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MUSECLIO

Methode : La composition (1) Terminale

4 Novembre 2009 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Methodologie

FICHE DE METHODE : LA COMPOSITION

 

La composition est l’un des deux exercices proposés comme épreuve longue au baccalauréat. Il s’agit d’un devoir composé en vue de répondre à la problématique.

 

            Il s’agit d’un texte rédigé. Il est conseillé d’illustrer l’argumentation par des croquis géographiques, des tableaux, des organigrammes ; ces différents éléments ne sont pas conçus pour remplacer une partie de la composition, mais doivent être utilisées en tant qu’exemples.

            Il n’existe pas de norme pour ce qui concerne la longueur ; toutefois, un devoir qui ne doit pas durer moins de deux heures et demie ne devrait pas être inférieur à six pages. En deçà, le candidat donne l’impression qu’il n’a pas grand-chose à écrire. La longueur n’est pas un caractère suffisant de qualité : un long devoir farci de passages hors-sujet et d’erreurs ne mérita pas la moyenne.

Le sujet contient une problématique, à la quelle il faut répondre

            Les sujets sont amples et peuvent recouper plusieurs parties du programme ou concerner des moments-clefs capitaux.

            Le sujet apparaît le plus souvent sous la forme d’une brève formule, d’au plus deux lignes. La problématique peut être exprimée très clairement, sous forme d’une phrase interrogative. Il faut cependant essayer de comprendre si la question n’est rédigée qu’implicitement, sous forme affirmative. Souvent, il suffit de transformer l’affirmation en question. Par exemple « les Etats-Unis et le monde » peut être traduit par « Quelles sont les relations des Etats-Unis avec le reste du monde ? » Il peut arriver qu’elle soit rédigée de façon à indiquer le plan du développement ; le plus simple est dans ce cas de le respecter.

 

            Il est possible qu’en histoire le sujet soit accompagné d’une chronologie,  en une dizaine de dates maximum. Dans cette éventualité, il faut éviter deux pièges : d’une part, se limiter à paraphraser la chronologie (une telle erreur est très sévèrement sanctionnée, parce qu’elle suggère que le candidat ne sait rien) ; d’autre part, limiter le devoir à raconter ce que l’on sait sur les faits mentionnés ; si cela est moins mauvais, cela laisse dans l’oubli l’essentiel du sujet. Quel est le but de la chronologie ? Ce n’est rien de plus qu’un aide-mémoire pour aider le candidat au début de sa réflexion, et une invitation à ne pas oublier un aspect du sujet : par exemple, la mention de la parution d’un roman dans un sujet sur l’histoire de France est une incitation à ne pas oublier l’histoire culturelle, et non un appel à n’évoquer que ce livre.

 

Evidemment, il n’est pas question d’écrire la moindre ligne avant d’être certain d’avoir bien compris la problématique et défini les limites du sujet dans l’espace géographique et dans le temps.    

Il faut notamment être certain de ce qui est demandé. Exemples :

* Le sujet invite-t-il à décrire une situation à un moment donné ou à étudier une évolution (un changement, qu’il soit positif ou négatif, d’une période à l’autre) ?

- décrire une situation signifie que tout le devoir se réfère au moment qui doit être décrit (aujourd’hui, pour les sujets de géographie). On peut faire référence au passé pour mieux faire comprendre le présent, mais ce rappel doit être rédigé de façon que l’on comprenne bien que le but du passage est d’expliquer l’actuel par des faits antérieurs.

- Etudier une évolution signifie que la rédaction doit être conçue pour mettre en valeur les changements d’une date à l’autre. C’est notamment le cas lorsque le sujet inclut les dates du début et de la fin de la période. On peut intégrer une description d’une situation, mais à condition de bien montrer qu’il s’agit de faire le point au début de la période, à une étape –clé de l’évolution ou à la fin de la période.

 

Transformer une description demandée en un récit, ou une étude d’une évolution en une description, c’est déformer le sujet et donc répondre à une autre problématique que celle à laquelle il est demandé de répondre.

* Il faut savoir que beaucoup de sujets invitent à mettre deux éléments en relation ; c’est le cas lorsqu’ils sont reliés par la conjonction et, dans ce cas, il faut que constamment les deux éléments soient étudiés ensemble. Il faut étudier l’influence de l’un sur l’autre en ne perdant pas de vue que l’élément situé à gauche du « et » est celui qui influe sur celui à droite (sans que soit cependant exclue une relation dans l’autre sens). Par exemple le sujet « la France et ses colonies » invite à étudier les relations de la France avec ses colonies, comment la France a conquis, géré ses colonies et comment elle a réagi aux velléités d’indépendance. Traiter dans une partie l’histoire de France et dans une autre celle de ses colonies c’est n’avoir rien compris au sujet.

 

* D’autres sujets invitent à choisir entre deux options. Par exemple : « Les Etats-Unis d’Amérique : défenseurs de la liberté ou puissance impérialiste ? ». Dans ce cas, il faut consacrer des parties à étudier la première hypothèse et la seconde, voire une autre qui démontrerait que les arguments en faveur de l’une ne sont pas réellement convaincants. Ne pas s’interroger sur l’une des deux éventualités, c’est laisser une partie du sujet de côté. Pour convaincre, on gardera pour la dernière partie l’argumentation en faveur de l’hypothèse à laquelle on adhère après réflexion. Les situations étant rarement simples, voire simplistes, une argumentation nuancée sera appréciée du correcteur.

 

Construire l’argumentation

 

Tout le devoir consiste à développer une argumentation. Il ne s’agit pas de décrire pour décrire ni de raconter pour raconter, mais d’utiliser de descriptions et des récits de faits pour prouver ce que l’on veut désormais démontrer.

 

L’introduction

Elle doit être brève ; pas plus d’une demi page dans un devoir de six. Elle comprend :

- Quelques lignes sur le contexte dans lequel s’intègre le sujet ; cela ne doit pas être le prétexte à un étalage de connaissances ; il ne s’agit que de mentionner quelques faits généraux qui aident à comprendre le cadre géographique et/ou historique.

- La présentation de la problématique. C’est indispensable, et à exprimer le plus clairement possible. C’est souvent en lisant ce point (ou en constatant son absence) que le correcteur sait si le candidat a compris le sujet ou non.

- Les limites du sujet : son cadre géographique, et les périodes à étudier. Si un sujet d’histoire comprend des dates, il faut brièvement expliquer pourquoi elles sont importantes (par exemple 1945 : c’est la fin de la seconde guerre mondiale, donc une date charnière).

 - L’annonce du plan (seulement des grandes parties ; pas des sous-parties).

 

Le développement

C’est le développement qui contient l’argumentation. Préparé au brouillon, le plan doit être structuré rigoureusement de façon que le correcteur puisse suivre sans effort le cheminement du raisonnement. Il faut concevoir chaque partie et chaque sous partie comme des éléments de réponse à la question posée dans al problématique. Si à la lecture de l’une le correcteur n’a pas vu la relation entre ce qui est écrit et la problématique, c’est que la (sous-) partie est hors- sujet. On ne consacrera pas une partie au contexte : c’est l’environnement du sujet et non le sujet lui-même. On peut éventuellement indiquer quelques éléments de contexte au début pour bien cadrer la partie dans l’espace et dans le temps, mais il faut se souvenir que la place du contexte est dans l’introduction.

 

Le plan doit apparaître au premier regard du correcteur sur la copie : on change de ligne en passant d’une sous – partie à la suivante. On fait de même et on passe une ligne pour aller d’une partie à l’autre. Ne pas laisser de trop larges espaces blancs entre deux parties ; cela nuit à l’impression d’unité que le devoir doit donner.

 

Chaque partie doit se présenter ainsi :      

 

- Obligatoirement, la ou les premières phrases annoncent à l’avance ce qui y sera démontré.

- Ensuite, on développe l’argumentation, en y intégrant les récits, les descriptions, les croquis, tableaux ou organigrammes qui l’illustrent.

- La partie s’achève par une ou deux phrases qui font le bilan de ce qui y a été démontré et qui font la transition avec la suite.

 

La conclusion

 

Elle doit être brève, mais soignée : c’est elle qui laisse au correcteur la dernière bonne ou mauvaise impression.

Elle fait le bilan de ce qui a été démontré, exprime le choix final que l’on a fait en cas d’alternative.

Elle s’achève par un élargissement par rapport au cadre géographique et/ou chronologique. Si le sujet concernait le monde méditerranéen, on peut esquisser une comparaison avec d’autres interfaces Nord-Sud. Si le sujet s’arrête en 1991, on peut mentionner les grandes lignes de ce qui s’est produit ensuite…

 

Bien rédiger

Est-il besoin d’insister sur la nécessité de bien rédiger, clairement, l’ensemble du devoir ? Si vous ne comprenez rien après la lecture de quelques pages d’un livre, vous ne continuez pas plus loin. Le correcteur du devoir s’efforcera de tout lire, mais se donner du mal à comprendre l’empêche d’adhérer à une argumentation qui lui est obscure.

 

Il faut bien évidemment construire des phrases qui respectent les règles de la syntaxe ; on n’utilisera pas le style télégraphique, ni le langage SMS. Ne se servir que des abréviations officielles (S.N.C.F., P.N.B., U.R.S.S.) et non celles que vous avez inventées : si pour vous pdt. signifie « président », pour moi c’est peut-être « pomme de terre ».

 

Mais bien rédiger, c’est aussi construire chaque phrase et choisir chaque mot de façon que le lecteur comprenne que tout répond à la problématique. Deux phrases contenant les mêmes connaissances peuvent- être l’une tout-à-fait dans le sujet, l’autre complètement en dehors selon la façon de construire la phrase et le choix des mots. 

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Vanessa M. 05/12/2010 09:46



Bonjour Monsieur,


J'ai bien lu la fiche de méthodologie sur la composition, mais je ne comprends pas le passage qui parle du fait qu'on ne peut pas sacrifier une partie au contexte. Sinon c'est que je n'ai pas
bien compris la définition du mot "contexte", mais il me semble que c'est important d'en parler, non ?  et
pas seulement dans l'introduction. Ce n'est pas justement sur ce mot que devrait se jouer toutes les parties ? ^^



M. Martineau 05/12/2010 14:46



Bonjour Vanessa,


Le contexte est indiqué deux fois dans la fiche :


1) Introduction "- Quelques lignes sur le contexte dans lequel s’intègre le sujet ; cela ne doit pas être le prétexte à
un étalage de connaissances ; il ne s’agit que de mentionner quelques faits généraux qui aident à comprendre le cadre géographique et/ou historique."


2) Le développement : "On ne consacrera pas une partie au contexte : c’est l’environnement du sujet et non le sujet lui-même. On peut
éventuellement indiquer quelques éléments de contexte au début pour bien cadrer la partie dans l’espace et dans le temps, mais il faut se souvenir que la place du contexte est dans
l’introduction."


Dans l'introduction il s'agit d'être précis et concis de façon à présenter les éléments de la période (ou de l'espace en géographie) nécessaire à la compréhension du
sujet. Un exemple simple : dans le texte sur la doctrine Truman il faut indiquer non seulement la date du texte, mais aussi le fait qu'il ouvre la période de la Guerre Froide
(1947-1991), etc... . L'erreur à ne pas faire est de prendre cette date et d'indiquer les Trente Glorieuses !


Pour le développement du devoir la phrase citée plus haut explique que le but de la composition n'est pas de raconter mais d'analyser une période ou un espace. Les événèments
doivent bien sur être cités, mais au profit d'une argumentation expliquant le déroulement des faits. Par exemple, dans une composition où il serait question de 1956 et de la
crise de Suez, on peut évoquer la crise de Budapest mais pas en faire une partie entière.


Voici, j'espère avoir été clair. Je peux faire le soutien de vendredi prochain sur la composition pour mieux répondre à tes interrogations.