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MUSECLIO

Fiche Temps des dominations coloniales

11 Mars 2012 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Pour réviser...

 

 

LE TEMPS DES DOMINATIONS COLONIALES

Introduction : En 1850 les principaux pays européens disposent d’une puissante industrie, connaît la révolution des transports. La supériorité de leur technologie s’accompagne d’une forte croissance démographique. Ceci provoque des migrations humaines et rapidement d’un contrôle de vastes territoires peuplés en dehors du continent européen.

De 1850 à 1939 tous les continents à l’exception de l’Europe et de l’Amérique sont touchés. L’Afrique est un continent colonisé dans sa presque totalité, en particulier par deux immenses Empires : britannique et français.

Problématiques : 1) Comment s’opère le partage colonial de l’Afrique au XIX siècle ?

2) Quel est l’état de l’empire français au moment de l’exposition coloniale (dans ses réalités, ses représentations, les contestations qu’il suscite) ?

 

I. Comment s’opèrent la conquête et le partage colonial du monde et de l’Afrique à la fin du XIXe siècle ?

Les causes de l’expansion européenne : Carte 1 page 20 : L’économie-monde britannique (1850-1914) L’impérialisme des Européens est rendu possible à cause de la puissance industrielle et démographique des pays européens, ainsi que par la révolution des transports.

* Puissance industrielle : La Révolution Industrielle est une des causes de l’expansion européenne : elle nécessite la recherche de matières premières et de débouchés nouveaux. Elle conduit à la supériorité technique et technologique de l’Europe sur les autres parties du Monde.

* Révolution des transports : L’Europe dispose d’une importante production industrielle, celle-ci est exportée dans le monde en direction des colonies. En 1910 l’Europe assure 58% des exportations mondiales et 65% des importations. Cette facilité dans les exportations est liée à la Révolution des transports, en particulier avec le passage de la marine à voile à celle à vapeur, mais il faut des escales pour avitailler le navire dans son périple maritime, ce qui entraîne la création de comptoirs puis de colonies (Le Cap sur la routes des Indes britanniques).

* Puissance démographique : L’expansion démographique des Européens : à partir du 2ème quart du 19ème siècle, l’Europe entre dans la transition démographique. Cela se traduit par une augmentation sans précédent de la population L’Europe passe de 275 millions d’habitants vers 1850 à 481 millions en 1913. Cela conduit à la fois à une volonté d’expansion territoriale et à une émigration massive vers les pays neufs (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Brésil…) etc. Environ 40 millions d’Européens quittent l’Europe entre 1800 et 1913.De 1900 à 1913 plus d’un million d’Européens quittent le « vieux continent ». L’émigration diffuse la civilisation européenne. En 1913 un habitant du monde sur 3 est Européen ou d’origine européenne.

 

Les rivalités européennes pour le partage des territoires : Cartes 1 page 266 et 2 page 267

_ Les territoires des colonies sont partagés par les  grandes puissances coloniales en 1914 :

* le Royaume-Uni, c’est la plus grande puissance coloniale : sur son Empire, « le soleil ne se couche jamais ». Elle a des possessions en Afrique (de l’Egypte au Nord jusqu’à la province du Cap en Afrique du Sud), en Inde, Asie du Sud-Est ; dominions (possession anglaise ayant le droit de se gouverner elle-même, tout en reconnaissant la souveraineté britannique) en Australie, Canada…).

*  La France a un Empire important, centré sur l’Afrique Noire, le Maghreb et l’Indochine.

* L’Allemagne qui s’est lancée tardivement dans la course coloniale, a seulement quelques colonies en Afrique (Afrique  orientale allemande, Togo, Cameroun, Sud-ouest africain allemand) et en Océanie (Nouvelle Guinée).

_ D’autres pays européens ont un Empire colonial comme le Portugal (Angola, Mozambique en Afrique), l’Italie (Libye, Erythrée, Somalie en Afrique), la Belgique (Congo Belge) et les Pays-Bas en Océanie (Indes Néerlandaises) et en Amérique (Surinam). 

Mais pour parvenir à ce partage les rivalités ont été très fortes : Texte 6 page 269 : Fachoda, la rivalité franco-britannique.

_ Les rivalités nationales en Europe : le colonialisme est au fond une manifestation des rivalités entre les grandes puissances européennes.

* La colonisation française est par exemple à bien des égards une compensation de la perte de l’Alsace-Lorraine en 1871.De même l’Angleterre fait de son empire économique la base de sa puissance politique. Ou encore, la toute nouvelle Allemagne (l’Unité date de 1871) cherche à s’affirmer comme grande puissance mondiale en se lançant dans une politique coloniale active.

* La colonisation conduit d’ailleurs à des crises annonciatrices de la Première Guerre Mondiale (Fachoda entre la France et la GB, les 2 crises marocaines d’Agadir et de Tanger entre la France et l’Allemagne).

La situation de l’Afrique est exemplaire du partage et des rivalités coloniales

Texte 2 page 268 : La conférence de Berlin (1884-1885) La conférence de Berlin, en 1885, est un moment clé du partage colonial de l’Afrique. Elle en a fixé les règles : la liberté et l’égalité du commerce dans les bassins du Congo et du Niger, la lutte contre l’esclavage et les conditions de reconnaissance des prises de possessions européennes sur les côtes.

 Les partages se font en 1890 (traités entre Anglais et Français en Afrique de l’Ouest et entre

Anglais et Allemands en Afrique de l’Est), en 1894 (délimitation entre Français, Allemands et le Congo de Léopold II) et 1898 entre Français et Anglais après la crise de Fachoda.

La colonisation de l’Afrique est-elle quasiment achevée à la fin du XIX siècle. Carte 1 page 268 : La course aux colonies en Afrique et texte 5 page 269 Questions 7 et 5 page 269.

_ A la fin du XIX siècle le continent africain est presque entièrement colonisé à l’exclusion du Maroc, de l’Abyssinie et du Libéria. Les rivalités européennes s’exacerbent autour du partage des territoires africains. La domination européenne n’est néanmoins pas absolue comme le montre la victoire des Abyssins sur les Italiens à Adoua en mars 1896.

 

II. L’empire français au moment de l’exposition coloniale de 1931, réalités, représentations et contestations

 

L’étendue de l’Empire colonial Carte 3 page 267 : L’Empire français à son apogée dans les années 1930. L’Empire français est en 1930 le second du monde et s’étend sur trois continents et 12 millions de km². Il comporte plus de 60 millions d’habitants et forme avec la métropole la « plus grande France » de 100 millions d’habitants.

La domination française prend des formes différentes. Un Empire colonial est un agrégat de territoires sous influence étrangère à des degrés divers, sous administration directe ou indirecte. Les statuts des colonies (p. 272) sont divers.

* Des colonies sont sous la dépendance de la métropole, mais conservent leur administration interne : ce sont les protectorats (p. 272) comme pour la Tunisie (1881) et le Maroc (1912). L’Indochine en 1887 est une fédération de quatre protectorats et d’une colonie. 

*  La plupart des colonies sont des possessions directement placées sous la souveraineté de la métropole. Les territoires sont annexés. Par exemple l’Algérie conquise à partir de 1830 est devenue une colonie de peuplement (p. 276). En Afrique les colonies comportent les territoires appartenant à l’A.O.F. (Afrique occidentale française) dont la capitale est Dakar et ceux appartenant à l’A.E.F. (Afrique équatoriale française) dont la capitale est Brazzaville (capitale de l’actuelle Congo-Brazzaville). La France contrôle aussi la grande île orientale de Madagascar. De nombreux territoires d’Océanie sont des colonies.

* Des territoires confiés par la SDN après la 1ère Guerre mondiale sont administrés par la France. Ce sont les mandats (p. 272) du Levant (Syrie et Liban), du Togo et Cameroun.

* Des zones d’influence existent, comme en Chine, où les Européens se partagent les intérêts stratégiques et économiques sans dominer politiquement le pays. La France dispose d’une concession (quartier réservé) dans la ville de Shanghai

Les caractéristiques de l’administration coloniale du XIX et XX siècle. La colonisation des XIXe et XXe siècles est très différente de celle des siècles antérieurs. La mission civilisatrice au nom de laquelle les Européens s’emparent de l’Afrique conduit à lutter contre l’esclavage et la traite négrière.

 Le système colonial français génère rarement (sauf dans le cas de l’Algérie) la constitution de colonies de peuplement. Il se limite à la présence de coloniaux, essentiellement des fonctionnaires et des militaires, qui administrent les territoires. Par exemple l’Indochine comporte 34 000 Français pour une population de 2,6 millions d’habitants en 1930.

Les mythes et représentations de l’Empire colonial. Ensemble documentaire pp 274-275. L’exposition coloniale de 1931 exalte la politique coloniale. Elle marque le triomphe du colonialisme en Europe qui bénéficie d’un large soutien politique. L’opinion publique est de plus en plus réceptive à la propagande coloniale (célébration du centenaire de l’Algérie française en 1930, exposition coloniale de 1931 qui succède à celle de Marseille en 1922).

L’exposition coloniale est organisée dans le bois de Vincennes sous la direction du maréchal Lyautey du 6 mai au 15 novembre 1931. Elle rencontre un grand succès avec 12 000 exposants, 33 millions de tickets vendus, 8 millions de visiteurs venus accomplir le « tour du monde en un jour ». L’exposition constitue un moment majeur de la propagande colonialiste française.

Cependant l’exposition suscite des oppositions : une contre-exposition est organisée à Paris, le Collectif de douze surréalistes (dont André Breton, Paul Eluard, Louis Aragon, René Char) diffuse un tract le 30 avril 1931 : « Ne visitez pas l’Exposition Coloniale ».

            Plusieurs conceptions justifient la colonisation pour les Européens. Confortés par leur supériorité technique, les Européens sont convaincus de la supériorité de leur civilisation. C’est à cette époque que naissent les théories de la supériorité de l’Homme blanc (fardeau de l’homme blanc de Rudyard Kipling), ainsi que les bases du racisme contemporain (Gobineau, Essai sur l’inégalité des races humaines). Cette prétendue supériorité sert la légitimation de l’expansion territoriale de l’Europe, l’affirmation de la mission civilisatrice de l’Europe venant alimenter la bonne conscience des colonisateurs. La doctrine des « 3 C » consiste en la pratique de la Christianisation et de la Civilisation des peuples d’Afrique par la pratique du Commerce de leurs produits et non de leurs hommes (interdiction de l’esclavage et de la traite négrière).

 

La colonisation ne respecte pas les principes démocratiques de la III République

 

Carte 1 page 278 : L’économie indochinoise dans les années 1930. Une économie de pillage ? Les intérêts économiques de la France sont imposés aux populations indigènes, ce qui engendre des inégalités sociales.  L’Indochine est ainsi une colonie d’exploitation (p. 278) dont les ressources (économie minière avec le charbon du Tonkin, économie de plantation avec le caoutchouc extrait des hévéas de Cochinchine, poivre du Cambodge…) sont exportées alors que la population vit dans la misère.

Texte 2 page 276 : La dénonciation du Code de l’indigénat Les populations indigènes ne sont pas associées à la gestion de leur territoire Les colonisés sont privés de droit et soumis au travail forcé par le Code de l’indigénat. Ce dernier correspond à) l’ensemble des mesures juridiques appliquées par l’administration coloniale aux seuls « indigènes », qui ont ainsi un statut inférieur aux citoyens français (liste extensive de délités, peines alourdies, etc.). Il est aboli en 1946.

Tableaux statistique 3 page 276 : Les inégalités de la société algérienne. L’Algérie est une colonie de peuplement dont la société connaissant de fortes inégalités. Les trois départements français d’Algérie abritent une population européenne (« pieds noirs ») disposant des meilleures terres agricoles et des indigènes dépossédés.

 

III. Quelles sont les contestations du fait colonial ?

 

Texte 5 page 277 : L’éveil du nationalisme algérien. Texte 4 page 279 Les espoirs déçus de l’élite indochinoise Le développement économique des colonies et l’action scolaire contribuent à promouvoir de nouvelles élites indigènes. Mais le blocage du système colonial contribue à l’émergence de mouvements de contestation du colonialisme sous différentes formes :

* Politique : la contestation est précoce en Asie avec Ho Chi Minh (p. 281), fondateur du parti communiste indochinois en 1930 et Gandhi en Inde. En Algérie le mouvement de l’Etoile nord-africaine fondée par Messali Hadj (p. 390) en 1926 revendique l’indépendance.

* Armée : la guerre du Rif affecte le nord du Maroc de 1921 à 1926. Les révoltés sous la direction d’Abd el-Krim sont vaincus par les troupes franco-espagnoles avec l’appui de l’artillerie et de l’aviation.

* culturelle : l’influence des intellectuels est limitée mais n’empêchent pas des écrivains comme André Gide de dénoncer les atrocités commises par les Français dans Voyage au Congo en 1925 ; le journaliste Albert Londres témoigne de l’horreur du travail forcé sur la ligne de chemin de fer Congo-Océan. Léopold Sedar Senghor (p. 281) réfléchit à une forme de fédération africaine associée à égalité avec la France au sein d’un empire démocratique et réalise des poèmes sur la négritude (p. 280).

 

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