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MUSECLIO

Cours TL L/ES Géographie : Unité et diversité des Suds (1)

18 Mai 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

Des mondes en quête de développement

 

Introduction :

Qu'est-ce que le développement ?

 

_ Le développement consiste en :

 * L’accroissement des richesses associé à l’amélioration des conditions de vie d’une population.

* C’est la  « Capacité d"une société à satisfaire les besoins essentiels de sa population et à permettre à cette population d'acquérir un mieux être nécessaire à son épanouissement ». (Sylvie Brunel)

 

            Le développement n'est donc pas seulement un aspect purement économique. Il va au-delà de la croissance économique.

            Le développement est le plus souvent mesuré à l’échelle mondiale, pour comparer des Etats, mais il doit aussi se mesurer à l ‘échelle nationale, régionale ou locale, car, au sein d’un même territoire, les niveaux de développement peuvent être très différents.

 

Le sud est-il homogène ? Existe-t-il des caractéristiques communes aux Sud ? Comment sortir du sous développement ? Existe-il un ou des modèles de développement ? Quelles sont les idées reçues sur lesquelles il faut revenir au sujet de la question du développement

 

 Seuil de pauvreté (monétaire) : seuil de revenu fixé à 1 dollar par jour en parité de pouvoir d’achat à l’échelle du monde ; pour les pays du Nord, il est calculé sur la base de 2 dollars par jour. Il existe également des seuils nationaux.

 

Productivité (p. 248) : Mesure l’efficacité du travail et s’exprime par la quantité de biens produits par heure de travail.

 

FMI (Fonds monétaire international) (p. 248) : créé à la Conférence de Bretton Woods, en 1945, pour aider les pays à éviter les désordres monétaires. Devenu favorable aux mécanismes du marché, il conditionne maintenant souvent son intervention à des choix de type libéral par les Etats qui lui demandent son aide. 

Chapitre I : Unité et diversité des Suds

 

Introduction : A la conférence de Bandung en avril 1955 29 Etats se réunissent. Ils représentent plus de la moitié de la population mondiale mais seulement 8% de sa richesse. C’est la première fois que retentit la voix du Tiers monde. Elle proclame la souveraineté et l’égalité entre toutes les nations, le refus de l’intervention des grandes puissances dans les affaires intérieures des Etats. Elle proclame « approuver entièrement les principes fondamentaux des droits de l’homme, tels qu’ils sont définis dans la charte de l’ONU, et appuyer entièrement le principe du droit de peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes. » 

            Cette volonté d’unité au niveau politique du Tiers monde a laissé place à des pays du Sud différents entre eux du fait de leur développement. 

Problématique : Quels sont les facteurs du développement qui explique les différences entre pays du Sud ? Quelles sont ses diversités au sein des Suds ? A une autre échelle, en quoi les contrastes du Brésil permettent-ils de comprendre les problèmes de développement ? 

 

I. Quelle est l’histoire de la formation et de la désignation du Sud ?

 

            A. Le terme « Tiers Monde »

 

_ Le terme de Tiers-Monde a été diffusé dans les années 1950.

_ En 1952, dans un article intitulé « Trois Mondes, une planète », le démographe Alfred Sauvy a employé l’expression « Tiers Monde » pour désigner les pays pauvres, récemment décolonisés ou sur le point de l’être.  Dans le contexte de Guerre Froide cet ensemble se différencie des deux blocs américains et soviétiques qui cherchaient à imposer leurs modèles dans le monde.

_ En avril 1955, à la conférence de Bandung en Indonésie, 29 Etats d’Afrique, d’Asie et du monde arabe font entendre pour la première fois la voix du Tiers Monde.

_ En 1961, à la conférence de Belgrade, ces pays s’affirment comme « non-alignés » face aux Etats-Unis et à l’URSS. En fait, nombre de ces pays ont rejoint un des deux camps. 

 

Non-alignés : mouvement initié par 25 Etats du Tiers-monde à Belgrade en 1961, et qui débouche sur la formation d’un ensemble ralliant un nombre croissant de pays (77 en 1964 fondent la CNUCED). L’expression désigne la volonté de ces pays de ne se rallier ni au bloc de l’Ouest, piloté par les Etats-Unis, ni au bloc de l’Est, piloté par l’URSS. En fait, nombre de ces pays ont évolué dans la mouvance soviétique.

 

            B. Le terme « Pays en Développement »

 

_ En 1964, 77 pays non alignés fondent à l’ONU la CNUCED, conférence des Nations unies pour le commerce et le développement.

_ A partir des années 1970 on désigne ces pays sous le nom de «pays en développement » (PED). L’expression est en effet moins péjorative que celle utilisée auparavant : « pays sous développés ».  

 

CNUCED (p. 334) [Conférence des nations unies pour le commerce et le développement] : institution du système des Nations unies, créée en 1964, qui vise à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor.

 

            C. Le terme « Sud »

 

 _ À partir des années 1980, la disparition des pays communistes, les dissensions politiques, les écarts croissants dans les niveaux de développement de ces pays conduisent à utiliser un autre terme.

_ Le terme de « Sud », opposé au « Nord », cherche à rendre compte de la différentiation entre pays riches et développés et pays pauvres et en développement (PED). La référence aux points cardinaux est évidemment à relativiser. L’usage fréquent du pluriel (les Nords, les Suds) souligne la diversité des situations.

 

 

II. Quels sont les problèmes de développement rencontrés par les pays du Sud ? 

 

Tableau 3 page 247 : Le faible développement des Suds

 

            A. Les besoins essentiels sont-ils satisfaits ? 

 

                        1. Quelle est la situation générale ?

 

_ Les besoins essentiels ne sont pas toujours assurés pour les pays du Sud. Même si la situation tend à s'améliorer (les famines ont quasiment disparu, les vaccinations font reculer ou disparaître certaines maladies comme la polio, l'espérance de vie augmente), les conditions de vie des populations vivant dans les pays du Sud restent globalement moins bonnes que dans les pays du Nord.

 

                        2. L'alimentation

 

troisième rubrique du tableau

_ 800 millions de personnes souffrent de malnutrition (carences qualitatives : manque de vitamines, de protéines animales entraînant des maladies et une mortalité infantile) ou de sous- alimentation (carence quantitative : moins de 2000 calories par jour).  

_ 5 millions de personnes meurent encore de faim chaque année (soit 1 toutes les 5 secondes) (surtout en Afrique Noire, mais aussi dans certains pays d'Asie). La sécurité alimentaire n’est pas assurée partout. La sous-nutrition a même augmenté dans 25 pays. 

 

Sécurité alimentaire : possibilité, pour l’ensemble d’une population, d’avoir accès, à tout moment, à une nourriture suffisante et satisfaisant tous les besoins physiologiques. La sécurité alimentaire peut-être assurée par la production agricole intérieure mais aussi par des importations, dont il faut alors assurer le financement.

 

                        2. L'accès à l'eau potable

 

6e rubrique du tableau

_ Un homme sur deux ne dispose pas d'eau salubre en quantité suffisante. Cela pose les problèmes d'accès à l'eau (corvée d'eau) et des problèmes de santé liés à la mauvaise qualité de l'eau (parasitoses, paludisme, qui tue encore des millions de personnes chaque année).

 _ 1/3 des décès et 80% des maladies du Sud sont provoqués par des maladies liées à l’eau (choléra, paludisme, bilharziose) causées par des vers, des parasites, un mélange des eaux de boisson avec les excréments. 2,5 millions de morts par an sont causées par les eaux insalubres. 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.

 

            B. En quoi les pays du Sud sont-ils confrontés  à une inégalité devant la vie et la mort ?

 

                        1. Le taux de fécondité

 

Carte 1 page 247 : La mortalité des enfants de moins de 5 ans.

 

_ La moyenne mondiale pour le nombre d’enfant par femme est de 2,8. Mais il est de 3 à 4 pour les pays du Sud. De grandes différences existent au-delà de ces moyennes.

* Le taux de fécondité est très bas dans les pays développés, mais aussi en Chine. Il baisse dans la plupart des pays du monde.

* Il reste très élevé dans la plupart des pays du Moyen-Orient et surtout en Afrique subsaharienne à cause des mentalités traditionnelles, du refus ou du manque d'accès à la contraception, et également du fait de la place de la femme).

_ La natalité est importante dans les pays du Sud (25 pour mille en moyenne) à cause d’un grand nombre de couples en âge de procréer. En conséquence la transition démographique n'est pas achevée et la croissance démographique demeure donc rapide (la moitié de la population a moins de 20 ans dans certains pays), ce qui pose problèmes aux Etats pour assurer l’éducation et un emploi aux enfants et aux jeunes adultes.

 

_ La population des pays du Sud s’accroît : Les pays du Sud abritaient 1,6 milliard d’habitants en 1950 (67% de la population mondiale). En 2003 ils ont dépassé les 5 milliards d’habitants (85% de la population mondiale). Les prévisions estiment ce nombre à 7 milliards entre 2025 et 2030.

_ La pression démographique a conduit des Etats a adopté une politique de contrôle des naissances. Précoce en Chine cette politique a été adopté tardivement et est limitée comme en Afrique subsaharienne où la population a été multipliée par 10 depuis le début de la transition démographique.

 

                        2. L’espérance de vie

 

Carte 3 page 245 : La fracture sanitaire   

Graphiques en barre 4 page 247 : La hausse de la mortalité des enfants de moins de 5 ans due au Sida 

_ L'espérance de vie n’est pas la même dans les pays du Nord et du Sud.  Le contraste est important entre la situation du Sierra Léone (PMA d’Afrique) où elle est de 41 ans, contre  80 ans au Japon.

_ Cependant, la situation évolue. La mortalité a atteint des niveaux faibles en général (8 pour mille en moyenne) qui sont plus bas que ceux des pays riches (10 pour mille en moyenne) du fait de la jeunesse de la population : 33% des habitants du Sud ont moins de 15 ans contre 18% dans les pays développés. L’âge moyen est de 25 ans au Sud et approche 40 ans au Nord.

_ Mais les inégalités sanitaires remettent en cause cette  évolution. Le manque d’encadrement médical et en dépenses de santé a des conséquences tragiques. La tuberculose cause 2 millions de morts par an, le paludisme 1 million. Mais surtout le sida, dont 92% des victimes habitent un PED. 34 pays ont ainsi une espérance de vie plus faible en 2000 qu’en 1990.  En Afrique, depuis le milieu des années 1990, l’espérance de vie recule : de 43 ns en 1965 et de 52 ans en 1992 elle n’était plus que de 47 ans en 2003, contre 64 pour l’ensemble des PVD.

_ Cette situation traduit l'inégalité devant la médecine (1 médecin pour 400 en Europe, contre 1 pour 20 000 dans certains pays d'Afrique), la persistance de certaines maladies (lèpre, choléra) et l'insuffisance de médicaments et de traitements (le SIDA a déjà tué 25 millions d'Africains, 40 millions sont séropositifs). Cela prive certains pays d'une part de leur force de travail et hypothèque l'avenir).

 

                        3. La mortalité infantile :

 

Tableau 3 page 247 : Le faible développement des Suds : 5e rubrique

_ La mortalité infantile est trois fois moins forte dans les pays industrialisés : moins de 10‰ en Occident contre 165‰ au Mali.

_ En Afrique la mortalité maternelle est très élevée avec 1 000 décès pour 100 000 accouchements, contre 12 dans les pays développés.

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