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MUSECLIO

Histoire des arts : L'affaire Pasternak

11 Mars 2012 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Histoire des arts

 

 

HISTOIRE DES ARTS : L’AFFAIRE PASTERNAK

 

 

 

HISTOIRE DES ARTS : Le docteur Jivago

 

 

 

Lien bande annonce : Le docteur Jivago (3 min 41) :

 http://www.youtube.com/watch?v=xZvlRD4Z_iY

Comment résumer le film Docteur Jivago ? Quel pays est à l’origine de l’adaptation du livre en film ? En quoi le film peut-il être une critique de la révolution soviétique ?

 

 

Lien réaction des dirigeants soviétiques à son prix Nobel de littérature (1958) : http://www.dailymotion.com/video/x34ujv_boris-pasternak-1890-1960_creation#

OU : http://www.youtube.com/watch?v=_qkRY_M3L2g

Quelle est la réaction des dirigeants soviétiques à l’annonce de l’attribution du prix Nobel de littérature à Boris Pasternak ? Pourquoi ?

 

 

Texte 1 : Un roman censuré en URSS :

« Au printemps 1956, Pasternak avait proposé son roman à la revue Novy Mir, et l’avait envoyé en même temps en Italie à l’éditeur Feltrinelli en l’autorisant à le faire parvenir en France et en Angleterre à des fins de publication. Après avoir pris connaissance du roman, le comité de rédaction de Novy Mir a envoyé à Pasternak une longue lettre examinant le roman en détail et expliquant pourquoi il ne pouvait être question de publier une œuvre fondée sur l’idée que « non seulement la révolution d’Octobre n’a eu aucune conséquence positive pour l’histoire de notre peuple et pour celle de l’humanité, mais [qu’] elle n’a entraîné que le mal et le malheur. »

Les Editions d’Etat ont refusé de publier ce roman pour les mêmes raisons. Sous la pression des milieux littéraires, Pasternak a envoyé à l’éditeur Feltrinelli un télégramme le priant de lui retourner son romain. Mais Feltrinelli, qui avait entre-temps rompu avec les communistes pour passer dans le camp des réactionnaires, a refusé de rendre le livre s’est empressé de le publier en Italie. Le Docteur Jivago a déjà été réimprimé huit fois par la presse réactionnaire antisoviétique. [.]

Ce roman est une attaque de l’idéologie marxiste et de la pratique de la lutte révolutionnaire, un pamphlet haineux contre ceux qui ont fait la révolution. […]

C’est pourquoi il est impossible de publier ce roman en le « corrigeant », en supprimant de façon mécanique les passages contre-révolutionnaires. De plus, si nous publions ce roman chez nous nous, il paraîtrait aussitôt dans les démocraties populaires. »

            Note du 10 octobre 1958 du département de la Culture d’URSS

 

Texte 2 : Pasternak « rentre » dans le rang

« J’ai reçu l’attribution du prix Nobel comme une distinction littéraire, je m’en suis réjouis et je l’ai exprimé dans un télégramme envoyé à Anders Esterling, secrétaire de l’Académie de Suède. Mais je me suis trompé. […] Au bout d’une semaine, ayant vu l’ampleur qu’avait prise la campagne politique menée autour de mon livre et m’étant convaincu que cette attribution était un geste politique, qui entraînait à présent des conséquences monstrueuses, j’ai, de mon propre chef, sans que quiconque m’y contraigne, envoyé mon refus volontaire. Dans ma lettre à Nikita Khrouchtchev, j’ai déclaré que j’étais lié à la Russie par ma naissance, par ma vie et par mon travail, et qu’il était pour moi inconcevable de la quitter et de partir en exil à l’étranger. Par ce lien, j’entends non seulement son attachement pour la terre et pour la nature de mon pays, mais aussi, bien sûr, pour son peuple, son passé, son présent glorieux et son avenir.

Mais entre ce lien et moi se sont dressés les obstacles que, par ma faute, a engendrés le roman.

Je n’ai jamais eu l’intention de nuire au gouvernement et au peuple de mon pays. La rédaction de Novy Mir m’avait averti que ce roman pouvait être compris par les lecteurs comme une œuvre dirigée contre la révolution d’Octobre et les fondements du régime soviétique. Je n’en étais pas conscient, ce que je regrette à présent.

En effet, si l’on considère les conclusions découlant de l’analyse critique du roman, il en ressort que je soutiendrais les positions erronées que voici : j’affirmerais que toute notre révolution est un phénomène dépourvu de toute légitimité historique, que la révolution d’Octobre a été l’un de ces phénomènes illégitimes, qu’elle a apporté à la Russie des malheurs et causé la perte de l’intelligentsia russe de souche. […] Je suis convaincu que je retrouverai en moi les forces nécessaires pour rétablir ma réputation et regagner la confiance de mes camarades. »

            Lettre de B. Pasternak à la rédaction de la Pravda, écrite le 5 novembre 1958 et publiée le lendemain.

 

Texte 3 : Une œuvre contre-révolutionnaire

« A cette époque des gens comme le soldat Pamphile Palykh (moujik [personne de classe sociale peu élevée] solide et abruti) qui spontanément haïssait d’une haine bestiale les intellectuels, les seigneurs et les officiers, étaient un véritable trésor pour les intellectuels de gauche enthousiastes qui leur attachaient un prix considérable. Leur manque d’humanité était présenté comme un miracle de la « conscience de classe », leur barbarie comme un modèle de « fermeté prolétarienne et d’instinct révolutionnaire ». Telle était la gloire que Pamphile avait acquise. Il était on ne peut mieux avec un des chefs des partisans et des autorités du Parti. Aux yeux de Iouri [Jivago] ce costaud ténébreux et insociable était un dégénéré. Sa dureté, la monotonie et la pauvreté de ses intérêts et de ses affections décelaient en lui un anormal. »

« Ils [les dirigeants du Parti] étaient mis aux rangs de divinités aux pieds desquelles la révolution déposait tous ses présents et tous ses sacrifices. Ils étaient assis silencieux et sévères comme des idoles, la vanité politique les avaient dépouillés de tout ce qu’ils avaient eu de vivant et d’humain. »

 

« Je ne connais pas de courant qui soit plus replié sur lui-même, plus éloigné des faits que le marxisme.

Chacun s’occupe de vérifier ses idées par l’expérience alors que les gens du pouvoir eux au nom de cette fable qu’ils ont forgée sur leur propre infaillibilité font ce qu’ils peuvent pour tourner la vérité. Je n’aime pas les gens qui sont indifférents à la vérité ».

            Extraits du Docteur Jivago, Editions Gallimard, 1994.

 

 

 

Timbre poste 4 : Timbre poste soviétique célébrant le centenaire de la naissance de Boris Pasternak, l’année 1990 étant proclamée « année Pasternak » en URSS.

 

Timbre-sovietique-Boris-Pasternak.jpg

 

 

I. PRESENTATION DE L’OEUVRE

1. Que raconte le roman de Pasternak ? Avec quel point de vue ? (texte 3)

2. Rappelez le contexte politique.

3. Pourquoi Pasternak peut-il espérer publier son roman ?

4. Quelle procédure un auteur devait-il suivre pour être publié dans l’URSS de Khrouchtchev ? (texte 1)

5. Comment Pasternak parvient-il à se faire publier ? (doc. 3)

  

II. ANALYSE DE L’ŒUVRE

6. Pourquoi Le Docteur Jivago est-il interdit de publication par les autorités soviétiques ? (textes 1 et 3)

7. Montrez que la lettre de Pasternak est rédigée sous la pression des autorités. (texte 2)

8. Après avoir replacé le timbre poste 4 dans son contexte, expliquez en quoi il illustre ce qu’a été la glasnost.

 

9. Montrez en quoi l’affaire Pasternak révèle les limites de la déstalinisation dans l’URSS de Khrouchtchev.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dupuis 02/04/2012 21:18


Vous n'auriez pas la correction svp?? 

M. Martineau 08/04/2012 18:28



Bonsoir,


   je ne puis donner des corrections car celles-ci doivent être faites en classe avec l'enseignant. Par contre je peux donner des indications méthodologiques pour bien réaliser le
devoir : relever les mots-clés et les expliquer ; voir les rapports entre les différents documents; être attentif au contexte et aux acteurs (politiques, culturels) ; réfléchir aux
implications des actes des uns et des autres...