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MUSECLIO

Rencontre du 13 mars 2008 avec deux anciens résistants romillons

14 Avril 2008 Publié dans #Activités et conférenciers


RENCONTRE AVEC LES RESISTANTS ROMILLONS JEAN GIROST ET GINETTE COLLOT

 

Préambule :

            Le jeudi 13 mars 2008 de 9h00 à 11h00, dans le cadre du CNRD, la classe de 1ère S3 du lycée Frédéric et Irène Joliot-Curie a pu recevoir pour la deuxième fois les deux anciens résistants romillons Jean GIROST et Ginette COLLOT. Ce sont joint aux élèves de 1ère S3 les élèves de Terminale Littéraire et de 1ère ES membres du club histoire.

            Avec une très grande attention les élèves ont écouté le récit des actions des résistants, et ont posé des questions sur le délicat sujet posé au CNRD cette année : « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale : une forme de résistance. »

 

Plan de l’intervention :

Trois axes ont été abordés :

            I. La description de l’époque : quelle était la situation de l’époque au début puis au cours de la guerre ? Quels renseignements avaient-ils sur les minorités (juifs, tziganes…) et les groupes politiques persécutés ?

            II. Les actions de la résistance en France, dans la région et dans le département en faveur des persécutés. Quelles ont été les formes d’actions ? Quels lieux ont été utilisés ? En quoi les villes et les campagnes ont été impliquées ?

            III. Les témoignages personnels de Mme COLLOT et de M. GIROST de leurs actions et de celles de leurs camarades dans la résistance.

 

Quelques indications sur la teneur de l’intervention :

Texte constitué en croisant les notes des élèves Adeline LAFORGE, Laura JACQUEMIN et Floriane PARISOT de 1ère S3. Merci à elles.

 

            « La persécution pouvait toucher tout le monde, car les Allemands se considéraient comme supérieurs. Elle visait surtout les Juifs et les personnes de couleurs, les républicains et les socialistes, communistes.

            L’idéologie nazie prônait l’inégalité, d’envahir l’Europe pour mieux établir la supériorité de la race pure : la race aryenne. Etaient considérés comme des pestiférés les handicapés et malades mentaux, les homosexuels…

            Les Français qui collaboraient avaient pour motivation le racisme, l’antisémitisme, l’esprit de vengeance ou l’avidité.

            Les risques liées à la persécution sont grands : torture (être passé à tabac, écrasement des doigts pour forcer aux aveux), la déportation (avec les risques de mourir de faim, de souffrir du froid durant le trajet), et encore ma chambre à gaz puis la crémation !

           

            Les persécutés pouvaient être :

- les juifs. Dans l’Aube, une dame juive Dwojna  HERSKOWICZ a été déportée avec son enfant, Simone, qui avait 11 mois ! Dans l’Aube, les Juifs étaient beaucoup moins nombreux qu’à Paris, mais étaient également en danger à cause de la solution finale.

- les tziganes : disséminés sur le territoire français, ils étaient contrôlés par les Français et déportés par les Nazis !

 

            La collaboration et la résistance. Il faut distinguer nazis et Allemands. Ainsi, M. Girost confie ce témoignage indirect : un colonel de la Kommandantur de Romilly a prévenu des familles juives de leur arrestation, aurait libéré des détenus. Mais, pour cela, il aurait été décapité sur la base aérienne de Romilly. De même, si la police française de Pétain donnait les personnes arrêtées aux nazis, là encore, il y’avait des résistants parmi eux.

            Des officiers français accompagnaient des officiers allemands déserteurs pour les emmener à Londres et leur éviter la mort.  M. Girost a accompagné de ces déserteurs pour les faire rejoindre Londres.

 

Les conditions de la persécution :

            * Les étrangers déjà dans les camps d’internement français dans le sud de la France subissaient des pressions et ont été donnés à la déportation, cela même s’ils étaient dans la zone libre.

            * Les juifs : Philippe Pétain voulait plaire aux Allemands et c’est pour cela qu’il a copié les lois de Nuremberg, appliquant des lois d’inspiration nazie dans la zone libre de la France !

            Laval, président du conseil de Pétain, a décidé de livrer les enfants juifs aux nazis.

            L’étoile jaune est apparue, portée par Mme Dwojna  HERSKOWICZ et sa fille Simone.

            * Les communistes : avant même l’occupation le parti communiste était interdit. Les communistes ont été fusillés, envoyés dans des camps d’internement pour communistes (cf. intervention des résistants le 22 octobre pour la journée Guy Mocquet). Les communistes ont été parmi les premiers persécutés, à Clairvaux il y a eu des communistes fusillés.

            * Les syndicalistes : Pierre Sémard a été fusillé. Il était responsable au niveau national de la SNCF.

 

L’action des cheminots : Les cheminots étaient étroitement surveillés car le matériel allemand se déplaçait sur les chemins de fer. La cohésion des cheminots était forte au sein des ateliers, en effet, alors qu’ils devaient réparer le matériel ferroviaire pour transporter les chars, etc… ils pratiquaient le sabotage et faisaient par exemple sauter les pylônes électriques pour empêcher les ateliers de fonctionner. Les cheminots ont également aidés les gens à fuir, ont été parmi les premiers passeurs. Ils étaient l’image de la résistance.

 

L’action des médecins : Les persécutés étaient cachés par des fermiers, des médecins, d’autres personnes encore… Le docteur Graffin de Romilly soignait les résistants blessés dans sa maison. Certains médecins faisaient des papiers de complaisance pour expliquer les absences des résistants, comme le docteur Gougis qui donna un mot d’absence pour le mari de madame Collot. On peut encore citer le docteur Hugues. Un réseau d’anonymes aidait la résistance pour les médicaments, les papiers à montrer aux Allemands. Les employés de mairie et de préfectures faisaient des tickets d’alimentation et des faux papiers d’identité.

 

L’aide des campagnes et des fermiers : Les fermiers ont abrités des résistants. Il était plus simple d’aidés dans a campagne car les personnes étaient moins surveillées. Mais, comme peu de gens parlaient, beaucoup ne savaient pas comment aider. Les fermiers ont procuré du ravitaillement aux résistants. La famille Jeanson est une grande famille de résistants. La ferme de Varsovie était un lieu de concentration de résistants qui attendaient d’aller à Rigny. Jeanson effectuait des allers-retours entre Traconne et Varsovie pour leur stock d’armes, lorsque leur a dit qu’ils étaient surveillés ; ils ont rejoint Rigny (deux anglais, deux américains).

 

Les FTP : Les Francs Tireurs et Partisans. C’est la lutte armée du Front National et de groupes communistes clandestins. Ils s’occupent de parachutages, du déplacement d’armes, de sabotage de voies ferrées et lignes électriques, réalisent des hold-up dans les bureaux de tabac pour ravitailler en cigarettes.

 

            Dans les maquis cela fonctionne comme dans un camp de vacances avec des sorties mitraillettes au poing pour faire sauter des chemins de fer et une formation militaire dans le but de libérer Paris. Les maquis bougeaient lorsqu’ils se sentaient observés, lorsque c’était nécessaire. Les maquis comprennent surtout des hommes, car seuls les hommes étaient affectés au STO du fait du manque d’homme dans l’industrie allemande. Il y a quelques femmes dans les maquis, mais elles étaient affectées à la communication, elles étaient des agents de liaison entre les caches.

 

            Les réfractaires du STO étaient intégrés à un groupe et les résistants les formaient. Les maquis de l’Aube ont été créés fin 1943. Il n’y a pas d’arrivées massives de réfractaires de STO car ils étaient planqués ailleurs, comme dans des fermes.

 

            Les groupes de résistance : L’Armée Secrète. Une sage-femme, Mlle Aigle, emmenait les aviateurs anglais blessés dans son coffre jusqu’à un réseau à Paris pour les mettre en sécurité. Elle faisait partie du groupe d’André « La Pipe », du nom de son attrait pour le tabac. André « La Pipe » protégeait d’autres résistants même s’ils n’étaient pas de son réseau.

             Les FTP étaient communistes, Libé Nord (socialistes), les Commandos M (Militaires et Alliés). Le BOA (Bureau d’Opération aérienne) s’occupe de parachutages.  

 

            Les femmes : En 1940 de jeunes prisonniers évadés se sont installés dans le studio au dessus de l’habitation de la mère de madame Collot, pendant quinze jours. Sa mère et elle les ont aidés puis ils sont repartis.

            Les femmes qui avaient des enfants ne leur disaient rien de leurs activités clandestines. Les femmes étaient enrôlées par les fiancés, les maris, etc. Parfois les femmes, les mères, ignoraient ce que faisaient leurs proches.

            Les femmes s’occupaient des liaisons, des boites aux lettres en transportant et recueillant les messages, de cacher les armes. Elles risquaient la déportation ou la mort si elles se faisaient prendre.

 

            Des résistants :

* Robert Larcher est un fermier à Courtavent qui a hébergé beaucoup de persécutés et de résistants, mais aussi des enfants juifs.

* Mme Henry a hébergé aussi beaucoup de résistants dont le mari de Madame Collot avant qu’ils retournent dans le maquis pendant 3 semaines.

* Madame Kompf, une dame d’environ 45 ans qui travaillaient à la Kommandantur, a vu des noms sur une table et a prévenu la mère de Mme Collot et celui-ci a pu s’enfuir et se réfugier chez Mme Henry.

            * L’abbé Corre à Romilly a fait parti de la résistance. Des couvents, des centres laïcs ont été ouverts pour accueillir les enfants juifs.

 

Les motivations des résistants : A partir de  1943, les gens ont pris conscience qu’il fallait faire quelque chose ! Ils ont rejeté l’ennemi, l’occupation ! Mais cela comportait des risques : Raymond Birraire a été décapité à la hache. Beaucoup d’Allemands étaient présents à Romilly. Le manque de liberté et la faim caractérisaient la situation des Romillons.

            Les enrôlés d’office d’Alsace-Lorraine et les jeunes ont été pris d’office dans la guerre ! Rawa-Ruska (en Ukraine) a été un camp de représailles pour les prisonniers évadés.

 

Les trahisons et collaborations : La peur était importante dans la guerre ; celle de mourir, et aussi des dénonciateurs. Il y avait en effet de trahisons, par exemple celle de M. Lecourt, mais, il est passé devant M. Collot à plusieurs reprises avec les Allemands sans jamais le dénoncer.

            L’entreprise Todt travaillait pour les Allemands et les ouvriers ont fait sauter ce qui était produit.

 

 

Remerciements :

Les élèves de 1ère S, les membres du club histoire et M. Martineau tiennent à exprimer une nouvelle fois tous leurs remerciements à Mme COLLOT et à M. GIROST pour le temps qu’ils ont accordé et pour la gentillesse de leur intervention.

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