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MUSECLIO

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Programme de la rentrée 2012 en terminale L/ES : géographie

14 Novembre 2012 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

Programme de la rentrée 2012 en terminale L/ES

 

 

-

 

 Géographie – Mondialisation et dynamiques géographiques des territoires

Thème 1 introductif – Clés de lectures d’un monde complexe (10-11 heures)

Thème 2 – Les dynamiques de la mondialisation (18-20 heures)

Thème 3 – Dynamiques géographiques de grandes aires continentales (29-31 heures)

source : http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=57575

Questions Mise en œuvre
L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud - Le bassin caraïbe : interface américaine, interface mondiale (étude de cas).
- Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales.
- États-Unis-Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales.
L’Afrique : les défis du développement - Le Sahara : ressources, conflits (étude de cas).
- Le continent africain face au développement et à la mondialisation.
- L’Afrique du Sud : un pays émergent.
L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance - Mumbai : modernité, inégalités (étude de cas).
- L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance.
- Japon-Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales.
Questions Mise en œuvre
La mondialisation en fonctionnement - Un produit mondialisé (étude de cas).
- Processus et acteurs de la mondialisation.
- Mobilités, flux et réseaux.
Les territoires dans la mondialisation - Une ville mondiale (étude de cas).
- Pôles et espaces majeurs de la mondialisation ; territoires et sociétés en marge de la mondialisation.
- Les espaces maritimes : approche géostratégique.
La mondialisation en débat - États, frontières et mondialisation.
- Débats et contestations.
Questions Mise en œuvre
Des cartes pour comprendre le monde L’étude consiste à approcher la complexité du monde par l’interrogation et la confrontation de grilles de lectures géopolitiques, géo-économiques, géoculturelles et géo-environnementales.
Cette étude, menée principalement à partir de cartes, est l’occasion d’une réflexion critique sur les modes de représentations cartographiques.
Des cartes pour comprendre la Russie Les grilles de lectures de la question 1 sont utilisées pour appréhender la complexité d’une situation géographique :
- La Russie, un État-continent eurasiatique en recomposition.
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Cours TL L/ES Géographie : Quels sont les contrastes spatiaux de développement du Brésil ? (3)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

D. En quoi les contrastes sociaux sont-ils très forts ?

 

                        1. Quels sont les contrastes entre villes et campagnes ?

 

Quelle est la situation générale ?

 

_ Le Brésil compte 65 millions de pauvres. C’est un des Etats les plus inégalitaires en matières de revenus et de conditions de vie.

_ De profondes inégalités se maintiennent. Il y a au Brésil des populations riches : ainsi 1 % de la population dispose de 13,3% des revenus, et 10 % de cette même population dispose de 47,5 % des richesses. L’opposition est forte entre des « privilégiés » (industriels, commerçants, propriétaires de grandes exploitations,...) et les « pauvres » (chômeurs, ouvriers sous payés, habitants des favelas, paysans sans terre...).

_ En dépit de la croissance agricole, 20% des Brésiliens souffrent de malnutrition. Le sous-développement frappe particulièrement les campagnes où vivent encore 25 % de la population.

 

Quelles sont les conséquences de la pauvreté sur la population brésilienne ?

 

_ Les conséquences de la pauvreté sur la population sont nombreuses : sur l'espérance de vie, l'alphabétisation, les conditions de vie (pas d'accès à l'eau courante, à l'électricité...), le travail des enfants (3 millions d'enfants de moins de 14 ans travaillent), l'alimentation (malnutrition, révoltes agraires avec demande de redistribution des terres non occupées...).

_ Le Brésil est une grande puissance du Sud mais son développement difficile (inflation, endettement) est incomplet, les contrastes de développement étant très nombreux. On évoque un « mal développement ».

 

_ Les zones de « mal développement » comme les bidonvilles échappent parfois totalement au contrôle des autorités. Dans les quartiers où le sous-emploi est massif (A Paraisonopolis, deuxième favela de Sao Paulo, 20% des habitants sont au chômage. Les sources de revenus proviennent du secteur informel, en travaillant quelques semaines par an à la campagne.

 

 

    2. Quels sont les contrastes sociaux dans les villes ?

 

_ La ville est révélatrice de ces écarts sociaux : il y a une très forte ségrégation sociale.

_ Toutes les villes ont connu une croissance démographique rapide, due à l’exode rural et à l’accroissement démographique (exemple : Sao Paulo, 2 millions d’habitant en 1950, 18,5 millions d’habitant en l’an 2003) et en même temps une croissance économique rapide (pôles industriels, commerciaux, touristiques).

 

 

 _ La croissance urbaine mal contrôlée par les autorités et marquée par de très forts contrastes socio-spatiaux :

* le centre-ville est moderne, riche et développé avec une architecture à l’américaine (buildings) ou un urbanisme plus original (Brasilia, capitale du Brésil depuis 1960, est une ville créée de toute pièce par l’architecte français Oscar Niemeyer.

* Dans les villes se trouvent les classes moyennes, les anciens et nouveaux riches au niveau de vie élevé (revenus des familles en moyennes deux fois supérieurs à ceux du pays), mais aussi les « cortiços ».

* Les cortiços sont des taudis. Ce sont des chambres subdivisées, dotés d’équipements sanitaires insuffisants. Ces logements précaires proviennent de la transformation d’immeubles anciens, ou de la construction de petites pièces derrière les maisons construites dans les lotissements populaires. Le plus grand nombre de cortiços est situé près des lieux de travail. Environ 6% de la population de Sao Paulo habitaient dans les cortiços en 1993.  

 Cortiços : sortes de favelas verticales composés d’immeubles dégradés et insalubres, subdivisés entre des familles pauvres de plus en plus nombreuses.

 

* les favelas abritent entre 15 et 20% de la population métropolitaine. Ils sont présents dans les quartiers d’habitat précaire et spontané. Ce sont des maisons auto-construites situées en périphérie ou dans les espaces laissés libres (à proximité des voies ferrées, des autoroutes ou des aéroports, sur les pentes comme à Rio…), souffrant d’un manque d’équipements collectifs (eau, électricité, égout, voierie, …) et souvent marquée par des maux sociaux multiples (enfants abandonnés, délinquance, criminalité, prostitution, drogue, secteur informel). Toutes les villes brésiliennes sont touchées par les bidonvilles. A Belém, 30% de la population vivent dans des bidonvilles.

 

_ Les municipalités sont plus moins actives dans la lutte contre les inégalités sociales.

* La mairesse de Sao Paulo (élue en 2001), Marta Suplicy, réhabilite certains immeubles vétustes, mais ne fait rien contre les logements vides.

* La municipalité de Porto Alegre, qui a accueilli le Forum Social en 2003, est une cité modèle par son niveau d’équipement et l’accès de la quasi totalité des ses habitants à l’eau et à l’électricité.

 

Conclusion-résumé : le Brésil est un territoire très inégalement développé. On distingue trois ensembles :
- un Brésil moderne, développé et industrialisé

- un Brésil traditionnel et sous – développé

- un Brésil pionnier

Ces inégalités expliquent l'importance des flux migratoires intérieurs, toujours plus importants vers São Paulo que vers l'Amazonie.

 

  

 Carte de synthèse : L’organisation de l’espace brésilien         

 

 

 

Tle Fiche d’objectifs géographie 

 

Quels sont les contrastes spatiaux de développement au Brésil ?

 

    SAVOIR   

 

I. Quels sont les facteurs de développement du Brésil ?

            A. En quoi le Brésil est-il un des géants du Sud ?

            B. Quelles sont les stratégies de développement du Brésil ?

II. Quels sont les aspects du développement brésilien ?

            A. En quoi le Brésil est-il une puissance agricole ?

            B. Quel est le développement industriel du Brésil ?

            C. Comment le Brésil est-il une puissance régionale intégrée dans la mondialisation ?

III. Quelles sont  les limites du développement brésilien ?

            A. En quoi existent-ils des contrastes régionaux très forts ?

            B. Quels sont les contrastes régionaux ?

                        1. En quoi le Sud et Sudeste forment-ils le cœur économique ?

                        2 Pourquoi le Nordeste est-il la région la plus pauvre ?

                        3.  En quoi le Centre-Ouest et le Nord sont-ils des régions très peu peuplées ?

            C Quels problèmes posent la question agraire ?

            D. En quoi les contrastes sociaux sont-ils très forts ?

                        1. Quels sont les contrastes entre villes et campagnes ?

                        2. Quels sont les contrastes sociaux dans les villes ?

 

 

2/ JE SAIS DEFINIR :

 

Développement extraverti : développement réalisé en ouverture sur l’extérieur, c’est-à-dire en réduisant les mesures protectionnistes destinées à s’abriter de la concurrence étrangère, en accueillant les investissements internationaux et en cherchant à accroître les exportations.

Mercosur : marché commun de l’Amérique du Sud qui regroupe, depuis 1991, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay. Le Chili et la Bolivie ont signé un accord de libre-échange avec le Mercosur en juillet 1996, la Colombie est candidate à l’adhésion. Le Venezuela est membre depuis 2005.

Latifundio : très grande propriété foncière, peu mises en valeur, où se maintiennent des relations sociales traditionnelles entre le propriétaire et les travailleurs de la terre (emplois précaires, très faibles salaires).

Minifundio : Petites exploitations de paysans très pauvres. Elles sont cultivées avec des moyens manuels et produisent des cultures vivrières permettant à peine de survivre.

Cortiços : sortes de favelas verticales composés d’immeubles dégradés et insalubres, subdivisés entre des familles pauvres de plus en plus nombreuses.

 

3/ JE SAIS LOCALISER DANS L’ESPACE :

 

- Sao Paulo       - Rio de Janeiro            – Belo Horizonte          - Brasilia          - Nordeste        - Sertao

- Sudeste          - Amazone       - les zones de densités inégales

 

SAVOIR FAIRE

4/ JE SAIS ANALYSER UNE CARTE

5/ JE SAIS COMPARER DES CARTES

6/ JE SAIS ETUDIER UN TEXTE

7/ JE SAIS ANALYSER UN SCHEMA

8/ JE SAIS COMMENTER UNE PHOTOGRAPHIE

9/ JE SAIS REALISER UN CROQUIS

 

 

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Cours TL L/ES Géographie : Quels sont les contrastes spatiaux de développement du Brésil ? (2)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

II. Quels sont les aspects du développement brésilien ?

 

Texte 2 page 254 : Brésil : vers quel développement ?

 

Quels produits sont exportés par le Brésil ?

 

            A. En quoi le Brésil est-il une puissance agricole ?

 

_ Le Brésil bénéficie d’une gamme de climats chauds : climat équatorial au nord ; climat tropical et subtropical vers le sud avec même un climat tempéré dans le sud-est. Cela offre au Brésil une grande diversité de cultures.

 

_ La puissance agricole du Brésil s’explique par plusieurs autres facteurs comme l’immensité du territoire permettant la diversité des climats, ainsi que la colonisation intérieure avec des fronts pionniers.

_ L'organisation de cet espace est stratégique : les régions les plus difficiles sont consacrées à l'élevage, les plaines littorales aux plantations pour l’agriculture d'exportation. L’intérieur pour la mise en valeur par la colonisation des espaces. Les cultures vivrières sont encore très présentes mais il y a eu une force tendance à les refouler vers l'intérieur.

_ Les capitaux étrangers (FMN de l'agroalimentaire) s’ajoutent pour contribuer à cette puissance agricole du Brésil.

_ La somme de tous ces facteurs est de faire du Brésil une puissance agricole : 1ère pour le café, la canne à sucre, les agrumes, 2ème pour le soja, les bovins, 3ème pour le maïs, le porc, 5ème pour le cacao, 8ème pour le coton brut... bois... Le Brésil est le 3ème exportateur de produits agricoles ; son intégration à un système agro-industriel lui permet d'exporter des produits agroalimentaires.

 

            B. Quel est le développement industriel du Brésil ?

 

_ La production est diversifiée, elle est le résultat d'un appel aux capitaux étrangers, d'une ouverture de l'économie et d'une remontée des filières. Il y a aujourd'hui autant d'actifs dans l'industrie que dans l'agriculture (20%).

_ Les principales productions sont le textile, l’agroalimentaire ; l’industrie lourde (8ème pour l'acier), l’automobile (11ème grâce aux investissements étrangers : Renault, Ford, Volkswagen), chantiers navals, aéronautique (Embraer), informatique, pharmacie, armement ....79% des produits exportés sont des produits industriels. L'essentiel de cette production est concentrée au Sudeste.

 

            C. Comment le Brésil est-il une puissance régionale intégrée dans la mondialisation ?

 

_ Le Brésil a un poids important en Amérique Latine (50% de la superficie et de la population). Il est un élément moteur du MERCOSUR crée en 1991.

_ L’intégration dans la mondialisation s’effectue par le biais du commerce, surtout avec les Etats-Unis mais aussi l’Union européenne.

_ L’intégration se passe également par le biais des loisirs de masse : tourisme, carnavals, football...
C'est aussi un symbole de l'antimondialisation... (cf Porto Alegre).

_ C’est un pays émergent et l’une des puissances montantes du Sud : puissance agricole (cacao, café, agrumes, soja), mais aussi un NPI (textile, sidérurgie, agro-alimentaire, automobile, aéronautique), grand pays exportateur (dans le monde entier et à l’échelle régionale dans le cadre du MERCOSUR) largement intégré à la mondialisation.

_ A l’échelle du Sud, il apparaît comme un pays assez développé : IDH moyen (0.777), RNB par hab. moyen (entre 6000 et 15000 dollars par an) taux d’urbanisation élevé, taux de fécondité en baisse.

Mercosur (page 336) : marché commun de l’Amérique du Sud qui regroupe, depuis 1991, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay. Le Chili et la Bolivie ont signé un accord de libre-échange avec le Mercosur en juillet 1996, la Colombie est candidate à l’adhésion. Le Venezuela est membre depuis 2005.

 

III. Quelles sont  les limites du développement brésilien ?

 

Problématiques : Quelles sont les inégalités de développement que l'on perçoit à l'échelle du territoire ? Comment s'expliquent ces violents contrastes ?

 

            A. En quoi existent-ils des contrastes régionaux très forts ?

 

Croquis page 269 : Le Brésil, un territoire inégalement développé

 

_ Il existe une opposition entre le littoral et l'intérieur du Brésil :

* le littoral est occupé depuis les temps anciens de la colonisation. Il connaît une forte concentration de population et de grands pôles urbains, et constitue un espace économique dynamique doté de structures portuaires...

* L'intérieur est moins mis en valeur, moins peuplé (le Centre Ouest et Amazonie : 61% de la surface et 13% de la population). Il est peu mis en valeur à cause de l’immensité, des problèmes du coût, des infrastructures, de l’exploitation anarchique...

 

_ Une opposition littorale existe aussi entre le Nordeste et le Sud et Sudeste.

* Elle est humaine (la population réside au sud), démographique (la Transition Démographique est presque finie au sud mais pas dans le nord), culturelle (avec une différence du taux d’alphabétisation), économique (le nord-est est une région pauvre, avec une industrialisation faible, le Sertao est une zone de sécheresse...)

* le Sud et le Sud-Est : ce sont des régions dynamiques comportant des plantations, une industrialisation, des ports ...

_ Cette opposition engendre de fortes migrations du Nord Est vers le Sud Est.

_ Le cœur économique est formé par Sao Paulo, Belo Horizonte et Rio de Janeiro. Ce coeur cumule des centres de décisions économiques, une forte activité, un important marché de consommateurs, des infrastructures...

 

_ La capitale Brasilia a été édifiée à partir de 1959 dans le but de promouvoir une plus grande égalité socio-spatiale dans le pays. Le lieu d’implantation de la capitale fut choisi pour sa position centrale. Brasilia concentre  les moyens de direction politique du pays, mais n’a pas pu s’imposer comme pôle directionnel et attractif face aux grandes métropoles de la façade atlantique.

 

Croquis de synthèse : les contrastes régionaux au Brésil

 

 

Croquis de synthèse : les contrastes régionaux au Brésil

 

  

            B. Quels sont les contrastes régionaux ?

 

Introduction : On dit du Brésil qu’il évoque « une Suisse dans un Pakistan ». Cela traduit l’opposition entre la région riche et développée du pays, qui correspond au Sud et au Sudeste, et le reste du pays, qui est beaucoup moins riche et moins développé.

schémas 3 p 255 pour les cycles

 

                        1. En quoi le Sud et Sudeste forment-ils le cœur économique ?

 

_ Sud et Sudeste produisent 76% du RNB du Brésil avec 57% de la population, sur 18% de la surface du pays. Le Sud et Sudeste comportent les régions industrielles (triangle industriel Sao Paulo / Rio de Janeiro / Belo Horizonte), mais aussi les régions d’agriculture commerciale moderne (agrumes, café). Ces régions sont ouvertes sur le monde par leurs ports et sont animées par de grandes métropoles (Sao Paulo).

 _ Sud et Sudeste sont développées à partir du 19ème siècle (le cycle du café provoque l’enrichissement. Les capitaux sont réinvestis dans le secondaire et le tertiaire et donne naissance à une classe moyenne solvable). Elles sont encore favorisées par l’intégration du Brésil à la mondialisation (choix d’un développement extraverti depuis les années 60 : modernisation agricole, privatisations et investissements étrangers).

 

_ Le niveau de vie est supérieur au reste du pays avec des salaires plus élevés, un IDH plus élevé, un analphabétisme faible, des taux de fécondité et de mortalité infantile plus faibles.  Cependant, les inégalités sont fortes dans les villes.

 

                        2 Pourquoi le Nordeste est-il la région la plus pauvre ?

 

Photo 4 p. 279 : la pauvreté du Nord Est

+ Schéma 3 page 255 : Nord-Est/Sud-Est : deux trajectoires opposées

 

_ Le Nordeste est densément peuplé depuis la colonisation du pays par les Portugais (culture de la canne à sucre dans le cadre d’un système esclavagiste), c’est une région encore assez rurale, qui joue un rôle économique réduit.

 

_ La région du Sertao est une vaste poche de pauvreté au Brésil où se concentrent des paysans sans terres et des ouvriers agricoles.

_ Le Sertao est la région semi –aride du Nordeste, autour de la vallée du Sao Francisco, marqué par des sécheresses qui peuvent durer plusieurs années (les secas) et qui présente les retards économiques et sociaux les plus graves du pays.

 

Photographie 8 page 256 : De profondes inégalités foncières

_ Elle reflète le mieux les problèmes liés à l’inégale répartition des terres au Brésil :

* Une minorité de propriétaires terriens sont à la tête d’immenses exploitations, (appelées latifundios), sur lesquelles travaillent des ouvriers agricoles misérables. 

* A l’inverse, de nombreux petits paysans cultivent des petites exploitations (minifundios) qui leur permettent à peine de survivre et de nombreux paysans sont sans-terre.

Latifundio : très grande propriété foncière, peu mises en valeur, où se maintiennent des relations sociales traditionnelles entre le propriétaire et les travailleurs de la terre (emplois précaires, très faibles salaires).

Minifundio : Petites exploitations de paysans très pauvres. Elles sont cultivées avec des moyens manuels et produisent des cultures vivrières permettant à peine de survivre.

 

_ Le Nordeste est la région la moins développée du Brésil (IDH faible, analphabétisme plus élevé, la faim continue de faire des victimes chaque année. L’un des projets du président Lula est le plan « Faim zéro »). En conséquence le Nordeste est une région d’émigration, d’exode rural vers les villes du Sud Est. 

 

                        3.  En quoi le Centre-Ouest et le Nord sont-ils des régions très peu peuplées ?

 

En quoi le Brésil du Centre-Ouest et du Nord est-il un Brésil pionnier ?

 

 

_  Le Brésil du Centre-Ouest et du Nord amazonien est peuplé de 25 millions d’habitants. Mais la densité est faible : moins de 5 habitants au km² soit 14,5% des Brésiliens sur 64% du territoire.

 

_ Le peuplement du Brésil s’est effectué à partir du littoral, de plus la mise en valeur des régions de l’intérieur est assez récente et ponctuelle : 

* Après avoir connu le cycle de l’or (XVIII siècle), le Mato Grosso est devenue une région d’élevage extensif, mais voit aussi se développer la culture du soja dans d’immenses exploitations modernes.

* Après la fin du cycle du caoutchouc (invention du caoutchouc synthétique), l’Amazonie a décliné : dans les années 1970, le gouvernement a lancé un « front pionnier » : la forêt recule face au percement des routes transamazoniennes, à l’exploitation minière et au développement agricole (petits terrains donnés aux colons, grands domaines d’élevage extensif).

 

 _ Des parcs naturels et des réserves indiennes tentent de préserver les premiers occupants de cette région, c’est une région intermédiaire en terme de développement (le Mato Grosso est plus riche et plus développé que l’Amazonie).

 

            C Quels problèmes posent la question agraire ?

 

Graphiques 8 page 256 : De profondes inégalités foncières

 

_ La persistance de la faim et de la pauvreté résulte en grande partie d'une répartition très inéquitable des terres. Deux tiers des ruraux Brésiliens soit 20 millions de personnes sont pauvres, ne disposent pas d’eau potable et d’électricité, et sont pour la plupart analphabètes.  

_ Dans les latifundios les modes d'exploitations sont modernes mais extensifs. Ces exploitations sont peu nombreuses mais gèrent l'essentiel du sol et pratiquent l'agriculture commerciale.

_ Au contraire, dans les microfundios les modes d'exploitations sont traditionnels et tournés vers l'agriculture vivrière. Ces exploitations sont très nombreuses mais gèrent peu de sol. Ainsi des familles « sans terre » travaillent comme journaliers ou occupent sauvagement des terres.

 

Affiche 9 page 256 : Mieux répartir les terres : la réforme agraire

 

_ Les tentatives de « réforme agraire » ont échoué et l'on tente de réduire le problème par distribution de terres sur fronts pionniers. Le « Mouvement des Sans-terre » tente d'occuper les terres sous-exploitées pour faire pression sur le président « Lula » da Silva.

 

 

 

 

 

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Cours TL L/ES Géographie : Quels sont les contrastes spatiaux de développement au Brésil ? (1)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

Quels sont les contrastes spatiaux de développement au Brésil ?

 

Introduction

            Le Brésil est un pays d'Amérique Latine qui appartient au Sud économique, c'est à dire à l'ensemble des pays pauvres. Il est néanmoins considéré comme une puissance économique mondiale avec un classement vers le 11ème ou 12ème rang au niveau du PNB.

Le Brésil fait donc partie des géants des Pays en Développement - avec la Chine, le Mexique ou l'Inde - qui s'intègre de plus en plus à la mondialisation.

Problématique : Comment ce pays est-il parvenu à ce stade sans vraiment encore atteindre un développement total ? Comment se manifestent les inégalités à toutes les échelles ?

 

I. Quels sont les facteurs de développement du Brésil ?

 

            A. En quoi le Brésil est-il un des géants du Sud ?

 

Question à partir de représentations de s élèves : Quelles images avez-vous du Brésil ?

 

 _ Le Brésil bénéficie d’une image positive liée à ses performances au foot ou dans des sports comme le tennis et la course automobile (Ayrton Senna). C’est un pays symbole de danse et de la fête avec la célébrité de son carnaval et de la samba. La beauté de ses plages ensoleillées fréquentées par les touristes, le succès de ses feuilletons télévisés (les novelas) contribuent au succès international du Brésil.

_ Mais aussi d’une image négative : celle de 65 millions de pauvres, des favelas, de la violence, des paysans sans-terre, de la déforestation en Amazonie.

 

Carte 2 page 252 : le territoire, immense, est inégalement mis en valeur

 

En quoi le territoire brésilien est-il immense ?

           

            Quelles sont les dimensions du Brésil ?

 

_ Le territoire brésilien est immense avec 8,5 millions de km² (soit 15 fois la France) peuplé par 180 millions d’habitants. Le Brésil est le pays le plus important du continent sud-américain. S’étirant de 4000 km d'ouest en est et 3700 du nord au sud.

           

            Le pays est-il ouvert sur l’étranger ?

 

_ Le Brésil a une très large ouverture maritime (plus de 7400 km de côtes) vers l'océan Atlantique et des frontières communes avec dix Etats

 

            Quelles sont les données naturelles (relief et les climats du pays) ? 

 

_ Le relief  se divise en deux grands ensembles : au nord une vaste plaine drainé par l'Amazone et ses affluents et au sud des plateaux et massifs anciens.

_ Une grande diversité de cultures est permise grâce aux climats chauds mais variés. 

 

            Le pays bénéficie-t-il d’avantages naturels ? Lesquels ?

_ Le Brésil bénéficie des produits industrialisables en grande quantité : c’est le 2e producteur de fer et de phosphates, le 4e de bauxite, le 5e d’étain. Le pays produit aussi de l’argent et de l’or, du cuivre et du nickel, de la potasse, du zinc... Des matières premières permettant d'envisager une base industrielle mais elles sont très souvent localisées à l'intérieur.

_ Le pays dispose pour ses ressources énergétiques de fleuves gigantesques pouvant fournir de l'hydroélectricité. Mais le charbon et le pétrole sont en quantité plus réduite.

 

Carte 1 page 252 : Un peuplement tout en contrastes

 

Quels sont les contrastes dans les densités de la population ?

 

_ La densité moyenne est de 21 hab/km2 mais la répartition sur le territoire est inégale. Les Brésiliens se concentrent sur les littoraux et notamment dans le Sudeste. L'intérieur est délaissé.

_ La population est citadine (80 %) avec de nouveau des contrastes sud/nord. Les mégapoles concentrent population et activités (Sao Paulo : 18 millions, Rio de Janeiro : 11 millions, Belo Horizonte : 4 millions...)

_ La population est mobile comme en témoigne l'exode rural encore vivace ou les migrations vers les fronts pionniers amazoniens. Il existe aussi des phénomènes d’émigration vers les pays voisins, par exemple vers la Guyane française.

 

Le Brésil est-il fortement peuplé ? Pourquoi ?

Oui. Le nombre d’agglomérations de plusieurs millions d’habitants l’indique.

 

_ La population du Brésil est de 180 millions d’habitants.

_ La croissance démographique reste vigoureuse même si le Brésil a entamée la sortie de la transition démographique. En 2002 L’accroissement naturel est de 1.3% /an soit 2.5 millions de Brésiliens chaque année. L’indice de fécondité est de 2,2 enfants par femme. Le taux de natalité de 22 pour mille alors que le taux de mortalité est de 7 pour mille.  La population est donc abondante mais aussi jeune : 28% a moins de 15 ans et 6% plus de 65 ans.

_ Le Brésil offre donc une main d’œuvre abondante, bon marché et un marché de consommation aux fortes potentialités.

 

Quelle est l’origine de la population brésilienne ?

 

_ La population brésilienne est métissée du fait d'une longue histoire coloniale. La majorité de la population  est d'origine européenne (53%). Par exemple 25 millions de Brésiliens sont d’origine italienne.  La population comporte également des métis (37%), des noirs (6%), des amérindiens (1%), et des asiatiques (1%). Par exemple la plus forte communauté japonaise du monde en dehors du japon est présente à Sao Paulo avec plus de 900 000 personnes. Il y a peu de discrimination raciale.

 

La population bénéficie-t-elle du développement du pays ?

 

_ La population se développe avec des progrès dans l'alphabétisation : (80 %) et des revenus qui augmentent (le PNB a doublé en 25 ans : 3700 $/hab. en 1980 et 8000 $/hab. en 2004).

_ Cependant, on parle souvent de « mal-développement » car c’est un développement très inégal : selon les régions, selon l’appartenance ethnique (les Blancs ont des revenus en moyenne deux fois plus élevés que les Noirs et les métis), selon les quartiers des villes.

 

Croquis de synthèse : Population et peuplement au Brésil

 

 

Croquis de synthèse : Population et peuplement au Brésil

 

  

            B. Quelles sont les stratégies de développement du Brésil ?

 

Schémas 3 page 255 : nord-est/Sud-est : deux trajectoires opposées

 

Quels sont les cycles économiques au Brésil et leurs conséquences ?

 

_ Le Brésil a été colonisé par les Portugais à partir du XVI siècle.  L’exploitation de ses richesses naturelles ont permis le développement du pays lors de cycles économiques successifs (canne à sucre, or, caoutchouc, café). Mais ces types d’exploitions ont entraîné une mise en valeur déséquilibrée du territoire.

 

 

_ Jusqu'au début du XXème siècle il s'agit de cycles économiques dans lesquels on a croissance, prospérité puis dépression (par exemple : sucre, café).

_ 1930-1964 : c’est l’époque d’un développement autocentré ou politique de substitution aux importations.

* Les objectifs visés sont : parvenir à l’auto suffisance, à l’indépendance vis à vis des marchés extérieurs, à l’industrialisation avec les produits locaux.

* Les stratégies employées sont : la diversification de l'agriculture, le développement d'industries nationales. L'État joue un rôle important : par la protection des marchés, la création d'entreprises nationales ( Petrobas, Electrobas), le développement des industries légères et lourdes, l’aménagement du territoire en créant la nouvelle capitale Brasilia.

 * Les Résultats sont : croissance de l0% mais le marché intérieur s'essouffle.

_ 1964-1973 : La période est celle du développement d'une économie extravertie : avec une nouvelle industrialisation grâce à l’apport de capitaux étrangers (150 milliards de dollars investi dans le pays depuis 1995), à l’exportation, et au front pionnier pour la mise en valeur du territoire. C'est le « miracle brésilien », mais il prend fin  avec le choc pétrolier de 1973.

_ Les crises financières des années 1980 et 1990 et les politiques d’ajustement du FMI accélèrent la libéralisation et l’ouverture de l’économie. Depuis 1995 150 milliards de dollars ont été investis au Brésil, mais cela renforce sa dépendance vis-à-vis du Nord.

_Actuellement : la libéralisation du commerce a permis l’intégration du Brésil dans le commerce mondial mais il y a essoufflement de la croissance.

 

Développement extraverti : développement réalisé en ouverture sur l’extérieur, c’est-à-dire en réduisant les mesures protectionnistes destinées à s’abriter de la concurrence étrangère, en accueillant les investissements internationaux et en cherchant à accroître les exportations.

 

 

 

 

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Cours TL L/ES Géographie : Unité et diversité des Suds (3)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

III. Quels sont les contrastes de développement des « Suds » ?

                Introduction : Depuis les années 1950-1960 (décolonisation, arrivée des pays du Tiers-Monde sur la scène internationale  et prise de conscience de leur retard de développement), les pays du Sud ont connu des évolutions très différentes.

 

                A. Pourquoi les PMA sont-ils en situation difficile ?

 

                               1) Quelles sont les différences générales au sein des pays du Sud ?

 

Carte page 265 : le Sud, une grande diversité de situations

 

La carte laisse en blanc le Nord, l’objectif de la carte est de montrer les différences entre les pays du Sud.

 

Qu’est-ce qui peut expliquer les différences entre pays du Sud ?

 

_ La croissance économique a été forte en Asie (très supérieure à celle des pays du Nord pendant la même période), moyenne en Amérique latine et assez faible en Afrique.

_ Le  PIB/habitant en Amérique latine a presque doublé (de 2000 à 4000 dollars), il a été multiplié par 5 en Asie de l'Est, par 2 en Asie du Sud mais reste plus faible (très forte population) ; il a stagné en Afrique subsaharienne.

 

Quels groupes de pays peut-on différencier au Sud ?

 

 Plusieurs groupes de pays peuvent être différencié :

                        2) En quoi et pourquoi les PMA sont-ils en difficultés?

 

 _ Les pays « perdants » : ce sont les 49 PMA (pays les moins avancés). Ils sont surtout  situés surtout en Afrique subsaharienne (34 pays africains parmi les PMA), mais aussi en Asie (Afghanistan, Birmanie, Bangladesh ou Laos).

_ Trois critères officiels les définissent :

* PIB/hab/an inférieur à 500 dollars

* Part de l’industrie dans le PIB inférieure à 10%

* Taux d’alphabétisation inférieur à 20%

 _ Les PMA cumulent plusieurs difficultés : de catastrophes naturelles (sécheresse, tornades), des problèmes politiques (guerre, instabilité politique, dictature), économique (économie traditionnelle à dominante agricole, dépendance, endettement). Les maladies endémiques font des ravages : paludisme, dysenterie, SIDA. La crise est aussi sociale avec une crise urbaine provoquée reflétant la croissance urbaine gonflée par l’exode rural, mais aussi par une forte fécondité.

_ La situation se concrétise par une pauvreté et une misère généralisées : 50% de la population vit avec moins de un dollar par jour. Le potentiel industriel et commercial est en stagnation ou en déclin. Les PMA ont un endettement très fort et une faible intégration à l’économie mondiale (faible part du commerce, ils attirent peu ou pas d’investissement) : ce sont des espaces marginalisés. Les PMA vivent très largement « sous perfusion », de l’aide au développement donnée par les organisations internationales et les ONG.

             

              B. Quelle est la situation économique des pays intermédiaires ?

 

Carte page 265 : le Sud, une grande diversité de situations

 

 Qui sont les pays intermédiaires ?

 

_ Les pays intermédiaires n’ont pas les handicaps des PMA mais tardent cependant à se développer durablement, ou encore connaissent des difficultés depuis la dislocation de l’URSS. Ce sont par exemples les pays du Maghreb,  les pays d’Asie centrale et du Caucase issus de l’URSS.

_ Leur situation est moins critique mais très précaire et peu porteuse Ils n’ont pas de véritable décollage économique. Leur intégration à la mondialisation est partielle. En effet, ils sont spécialisés dans l’exportation de produits bruts aux cours fluctuants (Côte d’Ivoire, Nigeria). Les investissements étrangers sont cantonnés dans des secteurs liés à l’exportation (Total et le pétrole du Gabon).

 

            C. Quels pays réunissent les conditions de la croissance et du développement ?

                       

                        1. Les pays pétroliers

 

Qui sont les pays gagnants ?

 

_ Les pays « gagnants » se caractérisent par une hausse de leurs revenus et une intégration croissante à l'économie mondiale.

 

            Quelle est la situation des pays pétroliers ?

 

_ Les pays exportateur de pétrole. Ce sont des émirats faiblement peuplés : Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Emirats Arabes Unis. Ils disposent des hauts revenus de la rente pétrolière réinvestie pour le développement économique (industrie et le secteur tertiaire) et la mise en place de grandes infrastructures d’équipement. La tendance est actuellement à la diversification économique en développant le tourisme ou les services financiers.

_ Fortement enrichis après les deux chocs pétroliers, ils n’ont pas toujours eu de véritable politique de développement. Autrefois qualifiés de pays « riches mais non-développés », leur niveau de développement a énormément augmenté. Mais le sous-développement est encore présent (forte fécondité, très fortes inégalités sociales, situation d’infériorité des femmes).

 

             2. Les pays émergents et les NPI

           

             Quelle est la situation des pays émergents ?

 

_ Les NPI et pays émergents sont situés en Asie du Sud-Est. Les quatre dragons sont désormais rattachés au Nord (Taiwan, Corée du Sud, Singapour et Hong-Kong). Les bébés tigres sont la seconde génération de NPIA : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

_ Les pays émergents ses trouvent également en Amérique latine (Brésil,  Mexique, Chili) et même en Afrique avec l’île Maurice.

_ Les NPI sont des Etats dont l’industrialisation rapide repose sur le développement des exportations avec l’aide active de l’Etat. Ils sont également bien intégrés dans les flux de marchandises de services et de touristes. Ces pays ont un IDH  supérieur à 0,7. 

 

            3. Les Etats-continents émergents

 

                        a. Caractères généraux des Etats-continents

           

            Qui sont les Etats-Continents émergents ?

 

_ Les Etats-Continents émergents sont des Etats à fort développement industriel et technologique. Le Brésil pourrait être classé dans cette catégorie. Mais cette catégorie concerne principalement la Chine et l’Inde.

_ Les deux pays disposent de dimension continentale, d’un poids démographique impressionnant (40 % de la population mondiale ;  1.3 et 1.1 milliard d’habitants) mais dont la population est majoritairement rurale. Ce sont deux puissances nucléaires. Ces deux « géants » du Sud ont ouvert leur économie et connaissent une rapide croissance économique. Ils jouent un rôle croissant dans les échanges mondiaux. Cependant de sérieuses fragilités persistent.

 

                        b. La République populaire de Chine

 

                        Quelle est la situation de la Chine ?

 

_ La République Populaire de Chine est le premier pays industriel du Sud avec des provinces littorales connaissant une forte croissance. Les taux de croissance économique sont impressionnants depuis 10 ans (environ 10 % par an en moyenne…), un Revenu National Brut multiplié par 4 en 20 ans.

_ La Chine tire profit de la mondialisation. Elle fut dans un premier temps un  pays atelier fabriquant des produits de grandes consommations (50% des TV et 25% des machines à laver dans le monde, jouet, habillement, chaussures).  Elle est devenue le premier producteur de nombreux produits et le 5ème exportateur mondial. Elle réalise aujourd’hui un véritable saut technologique avec l’industrie des semi-conducteurs (puces électroniques) dont elle devrait devenir le premier fabricant à l’horizon 2008 (devant les Etats-Unis d’Amérique, l’Europe étant déjà dépassée).

 

                        c. L’Union Indienne

 

                        Quelle est la situation de l’Inde ?

 

_ L’Union Indienne dispose d’une industrie diversifiée avec des secteurs de pointe et une ouverture aux capitaux étrangers. Elle est intégrée à l’économie mondiale par l’attraction des délocalisations, et a une forte capacité d’exportation dans le secteur des technologies de l’information et des services informatiques (dans la région de Bangalore par exemple).


 IV. En quoi les politiques de développement choisies expliquent-elles les contrastes au sein des Suds ?

 

Tableau 3 page 247 : Le faible développement des Suds

 

Introduction : Les politiques de développement sont inégalement efficaces. Les évolutions différentes des pays du Sud peuvent s’expliquer par l’échec ou la réussite des politiques de développement qu’ils ont suivies. Jusque dans les années 1980,  on peut distinguer plusieurs « voies de développement ».

Problématique : Un ou des modèles ? Comment les formes de développement différencient-elles les Suds ?

            A. Quelles sont les voies de développement ?

 

Différents modèles idéologiques ont fourni des voies de développement pour les pays du Sud.

 

_ On peut distinguer les politiques selon l’idéologie politique et économique dominante.

*  Développement socialiste de type collectiviste (Chine jusqu’en 1978, Vietnam jusque dans les années 90).

* Développement capitaliste (Mexique, Côte d’Ivoire).

* Développement mixte ou intermédiaire (Inde).

           

 _ La voie autocentrée de type socialiste s’inspirait du système existant en URSS : Cela consiste à privilégier le développement le plus souvent à partir des ressources nationales, des industries de base ou « industries lourdes » ( sidérurgie, chimie) qui doivent produire un effet d’entraînement sur les industries d’aval. Le développement d’industries lourdes qui devaient entraîner le reste de l’économie (« industries industrialisantes »). On trouve des  exemples avec la Chine avant 1978, l’Algérie.

_ Ce modèle est un échec. En Algérie les effets de la politique des industries industrialisantes sont décevants. La grande industrie s’est développée mais pas l’agriculture et l’industrie de consommation : les produits agricoles et de consommation représentent 80 % des importations. Le chômage des moins de 30 ans est de 75 %.

 

_ La voie autocentrée de type libéral reposant sur les industries de substitution aux importations et sur l’exportation de produits bruts : on parle d’ « économie de rente » : produits agricoles comme le café, le cacao, les bananes et le bois en Côte d’Ivoire ou produits énergétiques comme le pétrole au Moyen-Orient ou miniers comme le cuivre au Congo.

_ Les réussites sont contrastées : on a parlé au début de « miracle ivoirien » mais ces modèles ont mal résisté à la mondialisation avec la chute des cours des produits primaires (sauf le pétrole) et la concurrence. La côte d’Ivoire après avoir connu un développement rapide « miracle ivoirien » connaît depuis quelques années une baisse de son IDH à cause de l’instabilité des cours (au plus bas pour le café depuis 1965) et de la guerre civile.

 

 

 

 

_ L’économie extravertie reposant sur la promotion des exportations de produits industriels à bas prix  puis sur la remontée de filières et la diversification des activités. Ce modèle est celui des NPI et a produit les plus grandes réussites, mais les économies sont très dépendantes de la conjoncture internationale  (par exemple, lors du retrait des capitaux étrangers en cas de crise ou pour profiter d’avantages comparatifs).

 

            B. Quels sont les moyens et conditions favorables au développement ?

 

Les moyens utilisés pour le développement différent :

 

_ Le développement agricole. Il est nécessaire au développement car il permet de satisfaire les besoins alimentaires des populations. Il permet également de créer une classe moyenne qui peut investir dans la petite et moyenne entreprise. C’est la réussite de Révolution verte en Inde.

 

_ Industrialisation par substitution des importations : Exemples : Brésil, NPI d’Asie orientale dans la première phase de leur processus de développement : « vol des oies sauvages ». Il s’agit de privilégier la production nationale de biens de consommation (textile, automobile, électroménager) pour limiter les importations.

 

 

Quelles sont les conditions favorables au développement ?

 

_ De façon générale, on peut dire avec Sylvie Brunet « qu’il n’existe pas de modèle de développement », mais il existe des conditions favorables au développement :

* le rôle des échanges et de l’ouverture est fondamental.

* le rôle de l’Etat est fondamental (stabilité des institutions, existence d’un Etat de droit, stratégie favorable au développement : système éducatif de qualité, redistribution des richesses, protection temporaire de l’agriculture et de l’industrie contre la concurrence étrangère).

 

 

Quelles époques ont été favorables et défavorables au développement ?

 

 _ Les années 1960 – 1980 ont été plutôt favorables au développement (cours élevé des matières premières), mais beaucoup d’Etats se sont endettés au cours de cette période pour financer les investissements nécessaires au développement. Mais, depuis les années 80, la situation est moins favorable : baisse des cours, poids de la dette, politiques d’ajustement structurel imposées par le FMI pour assainir l’économie au coût social très lourd (voir la crise argentine en 1999), aggravation des inégalités entre pays du Sud et au sein de chaque pays.

 

FMI (Fonds monétaire international) (p. 272) : créé à la Conférence de Bretton Woods, en 1945, pour aider les pays à éviter les désordres monétaires. Devenu favorable aux mécanismes du marché, il conditionne maintenant souvent son intervention à des choix de type libéral par les Etats qui lui demandent son aide. 

 

 

Tle Fiche d’objectifs géographie n°7

 

Unité et diversité des Suds

 

    SAVOIR   

I. Quelle est l’histoire de la formation et de la désignation du Sud ?

                A. Le terme « Tiers Monde »

                B. Le terme « Pays en Développement »

                C. Le terme « Sud »

II. Quels sont les problèmes de développement rencontrés par les pays du Sud ?  

                A. Les besoins essentiels sont-ils satisfaits ? 

                               1. Quelle est la situation générale ?

                               2. L'alimentation

                               3. L'accès à l'eau potable

                B. En quoi les pays du Sud sont-ils confrontés  à une inégalité devant la vie et la mort ?

                               1. Le taux de fécondité

                               2. L’espérance de vie  

                               3. La mortalité infantile :

                C. Quelles sont les inégalités  sociales et culturelles ?

                               1. L'inégal accès à la culture.

                               2. Le problème du logement est lié à l'explosion urbaine

                               3. Comment mesurer l'inégalité de développement ?

III. Quels sont les contrastes de développement des « Suds » ?

                A. Pourquoi les PMA sont-ils en situation difficile ?

                               1) Quelles sont les différences générales au sein des pays du Sud ?

                               2) En quoi et pourquoi les PMA sont-ils en difficultés?

                B. Quelle est la situation économique des pays intermédiaires ?

                C. Quels pays réunissent les conditions de la croissance et du développement ?

                               1. Les pays pétroliers

                               2. Les pays émergents et les NPI

                               3. Les Etats-continents émergents

                                               a. Caractères généraux des Etats-continents

                                               b. La République populaire de Chine

                                               c. L’Union Indienne

 IV. En quoi les politiques de développement choisies expliquent-elles les contrastes au sein des Suds ?

                A. Quelles sont les voies de développement ?

                B. Quels sont les moyens et conditions favorables au développement ?

 

2/ JE SAIS DEFINIR :

Non-alignés : mouvement initié par 25 Etats du Tiers-monde à Belgrade en 1961, et qui débouche sur la formation d’un ensemble ralliant un nombre croissant de pays (77 en 1964 fondent la CNUCED). L’expression désigne la volonté de ces pays de ne se rallier ni au bloc de l’Ouest, piloté par les Etats-Unis, ni au bloc de l’Est, piloté par l’URSS. En fait, nombre de ces pays ont évolué dans la mouvance soviétique.

CNUCED [Conférence des nations unies pour le commerce et le développement] : institution du système des Nations unies, créée en 1964, qui vise à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor.

Malnutrition : carences qualitatives : manque de vitamines, de protéines animales entraînant des maladies et une mortalité infantile.

Sous- alimentation : carence quantitative : moins de 2000 calories par jour.

Sécurité alimentaire : possibilité, pour l’ensemble d’une population, d’avoir accès, à tout moment, à une nourriture suffisante et satisfaisant tous les besoins physiologiques. La sécurité alimentaire peut-être assurée par la production agricole intérieure mais aussi par des importations, dont il faut alors assurer le financement.

Taux d’analphabétisme : dans une population, pourcentage de personnes qui n’ont pas appris à lire et à écrire. 

Favela : initialement ensemble de maisons légères construites illégalement à Rio par des migrants du Nord-Est ; par extension terme brésilien équivalent à bidonvilles.

Transition urbaine : Processus par lequel comme dans les pays développés, la majorité de la population devient urbaine.

PIB : Produit intérieur brut : total des richesses produites sur le territoire national. Dans les pays du Sud, il ignore ce qui a été consommé dans le cadre familial et les biens produits et échangés par des entreprises non déclarées. Il sous-estime donc la production de richesse dans les pays du Sud.

 I. D. H.  [Indicateur ou Indice de développement humain] : synthétise trois données : le PIB réel par habitant, l’espérance de vie, et le niveau de d’éducation (évalué par le taux d’alphabétisation des adultes et le nombre moyen d’années d’études). Chaque élément est noté entre 0 et 1 ; l’IDH constitue la moyenne des trois.

I.P.H. [Indicateur ou Indice de pauvreté humaine] : pour les pays du Sud, l’IPH mesure les déficits élémentaires : faible longévité (risque de décéder avant 40 ans), manque d’éducation de base (pourcentage d’analphabètes), non-accès aux ressources de santé et à l’eau potable, nombre d’enfants de moins de cinq ans victimes de malnutrition. Un indice spécifique (IPH 2) est calculé pour les pays du Nord.

FMI (Fonds monétaire international) : créé à la Conférence de Bretton Woods, en 1945, pour aider les pays à éviter les désordres monétaires. Devenu favorable aux mécanismes du marché, il conditionne maintenant souvent son intervention à des choix de type libéral par les Etats qui lui demandent son aide. 

 

3/ JE SAIS LOCALISER DANS L’ESPACE :

* les Suds :               - les PMA                – Les NPIA             - Pays ateliers          - Etats-Continents   -pays pétroliers * les « géants du Sud » :  - Mexique                - Brésil     - Inde       - Chine

SAVOIR FAIRE

4/ JE SAIS ANALYSER UNE CARTE

5/ JE SAIS REPONDRE A DES QUESTIONS SUR UN TEXTE

6/ JE SAIS ANALYSER UN TABLEAU

7/ JE SAIS ETUDIER UNE PHOTOGRAPHIE

 

 

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Cours TL L/ES Géographie : Unité et diversité des Suds(2)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

C. Quelles sont les inégalités  sociales et culturelles ?

 

            1. L'inégal accès à la culture.

 

Texte 2 page 247 : L’éducation de filles, un défi pour le Sud.

 

_ Les femmes sont exclues de l'instruction. En effet sur les 880 millions d’analphabètes dans le monde, 2/3 sont de femmes. Au Niger en 2003 moins de 10% des femmes savent lire et écrire contre 20% des hommes.

 

Quels contrastes existent entre Nord et Sud en matière d’analphabétisme ?

La carte montre la contraste entre le Nord et le Sud au niveau de l’alphabétisation.

 

_ Les pays du Nord sont alphabétisés à plus de 95%. Dans les pays du Sud 115 millions d’enfants ne vont pas à l’école primaire et le travail des enfants persiste. Cela entrave le développement  à venir.

 

Où le taux d’analphabétisme est-il plus élevé ?

_ Le taux d’analphabétisme (p. 360) est très fort en Asie du Sud, au Moyen-Orient et surtout en Afrique subsaharienne où moins d'un adulte sur deux sait lire et écrire.        

 

Taux d’analphabétisme (p. 360) : dans une population, pourcentage de personnes qui n’ont pas appris à lire et à écrire.  

 

En quoi la situation de l’Afrique est-elle préoccupante ? Quelles en sont les causes ?

_ En Afrique le taux d’adultes alphabétisés est particulièrement bas (inférieur à 50% pour au moins 17 pays).

_ Cette situation s’explique car En Afrique 175 nouveau-nés sur mille n’atteignent pas l’âge de 5 ans. Seulement 57% des survivants sont scolarisés, et, parmi ces derniers 27% terminent le cycle élémentaire d’études. Dans l’Etat du Centrafrique, entre 1989 et 2003, cinq années scolaires ont été invalidées en raison de mutineries et de rebellions, mais aussi parce que l’Etat n’arrive plus à faire face à ses obligations. 

 

             2. Le problème du logement est lié à l'explosion urbaine

 

Comparaison photographies 4 page 255 : La pauvreté du Nord-Est et 11 p. 257 : Copropriété fermée à Curitiba.

Schéma 4 page 268 : Sao Paulo, contrastes de richesse

 

Où se localise Sao Paulo ? La situation de Sao Paulo est-elle identique pour les pays du Nord ? Les autres pays du Sud ?

Sao Paulo est une agglomération du Brésil. L’état de l’urbanisation dans ce pays est différent de ce que l’on trouve dans les pays du Nord mais aussi dans les pays du Sud.

 

_ La croissance urbaine est terminée dans les pays du Nord. Ce sont des pays très urbanisés avec 75 à 80 % de citadins. Mais la croissance urbaine reste forte dans les pays du Sud, avec néanmoins des différences entre pays.

* La croissance se ralentit dans les pays les plus développés d'Amérique Latine (Mexique, Brésil, Argentine, Chili), dont les taux d'urbanisation ont presque rejoint ceux des pays du Nord.

* elle est forte en Asie et surtout en Afrique subsaharienne, où on peut parler d'une véritable « explosion urbaine ».

 

Quels problèmes peuvent rencontrer les habitants de Sao Paulo et des villes des PED?

Dans Sao Paulo comme dans d’autres agglomérations du Sud, se posent plusieurs problèmes : 

 

_ Les agglomérations des pays en développement rencontrent des problèmes

* de logement à cause de la forte croissance de sa population. Aussi se développe un habitat « informel » (sur les deux milliards de citadins vivant aujourd'hui dans les pays du Sud, un milliard vivent dans des bidonvilles).

* des problèmes d'équipements et d'infrastructures (routes, transports en commun, approvisionnement en eau et en électricité,…)

* des problèmes d'insalubrité et de pollution.

 

L’opposition entre les quartiers de Sao Paulo est-elle forte ? 

_ De forts contrastes urbains existent dans les agglomérations des PED, entre les quartiers modernes et riches et les quartiers pauvres. Cela pose des problèmes d'emploi et de violence.

 

Décrire le quartier moderne de São Paulo.

_ São Paulo est une immense agglomération (la troisième au monde) avec 18 millions d’habitants. Elle est aussi la principale métropole économique du Brésil.

_ São Paulo est caractérisée par un urbanisme débridé. Elle est en 2003, la 7e ville du monde dans le classement des buildings avec 2 578 gratte-ciel. On y trouve notamment une réplique de l’Empire State Building de New York, « Torre do Banespa » datant de 1947.

 

Comment caractériser le bidonville de São Paulo ? A quoi peut-on le comparer ?

_ São Paulo abrite une favela, c’est-à-dire des bidonvilles brésiliens. Il s'agit de quartiers situés sur des terrains occupés illégalement, le plus souvent insalubres (marécages, pentes raides des collines), et dont les habitations sont construites avec des matériaux de récupération. Les plus connues et les plus étendues se trouvent dans la ville de Rio de Janeiro, qui en compte près de 800 et rassemble 10% de la population urbaine.

_ Les difficultés des favelas sont nombreuses : manque d'infrastructures (égouts par exemple), misère, violence : les gangs de la drogue se font la guerre dans les rues, trafics illégaux de drogue, de fusils d'assaut AK 47...

_ A Rio, les habitants opposent les favelas à l' « asphalte », qui désigne les quartiers aisés ou de classes moyennes. Cependant une majorité de carioca habitant dans les favelas sont des gens « ordinaires » qui n'ont aucune connivence avec les mafias. Beaucoup d'entre eux ont un travail, comme femme de ménage, chauffeur de bus, de taxi, chauffeur pour les transports touristiques... Ce sont des personnes pauvres, et pas uniquement des mafieux, dont les chefs dirigeants habitent pour leur part dans « l'asphalte »...

Favela (p. 335) : initialement ensemble de maisons légères construites illégalement à Rio par des migrants du Nord-Est ; par extension terme brésilien équivalent à bidonvilles.

 

(   

_ L’Afrique ne vit plus dans des cases en paille mais, de plus en plus, dans des cabanes de bidonvilles, des habitations construites avec des matériaux de récupérations (tôles, bidons) et dénuées le plus souvent du raccordement au tout-à-l’égout, à l’eau courante et à l’électricité…

 

Qu’est-ce qui peut expliquer les bidonvilles en Afrique ?

_ Les continents africain et asiatique sont encore ruraux, très agricoles. Ce retard dans l'urbanisation a entraîné un phénomène de « rattrapage ». Cet exode rural est massif car les campagnes sont souvent misérables. Cela croissance anarchique des villes, mal contrôlée par les autorités.

 

_ En 1900 l’Afrique était le continent le moins urbanisé : 3% seulement de la, population pour l’ensemble des pays en développement. Cependant, entre 1950 et 2000, sa croissance urbaine a été de 4,4% - un record mondial, l’Amérique latine ne suivant qu’avec 3,5% et l’Asie avec 3,4% - aboutissant à multiplier par onze le nombre de ses citadins. Ceux-ci, en 2003, sont devenus majoritaires avec 55% de la population, achevant ainsi le rattrapage urbain de l’Afrique par rapport au reste du monde. La transition urbaine est donc, le processus par lequel comme dans les pays développés, la majorité de la population devient urbaine.

 

Transition urbaine : Processus par lequel comme dans les pays développés, la majorité de la population devient urbaine.       )

  

            3. Comment mesurer l'inégalité de développement ?

 

Carte 2 page 245 : Un bien-être encore mal partagé

 

_ Le  PIB/hab évalue la richesse seulement. Aussi deux autres critères ont été créés pour mesurer le développement : l’IDH et l’IPH (indicateur de la pauvreté humaine). L’IPH  évalue le niveau relatif de la pauvreté humaine en % de la population totale.

_ L’IPH indique le nombre d’individus souffrant des manques élémentaires, il est supérieur à 30 % dans 46 pays.

 

PIB (p. 336) : Produit intérieur brut : total des richesses produites sur le territoire national. Dans les pays du Sud, il ignore ce qui a été consommé dans le cadre familial et les biens produits et échangés par des entreprises non déclarées. Il sous-estime donc la production de richesse dans les pays du Sud.

 

 I. D. H. (p. 246) [Indicateur ou Indice de développement humain] : synthétise trois données : le PIB réel par habitant, l’espérance de vie, et le niveau de d’éducation (évalué par le taux d’alphabétisation des adultes et le nombre moyen d’années d’études). Chaque élément est noté entre 0 et 1 ; l’IDH constitue la moyenne des trois.

 

I.P.H. (p. 246) [Indicateur ou Indice de pauvreté humaine] : pour les pays du Sud, l’IPH mesure les déficits élémentaires : faible longévité (risque de décéder avant 40 ans), manque d’éducation de base (pourcentage d’analphabètes), non-accès aux ressources de santé et à l’eau potable, nombre d’enfants de moins de cinq ans victimes de malnutrition. Un indice spécifique (IPH 2) est calculé pour les pays du Nord.

 

Carte 2 page 245 : Un bien-être encore mal partagé

 

La situation est-elle identique entre pays du Nord et du Sud ? Entre pays du Nord ? Entre pays du Sud ?

 

La carte fait ressortir une inégalité entre les pays du Nord plus développés et les pays du Sud moins développés. La carte montre également de grands écarts entre les situations des différents pays du Sud.

 

_ Les écarts de richesse sont importants entre Nord (80% du PIB mondial) et Sud : Le PIB de l’Autriche équivaut au PIB cumulé des 49 PMA. Les contrastes sont forts entre pays du Sud mais aussi entre pays du Sud, mais aussi pays du Nord. 

* Dans les pays industrialisés du Nord : la pauvreté existe et touche un nombre inégal de personnes selon le système de protection sociale (% plus élevé aux Etats-Unis et au Royaume-Uni qu’en Europe de l’Ouest et au Japon ; les pays scandinaves ont un IPH très bas). Les espaces de pauvreté dans les pays du Nord sont qualifiés de Quart Monde.

* Dans les pays en développement : la pauvreté de masse existe toujours : plus d’1,2 milliard de personnes, soit 1 homme sur 5, vit avec moins de 1 dollar par jour, liée notamment au sous-emploi ; l’Amérique du Sud et l’Asie orientale ont une situation plus favorable que l’Asie du Sud et surtout que l’Afrique.

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Cours TL L/ES Géographie : Unité et diversité des Suds (1)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

Des mondes en quête de développement

 

Introduction :

Qu'est-ce que le développement ?

 

_ Le développement consiste en :

 * L’accroissement des richesses associé à l’amélioration des conditions de vie d’une population.

* C’est la  « Capacité d"une société à satisfaire les besoins essentiels de sa population et à permettre à cette population d'acquérir un mieux être nécessaire à son épanouissement ». (Sylvie Brunel)

 

            Le développement n'est donc pas seulement un aspect purement économique. Il va au-delà de la croissance économique.

            Le développement est le plus souvent mesuré à l’échelle mondiale, pour comparer des Etats, mais il doit aussi se mesurer à l ‘échelle nationale, régionale ou locale, car, au sein d’un même territoire, les niveaux de développement peuvent être très différents.

 

Le sud est-il homogène ? Existe-t-il des caractéristiques communes aux Sud ? Comment sortir du sous développement ? Existe-il un ou des modèles de développement ? Quelles sont les idées reçues sur lesquelles il faut revenir au sujet de la question du développement

 

 Seuil de pauvreté (monétaire) : seuil de revenu fixé à 1 dollar par jour en parité de pouvoir d’achat à l’échelle du monde ; pour les pays du Nord, il est calculé sur la base de 2 dollars par jour. Il existe également des seuils nationaux.

 

Productivité (p. 248) : Mesure l’efficacité du travail et s’exprime par la quantité de biens produits par heure de travail.

 

FMI (Fonds monétaire international) (p. 248) : créé à la Conférence de Bretton Woods, en 1945, pour aider les pays à éviter les désordres monétaires. Devenu favorable aux mécanismes du marché, il conditionne maintenant souvent son intervention à des choix de type libéral par les Etats qui lui demandent son aide. 

Chapitre I : Unité et diversité des Suds

 

Introduction : A la conférence de Bandung en avril 1955 29 Etats se réunissent. Ils représentent plus de la moitié de la population mondiale mais seulement 8% de sa richesse. C’est la première fois que retentit la voix du Tiers monde. Elle proclame la souveraineté et l’égalité entre toutes les nations, le refus de l’intervention des grandes puissances dans les affaires intérieures des Etats. Elle proclame « approuver entièrement les principes fondamentaux des droits de l’homme, tels qu’ils sont définis dans la charte de l’ONU, et appuyer entièrement le principe du droit de peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes. » 

            Cette volonté d’unité au niveau politique du Tiers monde a laissé place à des pays du Sud différents entre eux du fait de leur développement. 

Problématique : Quels sont les facteurs du développement qui explique les différences entre pays du Sud ? Quelles sont ses diversités au sein des Suds ? A une autre échelle, en quoi les contrastes du Brésil permettent-ils de comprendre les problèmes de développement ? 

 

I. Quelle est l’histoire de la formation et de la désignation du Sud ?

 

            A. Le terme « Tiers Monde »

 

_ Le terme de Tiers-Monde a été diffusé dans les années 1950.

_ En 1952, dans un article intitulé « Trois Mondes, une planète », le démographe Alfred Sauvy a employé l’expression « Tiers Monde » pour désigner les pays pauvres, récemment décolonisés ou sur le point de l’être.  Dans le contexte de Guerre Froide cet ensemble se différencie des deux blocs américains et soviétiques qui cherchaient à imposer leurs modèles dans le monde.

_ En avril 1955, à la conférence de Bandung en Indonésie, 29 Etats d’Afrique, d’Asie et du monde arabe font entendre pour la première fois la voix du Tiers Monde.

_ En 1961, à la conférence de Belgrade, ces pays s’affirment comme « non-alignés » face aux Etats-Unis et à l’URSS. En fait, nombre de ces pays ont rejoint un des deux camps. 

 

Non-alignés : mouvement initié par 25 Etats du Tiers-monde à Belgrade en 1961, et qui débouche sur la formation d’un ensemble ralliant un nombre croissant de pays (77 en 1964 fondent la CNUCED). L’expression désigne la volonté de ces pays de ne se rallier ni au bloc de l’Ouest, piloté par les Etats-Unis, ni au bloc de l’Est, piloté par l’URSS. En fait, nombre de ces pays ont évolué dans la mouvance soviétique.

 

            B. Le terme « Pays en Développement »

 

_ En 1964, 77 pays non alignés fondent à l’ONU la CNUCED, conférence des Nations unies pour le commerce et le développement.

_ A partir des années 1970 on désigne ces pays sous le nom de «pays en développement » (PED). L’expression est en effet moins péjorative que celle utilisée auparavant : « pays sous développés ».  

 

CNUCED (p. 334) [Conférence des nations unies pour le commerce et le développement] : institution du système des Nations unies, créée en 1964, qui vise à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor.

 

            C. Le terme « Sud »

 

 _ À partir des années 1980, la disparition des pays communistes, les dissensions politiques, les écarts croissants dans les niveaux de développement de ces pays conduisent à utiliser un autre terme.

_ Le terme de « Sud », opposé au « Nord », cherche à rendre compte de la différentiation entre pays riches et développés et pays pauvres et en développement (PED). La référence aux points cardinaux est évidemment à relativiser. L’usage fréquent du pluriel (les Nords, les Suds) souligne la diversité des situations.

 

 

II. Quels sont les problèmes de développement rencontrés par les pays du Sud ? 

 

Tableau 3 page 247 : Le faible développement des Suds

 

            A. Les besoins essentiels sont-ils satisfaits ? 

 

                        1. Quelle est la situation générale ?

 

_ Les besoins essentiels ne sont pas toujours assurés pour les pays du Sud. Même si la situation tend à s'améliorer (les famines ont quasiment disparu, les vaccinations font reculer ou disparaître certaines maladies comme la polio, l'espérance de vie augmente), les conditions de vie des populations vivant dans les pays du Sud restent globalement moins bonnes que dans les pays du Nord.

 

                        2. L'alimentation

 

troisième rubrique du tableau

_ 800 millions de personnes souffrent de malnutrition (carences qualitatives : manque de vitamines, de protéines animales entraînant des maladies et une mortalité infantile) ou de sous- alimentation (carence quantitative : moins de 2000 calories par jour).  

_ 5 millions de personnes meurent encore de faim chaque année (soit 1 toutes les 5 secondes) (surtout en Afrique Noire, mais aussi dans certains pays d'Asie). La sécurité alimentaire n’est pas assurée partout. La sous-nutrition a même augmenté dans 25 pays. 

 

Sécurité alimentaire : possibilité, pour l’ensemble d’une population, d’avoir accès, à tout moment, à une nourriture suffisante et satisfaisant tous les besoins physiologiques. La sécurité alimentaire peut-être assurée par la production agricole intérieure mais aussi par des importations, dont il faut alors assurer le financement.

 

                        2. L'accès à l'eau potable

 

6e rubrique du tableau

_ Un homme sur deux ne dispose pas d'eau salubre en quantité suffisante. Cela pose les problèmes d'accès à l'eau (corvée d'eau) et des problèmes de santé liés à la mauvaise qualité de l'eau (parasitoses, paludisme, qui tue encore des millions de personnes chaque année).

 _ 1/3 des décès et 80% des maladies du Sud sont provoqués par des maladies liées à l’eau (choléra, paludisme, bilharziose) causées par des vers, des parasites, un mélange des eaux de boisson avec les excréments. 2,5 millions de morts par an sont causées par les eaux insalubres. 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.

 

            B. En quoi les pays du Sud sont-ils confrontés  à une inégalité devant la vie et la mort ?

 

                        1. Le taux de fécondité

 

Carte 1 page 247 : La mortalité des enfants de moins de 5 ans.

 

_ La moyenne mondiale pour le nombre d’enfant par femme est de 2,8. Mais il est de 3 à 4 pour les pays du Sud. De grandes différences existent au-delà de ces moyennes.

* Le taux de fécondité est très bas dans les pays développés, mais aussi en Chine. Il baisse dans la plupart des pays du monde.

* Il reste très élevé dans la plupart des pays du Moyen-Orient et surtout en Afrique subsaharienne à cause des mentalités traditionnelles, du refus ou du manque d'accès à la contraception, et également du fait de la place de la femme).

_ La natalité est importante dans les pays du Sud (25 pour mille en moyenne) à cause d’un grand nombre de couples en âge de procréer. En conséquence la transition démographique n'est pas achevée et la croissance démographique demeure donc rapide (la moitié de la population a moins de 20 ans dans certains pays), ce qui pose problèmes aux Etats pour assurer l’éducation et un emploi aux enfants et aux jeunes adultes.

 

_ La population des pays du Sud s’accroît : Les pays du Sud abritaient 1,6 milliard d’habitants en 1950 (67% de la population mondiale). En 2003 ils ont dépassé les 5 milliards d’habitants (85% de la population mondiale). Les prévisions estiment ce nombre à 7 milliards entre 2025 et 2030.

_ La pression démographique a conduit des Etats a adopté une politique de contrôle des naissances. Précoce en Chine cette politique a été adopté tardivement et est limitée comme en Afrique subsaharienne où la population a été multipliée par 10 depuis le début de la transition démographique.

 

                        2. L’espérance de vie

 

Carte 3 page 245 : La fracture sanitaire   

Graphiques en barre 4 page 247 : La hausse de la mortalité des enfants de moins de 5 ans due au Sida 

_ L'espérance de vie n’est pas la même dans les pays du Nord et du Sud.  Le contraste est important entre la situation du Sierra Léone (PMA d’Afrique) où elle est de 41 ans, contre  80 ans au Japon.

_ Cependant, la situation évolue. La mortalité a atteint des niveaux faibles en général (8 pour mille en moyenne) qui sont plus bas que ceux des pays riches (10 pour mille en moyenne) du fait de la jeunesse de la population : 33% des habitants du Sud ont moins de 15 ans contre 18% dans les pays développés. L’âge moyen est de 25 ans au Sud et approche 40 ans au Nord.

_ Mais les inégalités sanitaires remettent en cause cette  évolution. Le manque d’encadrement médical et en dépenses de santé a des conséquences tragiques. La tuberculose cause 2 millions de morts par an, le paludisme 1 million. Mais surtout le sida, dont 92% des victimes habitent un PED. 34 pays ont ainsi une espérance de vie plus faible en 2000 qu’en 1990.  En Afrique, depuis le milieu des années 1990, l’espérance de vie recule : de 43 ns en 1965 et de 52 ans en 1992 elle n’était plus que de 47 ans en 2003, contre 64 pour l’ensemble des PVD.

_ Cette situation traduit l'inégalité devant la médecine (1 médecin pour 400 en Europe, contre 1 pour 20 000 dans certains pays d'Afrique), la persistance de certaines maladies (lèpre, choléra) et l'insuffisance de médicaments et de traitements (le SIDA a déjà tué 25 millions d'Africains, 40 millions sont séropositifs). Cela prive certains pays d'une part de leur force de travail et hypothèque l'avenir).

 

                        3. La mortalité infantile :

 

Tableau 3 page 247 : Le faible développement des Suds : 5e rubrique

_ La mortalité infantile est trois fois moins forte dans les pays industrialisés : moins de 10‰ en Occident contre 165‰ au Mali.

_ En Afrique la mortalité maternelle est très élevée avec 1 000 décès pour 100 000 accouchements, contre 12 dans les pays développés.

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Cours Terminale L/ES Histoire : La France dans le monde

13 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

La France dans le monde

 

Document d’accroche : carte murale ou/et carte pages 350-351 : la présence de la France dans le monde.

 

Introduction : La France en 1945 est une métropole dévastée par la guerre mais dominant un Empire présent sur tous les continents (Afrique ; Asie : Indochine ; Océanie avec la Nouvelle Calédonie, la Polynésie française ; Amérique avec la Guyane, les Antilles, Saint Pierre et Miquelon…).

            En 2011 la France est une puissance économique majeure (dans le groupe des G8) mais son Empire a disparu.

            Quels sont les rôles et les types d’influence de la France dans le monde ?

 

I. Quelle est la politique étrangère de la France depuis 1945 ?

 

            A. De la décolonisation au lien de la francophonie

 

                        1) Assimilation réussie des départements d’Outre mer mais échecs coloniaux (1944 – 1954)

 

Texte 1 page 197 : la conférence de Brazzaville (6 février 1944)

Question 2 page 197 : Quelle revendication est totalement rejetée par la conférence ? Comment cela est-il justifié ?

L’indépendance, à cause de l’œuvre civilisatrice de la France.

 

Question 3 page 197 : Quelles évolutions sont néanmoins envisagées ? Pourquoi ? Selon quels principes ?

Les évolutions envisagées sont une plus « grande liberté administrative et économique », dans le cadre d’une Assemblée. La raison de ces évolutions est la reconnaissance du rôle important joué par les colonies auprès de la France dans la Seconde Guerre mondiale. 

 

_ L’Empire colonial Français a connu son apogée en 1930. Mais, la défaite militaire de la France en juin 1940 a laissée une métropole affaiblie. En 1945 la France reste une grande puissance à cause de sa puissance coloniale. Elle ne veut pas laisser ses colonies, alors que les idéaux de liberté se sont développés ainsi que des mouvements indépendantistes dans ces colonies.

 _ Les colonies subissent la centralisation et voient leurs cultures locales complètement étouffées. De plus elles ont un rôle économique très réduit.

_ La conférence de Brazzaville le 6 février 1944 reflète la prise de conscience de la métropole d’accorder une plus grande liberté aux colonies. Cependant la conférence de Brazzaville s’explique par la faiblesse de la métropole à cette date, mais aussi par son rôle de monnaie d’échange contre la participation des colonisés à la guerre. Néanmoins, aucune autonomie véritable n’est accordée.

 

Question 4 page 197 : Quelles ont été les conséquences de la politique coloniale de la France fixée à Brazzaville ?

L’Union Française, c’est-à-dire un projet associant la métropole et les colonies après guerre.

 

_ En 1946 l’Union française est créée. C’est une amorce de fédéralisme. Une assemblée est formée composée à moitié d’autochtone et à moitié de français. Mais cette assemblée n’est que consultative.

_ Les « vieilles » colonies deviennent des départements : Guyane, Réunion, Martinique et Guadeloupe en 1946 (DOM TOM). C’est la preuve d’une réussite de l’assimilation.

 

Union française (p. 352) : créée par la Constitution de 1946, elle regroupe la république française et ses possessions extra métropolitaines, d’un part, les Etats et territoires associés, d’autre part.

 

_ L’Union française est un échec. La rupture avec les colonies s’est opérée très tôt avec des tensions qui éclatent aussitôt après la guerre : en Algérie à Sétif le 8 mai 1945, en 1946 en Indochine la baie d’Haïphong est bombardée, en 1947 la révolte de Madagascar est écrasée avec violence.

 

                        2) Les crises coloniales et leurs résolutions (1954 – 1962)

 

Texte 3 page 359 : la France de l’égalité des droits

Question 3 page 359 : Pourquoi de Gaulle insiste-t-il sur les « dix millions de Français d’Algérie » ? Quelle est sa vision de l’Algérie en France ?

Les « pieds noirs » sont les français installés en Algérie depuis plusieurs générations. Ils constituent une force politique importante et refusent l’indépendance (avec l’OAS par exemple) de l’Algérie. Pour le général de Gaulle les élections doivent décider de l’avenir de l’Algérie.

 

_ L’opinion et les dirigeants de la IV République ne veulent pas procéder à la décolonisation : à cause de la faiblesse de l’exécutif et de l’aveuglement des dirigeants. A cause aussi de l’obstination des colons à ne pas faire évoluer la situation dans les colonies. Le pays n’est pas préparé à la vague décolonisatrice.

_ En Algérie les « pieds noirs » refusent l’indépendance de l’Algérie. Ils s’opposent à toutes négociations par le biais de l’OAS.

Pieds noirs (p. 352) : nom donné, dans l’Algérie d’avant 1962, aux habitants d’origine européenne nés en Algérie.

OAS (p. 352) : organisation armée secrète, mouvement clandestin et terroriste créé en février 1961 en Algérie et regroupant des Français d’Algérie et des militaires déserteurs. Il tente d’empêcher k’indépendance de l’Algérie et les négociations entre le gouvernement français et le FLN, en organisant des attentats en France et en Algérie.

 

_ La situation évolue à cause de la succession des difficultés : défaites militaires (défaite de Dien Bien Phu), coût global (financier, humain, moral) de la guerre d’Algérie.

_ L’Union française disparaît avec la IV République. Le général de Gaulle procède à la décolonisation. En Afrique en 1960, l’Algérie en 1962.

_ Les dernières indépendances sont celles des Comores en 1976, de Djibouti en 1977. Cependant des contestations existent en Nouvelle Calédonie, des mouvements indépendantistes en Martinique et Guadeloupe de nos jours.

                       

3) Une influence encore présente dans les Suds (1962 à nos jours) 

 

Texte 5 page 361 : les liens entre la France et l’Algérie

Question 4 page 361 : Quelle attitude a jacques Chirac vis-à-vis du passé algérien de la France ? Quelles considérations historiques et de politique intérieure et extérieures l’y poussent ?

 

_ Après la décolonisation la France tente de conserver des relations avec ses anciennes colonies. De Gaulle favorise la coopération avec les pays du Sud par des accords bilatéraux, en se rapprochant des pays arabes après l’indépendance de l’Algérie en 1962.

_ La volonté de Charles de Gaulle est d’établir des relations avec d’autres Etats du sud de façon à affirmer la puissance française et de marquer l’indépendance de la France par rapport aux Etats-Unis. Après l’époque gaullienne, on trouve la même politique de renforcement des liens avec l’Afrique noire francophone.

 

 Texte 5 page 363 : L’Afrique, un marché pour la France.

Question 4 page 363 : pourquoi l’auteur parle-t-il de « maillage en règle de l’économie » ivoirienne par les entreprises françaises ? D’après lui, pourquoi la France est-elle intervenue dans la crise politique ivoirienne ?

 

_ François Mitterrand mène une politique d’aide au développement. Elle annule en partie les dettes en particulier des pays africains. Le franc CFA permet l’influence économique de la France sur le continent noir. Enfin, de grandes conférences sont organisées avec les pays d’Afrique noire. La France durant cette période joue le rôle de moteur de la politique tiers-mondiste de la CEE. 

 

B. La France puissance moyenne : rayonnement ou rôle mondial ?

 

Rappels : voir ECJS, cours sur la guerre Froide, cours sur la construction européenne, la décolonisation et les 30 glorieuses  

 

1. le rôle de la France dans la Guerre Froide

Texte 5 page 365

Question 5

 

_ Des liens forts existent entre les deux rives de l’atlantique mais ils se doublent d’une rivalité entre les Etats-Unis et la France.

 

2. la construction européenne

 

Texte p. 372

Question 3

3 page 369 : caricature

 

_ La France a joué un rôle moteur dans la construction e l’Union européenne. Aujourd’hui encore elle continue ce rôle avec l’axe Franco-allemand.

 

 

                        3. Le rôle de la France dans l’ONU

 

Texte 3 page 365 : la démocratie planétaire plutôt que l’hégémonie américaine.

 

_ La France dispose d’un pouvoir important à l’ONU avec son siège de membre permanent du conseil de sécurité accompagné du droit de veto. Les nombreuses interventions françaises sous mandat onusien donne aux casques bleus français un rôle important (en ex Yougoslavie par exemple).

 

II. Quelle est la place de la culture française dans le monde ?

 

            A. quelle est la présence culturelle française dans le monde ?

 

Carte page 350-351

Indiquer les espaces de la francophonie

 

_ Pour rester une puissance, la France se doit d’être présente culturellement dans le monde.

Des millions de francophones sont présents dans le monde (45 pays francophones) du fait de  l’histoire coloniale mais aussi de l’image internationale de la France comme un pays cultivé et défenseur de la liberté (Révolution, nombreux écrivains).

 

_ Les mouvements de défense de la francophonie sont très actifs à l’étranger, et même davantage qu’en France même.

Par exemple : Francopholies, championnats du monde d’orthographe, questions pour un champion diffusé par la chaîne francophone TV5 existante depuis 1984.

 

            B. Quel est le rayonnement culturel de la France ?

 

Texte 4 page 367 : La défense de la diversité culturelle par la France (2003)

Question 5 page 367 : Comment s’exerce la présence culturelle française dans le monde ?

 

_ La culture française est diffusée grâce au bureau d’action linguistique qui forme les enseignants de Français langue étrangère.

* Les lycées français à l’étranger qui servent à l’éducation des Français résident à l’étranger, mais aussi l’élite du pays président.

 * Les Alliances françaises fondées en 1983 sont gérées par les locaux de 104 pays. Leur but est l’enseignement du français et de la culture française à l’étranger.

* Le français est la langue de travail à l’ONU avec l’anglais.

 

_ La culture française dans le monde a un grand rayonnement.

*  En effet le français est la 5e langue parlée dans le monde et est langue officielle sur tous les continents (39 pays).

* La France dispose aussi du 3ème cinéma du monde

* auteurs et certains aspects de l’histoire de France enseignée dans de nombreux Etats.

* Le français est connu pour son goût artistique : tourisme visitant le patrimoine historique…

Exception culturelle française

_ Le développement d’Internet permet également la diffusion du français.

 

 

Tle Fiche d’objectifs histoire

 

La France dans le monde

 

    SAVOIR   

 

I. Quelle est la politique étrangère de la France depuis 1945 ?

            A. De la décolonisation au lien de la francophonie

                        1) Assimilation réussie des départements d’Outre mer mais échecs coloniaux (1944 – 1954)

                        2) Les crises coloniales et leurs résolutions (1954 – 1962)

                        3) Une influence encore présente dans les Suds (1962 à nos jours) 

B. La France puissance moyenne : rayonnement ou rôle mondial ?

1. le rôle de la France dans la Guerre Froide

2. la construction européenne

                        3. Le rôle de la France dans l’ONU

II. Quelle est la place de la culture française dans le monde ?

            A. quelle est la présence culturelle française dans le monde ?

            B. Quel est le rayonnement culturel de la France ?

 

 

2/ JE SAIS DEFINIR :

 

Union française (p. 352) : créée par la Constitution de 1946, elle regroupe la république française et ses possessions extra métropolitaines, d’un part, les Etats et territoires associés, d’autre part.

Pieds noirs (p. 352) : nom donné, dans l’Algérie d’avant 1962, aux habitants d’origine européenne nés en Algérie.

OAS (p. 352) : organisation armée secrète, mouvement clandestin et terroriste créé en février 1961 en Algérie et regroupant des Français d’Algérie et des militaires déserteurs. Il tente d’empêcher k’indépendance de l’Algérie et les négociations entre le gouvernement français et le FLN, en organisant des attentats en France et en Algérie.

 

3/ JE SAIS LOCALISER DANS LE TEMPS :

 

6 février 1944 : conférence de Brazzaville.

1946 : Création de l’Union française.

1946 : la Guyane, Réunion, Martinique et Guadeloupe deviennent des départements.

1962 : indépendance de l’Algérie.

1976 : indépendance des Comores.

1977 : indépendance de Djibouti.

1983 : Fondation des Alliances françaises.

 

 

SAVOIR FAIRE

4/ JE SAIS ETUDIER UN TEXTE

5/ JE SAIS COMMENTER UNE CARICATURE

 

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Cours TL ES/L : Bilan et mémoire de la 2e Guerre mondiale (3)

8 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

III. Quelle est l’histoire de la mémoire officielle ?

 

            A. La célébration de la Résistance (1945 -1969)

 

_ La mémoire officielle c’est celle de l’unanimité nationale autour de la Résistance, une position voulue par le Gaullisme. Charles de Gaulle est à cette époque chef de la France libre puis du GPRF, il contribue à la réconciliation nationale en imposant l’image d’une France majoritairement résistante. Cependant des  déchirures existent entre résistants qui sont liées à la Guerre Froide.

_ Le Mont Valérien est un lieu d’exécutions de résistants devenu lieu de mémoire. C'est là que les Allemands fusillèrent, pendant l'occupation, de 1940 à 1944, plus d'un millier de résistants et d’otages. A la fin de la guerre: le 18 juin 1945, le général de Gaulle a consacré lui-même ce haut-lieu au cours d'une cérémonie dédiée à la mémoire des massacrés et fusillés.

_ 1964 est l’année de l’institution du CNRD (concours national de la résistance et de la déportation). Le 19 décembre 1964 les cendres de Jean moulin sont transférées au Panthéon.

 

INA : Discours Malraux en hommage à Jean Moulin : http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/I00013183/hommage-d-andre-malraux-a-jean-moulin-entre-ici.fr.html

 

Texte d’André Malraux : hommage à Jean Moulin page 280

T. P. question 1 à 5 page 280

Question 1 page 280 : Présentez le document.

                Le document est un extrait du discours prononcé par André Malraux, ministre des Affaires culturelles du président de Gaulle, lors de l’hommage national rendu à Jean Moulin, au Panthéon, le 19 décembre 1964, soit 21 ans après sa mort, c’est-à-dire le temps mis par les générations nées pendant la guerre pour devenir les électeurs dont Charles de Gaulle espère le suffrage lors de la prochaine élection présidentielle, pour la première fois au suffrage universel direct, en 1965.

 

Question 2 page 80 : Qui constitue le « peuple de la nuit », « né de l’ombre » qui accompagne Jean Moulin ?

                L’expression « armée de l’ombre », inventée par les Vichystes pour discréditer la France Libre en se référant au mythe antique des forces de la nuit, les Furies, et en faisant un jeu de mots sur Londres et « l’ombre », fut reprise à son compte par la Résistance française qui faisait ainsi allusion à l’église secrète des catacombes, porteuse de lumières d’espoir et finalement triomphante. C’est de cette acception positive que Malraux, en grand prêtre d’une cérémonie littéralement religieuse, s’inspire pour inventer son « peuple de la nuit […] né de l’ombre » qui désigne les Résistants, anonymes ou non, qui se sont battus dans l’ombre de leurs réseaux secrets et qui ont « disparu » avec l’ombre, c’est-à-dire se sont sacrifiés pour la Libération, et dont il proclame les Français et leur gouvernement « frères ». Malraux, faute de vraie connaissance ou de compréhension suffisante de la différence radicale entre « camp de concentration » et « camp d’extermination », fait de tous les concentrationnaires des Résistants déportés. Sa volonté de réaffirmer pour les témoins et acteurs de la guerre, et de transmettre aux jeunes générations qui accèdent à l’âge du vote, le double mythe gaulliste de l’unanimité victorieuse de la France et de l’inexistence de Vichy, le conduit à oublier les prisons, camps d’internement et centres de tris situés en France sous contrôle vichyste. Cet amalgame et ce silence lui permettent de grossir les rangs du « peuple de l’ombre » de « tous les rayons et tondus » déportés pour des raisons raciales que la France n’était pas encore prête à reconnaître.

 

Question 3 page 80 : Montrez comment Malraux fait de Jean Moulin un héros national.

                Le résistant Jean Moulin qui, dans des circonstances toujours obscures, fut trahi et mourut en juin 1943 des suites des tortures qui lui furent infligées par la Gestapo de Lyon –alors dirigée par Klaus Barbie – était par son martyr reconnu comme l’un des nombreux héros de la Résistance. Malraux lui donne la dimension d’un héros national en soulignant son rôle dans l’unification des différents mouvements de résistance, c’est-à-dire, selon le mythe gaulliste de « la seule France qui compte », de rassembleur de la nation autour de son seul chef légitime, le général de Gaulle. Cependant, Malraux, soucieux de ne pas « faire de l’ombre » au chef de la France libre, se garde bien de préciser que Jean Moulin fut, de janvier 1943 à son arrestation en juin, le premier président du Conseil national de la Résistance, organisme dont la légitimité paraissait, aux yeux des non-gaullistes, plus authentique que celle du général. De plus, par un raccourci vertigineux, Malraux fait de la nation l’héritière unanime et unie du « peuple né de l’ombre » et de tous les Français les « frères » des martyrs de la Résistance.

 

Question 4 page 80 : En quoi cet hommage glorifie-t-il le général de Gaulle ?

                Le discours de Malraux, inspiré par le sens de béatification laïque – au Panthéon- de la cérémonie dont il est le grand prêtre, est construit sur la symbolique de la « sainte trinité » : de Gaulle y est le dieu-père, par essence légitime, qui commande tout, qui « peut seul appeler… », « car c’est à travers lui seul que la France… » ; Jean Moulin est le fils « parachuté », divinement mandaté (« a pour mission ») et secrètement identifiable à un signe venu du dieu en personne (« dans le double fond d’une boîte d’allumettes, la microphoto… ») ; le « peuple né de la nuit et disparu avec elle » est le saint esprit de « l‘Ordre de la nuit », c’est-à-dire de la chevalerie gaulliste que Le Canard enchaîné caricaturait sous la forme d’une cour d’Ancien Régime. Cette thématique place le général de Gaulle au sommet de sa gloire, dans les limbes, et le peuple français au plus profond de sa dévotion, prêt à voter.

 

Question 5 page 80 : Quel « visage de la France » Malraux veut-il que « la jeunesse » retienne et honore ?

                Malraux joue de nouveau de la thématique chrétienne en faisant du visage, « informe » de Jean Moulin mort torturé (dont il proclame symboliquement la « résurrection », et dont il appelle les témoins et la nouvelle génération d’électeurs à retenir la « passion »), l’image de la France martyrisée. C’est donc l’image d’une France libre et/car martyre que Malraux invite la « jeunesse » (qui, n’ayant été ni « témoin », ni acteur, suivra donc « l’évangile gaulliste ») à retenir et à honorer, c’est-à-dire à sacraliser par un vote massif, plébiscitaire, en faveur du général de Gaulle.

 

            B. La reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français (1969 à nos jours)

                       

                        1) De 1969  à 1990 : L’Etat reconnaît sa culpabilité

 

_ De 1969 à 1990 le gaullisme historique prend fin alors que la mémoire juive entre en mutation.

* En 1972 la grâce présidentielle accordée à l’ancien responsable de la milice Paul Touvier provoque un scandale.

 

Texte 3 page 274 : La fin du mythe du « bouclier »

Question 2 page 275 : Comment Robert Paxton explique-t-il le « mythe du bouclier » ? Comment le récuse-t-il ?

            Paxton récuse le mythe du bouclier par l’observation de la primauté de la Révolution nationale dans les préoccupations d’un gouvernement de Vichy qui se donnait pour but principal non de parer aux coups de l’occupant mais d’abattre la République.

 

_ En 1973 l’historien américain Robert Paxton démontre dans La France de Vichy la responsabilité du régime de Vichy  dans le programme antisémite.

_ L’Etat français fini par reconnaître une double culpabilité : avoir accepté le régime de Vichy, n’avoir pas pu ou su accepter la vérité et punir les coupables.

 

                        2) De 1990 à nos jours : une représentation plus équilibrée.

 

INA : http://www.ina.fr/politique/gouvernements/video/CAB95040420/vel-d-hiv-chirac.fr.html

 

Texte page 283 : discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995

Avec vos connaissances, expliquez pour quelles raisons le discours de Jacques Chirac en juillet 1995 marque une rupture décisive.

            Le discours du 16 juillet 1995 du président Jacques Chirac constitue une rupture à deux titres :

            - d’une part, il reconnaît la participation de l’Etat français à la Shoah, c’est-à-dire au crime contre l’humanité, ce qui n’avait jamais encore été dit officiellement, publiquement, au nom de la France (François Mitterand avait, en 1993, institué le 16 juillet « journée nationale commémorative » en veillant bien à ce que les mots « crime », « Etat de droit » et « France » n’apparaissent pas, ce qui explique la formule alambiquée de « persécutions commises sous l’autorité de fait dite de gouvernement de l’Etat français »).

            - d’autre part, il passe de la désignation de l’Etat français et de ses forces de police et de gendarmerie comme responsables d’avoir « secondé » la politique nazie de génocide des Juifs à la désignation de la France comme coupable d’avoir accompli l’irréparable et trahi ses principes essentiels : jamais encore l’Etat français n’avait été reconnu comme « la France » (sauf, évidemment, par Pétain et les Vichystes eux-mêmes, mais Jacques Chirac s’en démarque radicalement en désignant la France comme « patrie des Lumières et des droits de l’Homme », ce qui n’était notoirement pas celle de Vichy).

 

_ Lors de son discours du 16 juillet 1995 Jacques Chirac reconnaît la France coupable des crimes commis par l’Etat de Vichy. Cette prise de position résulte d’un long processus :

* En France en 1990 la loi Gayssot condamne tout propos négationniste. En 1993, François Mitterrand fait du 16 juillet une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite « gouvernement de l’Etat français »  (1940-1944). Et, le 16 juillet 1995, lors du 53ème anniversaire de la rafle du Vel’ d’hiv le président  J. Chirac reconnaît la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs.

* En 1997 La mission Mattéoli est chargée d’indemniser les familles spoliées.

* La Fondation pour la Mémoire de la Shoah est créée  en 2000. La journée du 16 juillet vise désormais à commémorer « les crimes racistes et antisémites de l’Etat français » sans plus de précisions.

 

 

 

Tle Fiche d’objectifs histoire

 

BILAN ET MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

    SAVOIR   

 

I. Le bilan de la guerre : Pourquoi la France reste-t-elle marquée par les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale ?

                A. Quel est le bilan humain ?

                B. Quel est le bilan matériel ?

                C. Quel est le bilan politique ?

                D. Quel est le bilan moral ?

II. Quelles sont les différentes mémoires ?

A. Mémoire du Génocide

                B. Mémoire de la Résistance

                C. Mémoires en chantier : tziganes, prisonniers, homosexuels

                D. Mémoires des vaincus : collaborateurs

III. Quelle est l’histoire de la mémoire officielle ?

                A. La célébration de la Résistance (1945 -1969)

                B. La reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français (1969 à nos jours)

                               1) De 1969  à 1990 : L’Etat reconnaît sa culpabilité

                               2) De 1990 à nos jours : une représentation plus équilibrée.

 

2/ JE SAIS DEFINIR :

 

Inflation (p. 264) : augmentation générale des prix entraînant le plus souvent une dépréciation monétaire.

GPRF : Gouvernement provisoire de la République française. Nom pris à Alger le 3 juin 1944 par le Comité français de libération nationale présidé par le général de Gaulle.

Collaboration (p. 264) : politique de coopération économique et politique pratiquée par un Etat vaincu avec un Etat occupant.

Epuration : répression à partir de 1944-1945 des actes de collaboration avec l’Allemagne nazie.

Mémoire : Représentation mentale du passé.

Génocide : Avec une minuscule, ce terme désigne l’extermination volontaire et systématique d’un peuple. Avec une majuscule, il désigne plus précisément le génocide des Juifs et des Tsiganes. Terme forgé par le juriste américain Raphael Lemkin en 1944.

Shoah : désastre, anéantissement en hébreu

Négationnisme : falsification de l’histoire : Courant dans les années 1970 qui nie l’existence des chambres à gaz.

Crime contre l’humanité : « Actes inhumains » et toute forme de persécution, politique, racial ou religieuse perpétrée contre une population.

Porainos : génocide dans une langue tzigane.

Milice (p. 268) : organisation militaire, fondée par Joseph Darnand en 1943, qui pourchasse et combat les Résistants, les Juifs et les réfractaires au STO, en collaboration avec les troupes allemandes.

 

3/ JE SAIS LOCALISER DANS LE TEMPS :

 

_ Phases de la mémoire du génocide juif :

*  1945-1961 : la singularité du Génocide des juifs n’est pas reconnue.

* 1961-1970 : Prise de conscience de la communauté juive

* fin 1971 – 1989 : lutte contre le négationnisme

_ 1961 : Procès Eichmann 

_ 1964 : CNRD, transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon

_16 juillet 1995 Jacques Chirac reconnaît la France coupable des crimes commis par l’Etat de Vichy

 

SAVOIR FAIRE

4/ JE SAIS ETUDIER UN TEXTE

5/ JE SAIS CONFRONTER DES TEXTES

 6/ JE SAIS COMMENTER UNE AFFICHE DE FILM

 

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Cours TL ES/L Histoire : Bilan et mémoires de la 2e Guerre Mondiale (2)

8 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

II. Quelles sont les différentes mémoires ?

 

Mémoire : Représentation mentale du passé.

Affiche 5 Page 277 : affiche du film Shoah (1985)

Le film Shoah de Claude Lanzmann aide à la prise de conscience des atrocités exercées contre les Juifs. Cependant, celle-ci n’a pas toujours été perçue, et est remise en cause par les négationnistes.

 

Site INA (3 min 10) : http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE85009063/eichmann-devant-ses-juges.fr.html

          

A. Mémoire du Génocide

 

La mémoire du génocide juif comporte plusieurs phases : 

1) 1945-1961 : la singularité du Génocide des juifs n’est pas reconnue.

_ Au retour des camps de la mort il n’est pas fait de distinction entre déportés juifs et tziganes dans les camps d’extermination, et les déportés politiques dans les camps de concentration. La spécificité des génocides n’est pas comprise.

* Les civils français accueillent les déportés avec amitié (réception dans l’hôtel de luxe Lutétia à Paris), mais aussi avec le vif désir de revenir à une réalité plus riante. Les préoccupations liées au ravitaillement, aux difficultés du quotidien empêchent d’abord de se rendre compte des spécificités de la Shoah.

* Cette période est celle du Film nuit et brouillard (1956) d’Alain Resnais et de Jean Cayrol.

 

2) 1961-1970 : Procès Eichmann + lien avec Israël (guerre des Six Jours)

_ En 1961 le retentissement du procès Eichmann (un des organisateurs de la Solution finale) en Israël montre les mécanismes aboutissant à faire d’un homme ordinaire un être organisant la mort au niveau industrielle. La réception de ce procès aide à la prise de conscience du génocide dans l’esprit des Juifs français. La philosophe Hannah Arendt  assiste au procès Eichmann et publie Eichmann à Jérusalem en 1963.

_ La guerre des six jours en 1967 entre Israël et les pays arabes renforce le sentiment d’appartenance à la communauté juive.

 

3) fin 1971 – 1989 : lutte contre négationnisme

_ La mémoire juive est une mémoire de combat pour prouver face aux négationnistes la réalité des crimes contre l’humanité.

* Le 23 septembre 1978 le journal L’Express publie un entretien avec Louis Darquier dit « de Pellepoix » qui a été commissaire aux « questions juives » de mai 1942 à février 1944. Il nie l’existence du génocide qu’il qualifie d’ « invention juive ». Cela provoque la prise de conscience de la complicité de Vichy dans le génocide.

* La prise de conscience est accélérée par la diffusion de la série Holocaust, puis en 1985 du film de Claude Lanzmann Shoah qui abandonne les images d’archives pour filmer les survivants.

* L’avocat Serge Klarsfeld mène à travers le monde des actions contre les anciens criminels nazis vivant dans l’impunité. En 1987 a lieu le procès contre le SS Klaus Barbie.

* En 1993 est décidée une journée commémorative officielle.

Génocide : Avec une minuscule, ce terme désigne l’extermination volontaire et systématique d’un peuple. Avec une majuscule, il désigne plus précisément le génocide des Juifs et des Tsiganes. Terme forgé par le juriste américain Raphael Lemkin en 1944.

Shoah : désastre, anéantissement en hébreu

Négationnisme : falsification de l’histoire : Courant dans les années 1970 qui nie l’existence des chambres à gaz.

Crime contre l’humanité : « Actes inhumains » et toute forme de persécution, politique, racial ou religieuse perpétrée contre une population.

 

            B. Mémoire de la Résistance

 

Texte 4 page 273 : Mémoire gaulliste contre mémoire communiste

Question 4 page 273 : Que reprochent les gaullistes aux communistes ?

Les gaullistes rendent hommage aux militants communistes qui ont rejoint la France combattante, mais ils accusent la direction du PCF d’avoir retardé – dans l’intérêt de Moscou – l’entrée en résistance de ses groupes armés, d’avoir tenté de noyauter la Résistance pour s’emparer du pouvoir à la Libération et d’avoir usurpé sa légitimité en la construisant sur le dos des résistants communistes morts au combat.

 

_ La mémoire de la Résistance n’est pas unie. Elle se divise en particulier entre mémoire gaulliste et mémoire communiste.

* Les communistes se revendiquent comme le parti des « 75 000 fusillés ». Cependant, le nombre total des fusillés est inférieur à ce chiffre (25 000) !

* Les gaullistes accusent les chefs du PC d’avoir menti à leurs adhérents en soutenant la politique du Pacte germano-soviétique ; en passant la guerre protégé en URSS : comme Maurice Thorez dont la famille et lui-même étaient présents en URSS. De même Georges Marchais a été accusé d’être un travailleur engagé volontaire pour l’Allemagne.

 

            C. Mémoires en chantier : tziganes, prisonniers, homosexuels

 

Transparent : Classification nazie des déportés avec les étoiles.

 

_ Toutes les mémoires ne sont pas visibles.

* Les Tziganes ont été victimes de génocide. Cependant, du fait de leur culture orale et de leur volonté de ne pas parler des morts, la mémoire des souffrances se perd avec la disparition des témoins de cette époque. Le souvenir du Porainos (génocide dans une langue tzigane) est de plus rendu difficile par la situation d’infériorité dans laquelle sont parfois encore confinés les Tziganes.

* Les prisonniers ont été détenus dans les stalags pour les soldats, et les oflags pour les officiers. Un million de prisonniers sur lesquelles reposes la honte de la défaite militaire. Leur mémoire est peu visible malgré la longueur de leur détention, à cause aussi du choc causé par la découverte des camps de la mort. Des témoignages apparaissent pourtant comme les 1ers écrits de Jean-Paul Sartre.

* Les homosexuels n’ont pu parler librement qu’à partir des années 1990, l’association Flamand rose promeut la mémoire des étoiles roses, souvent méprisés par les autres déportés. 

 

 

            D. Mémoires des vaincus : collaborateurs

 

Photographie 1 page 274 : Le Chagrin et la Pitié

Texte 2 page 274 : L’électrochoc provoqué par Le Chagrin et la Pitié

Question 1 page 275 : En quoi Le Chagrin et la Pitié met-il fin au mythe d’une France largement résistante ? Pourquoi a-t-il été interdit de diffusion à la télévision jusqu’en 1981 ?

Le film Le Chagrin et la Pitié permet l’émergence d’une mémoire de la France vichyste. Il fut interdit de télévision jusqu’en 1981 (arrivée au pouvoir de Mitterrand) parce qu’il détruisait la mémoire officielle d’une France unanimement résistante.

 

_ Le film  Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls montre la situation sous l’occupation de la ville de Clermont Ferrand. Le film combine images d’archives et entretiens postérieurs. Il fait scandale et est interdit de diffusion à la télévision jusqu’en 1981 car il montre que beaucoup de Français ont été collaborateurs.

            Cependant, il faut différencier les personnes avec une opinion maréchaliste (attachement à la personne du maréchal Pétain) et celles avec des convictions pétainiste (adepte de la Révolution nationale).

_ La mémoire, c’est aussi celle des « traîtres » de la Milice, ou de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme. Ils pensent s’être battu pour la France en luttant contre le communisme en URSS avec les Allemands. 

_ L’enjeu de la mémoire est particulièrement difficile dans certaines régions : En Alsace-Lorraine les « Malgré nous » sont des habitants incorporés de force dans l’armée allemande. 13 des 20 soldats alsaciens sont ainsi jugés pour le massacre d’Oradour-sur-Glane, ce qui provoque la colère des Alsaciens et le ressentiment des Limousins.

 

Milice (p. 268) : organisation militaire, fondée par Joseph Darnand en 1943, qui pourchasse et combat les Résistants, les Juifs et les réfractaires au STO, en collaboration avec les troupes allemandes.

 

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