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MUSECLIO

Cours TL ES/L Histoire : Bilan et mémoires de la 2e Guerre Mondiale (2)

8 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

II. Quelles sont les différentes mémoires ?

 

Mémoire : Représentation mentale du passé.

Affiche 5 Page 277 : affiche du film Shoah (1985)

Le film Shoah de Claude Lanzmann aide à la prise de conscience des atrocités exercées contre les Juifs. Cependant, celle-ci n’a pas toujours été perçue, et est remise en cause par les négationnistes.

 

Site INA (3 min 10) : http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE85009063/eichmann-devant-ses-juges.fr.html

          

A. Mémoire du Génocide

 

La mémoire du génocide juif comporte plusieurs phases : 

1) 1945-1961 : la singularité du Génocide des juifs n’est pas reconnue.

_ Au retour des camps de la mort il n’est pas fait de distinction entre déportés juifs et tziganes dans les camps d’extermination, et les déportés politiques dans les camps de concentration. La spécificité des génocides n’est pas comprise.

* Les civils français accueillent les déportés avec amitié (réception dans l’hôtel de luxe Lutétia à Paris), mais aussi avec le vif désir de revenir à une réalité plus riante. Les préoccupations liées au ravitaillement, aux difficultés du quotidien empêchent d’abord de se rendre compte des spécificités de la Shoah.

* Cette période est celle du Film nuit et brouillard (1956) d’Alain Resnais et de Jean Cayrol.

 

2) 1961-1970 : Procès Eichmann + lien avec Israël (guerre des Six Jours)

_ En 1961 le retentissement du procès Eichmann (un des organisateurs de la Solution finale) en Israël montre les mécanismes aboutissant à faire d’un homme ordinaire un être organisant la mort au niveau industrielle. La réception de ce procès aide à la prise de conscience du génocide dans l’esprit des Juifs français. La philosophe Hannah Arendt  assiste au procès Eichmann et publie Eichmann à Jérusalem en 1963.

_ La guerre des six jours en 1967 entre Israël et les pays arabes renforce le sentiment d’appartenance à la communauté juive.

 

3) fin 1971 – 1989 : lutte contre négationnisme

_ La mémoire juive est une mémoire de combat pour prouver face aux négationnistes la réalité des crimes contre l’humanité.

* Le 23 septembre 1978 le journal L’Express publie un entretien avec Louis Darquier dit « de Pellepoix » qui a été commissaire aux « questions juives » de mai 1942 à février 1944. Il nie l’existence du génocide qu’il qualifie d’ « invention juive ». Cela provoque la prise de conscience de la complicité de Vichy dans le génocide.

* La prise de conscience est accélérée par la diffusion de la série Holocaust, puis en 1985 du film de Claude Lanzmann Shoah qui abandonne les images d’archives pour filmer les survivants.

* L’avocat Serge Klarsfeld mène à travers le monde des actions contre les anciens criminels nazis vivant dans l’impunité. En 1987 a lieu le procès contre le SS Klaus Barbie.

* En 1993 est décidée une journée commémorative officielle.

Génocide : Avec une minuscule, ce terme désigne l’extermination volontaire et systématique d’un peuple. Avec une majuscule, il désigne plus précisément le génocide des Juifs et des Tsiganes. Terme forgé par le juriste américain Raphael Lemkin en 1944.

Shoah : désastre, anéantissement en hébreu

Négationnisme : falsification de l’histoire : Courant dans les années 1970 qui nie l’existence des chambres à gaz.

Crime contre l’humanité : « Actes inhumains » et toute forme de persécution, politique, racial ou religieuse perpétrée contre une population.

 

            B. Mémoire de la Résistance

 

Texte 4 page 273 : Mémoire gaulliste contre mémoire communiste

Question 4 page 273 : Que reprochent les gaullistes aux communistes ?

Les gaullistes rendent hommage aux militants communistes qui ont rejoint la France combattante, mais ils accusent la direction du PCF d’avoir retardé – dans l’intérêt de Moscou – l’entrée en résistance de ses groupes armés, d’avoir tenté de noyauter la Résistance pour s’emparer du pouvoir à la Libération et d’avoir usurpé sa légitimité en la construisant sur le dos des résistants communistes morts au combat.

 

_ La mémoire de la Résistance n’est pas unie. Elle se divise en particulier entre mémoire gaulliste et mémoire communiste.

* Les communistes se revendiquent comme le parti des « 75 000 fusillés ». Cependant, le nombre total des fusillés est inférieur à ce chiffre (25 000) !

* Les gaullistes accusent les chefs du PC d’avoir menti à leurs adhérents en soutenant la politique du Pacte germano-soviétique ; en passant la guerre protégé en URSS : comme Maurice Thorez dont la famille et lui-même étaient présents en URSS. De même Georges Marchais a été accusé d’être un travailleur engagé volontaire pour l’Allemagne.

 

            C. Mémoires en chantier : tziganes, prisonniers, homosexuels

 

Transparent : Classification nazie des déportés avec les étoiles.

 

_ Toutes les mémoires ne sont pas visibles.

* Les Tziganes ont été victimes de génocide. Cependant, du fait de leur culture orale et de leur volonté de ne pas parler des morts, la mémoire des souffrances se perd avec la disparition des témoins de cette époque. Le souvenir du Porainos (génocide dans une langue tzigane) est de plus rendu difficile par la situation d’infériorité dans laquelle sont parfois encore confinés les Tziganes.

* Les prisonniers ont été détenus dans les stalags pour les soldats, et les oflags pour les officiers. Un million de prisonniers sur lesquelles reposes la honte de la défaite militaire. Leur mémoire est peu visible malgré la longueur de leur détention, à cause aussi du choc causé par la découverte des camps de la mort. Des témoignages apparaissent pourtant comme les 1ers écrits de Jean-Paul Sartre.

* Les homosexuels n’ont pu parler librement qu’à partir des années 1990, l’association Flamand rose promeut la mémoire des étoiles roses, souvent méprisés par les autres déportés. 

 

 

            D. Mémoires des vaincus : collaborateurs

 

Photographie 1 page 274 : Le Chagrin et la Pitié

Texte 2 page 274 : L’électrochoc provoqué par Le Chagrin et la Pitié

Question 1 page 275 : En quoi Le Chagrin et la Pitié met-il fin au mythe d’une France largement résistante ? Pourquoi a-t-il été interdit de diffusion à la télévision jusqu’en 1981 ?

Le film Le Chagrin et la Pitié permet l’émergence d’une mémoire de la France vichyste. Il fut interdit de télévision jusqu’en 1981 (arrivée au pouvoir de Mitterrand) parce qu’il détruisait la mémoire officielle d’une France unanimement résistante.

 

_ Le film  Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls montre la situation sous l’occupation de la ville de Clermont Ferrand. Le film combine images d’archives et entretiens postérieurs. Il fait scandale et est interdit de diffusion à la télévision jusqu’en 1981 car il montre que beaucoup de Français ont été collaborateurs.

            Cependant, il faut différencier les personnes avec une opinion maréchaliste (attachement à la personne du maréchal Pétain) et celles avec des convictions pétainiste (adepte de la Révolution nationale).

_ La mémoire, c’est aussi celle des « traîtres » de la Milice, ou de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme. Ils pensent s’être battu pour la France en luttant contre le communisme en URSS avec les Allemands. 

_ L’enjeu de la mémoire est particulièrement difficile dans certaines régions : En Alsace-Lorraine les « Malgré nous » sont des habitants incorporés de force dans l’armée allemande. 13 des 20 soldats alsaciens sont ainsi jugés pour le massacre d’Oradour-sur-Glane, ce qui provoque la colère des Alsaciens et le ressentiment des Limousins.

 

Milice (p. 268) : organisation militaire, fondée par Joseph Darnand en 1943, qui pourchasse et combat les Résistants, les Juifs et les réfractaires au STO, en collaboration avec les troupes allemandes.

 

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