion doit s'accompagner du
devoir de réflexion civique, historique
.


            Dans cette réflexion, la première démarche est celle de
l'information. Qui était Guy Môquet ? Quels ont été son action, son engagement, mais aussi
ses valeurs ?


            Un travail préparatoire a été considéré comme indispensable pour
la compréhension du texte et de la période, mais aussi pour s’informer sur la
biographie de Guy Môquet. Un exemplaire de la lettre et des éléments
biographiques ont été distribués au préalable aux élèves, et des documents
complétant la biographie et ouvrant la réflexion vers d'autres résistants
ont été mis en ligne sur internet.


            Les élèves de 1ère S3 avaient préparé de nombreuses questions.
Les échanges entre les deux résistants et les élèves ont été riches d'émotions et
d'informations sur cette période et sur la vie des résistants.


            En accompagnement des questions et des réponses des élèves, des
documents ont été lus ou diffusés par rétroprojecteur.


            L'itinéraire du jeune garçon de 17 ans Guy Môquet est celui d'un
être aimant la France, la liberté, la vie. La lettre de Guy Môquet à Odette
Niles regrettant un baiser promis a été projetée pour montrer cet amour de
la vie du jeune homme.


            Mme Collot et M. Girost ont évoqué les risques quotidiens de
leur engagement et la violence de l'occupant. Mme Collot a aussi expliqué
son choix de ne pas avertir sa mère de son activité de peur de la plonger
dans l'inquiétude.

 

            Les deux anciens résistants ont expliqué le contexte de cette période : conquêtes d’avancées sociales en 1936, et la fin de celles-ci lors de l’occupation, et la fragilité ancienne et contemporaine de la liberté.

 

            Il a encore été évoqué l’entente entre résistants de toutes les familles politiques et philosophiques : chrétiens ou communistes. Le poème de la Rose et de la Réséda de Louis Aragon a été cité, mais aussi le poème du pasteur Martin Niemöller déporté à Dachau.

 

                        M. Girost et Mme Collot ont indiqué que malgré la violence que
pouvaient subir les résistants capturés, eux-mêmes, lorsqu'ils faisaient des
prisonniers, s'empressaient d'abord de les nourrir et de les traiter avec
dignité.

            Au cours de l'échange il a été cité d'autres jeunes résistants
fusillés. Les étudiants de la Rose blanche Hans et Sophie Scholl en
Allemagne. Dans l'Aube Jean Alba. Mme Collot a apporté l'original de la
lettre de ce garçon de 20 ans. Cantonnier à Saint Hilaire sous Romilly, il a
été arrêté le 7 mars 1944 au maquis du Vignot, à la limite de l'Aube et de
l'Yonne, puis emprisonné rue Hennequin à Troyes. Enfin, il a été fusillé le
8 juin 1944 à Montgueux. Dans sa dernière lettre à sa famille, il indiquait
: « Soyez très courageux car je meurs en bon soldat en essayant de délivrer
la France, très fier, la tête haute ».



 


            Je voudrais adresser mes remerciements à M. Saillard pour
l'encadrement de sa classe, un merci spécial à Mme Fricot pour la réception et le
contact avec les anciens résistants, et surtout à ceux-ci : Mme Collot et M.
Girost qui ont accepté de venir au lycée répondre aux questions des élèves
et témoigner de leur passé et des valeurs de la résistance.

            J'ai été particulièrement sensible à la qualité de l'écoute des
élèves, à leurs remerciements, par exemple des mots adressés par une
élève après la séance pour féliciter le courage des résistants.  M.
Girost a alors répondu avec simplicité qu'ils avaient eu peur autrefois dans
leurs combats, mais qu'ils avaient peur aujourd'hui de voir se perdre le
souvenir de leur lutte et de ses valeurs.



            Les dernières paroles devant les classes ont été le moment de
rappeler les grandes actions de la résistance : celles, spectaculaires du
sabordage de la flotte de Toulon ; mais aussi les plus humbles, parfois
méconnues, comme ceux qui ont aidé les juifs et autres individus pourchassés.
Ce dernier point étant le sujet du concours national de la Résistance et de
la Déportation dont l'existence a été rappelée aux élèves.

 

 

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GEOGRAPHIE TES/TL : Mondialisation : D'autres logiques d'organisation de l'espace

24 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

Caricature-mondialisation.jpg

 

CAS DE DUBAI (1 min 35 à 5 min 40) : http://www.youtube.com/watch?v=PD0Lx5T_IQk&feature=related

 

CAS DE MAQUILADORAS (3  min 33 à 6 min 12): http://www.youtube.com/user/ckhg44#p/u/45/RK3cLfQwho4

 

 

B. En quoi l’environnement est-il menacé à l’échelle planétaire ?

 

 

 

                        1) Quel constat dresser de la situation ? 

 

           

 

_ Une prise de conscience s’est opérée récemment : que la croissance économique et le développement tels qu’ils se font actuellement reposent sur un large gaspillage de ressources, renouvelables ou non, sur une absence de considération des données environnementales qui pourrait s’avérer à terme très dangereuse pour la planète, sur des inégalités croissantes qui sont injustes à commencer par les problèmes de sous-alimentation et d’accès aux soins médicaux.

 

 

_ Des points particuliers posent problèmes :

* L’épuisement des ressources non renouvelables (hydrocarbures notamment)

* La pénurie de ressources en eau : une question cruciale et stratégique (cf. désertification du Sahel et assèchement de la Mer d’Aral pour prendre les exemples les plus spectaculaires)

* Le réchauffement de la planète lié aux gaz à effet de serres : des modifications climatiques considérables à venir.

                       

            2) Quelles sont les causes des problèmes ?

 

 

 

_ Les causes des dommages sur l’environnement sont nombreuses :

* Augmentation constante de la population mondiale qui se concentre de plus en plus dans les villes et engendre donc une pression sans précédent sur le milieu.

* Le développement des activités industrielles et urbaines, sources d’importantes pollutions de l’air et de l’eau, d’une impressionnante accumulation de déchets et de produits toxiques, d’accidents dangereux (Tchernobyl).

* L’utilisation croissante de l’automobile, principale cause de pollution atmosphérique du fait de l’émission de gaz à effet de serre qui engendre un réchauffement climatique désormais reconnu comme évident.

* L’insuffisante réglementation du transport international qui permet aux navires poubelles de circuler, de dégazer en mer et d’engendrer des marées noires.

* L’agriculture productiviste du Nord qui mobilise d’importantes ressources en eau mais utilise aussi nombre des produits chimiques de manière trop souvent excessive.

* La surexploitation des fonds marins avec les menaces sur de nombreuses espèces.

* La déforestation des pays du sud qui modifie profondément les équilibres écologiques, appauvrit le patrimoine biologique de l’humanité, et contribue à la désertification sur les marges désertiques.

 

 

 

 

            C. Le développement durable constitue-t-il la solution au problème ?

 

 

 

                        1) Quels sont les objectifs du développement durable ?

 

 

 

_ Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leur propre besoins (rapport Brundtland de 1987)

 

_ Il s’agirait en fait  de modifier les modes de consommation et de production des pays développés, de pratiquer la solidarité et la responsabilité internationales en aidant les pays en développement à conjuguer croissance économique, développement social et respect de l’environnement, dans un monde où les richesses seraient réparties de manière plus équitable, avec plus de justice sociale.

 

 

 

_ Cependant, des  problèmes et de contradictions se rencontrent dans ces objectifs :

 

* La croissance économique est perçue comme une voie sans issue qui engendre pollutions, gaspillages, inégalités, mais comment peut-on assurer un développement social sans croissance économique ?

 

* Dans les pays riches, qui donc accepterait de remettre en question la croissance économique, le niveau de vie acquis, alors même qu’un chômage élevé y existe parfois ?

 

* Quels pays pauvres en voie de développement accepteraient de limiter leur croissance à un certain niveau  pour préserver l’environnement et l’avenir ou tout simplement de renoncer à l’exploitation en grand de certaines de leurs ressources ?

 

 

 

            2) Quelles sont les difficultés pour mettre en pratique le développement durable ?

 

 

 

Carte 1 page 48 : Les émissions de CO² dans le monde

 

 

 

_Les politiques de développement durable sont devenues incontournables dans les discours, les congrès, colloques et autres séminaires mais leur mise en œuvre est modeste :

 

* Au Sommet de Rio, deux conventions ont été signées : l’une sur les changements climatiques, l’autre sur la biodiversité. D’ambitieux objectifs ont été définis avec la programmation des actions à mener au XXIème siècle dans « l’Agenda 21 ».

 

* Au Sommet de Kyoto : les accords de Kyoto programment la réduction des gaz à effet de serre, mais ne sont pas ratifiés par les Etats-Unis et la Russie, principaux pays pollueurs.

 

 

 

_La prise de conscience d’une partie de l’opinion publique des pays riches se heurte :

 

* Aux égoïsmes nationaux des Etats, qui sont à l’origine de l’abandon de l’idée d’une autorité mondiale de l’environnement ; qui sont responsables de la diminution de l’aide publique au développement de 29 % en 10 ans.

 

*Aux intérêts immédiats des grandes firmes, même si certaines entreprises intègrent désormais ce concept (Shell ou Nike, sous la pression d’une large campagne médiatique), les initiatives innovantes ne sont encore que des exceptions.

 

 _Il reste donc des initiatives intéressantes mais trop souvent isolées et d’une portée modeste.

 

 

 

            3) Qu’est-ce que le commerce équitable ?

 

CURIOSPHERE : Commerce équitable Max Havelaar  http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/42-citoyennete/107238-reportage-commerce-equitable-le-label-max-havelaar

 

_ Le commerce équitable est un instrument du développement durable. Il a été mis en place par des ONG britanniques et néerlandaises dans les années 1960. Il s’agit d’un commerce qui garantit le respect des droits fondamentaux des personnes (refus du travail des enfants, du travail forcé ou de l’esclavage…) et encourage les modes de production préservant l’environnement. Des boutiques spécialisées à l’origine délivrent les produits du commerce équitable, désormais on trouve également des grandes surfaces.

 

 

 

 

 

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Zola a-t-il été assassiné par les antidreyfusards ?

22 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Culture et réflexions

 

A la suite de la question posée par Marie Gozlan sur la mort de Zola, voici quelques éléments permettant de douter de la mort accidentelle de l'écrivain.

 

 

 

 

 

"Emile Zola, auteur de l'article J'accuse, a-t-il été assassiné par les antidreyfusards ?

 

 

Le centenaire de la mort d'Emile Zola, le 29 septembre 1902, permet de revenir sur une des grandes énigmes policières et littéraires du siècle : l'auteur de Germinal a-t-il été assassiné ou est-il mort, comme l'a joliment écrit un journal, d'"un fait-divers naturaliste" ?

 

 

zola.jpg (4848 bytes)

Cette énigme a régulièrement été débattue sans être vraiment élucidée : Ce 28 septembre 1902 au soir, la domestique du couple Zola, au 21 bis de la rue de Bruxelles, à Paris, allume un feu de boulets dans une chambre. " Dans la nuit, écrit Henri Mitterand, auteur d'une remarquable biographie de Zola, Alexandrine et Emile Zola sont incommodés. Alexandrine reste évanouie sur le lit. Zola a voulu se lever, ouvrir la fenêtre: il s'affaisse à terre. L'oxyde de carbone, qui stagne sur le parquet, plus lourd que l'air, a fait son oeuvre". Alexandrine lui survivra jusqu'en 1925.

 

 



A cette époque, les souvenirs de l'affaire Dreyfus sont encore tout frais. Plusieurs groupuscules qui n'ont pas désarmé entretiennent un climat de rancoeurs antisémites et xénophobes. La police redoute les polémiques et referme vite le dossier, avec l'accord de la famille. Elle conclut que la cheminée a été bouchée accidentellement par des gravats à l'occasion de travaux pendant l'été.

 

 



L?affaire rebondit en 1927 . Cette année-là, un ancien couvreur, Henri Buronfosse, par ailleurs membre d'une ligue nationaliste, avoue avant de mourir avoir délibérément bouché la cheminée d?Emile Zola. L'affaire sera évoquée dans un article du journal Libération en 1952."

 

 

A la suite de ces informations prélevées sur le site en dessous, je vous donne également un extrait du témoignage de Buronfosse :

 

 

 «A la fin du mois de septembre 1902, il y avait des travaux de réfection de la toiture d?une maison voisine de l?immeuble où habitait Zola. Quand nous avons su qu?il allait rentrer de Médan à Paris, selon son habitude, nous sommes montés sur le toit voisin et nous avons bouché la cheminée en question. Et le lendemain de son retour, le matin tôt, nous sommes remontés sur le toit et nous avons débouché la cheminée. Personne ne nous a remarqués». Entre temps Emile Zola était mort, asphyxié dans la nuit par l?oxyde de carbone dégagé par la cheminée de sa chambre qui, officiellement, «tirait mal».

 

 

Qui aurait pu assassiner Emile Zola ? Des antidreyfusards ultra-nationalistes désireux de se venger de l'action du romancier en faveur du capitaine Dreyfus. Petit rappel sur l'Affaire : le capitaine Dreyfus, juif alsacien, a été accusé d'espionnage en faveur de l'Allemagne. Condamné à la détention à perpétuité dans l'Ile du Diable (Guyanne française, près de la ville de Cayenne). Zola a activement milité pour prouver son innocence.

 

 



Le journaliste Jean Bedel affirme que Zola était devenu «l?homme à abattre» pour la Ligue antisémite, dirigée par un certain Jules Guérin, dont les cris étaient sans ambiguïté : «Mort à Zola !, Zola à la potence !, Mort aux Juifs !». Les insultes xénophobes à l'encontre du fils d'émigré vénitien Zola et lantisémites contre le capitaine juif alsacien Dreyfus sont nombreuses : «ce cochon de Zola» est un «crapaud», un «fils d?immigrés». La Croix, quotidien catholique, lui consacre un éditorial intitulé : «Etripez-le !». Pas étonnant, dans ces conditions, que des extrémistes antisémites soient tentés de passer aux actes.

 

 

Le livre les Grands Ecrivains (cf. biobliographie) nous indique un autre fait troublant : "Le 18 octobre, on fait tomber da la cheminée un quantité de suie "absolument anormale par rapport au dernier ramonage"...

 

 

 

 

 

"L'attentat paraît probable mais sans la certitude de l'évidence", résume Henri Mitterand.

 

 

Informations extraites de :

 

 

Sites internet :

 

 

http://www.alalettre.com/actualite/zola-centenaire.htm

 

 

 Article d'Elio Comarin dans : http://www.rfi.fr/actufr/articles/035/article_20259.asp

 

 

Livre : (courte biographie générale de Zola) : MAURIN, Gilbert; Les grands écrivains, volume 12, Paris, février 1992.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Récit de René Char, poète et résistant

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

Hypnos est le pseudonyme de résistant de René Char. Les Feuillets d’Hypnos sont, en quelque sorte, son journal de bord.

 

 

Le boulanger n’avait pas encore dégrafé les rideaux de fer de sa boutique que déjà le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l’impossibilité de bouger. Deux compagnies de S.S. et un détachement de miliciens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l’épreuve.

 

Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. Les clés sur les portes. Un vieux, dur d’oreille, qui ne tenait pas compte assez vite de l’ordre, vit les quatre murs et le toit de sa grange voler en morceaux sous l’effet d’une bombe. Depuis quatre heures j’étais éveillé. Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l’alerte. J’avais reconnu immédiatement l’inutilité d’essayer de franchir le cordon de surveillance et de gagner la campagne.

 

Je changeai rapidement de logis. La maison inhabitée où je me réfugiai autorisait, à toute extrémité, une résistance armée efficace. Je pouvais suivre de la fenêtre, derrière les rideaux jaunis, les allées et venues nerveuses des occupants. Pas un des miens n’était présent au village. Cette pensée me rassura. À quelques kilomètres de là, ils suivraient mes consignes et resteraient tapis. Des coups me parvenaient, ponctués d’injures. Les S.S. avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié :

 

“Où est-il ? Conduis-nous”, suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir.

 

Une rage insensée s’empara de moi, chassa mon angoisse. Mes mains communiquaient à mon arme leur sueur crispée, exaltaient sa puissance contenue. Je calculais que le malheureux se tairait encore cinq minutes, puis, fatalement, il parlerait. J’eus honte de souhaiter sa mort avant cette échéance. Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les S.S., les paralysant “en toute bonne foi”. Le maçon fut laissé pour mort.

 

Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre.

 

J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice.

 

René Char (1983), Les Feuillets d’Hypnos in Fureur et mystère, Éditions Gallimard, Paris,

 

“Oeuvres complètes”, collection bibliothèque de la Pléiade, pp. 205-206.

 

 

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Poème de P. Seghers pour les 50 otages exécutés au camp de Souge

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

 

Ce poème est dédié à cinquante otages exécutés au camp de Souge, par les occupants Allemands.

 

 

Octobre 9

 

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes

 

Octobre, quand la vendange est faite dans le sang

 

Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte

 

Le Massacre des Innocents

 

Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte

 

Des taches rouges où la colère s’élargit ;

 

Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes

 

Cinquante fils la mort les prit,

 

Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,

 

Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,

 

Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine

 

S’affaissèrent sur les genoux

 

Cinquante autres encore, notre Loire sanglante

 

Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.

 

Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent

 

Le Dieu des Justes les accueille

 

Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles

 

Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront

 

Avec la guerre, l’exil et la fausse parole

 

D’autres enfants dire leurs noms

 

Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire

 

Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier

 

Aux côtés de la Jeanne au visage de fer

 

Née de leur sang de fusillés

 

Pierre Seghers (1974), La Résistance et ses poètes (France 1940-1945), Seghers, Paris, pp. 149-150

 

(9) Poème écrit en décembre 1941, puis publié en janvier 1942 dans le n° 3 de la revue suisse “Traits”.

 

 

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La Rose et le Réséda (poème de Louis Aragon)

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

La Rose et le Réséda

 

 

À Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves

 

comme à Guy Môquet et Gilbert Dru

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Tous deux adoraient la belle

 

Prisonnière des soldats

 

Lequel montait à l’échelle

 

Et lequel guettait en bas

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Qu’importe comment s’appelle

 

Cette clarté sur leur pas

 

Que l’un fût de la chapelle

 

Et l’autre s’y dérobât

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Tous les deux étaient fidèles

 

Des lèvres du coeur des bras

 

Et tous les deux disaient qu’elle

 

Vive et qui vivra verra

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Quand les blés sont sous la grêle

 

Fou qui fait le délicat

 

Fou qui songe à ses querelles

 

Au coeur du commun combat

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Du haut de la citadelle

 

La sentinelle tira

 

Par deux fois et l’un chancelle

 

L’autre tombe qui mourra

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Ils sont en prison Lequel

 

A le plus triste grabat

 

Lequel plus que l’autre gèle

 

Lequel préfère les rats

 

 

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Un rebelle est un rebelle

 

Nos sanglots font un seul glas

 

Et quand vient l’aube cruelle

 

Passent de vie à trépas

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Répétant le nom de celle

 

Qu’aucun des deux ne trompa

 

Et leur sang rouge ruisselle

 

Même couleur même éclat

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

Il coule il coule et se mêle

 

À la terre qu’il aima

 

Pour qu’à la saison nouvelle

 

Mûrisse un raisin muscat

 

Celui qui croyait au ciel

 

Celui qui n’y croyait pas

 

L’un court et l’autre a des ailes

 

De Bretagne ou du Jura

 

Et framboise ou mirabelle

 

Le grillon rechantera

 

Dites flûte ou violoncelle

 

Le double amour qui brûla

 

L’alouette et l’hirondelle

 

La rose et le réséda

 

Louis Aragon (nouvelle édition augmentée, 2006), La Diane française, Éditions Seghers, Paris, pp. 21-23.

 

 

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La prise de conscience de l'horreur du nazisme par les Allemands

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

L’action a lieu en mai 1940 à Berlin, au moment où les nazis célèbrent l’occupation de la France. Tandis que certains fêtent ce nouveau succès du régime nazi, Otto Quangel, un contremaître jusque là uniquement préoccupé de son travail, prend brusquement conscience de l’ignominie du nazisme avec l’annonce de la mort de son fils tué au front. Il annonce cette nouvelle à sa future belle fille déjà engagée dans un groupe d’opposants joint à la résistance. L’entrevue a lieu devant une affiche :

 

 

AU NOM DU PEUPLE ALLEMAND

 

Puis trois noms et :

 

ONT ÉTÉ CONDAMNÉS À LA PENDAISON POUR CRIME DE HAUTE TRAHISON.

 

LA SENTENCE A ÉTÉ EXÉCUTÉE CE MATIN

 

AU PÉNITENCIER DE PLOETZENSEE

 

Involontairement, il prend les mains de Trudel dans les siennes, et il l’éloigne de l’affiche.

 

- Qu’y a-t-il donc ? demande-t-elle, toute surprise.

 

Mais elle suit le regard de Quangel et lit également le texte. Une exclamation, qui peut tout signifier, lui vient aux lèvres : protestation contre ce qu’elle vient de lire, désapprobation du geste de Quangel, ou indifférence. Elle remet son agenda en poche et dit ;

 

- Ce soir, c’est impossible, père. Mais je serai chez vous demain vers huit heures.

 

- Il faut que tu viennes ce soir, Trudel, répond Otto Quangel... Nous avons reçu des nouvelles

 

d’Otto...

 

Il voit que toute gaieté disparaît des yeux de la jeune fille.

 

- Otto est mort, Trudel !

 

Du fond du coeur de Trudel monte le même “Oh !” profond qu’il a eu lui aussi en apprenant la nouvelle. Un moment, elle arrête sur lui un regard brouillé de larmes. Ses lèvres tremblent. Puis elle tourne le visage vers le mur, contre lequel elle appuie le front. Elle pleure silencieusement.

 

Quangel voit bien le tremblement de ses épaules, mais il n’entend rien.

 

“Une fille courageuse ! se dit-il. Comme elle tenait à Otto !... À sa façon, il a été courageux, lui aussi. Il n’a jamais rien eu de commun avec ces gredins. Il ne s’est jamais laissé monter la tête contre ses parents par la Jeunesse Hitlérienne. Il a toujours été contre les jeux de soldats et contre la guerre, cette maudite guerre !...”

 

Quangel est tout effrayé par ce qu’il vient de penser. Changerait-il donc, lui aussi ? Cela équivaut presque au “Toi et ton Hitler” d’Anna (7).

 

Et il s’aperçoit que Trudel a le front appuyé contre cette affiche dont il venait de l’éloigner. -

 

Au-dessus de sa tête se lit en caractère gras :

 

AU NOM DU PEUPLE ALLEMAND

 

Son front cache les noms des trois pendus...

 

(7) Sa femme.

 

 

 

Et voilà qu’il se dit qu’un jour on pourrait fort bien placarder une affiche du même genre avec les noms d’Anna, de Trudel, de lui-même... Il secoue la tête, fâché... N’est-il pas un simple travailleur manuel, qui ne demande que sa tranquillité et ne veut rien savoir de la politique ? Anna ne s’intéresse qu’à leur ménage. Et cette jolie fille de Trudel aura bientôt trouvé un nouveau fiancé...

 

Mais ce qu’il vient d’évoquer l’obsède :

 

“Notre nom affiché au mur ? pense-t-il, tout déconcerté. Et pourquoi pas ? Être pendu n’est pas plus terrible qu’être déchiqueté par un obus ou que mourir d’une appendicite... Tout ça n’a pas d’importance... Une seule chose est importante : combattre ce qui est avec Hitler... Tout à coup, je ne vois plus qu’oppression, haine, contrainte et souffrance !... Tant de souffrance !... “Quelques milliers”, a dit Borkhausen, ce mouchard et ce lâche... Si seulement il pouvait être du nombre !...

 

Qu’un seul être souffre injustement, et que, pouvant y changer quelque chose, je ne le fasse pas, parce que je suis lâche et que j’aime trop ma tranquillité...”

 

Il n’ose pas aller plus avant dans ses pensées. Il a peur, réellement peur, qu’elles ne le poussent implacablement à changer sa vie, de fond en comble.

 

Hans Fallada (1965), Seul dans Berlin, Éditions Denoël, Paris, pp. 34-35.

 

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Résistance de la jeunesse allemande : La Rose blanche (Hans et Sophie Scholl)

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

Le groupe de résistance La Rose blanche fut fondé au printemps 1942. Le 18 février 1943, Hans Scholl (25 ans) et sa soeur Sophie (22 ans) lançaient des tracts dans la cour intérieure de l’université de Munich lorsqu’ils furent dénoncés par le concierge. Livrés à la Gestapo, ils furent condamnés à mort, puis exécutés avec un de leurs camarades Christoph Probst, âgé de 24 ans.

 

 

L’arrestation de Hans et de Sophie eut lieu un jeudi ; le lendemain, mes parents en furent informés, d’abord par une de nos amies, puis par un étudiant inconnu qui nous téléphona. Ils décidèrent aussitôt d’aller les visiter en prison et de faire l’impossible pour alléger leur sort.

 

[...]

 

Personne ne s’était attendu à une telle précipitation ; nous apprîmes plus tard qu’il s’était agi d’une "procédure d’urgence ", les juges désirant faire un exemple en les envoyant à la mort le plus rapidement possible.

 

[...]

 

Quand mes parents pénétrèrent dans la salle, le procès touchait à sa fin. Ils entendirent presque aussitôt la condamnation à mort.

 

[...]

 

Entre temps, mes parents avaient obtenu le droit de visiter une fois encore leurs enfants. Une telle autorisation était d’ordinaire refusée. Entre quatre et cinq heures, ils gagnèrent la prison. Ils ne savaient pas encore que Hans et Sophie vivaient leur dernière heure.

 

Ils purent d’abord voir Hans. Il avançait dans ses vêtements de détenu, droit, sans lourdeur. Rien d’extérieur ne pouvait atteindre le fond de son être. Ses traits étaient tirés, sa figure plus maigre, comme après un dur combat. Son visage avait maintenant un rayonnement extraordinaire. Il se pencha par dessus la rampe qui les séparait, et leur tendit la main. “Je n’ai pas de haine. Tout cela est loin, loin de moi.” Mon père l’étreignit, et dit : “Vous entrerez dans l’histoire, il y a encore une justice.” Hans chargea mes parents de saluer pour lui tous ses amis. Quand à la fin il cita encore un nom, une larme coula sur son visage ; il se courba un peu, pour que personne ne la vît. Puis il s’en alla, sans la moindre peur, empli d’une profonde, d’une admirable ferveur.

 

Ensuite, une garde amena Sophie. Elle portait sa robe habituelle, et marchait lentement, calme, droite. (On n’apprend nulle part à marcher plus droit qu’en prison.) Elle ne cessait de sourire, comme si elle regardait le soleil. Elle prit avec plaisir les bonbons que Hans avait refusés.

 

“Ah ! très bien. Je n’avais pas encore déjeuné.” Jusqu’au dernier moment, son comportement fut une splendide affirmation de la vie. Elle aussi avait beaucoup maigri ; mais son visage reflétait une expression admirable de triomphe. Sa peau était fraîche, cela surprit notre mère, et ses lèvres, très rouges et brillantes. “Alors maintenant, dit notre mère, tu ne vas plus jamais rentrer à la maison... - Oh ! Quelques années, maman”, fit-elle. Puis, comme Hans, avec conviction, elle déclara : “Nous avons tout pris sur nous, tout.” Et elle ajouta : “Ça va faire du bruit.”

 

[...]

Les gardiens nous dirent :

 

“Ils se sont conduits avec un courage extraordinaire. Toute la prison en était bouleversée. Aussi avons-nous pris le risque-si cela s’était su, il nous en aurait coûté, - de les réunir tous trois avant l’exécution. Nous voulions qu’ils puissent encore fumer une cigarette ensemble. Ce ne furent que quelques instants, mais je crois que cela comptait beaucoup pour eux. - Je ne savais pas que ce fût aussi facile de mourir, dit Christ Probst. Et il ajouta : - Dans quelques minutes, nous nous reverrons dans l’éternité.

 

Alors, on les emmena, d’abord la jeune fille. Elle marcha dans un calme absolu. Nous ne pouvions pas comprendre que cela fût possible. Le bourreau avoua qu’il n’avait encore vu personne mourir ainsi.”

 

Et Hans, avant de poser la tête sur le billot, cria, d’une voix si forte qu’on l’entendit dans toute la prison : “Vive la liberté !”

 

D’abord il sembla que tout fût terminé avec la mort de ces trois victimes.

 

[...]

 

Bientôt pourtant, d’autres arrestations suivirent. Au cours d’un second procès, la Cour de Justice Populaire prononça un grand nombre de peines d’emprisonnement, et trois condamnations à mort, celles de Willi Graf, du professeur Huber et d’Alexander Schmorell.

 

 

Inge Scholl (1955), La Rose blanche. Six Allemands contre le nazisme, Les Éditions de minuit,

 

Paris, pp. 105-113.

 

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