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MUSECLIO

La société de l'âge industriel (3)

23 Octobre 2010 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

 

B. Comment s’organisent les nouveaux groupes sociaux ?

 

 

Photographie 3 page 33 : Le repas familial dans une famille de mineurs de Lens, années 1930

Photographie 4 page 33 : Le repas familial dans une famille bourgeoise, années 1930

7. Comparez les deux photographies : le cadre, le mobilier, les vêtements, la nourriture, l’attitude des différents personnages, etc... 

Les deux photographies montrent les oppositions de richesse et de niveau de vie des deux groupes sociaux des ouvriers et des bourgeois.

Le cadre montre un salon plus petit (les 9 personnes serrées autour de la table contre les 11 autres autour d’une vaste table), Les objets présents dans le logement ouvrier sont utilitaires (carafes, réveil, récipients)  car le salon sert aussi de cuisine. Dans l’autre cas, les bibelots sont décoratifs (éléphants en porcelaine, tableaux..). Le luxe de la vaisselle des bourgeois contraste avec la simplicité de celle des ouvriers. Les vêtements eux-mêmes montrent des positions sociales différentes : ouvriers avec casquettes et bérets, blouses de travail pour la mère. La famille bourgeoise comporte un militaire gradé dans ses rangs, les individus portent de beaux habits (cravates, noeuds papillon, colliers….). La posture est très révélatrice : fatigue des regards ouvriers, épaules affaissées par le poids du travail effectuée ; les autres montrent de la fierté dans une attitude droite du corps, avec des regards malicieux.

 

 

_ L’industrialisation de la société modifie les modes de vie et la répartition de la richesse. Des groupes sociaux se constituent et s’opposent dans leurs idéologies et leurs aspirations politiques : le penseur économiste Karl Marx les nomment : bourgeoisie et prolétariat.

_ Les valeurs de la bourgeoisie deviennent vite les valeurs dominantes de la société. C’est le triomphe de l’idéologie bourgeoise.

* Les valeurs de la bourgeoisie reposent d’abord sur la famille. La famille idéale, dominée par le père (depuis l’élaboration du code civil napoléonien), est unie par une stricte hiérarchie qui assure l’harmonie familiale. Elle est censée assurée l’harmonie sociale.

* L’idéologie bourgeoise exalte ensuite le mérite personnel qui conduit immanquablement à la réussite sociale, dans le cadre d’une économie de type capitaliste libérale.

* Les valeurs bourgeoises se confondent également souvent avec celles de la religion chrétienne (mise en avant de thèmes comme la charité, la pratique du culte qui sert de ciment social, mise en avant de la moralité judéo-chrétienne qui réprouve les excès et impose un contrôle permanent de ses pulsions).

 

Prolétariat (p. 17) : Dans l'Antiquité romaine, ensemble des citoyens les plus pauvres ; dans le vocabulaire marxiste, la classe ouvrière, qui n'a pour vivre que le travail de ses mains. 

Marx (p. 19) : Karl Marx (1818-1883)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

T. P. pages 32-33 : Bourgeois et prolétaires             

Questions 1 à 5 ; question 7 page 33

 1. Quel pourcentage des dépenses consacre chacune de ces familles à l’alimentation ?

La famille de haute bourgeoisie consacre 4 920 F sur 24 000 F, soit : 20,5%

La famille de petite bourgeoisie 2 336 F sur 8 000 F, soit : 29,2%

La famille ouvrière1 272 sur 1664 F, soit : 76,45%

 

Pour faire des pourcentages : 4920 divisé par 24 000, le résultat est multiplié par 100.

 

2. Comparez la répartition des postes de dépense de ces trois familles.

Plus les revenus de la famille sont modestes, plus la part consacré à la nourriture augmente. La majorité du budget des ouvriers est consacré à la nourriture, et au loyer (dépenses incompressibles). En cas de problème, ce sont les besoins vitaux (se nourrir, se loger) qui ne sont plus assurés.

 

3. Pourquoi peut-on dire que la bourgeoisie est un groupe social hétérogène ?

La haute bourgeoisie dépense beaucoup d’argent en dépense de prestige (domesticité, vêtements et divers). Alors que la petite bourgeoisie ne dépense pas autant. Cependant elle essaie d’imiter le modèle social de la haute bourgeoisie (présence de domestique, divers..).

 

_ Les valeurs sont communes à l’ensemble de la bourgeoisie mais celle-ci est très hétérogène dans ses composantes sociales. La bourgeoisie est relativement hiérarchisée. Cette hiérarchie se fonde sur des critères économiques. Elle peut se schématiser ainsi:

* La petite bourgeoisie qui correspond aux classes moyennes en plein essor au cours du temps (petits commerçants, professions libérales, professions intellectuelles…)

* La moyenne bourgeoisie qui regroupe les rentiers (jusqu’en 1914, dans un monde qui ne connaît pas l’inflation), les chefs des petites et moyennes entreprises…

* Les grandes familles bourgeoises comme Schneider, de Wendel en France, Krupp et Thyssen en Allemagne, Agnelli et Pirelli en Italie, Rockfeller et Carnegie aux USA…

_  Cette bourgeoisie est désormais conquérante :

* Elle monopolise le pouvoir économique en possédant les moyens de production (le Capital dans le vocabulaire de Marx).

* Elle monopolise le pouvoir politique (les dirigeants en sont issus, elle fait pression sur le pouvoir politique par les lobbies).

* Elle dispose du pouvoir culturel (elle est détentrice du savoir et bénéficie en premier lieu de l’enseignement supérieur : la réelle démocratisation de l’accès des classes populaires au savoir date d’après la Deuxième Guerre Mondiale).

* Elle dispose du pouvoir moral : ses valeurs sont posées comme normes sociales.

 

 (

Caricatures 2 page 32

4. Comment le patronat est-il représenté sur chaque caricature ?

Le patronat est représenté comme des supérieurs injustes (rois fainéants, maître ennemi). Ce sont de gros hommes d’un âge mur, moustachus, cigares aux lèvres. Ils ont un air orgueilleux et méprisant, fiers de leurs richesses (sacs d’or, usines, couronne) et de leur pouvoir (grande taille, couronne). 

 

5. Comment les ouvriers sont-ils représentés ? A quoi sont-ils associés dans chacun des cas ?

Les ouvriers sont représentés comme des travailleurs dans les secteurs industriels (locomotive, usines…).  A chaque fois ils sont associés aux idées de progrès (techniques qu’ils font fonctionner) et aussi à celle du droit (le chef de gare affirme le droit de passage du progrès, le droit est bafoué par le patron exploiteur).)

Questions 2, 3 et 4 page 29

2 page 28 : Affiche de la CGT pour la journée de 8 heures publiée à l’occasion du 1er mai 1912

2. Quels sont les arguments de la CGT ?

Une journée de travail moins longue donne une meilleure hygiène de vie. La détresse financière amène la détresse morale avec l’alcoolisme.

Une journée de travail moins longue c’est aussi employer plus de monde pour faire le même travail, donc diminuer la pression sur l’emploi (moins de chômeurs), et par conséquent pour attirer les ouvriers il faut relever les salaires.

Avec la journée de 8 heures la CGT propose de protéger les travailleurs, d’améliorer leurs conditions de travail et de vie.

Pour lutter contre les bas salaires, le chômage, la tuberculose, la misère et l’alcoolisme.

 

_La condition sociale de la bourgeoisie tranche avec la condition ouvrière :

La condition ouvrière reste difficile malgré les progrès de la législation sociale. D’une manière générale, les ouvriers restent dans une situation de dominés par rapport à la bourgeoisie : salaires insuffisants même si au cours du temps ils augmentent (avec les théories fordistes en particulier qui posent comme base que la masse ouvrière est aussi consommatrice des biens qu’elle produit : une rémunération suffisante est un préalable à l’écoulement de la production), la journée de travail difficile (en constante diminution avec les progrès de la législation sociale : lois de huit heures à la fin du 19ème, congés payés dans les années trente…), travail dangereux, une protection sociale qui est mise en place tardivement (dans les années 20) et qui demeure insuffisante la plupart du temps.

_ La condition ouvrière progresse par l’action syndicale qui prend parfois une tournure violente (comme le 1er mai 1936 à Chicago, le 1er mai 1891 à Fourmis en France, ou les grèves de 1906 qui réclament la journée de 8 heures). Le syndicalisme s’appuie sur les nouvelles idéologies de la fin du 19ème qui font une part importante à la question sociale (Marxisme, anarchisme, socialisme réformiste, catholicisme social).

 

 

(

Texte 3 page 29 : Un grand patron témoigne

3. Pour quelles raisons les patrons membres de l’UIMM ont-ils développés les œuvres sociales ?

Les œuvres sociales sont destinées à lutter contre la misère des ouvriers, et ainsi contre l’influence des syndicats qui diffusent les idées socialistes.

 

4. Quelle image du monde ouvrier ressort de ce texte ?

Le monde ouvrier est dans une grande misère matérielle (dépérissement des enfants exténués par le travail, chômage, bas salaires) et morale (criminalité, prostitution, abandon des enfants).

)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III. Quelles sont les nouvelles idéologies développées dans les sociétés industrielles ?

Problématique : Face aux transformations sociales nées de l’industrialisation, quelles sont les idéologies qui remettent en cause cette nouvelle société ? Quelles nouvelles formes de société propose-t-on ? Comment la mettre en place ?

            A. Que proposent les idéologies acceptant le libéralisme ?

 

Questions 4 et 5 page 31

4. Pourquoi peut-on dire qu’Henri Schneider est un patron libéral ?

Henri Schneider est contre l’intervention de l’Etat dans l’économie. Il est pour le laisser faire au niveau économique, c’est-à-dire la libre entreprise qui dépend de l’initiative privée, de l’intérêt individuel.

 

5. Pourquoi se montre-t-il hostile à la journée de 8 heures ?

Le patron pense que la journée de travail de l’ouvrier limitée à 8 heures équivaudrait à baisser les salaires, ou à diminuer le pouvoir d’achat par l’augmentation du prix des produits. Henri Schneider dit aussi que la liberté du travailleur est de travailler autant qu’il le souhaite….

 

_ La Révolution Industrielle se fait dans le cadre du capitalisme libéral : Le Libéralisme est une pensée politique, économique et morale issue de la Philosophie des Lumières du 18ème siècle. Le libéralisme économique est formulé par l’Ecossais Adam SMITH (1776). Le libéralisme pose pour base que le moteur de l’économie est l’initiative individuelle privée (selon l’idée que ce qui incite l’individu à travailler et à épargner c’est la perception de son propre intérêt). Dans ce cadre, l’intérêt général est la somme des intérêts particuliers. Par conséquent, les principes du libéralisme sont la libre entreprise qui permet l’initiative privée), la libre concurrence (qui favorise les produits les moins chers à qualité égale) et le libre-échange (qui favorise le commerce). L’Etat doit donc respecter la propriété privée et ne pas intervenir dans l’économie, ni fixer des réglementations abusives, ni exiger une fiscalité trop lourde.

Libéralisme (p. 18) : Doctrine prônant la liberté d'entreprendre et l'absence d'intervention de l'Etat dans l'économie.

 

Vitrail 5 page 31 : Henri Schneider est saint Eloi.

Quelles sont les motivations d’Henri Shneider en faisant réaliser ce vitrail ?

Henri Schneider reprend la tradition médiévale de se faire représenter sur les œuvres sociales et artistique  qu’il finance (cf. la Vierge du chancelier Rollin, où le mécène est représenté aux pieds de la Vierge). 

Il a en effet financé des projets sociaux (construction d’une église, de logements ouvriers), à la fois pour répondre au devoir de charité chrétien, mais aussi pour protéger comme un père ses ouvriers (paternalisme).

 

_ Le catholicisme social ne remet pas en cause l’économie capitaliste libérale mais cherche à en corriger les effets les plus négatifs sur le plan social. Il répond au devoir de charité exigé par le christianisme. Il encourage le patronat à prendre des mesures sociales envers les ouvriers (construction de logements décents, d’écoles, d’hôpitaux). On parle à ce sujet de paternalisme des patrons à l’égard des ouvriers.

Paternalisme (p. 18) : Attitude "paternelle" des patrons qui vise à fidéliser la main-d'oeuvre et à assurer la paix sociale dans l'entreprise par la construction de logements, de crèches, d'écoles et par la fourniture d'avantages divers (soins médicaux, retraite, chauffage...).

 

 

            B. Quelles idéologies demandent une remise en cause de la société ?

 

_ Plusieurs doctrines dénoncent les abus du capitalisme comme le socialisme, le marxisme ou l'anarchisme.

Socialisme (p. 19) : Apparu vers 1830, le terme désigne l'ensemble des doctrines qui dénoncent les abus du capitalisme libéral, prônent le remplacement de la propriété privée, des moyens de production et d'échanges par la propriété collective et souhaitent créer une société d'hommes, libres et égaux, sans patrons ni prolétaires.

 

Texte 2 page 34 : Le communisme

Contre qui se dresse le communisme ? Quelles solutions préconisent-ils ?

* Les communistes se dressent contre les « classes régnantes » (l. 17), c’est-à-dire la bourgeoisie qui profite du capitalisme (rentiers), qui possèdent les capitaux (haute bourgeoisie), tout ceux qui disposent d’une propriété. C’est la lutte des classes : prolétaires (travailleurs) contre bourgeois (capitalistes).

* Les communistes préconisent la révolution communiste pour mettre en place une société juste, mais aussi par l’union des partis démocratiques de tous les pays. Ils veulent l’abolition de la propriété.

 

_ Le Marxisme conteste les principes du libéralisme économique : Marx critique le capitalisme. Dans son vocabulaire, les acteurs de la production sont le Capital (les patrons qui amènent l’argent) et le Travail (le prolétariat qui apporte sa force de travail). Or, les bénéfices de l’entreprise profitent davantage au Capital qu’au Travail car les patrons réalisent une plus-value (ou une survaleur) par rapport au prolétariat. Aussi, le système capitaliste est injuste. Il conduit à une société dans laquelle un petit nombre d’individus accumulent les richesses tandis qu’une grande masse de prolétaires vit dans le dénuement. Marx parle de société duale et il y a lutte des classes entre la Bourgeoisie et le Prolétariat. Pour lui, cette lutte doit immanquablement conduire à la victoire du prolétariat car il est le plus nombreux. Lorsqu’il prendra conscience de sa force, il fera la révolution, s’emparera des moyens de productions et établira sa dictature. On entre alors dans une phase intermédiaire de la révolution marxiste : l’Etat possède tous les moyens de production et dirige l’économie par l’intermédiaire de plans fixe quantitativement et qualitativement les objectifs de production. Au terme de cette phase intermédiaire, on doit aboutir à une société sans classes (la société communiste).

 

Texte 3 page 35 : L’anarchisme

Questions 3 et 4 page 35

3. Expliquez l’expression « capital réel ».

Le « capital réel » désigne la force de travail de chaque ouvrier.

 

4. Par quel moyen les ouvriers peuvent-ils assurer leur émancipation ?

Les ouvriers pourraient obtenir leur émancipation par la grève générale (l. 10-11 : laissez-la pendant quinze jours inactive »).

Ils pourraient aussi utiliser la violence, mais elle est déconseillée.

 

_ L’anarchisme : il dénonce le capitalisme et surtout l’Etat car, selon lui, il opprime les classes populaire. Il faut par conséquent abattre l’Etat par tous les moyens (la grève générale en particulier), y compris éventuellement par l’action violente (terrorisme). L’objectif est aboutir à un système où il y a libre consentement de la base populaire. Les principaux théoriciens de l’anarchisme sont le Français Proudhon (1809-1865) et le Russe Bakounine (1814-1876).

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