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MUSECLIO

La société de l'âge industriel (2)

23 Octobre 2010 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

 

            C. Quelles sont les périodes de croissance et la géographie des sociétés industrielles ?

           

METHODE 3 : Commentaire de statistiques   

 

T. P. Commenter des statistiques

Questions 1 à 4 page 39.

1. Présenter le document.

Le document est un tableau statistique dont le thème est la compétition industrielle entre trois Etats industrialisés (« match triangulaire »). Pour cela le tableau compare les productions industrielles entre ces trois pays en 1870 et 1913.

Le tableau est issu du livre : Un siècle d’histoire industrielle du Royaume-Uni. Industrialisations et sociétés, 1873-1973. L’auteur, B. Lemmonier, cite le tableau réalisé par B. R. Mitchell.  

Le tableau montre l’évolution  en millions de tonnes de plusieurs domaines relatifs à la puissance industrielle (production de charbons et de fers, consommation de coton brut pour l’industrie textile, mais aussi relatifs au transport (chemins de fer et navires marchands). L’étude débute à partir de l’unité allemande (1870) et peu de temps avant la seconde Révolution Industrielle (1880), jusqu’à la veille de la 1ère guerre mondiale.

 

2. Que peut-on dire des performances des trois pays en 1870 et en 1913 ?

En 1870 le Royaume-Uni domine largement par sa puissance industrielle l’Allemagne et les Etats-Unis (sauf pour ce dernier pays dans le domaine des transports). Par exemple, pour la production de fer, le Royaume-Uni produit trois fois plus de fer que les Etats-Unis, près de six fois plus que l’Allemagne. Mais en 1913 ces Etats ont rattrapé voire dépassé le Royaume-Uni. Les Etats-Unis produisent par exemple trois fois plus de fer que le Royaume-Uni. La situation est très différente selon les secteurs industriels.

 

3. Comment expliquer les phénomènes observés ?

Le Royaume-Uni a connu en avance la 1èreRévolution Industrielle, mais lors de la seconde Révolution Industrielle l’Allemagne et les Etats-Unis s’imposent comme de grandes puissances industrielles. Ces pays, par l’effet de rattrapage, connaissent une forte croissance industrielle. Le Royaume-Uni n’a pas besoin de construire beaucoup de chemins de fer car elle est déjà équipée et c’est un petit pays par rapport à l’Allemagne ou aux Etats-Unis. Mais la puissance commerciale du Royaume –Uni se constate dans l’important tonnage de navires marchands à sa disposition. 

 

4. Concluez en définissant le « match triangulaire » entre les trois pays.

Trois grands pays cherchent à être la plus grande puissance industrielle du monde. Leur confrontation forme le « match triangulaire ».

Le Royaume-Uni est un « petit » pays à l’origine de la Révolution Industrielle. Elle est déjà dotée d’une forte infrastructure ferroviaire, et d’une puissante mais vieillissante industrie.

A côté de grands « Etats-continents » comme l’Empire allemand et les Etats-Unis bénéficient des ressources de leurs immenses territoires et de leurs grands marchés intérieurs. Leurs industries récentes sont modernes et concurrencent celle du Royaume-Uni. Les performances sont inégales selon les secteurs d’activités. La puissance commerciale du Royaume-Uni se constate à travers l’important tonnage de navires marchands. Le Royaume-Uni est une grande puissance commerciale et industrielle.

 

 

 

_ Au milieu du XIX siècle, le Royaume-Uni, avec 2% de la population mondiale fait plus de 60% de la production mondiale de charbon, plus de 60% de celle d'acier et la moitié de celle de coton, son réseau ferré est le premier d'Europe et elle est la première puissance commerciale et financière de la planète.

_ Cependant, avec le début de la seconde Révolution Industrielle (1880), de nombreux pays bénéficient de l’effet de rattrapage (construction d’une industrie moderne sans les coûts de recherche fournis par le pays pionnier). Les « Etats-continents » de l’Empire allemand et des Etats-Unis disposent des ressources minières de leurs immenses territoires, de leurs grands marchés intérieurs et d’une main-d’œuvre abondante. Ils concurrencent l’industrie puissante mais vieillissante du Royaume-Uni. C’est le « match triangulaire ».

 

Frise chronologique page 38

Quelles sont les périodes de crise ?

 

_ Sur la longue durée, le monde industriel connaît deux crises de 1850 à 1939 :

1) La Grande Dépression (1873-1895) qui commence par un Krach boursier à Vienne et qui provoque des faillites d’entreprises et l’effondrement spectaculaire de grandes banques (L’Union Générale en France en 1882 qui inspira l’histoire de L’Argent d’Emile ZOLA, Baring au RU en 1893…).

2) La Crise de 1929 (1929-fin des années 30) qui commence par le Krach de Wall Street (le 24 oct. 1929, le Jeudi Noir). Une crise de surcapitalisation provoque une crise bancaire. Cette crise des banques provoque la paralysie du crédit qui conduit à une crise industrielle par sous-consommation. Les faillites industrielles provoquent le développement du chômage qui nourrit la sous-consommation et aggrave la crise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(

            1. L’inégalité de l’industrialisation sur les espaces européens et américains

 

Les différentes voies industrielles :

 

_ La puissance industrielle du Royaume-Uni a plusieurs explications : L'esprit d'entreprise, dont on retrouve l'origine dans Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, livre fondateur du libéralisme économique (alors que la France est imprégnée de colbertisme).

  (   _ La révolution agricole du XVIII siècle : le mouvement des enclosures a permis aux propriétaires de clore les parcelles communes et de former des grandes exploitations, peu nombreuses, mais rentables. Les petits paysans, faute de communaux, n'ont pu se maintenir sur les petites parcelles, et ont formé une main d'oeuvre bon marché pour les usines, pendant que l'amélioration de l'agriculture faisait disparaître les famines et provoquait une forte croissance démographique, et par conséquent des débouchés pour l'agriculture et l'industrie.

 

_ En France, la tentative d'introduire ces réformes sous Louis XVI est une des causes de la Révolution.        )

La France a eu une croissance régulière, n'a pas sacrifié l'agriculture, qui est restée jusqu'à nos jours une de ses richesses, et a gardé un secteur d'industries traditionnelles de haute qualité (haute couture, maroquinerie, bijoux). L'Etat a gardé un rôle important, héritage du colbertisme : c'est Napoléon I qui décide d'introduire la betterave, c'est Napoléon III qui veut transformer la France en nation industrielle et qui est le véritable initiateur de l'industrialisation de la France. Dans la deuxième moitié du siècle, la France va choisir le protectionnisme (lois Méline), ce qui va préserver son agriculture et ses petites unités industrielles ; de ce fait, la crise de 1929 la touchera moins durement : peu ouverte sur les marchés mondiaux, utilisant les ressources et les débouchés de son empire, elle amortira le choc de la grande crise.

 

_ L'Allemagne a eu une croissance tardive et forte, poussée par quelques grands groupes industriels et quelque secteurs-clé comme la chimie, la sidérurgie. Elle s'est battue partout pour trouver des débouchés, n'ayant pas d'empire colonial, et a acquis dès lors un savoir-faire commercial qui s'est maintenu jusqu'à nos jours.

 

_ L'Autriche-Hongrie, l'Espagne, la Russie, ont quelques régions industrialisées au début du XX siècle, au milieu de vastes espaces encore ruraux : la Bohême, Odessa, Moscou, l'Oural, Saint-Pétersbourg, la Catalogne, etc.

 

                        2. Quels ont été les grands rythmes de l’industrialisation de 1850 à 1939 ?

 

Frise chronologique haut de la page 38

Que constate t-on pour la période de 1848 à 1939 ?

Une alternance entre périodes de croissance économique et industrielle (1848-1870 ; 1890-1930) et des périodes de dépressions (1870-1890 ; 1929-1945)

 

T. P. pages 22-23 : croissances, crises et dépressions

Questions 4, 10 et 11 page 23

4. Quelle évolution commune connaissent les trois pays ?

Le nombre d’agriculteurs diminue dans tous les pays, mais de façon moins importante en France. Pour la Grande-Bretagne et les Etats-Unis le secteur secondaire (industriel) et tertiaire (des services) augmentent au point de dépasser le nombre de paysans. En 1930 le secteur tertiaire dépasse celui de l’industrie. Cela montre :

* l’exode rural dans le cas de la diminution du nombre d’agriculteurs.

* la crise industrielle à partir de 1929 dans le cas de la diminution du nombre d’ouvriers dans le secteur secondaire.

 

 

10. Selon Clément Juglar, quelle est la cause essentielle d’une crise ? Quelles en sont les manifestations ?

* La crise est une manifestation cyclique du développement des sociétés industrielles. La crise a pour cause la saturation passagère des possibilités d’écouler les marchandises à cause d’un excès de production par rapport à la demande. 

* Les manifestations sont : une crise de mévente (les produits ne sont plus achetés), les industriels ne trouvent plus d’argent pour faire vivre leurs entreprises (rares risques de faillites) la crise devient boursière avec la diminution de la valeur des titres (actions) des entreprises.

 

11. Selon Hector Denis, qu’est-ce qu’une dépression ? Sa portée est-elle simplement économique ?

* Une dépression est une crise prolongée, une rupture de l’équilibre économique.

* Elle a des conséquences morales et spirituelles, car elle provoque une crise de confiance dans la société avec comme conséquences : recul du nombre de mariages et augmentation de celui des suicides, de la criminalité.

 

 

 

_ L’économie capitaliste et libérale se caractérise par des cycles de croissance. La croissance économique n’est en effet pas régulière et continue mais elle fait alterner des phases d’expansion et des phases de dépression. On passe ainsi de périodes de prospérité à des périodes de crise.

_ On observe trois types de cycles, à trois échelles de temps différentes :

1) Le Trend séculaire correspond à une phase continue de croissance depuis le décollage industriel.

2) Sur la longue durée (50 à 60 ans), on observe un cycle dit de Kondratieff :

une phase A correspond à une période d’expansion (augmentation des prix, de la production, de l’emploi, des salaires, des profits…),

 une phase B correspond à une période de dépression (stagnation ou baisse de ces indices). Chacune des 2 phases dure 20 à 30 ans.

3) Sur la durée moyenne (7 à 10 ans), on observe un cycle dit de Juglar : il s’agit de fluctuation de plus courtes durées et de moindre importance. Elles sont dues à des crises de surcapitalisation (la spéculation boursière excessive conduisant à des Krachs boursiers), à des crises de sous-consommation (qui entraîne la surproduction), ou encore à une mauvaise politique budgétaire et/ou monétaire des Etats.

_ Qu’en est-il de ces fluctuations de croissance entre 1850 et 1939 ?

Pendant toute la période, il y a croissance selon le Trend séculaire. Cependant cette croissance est inégale à la fois sur la longue durée et sur la courte durée.

_ Sur la longue durée, le monde industriel connaît deux crises de 1850 à 1939 :

1) La Grande Dépression (1873-1895) qui commence par un Krach boursier à Vienne et qui provoque des faillites d’entreprises et l’effondrement spectaculaire de grandes banques (L’Union Générale en France en 1882 qui inspira l’histoire de L’Argent d’Emile ZOLA, Baring au RU en 1893…).

2) La Crise de 1929 (1929-fin des années 30) qui commence par le Krach de Wall Street (le 24 oct. 1929, le Jeudi Noir). Une crise de surcapitalisation provoque une crise bancaire. Cette crise des banques provoque la paralysie du crédit qui conduit à une crise industrielle par sous-consommation. Les faillites industrielles provoquent le développement du chômage qui nourrit la sous-consommation et aggrave la crise.

 

 

 

 

 

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II. Quelles sont les mutations techniques, sociales et idéologiques des sociétés industrielles ?

 

            A. Quelles sont les conditions de travail des ouvriers ?

 

T. P. pages 26 et 27 : Une nouvelle organisation du travail : taylorisme et fordisme

Questions 2 à 8 page 27

2. Comment est organisée la production dans cette usine ?

Les ouvriers effectuent un travail à la chaîne : ils sont de part et d’autres d’une chaîne de montage, où ils effectuent une même tâche répétitive et simple.

 

_ Dans les usines de nouvelles machines de plus en plus performantes sont utilisées, mais ce sont des investissements lourds à rentabiliser.

 _ « L’organisation scientifique du travail » est destinée à augmenter la productivité. Les méthodes de gestion du travail sont la mise au point du travail à la chaîne par l’ingénieur américain TAYLOR (on parle de Taylorisme). Il s’agit de rationaliser le travail en décomposant et en chronométrant les tâches des ouvriers. Le résultat est l’augmentation rapide de la productivité. C’est dans l’industrie automobile qu’on applique d’abord ces méthodes (Ford aux USA, Citroën et Renault en France).

_ Taylor propose d’optimiser au maximum la rentabilité du travail en adaptant l’homme à la machine. L’ouvrier ne doit pas réfléchir mais exécuter les gestes établis par le bureau des méthodes. Pas de gestes inutiles è pas de perte de temps è augmentation de la productivité

 

3. Quel est l’objectif du système mis en place par Henry Ford ?

Le but d’Henry Ford est d’améliorer la productivité : produire plus de voitures avec moins d’ouvriers (donc moins de salaires).

 

4. Que pensez-vous des arguments de Henry Ford (troisième paragraphe) ?

Henry Ford utilise des arguments peu convaincants, car il dénigre les esprits des ouvriers qui auraient peur de l’intelligence, de penser. Alors que pour les patrons il serait impossible de faire ce travail répétitif d’ouvriers.

 

_ Les conséquences de ces méthodes sont pour le patronat l’augmentation de la productivité, donc des bénéfices. Pour les ouvriers c’est une détérioration des conditions de travail, par l’absence d’initiative de leur part sur le travail, donc ils n’ont plus d’influence directe sur la production. Les ouvriers ne sont plus des artisans avec un savoir faire reconnu, mais des Ouvriers Spécialisés dans l’exécution d’une tâche unique et répétitive.

 

5. Selon André Citroën, quel doit être l’objectif de la nouvelle organisation du travail ? Pourquoi faut-il augmenter les salaires ?

* L’objectif de la nouvelle organisation du travail est d’abaisser le prix de fabrication de l’automobile pour permettre à un plus grand nombre de personnes d’acheter le véhicule.

* Les salaires doivent être augmentés car c’est donner la possibilité aux ouvriers d’acheter la voiture.

 

_ Le système de fabrication en grande série est appliquée d’abord dans l’industrie automobile. Cela permet une :

* augmentation considérable du nombre d’automobiles disponibles, donc une diminution de son prix de vente.

* l’automobile devient ainsi plus accéssible.

Dans le même temps les salaires sont augmentés (Ford, Citroën), pour permettre aux ouvriers d’augmenter leur pouvoir d’achat et d’acquérir les voitures qu’ils construisent.

 

 

 

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6. Quels procédés sont utilisés dans ces entreprises pour augmenter la productivité ?

Les procédés sont le chronométrage des tâches exécutées, pour réduire le temps effectué à la tâche.

Les espaces réservés aux hommes et aux machines sont délimités par des lignes blanches.

 

7. Présentez et décrivez le document.

Le document est un tract publié par le syndicat CGT des usines Renault. Il appelle les ouvriers à faire grève ; il date de février 1913.

Le tract indique en haut de page sa provenance : l’Union Corporative des Ouvriers Mécaniciens, puis il donne en gras le motif de la grève : le refus de l’adoption du taylorisme par les ouvriers.

 

8. Quels sont les arguments des ouvriers de la CGT en faveur de la grève ?

Ils dénoncent l’usure provoquée par ce type de travail. En effet les vieux ouvriers incapables de soutenir le rythme seraient rejetés hors de l’usine…jusqu’au cimetière. 

 

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