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MUSECLIO

Fiche révision : Les territoires ultramarins de l'Union européenne

8 Mai 2013 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Pour réviser...

 

 

LES TERRITOIRES ULTRAMARINS DE L’UNION EUROPEENNE

 

 

Les territoires ultramarins des Etats de l’Union européenne (Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni) sont nombreux et de deux types :

 * les régions ultrapériphériques (RUP) : Açores, Madère (Portugal), Canaries (Espagne),

Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, Saint- Martin, Saint – Barthélemy (France).

            Elles font partie intégrante du territoire de l’Union européenne et bénéficient des moyens et des aides de natures diverses de la part de l’UE : Fonds social européen (FSE), FEDER, programme Interreg… ;

- les pays et territoires d’Outre-mer (PTOM) : une vingtaine de territoires qui relèvent de quatre Etats : France (Polynésie française, Saint-Pierre et Miquelon, Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna, Terres antarctiques et australes françaises…) ; Royaume – Uni (Anguilla, Montserrat, Falkland, Bermudes, Pitcairn, Caïman, Sainte-Hélène…) ; Danemark (Groenland) ; Pays-Bas (Aruba, Antilles néerlandaises). Ces territoires ne font pas partie intégrante du territoire de l’Union européenne, mais leurs habitants sont des citoyens européens.

             Les PTOM ont un statut d’association avec l’UE et reçoivent des aides du Fonds européen de développement (FED), instrument principal de l’aide communautaire à la coopération et au développement. Ils bénéficient aussi de l’aide de la Banque européenne d’investissement (BEI) et participent à certains programmes communautaires (éducation, environnement, santé, transports…).

Problématiques : Comment les territoires ultramarins des Etats de l’UE gèrent-ils les effets de la distance, l’insularité ? Quelles sont leurs spécificités socioéconomiques et leurs relations avec l’UE et l’espace proche ?

 

Etude de cas sur la Guadeloupe (pages 210-213)

Les caractéristiques du territoire ultramarin : La Guadeloupe fait partie des Petites Antilles, elle se situe dans la mer des Caraïbes, c’est-à-dire à l’Est de l’Amérique centrale dans l’Océan Atlantique. Elle se trouve à 7 000 km de la métropole. C’est un archipel composé de deux îles principales, Grande- Terre et Basse-Terre, reliées par deux ponts qui permettent de franchir un étroit bras de mer (la Rivière Salée), et de trois autres îles appelées dépendances : les Saintes, la Désirade et Marie-Galante.

L’île est confrontée à plusieurs difficultés : la discontinuité avec le reste du territoire métropolitain marquée par son éloignement, l’insularité qui renforce son isolement, la fragmentation territoriale liée à son caractère archipélagique et d’importants aléas, par exemple climatiques : de climat tropical, la Guadeloupe se trouve sur la trajectoire des cyclones.

À ces difficultés s’ajoutent les faiblesses structurelles de son économie dont le système productif est surtout fondé sur l’agriculture d’exportation (monoculture de la banane, au cours très dépendant des marchés mondiaux) et sur le tourisme, soumis aux aléas et à la concurrence des îles voisines.

La Guadeloupe est donc confrontée à un taux de chômage plus élevé qu’en métropole (supérieur à 20 % alors qu’il est inférieur à 10 % en métropole) et à des prix plus élevés qu’en métropole, d’où est importée une grande partie des produits de consommation courante (vie chère). Le coût des produits de grande consommation a fait l’objet des revendications lors des manifestations de février 2010. La Guadeloupe essaie de dépasser son insularité grâce à la modernisation de ses infrastructures de communication, en particulier de son port à conteneurs, afin de pouvoir multiplier les échanges avec la métropole et avec ses voisins.

La Guadeloupe est mal insérée dans son bassin régional : La Guadeloupe et la Martinique ont un statut juridique différent de leurs voisins caribéens. Départements et régions d’outre-mer (DROM), elles sont complètement intégrées au territoire français même si elles disposent, dans le cadre de la politique de décentralisation, d’une certaine souplesse pour adapter la loi aux spécificités locales.

Il existe aussi une différence de niveau de vie entre les deux DROM et les îles voisines, dont la plupart sont moins développées.

La Guadeloupe est faiblement intégrée dans la Caraïbe pour des raisons économiques (écart de richesse, politique française protectionniste…), culturelle (les îles voisines sont pour la plupart anglophones ou hispanophones), mais aussi à cause de la faiblesse des infrastructures de transport qui ne permettent pas d’importants échanges.

L’UE tente de faciliter l’intégration de la Guadeloupe dans l’espace caribéen en finançant des projets de coopération qui apportent des solutions aux problèmes communs à l’ensemble de la région comme, par exemple, la gestion des risques naturels dans une zone fortement exposée à de multiples aléas : cyclones, séismes, volcanisme…

Les liens entre Union européenne et la Guadeloupe : La Guadeloupe bénéficie de nombreuses aides financières venant de l’UE dans le cadre de différents fonds. Ces aides visent à favoriser le développement de l’île, en particulier en finançant des projets pour réduire les effets de l’éloignement et de l’insularité et valoriser les spécificités locales. La promotion de la banane guadeloupéenne, cofinancée par l’UE, ou encore le développement d’un parc éolien à la Désirade ou à Marie Galante illustrent cette logique.

 

SCHEMA : GUADELOUPE

 

 

 

 

 

 

 

Les caractéristiques et les défis des espaces ultramarins

            Localisation des territoires ultramarins de l’Union européenne : Les territoires d’outre-mer des Etats de l’Union européenne correspondent à 30 territoires regroupant 6 millions d’habitants. Ils sont dispersés dans l’Océan Indien, le Pacifique et l’Atlantique. Ils relèvent de 6 Etats européens : France et Royaume-Uni, Portugal (Açores, Madère) et Espagne (Canaries), Danemark (Groenland, îles Féroé) et Pays-Bas (Antilles néerlandaises).  Les territoires ultramarins sont présents à presque toutes les latitudes, même dans les mers froides (Groenland) et polaires (Terres antarctiques et australes françaises).

Diversité des statuts des territoires ultramarins Les relations de l’Union européenne et de sa périphérie peuvent être représentées avec un système de cercles concentriques :

1) Autour du cœur européen des 27 Etats membres se trouve un premier anneau constitué des neuf régions ultrapériphériques (p. 214) (depuis le traité de Lisbonne de 2007) regroupant 4,2 millions d’habitants : Acores et Madère pour le Portugal, Canaries pour l’Espagne, les DROM français (Guadeloupe, Réunion, Guyane, La Réunion, Mayotte en 2014…). Elles sont dans la zone euro et bénéficient de fonds structurels européens.

2) Un deuxième anneau regroupe les vingt et un Pays et territoires d’outre-mer (p. 214) ou PTOM. A l’exception de la Guyane ce sont des îles. Ils relèvent du Royaume-Uni, de la France, des Pays-Bas et du Danemark. Ils sont associés à l’Union européenne mais pas soumis aux lois de l’UE. Leurs habitants sont un million des citoyens européens, électeurs et éligibles pour le Parlement européen).

Les difficultés des territoires ultramarins sont parfois les conséquences de l’éloignement : A l’échelle internationale l’éloignement des territoires ultramarins de la métropole est considérable : Madère est à 2566 km de Bruxelles, alors que la Réunion est située à 10 000 km de Bruxelles. La Nouvelle Calédonie est à 16 700 km de Paris. Malgré les moyens modernes de transport cette discontinuité territoriale est une contrainte en coût et en temps de déplacement pour relier la métropole : il faut 7 heures pour aller de Paris à Fort-de-France (Martinique) et 12 pour Saint-Denis de la Réunion. De plus le décalage horaire est source de gène pour le voyageur.

A l’Echelle régionale : Les RUP et PTOM ont une ouverture limitée sur leur espace environnant. Par exemple la Guadeloupe est faiblement intégrée dans la Caraïbe pour des raisons économiques, culturelle, mais aussi à cause de la faiblesse des infrastructures de transport qui ne permettent pas d’importants échanges. Néanmoins le programme Interreg (p. 216) encourage les projets de coopération avec les Etats voisins pour la gestion des risques, les énergies renouvelables, le traitement des eaux, etc.

A l’échelle locale : L’émiettement insulaire des archipels renforce la discontinuité et explique un phénomène de « surinsularité » des îles secondaires. L’île principale abrite la capitale dotée de l’aéroport et du port, mais les îles secondaires en sont éloignées. Par exemple en Polynésie française les îles Marquises sont éloignées de 1 300 km de Tahiti.

Les conséquences de l’insularité : A l’exception de la Guyane continentale et du Groenland, les RUP et PTOM sont des territoires insulaires de très petite taille. Les problèmes communs sont la faiblesse des relations avec l’extérieur, des coûts de transport élevés rendant la vie chère dans des zones où les produits sont souvent importés de métropole. L’étroitesse du marché intérieur ne rendent pas rentable les besoins d’infrastructures (ports et aéroports, services de santé, etc.).

Les flux migratoires : Les territoires ultramarins connaissent des flux migratoires importants. Les RUP ont un niveau de vie élevé et sont attractifs pour les émigrants clandestins venus des pays pauvres voisins : Comoriens vers Mayotte, Africains aux Canaries (13% de la population), Surinamiens et Brésiliens en Guyane. En effet les RUP sont des portes d’entrées vers l’Europe et apparaissent comme des îlots de prospérité comparés aux Etats voisins : par exemple l’île Maurice a l’image d’un succès économique (tourisme, canne à sucre, industrie) mais son PNB/hab. de 6 986 dollars en 2009 est très inférieur à celui de l’île voisine de La Réunion (25 857). De plus, grâce aux aides européennes et aux fonds européens (p. 313) les espaces ultramarins disposent d’infrastructures modernes (routes, hôpitaux). Les relations avec la métropole sont marquées par de nombreux échanges de populations : destination touristique (Réunion, Tahiti, Antilles), ce sont aussi des terres où les métropolitains s’installent comme fonctionnaires alors que des citoyens des territoires ultramarins vont étudier et travailler dans la métropole. Ces derniers forment des diasporas ultramarines. Les Antillais ou Açoriens installés en Europe créent des flux saisonniers (vacanciers, retraités revenant au « pays ») et investissent dans leurs territoires (construction, création de PME).

Les atouts et les faiblesses des espaces ultramarins : Les espaces ultramarins disposent d’atouts pour devenir des pôles de développement régionaux grâce aux activités tertiaires. Les plages de sable des Açores et des Antilles françaises, les paysages volcaniques de la Réunion, etc. suscite un tourisme important pour l’économie locale : en 2009 10 millions de touristes aux Canaries, 1 million pour Madère, etc. En Martinique les 590 000 touristes ont rapporté 244 millions d’euros, soit l’équivalent de 70% des exportations de l’île.  Des investissements importants sont réalisés pour créer des zones franches et développer l’économie. Les zones franches sont des espaces caractérisés par la suppression de droits de douane et l’exonération totale ou partielle des charges fiscales et sociales. Les îles vierges britanniques, les îles Caïmans sont des paradis fiscaux avec d’importantes retombées économiques. Les Bermudes disposent du 3e PNB/hab. du monde en 2007.

L’agriculture dans l’économie ultramarine occupe désormais une place secondaire malgré l’importance des cultures d’exportation. L’agriculture n’occupe que 12% des emplois et ne suffit pas aux besoins locaux. L’économie de plantation (monoculture de produits tropicaux destinés à l’exportation) héritée de l’époque coloniale a favorisé les cultures d’exportation (canne à sucre, banane des Antilles, vanille de la Réunion). Mais ces cultures sont en forte régression à cause de la petite taille des exploitations et de la concurrence étrangère disposant d’une main d’œuvre meilleure marché. Ainsi les bananes produites à l’intérieur de l’UE sont concurrencées par les « bananes-dollars » d’Amérique centrale. Les plantations de canne à sucre sont en fort recul. La diversification agricole a permis la présence de cultures à haute valeur ajoutée comme les agrumes de Martinique, les ananas de la Réunion, ou encore le vin de Madère (mélange de vin et de sucre de canne) exporté dans le monde entier.

La pêche est peu développée dans les espaces ultramarins malgré l’importance des ZEE (p. 266) dont dispose la France (2e rang mondial). La ZEE totale des RUP est de 3 millions de km² (dont 1,6 millions de km² pour les Açores et Madère). Saint-Pierre et Miquelon maintient difficilement son activité de pêche. La Nouvelle-Calédonie pratique l’aquaculture et exporte des crevettes.

 Les exemples de réussite industrielle dans les espaces ultramarins sont rares : la plateforme spatiale de Kourou constitue une vitrine de haute technologie pour la Guyane. Les raffinages pétroliers dans les possessions hollandaises de Curaçao et d’Aruba sont des exemples de développement industriel. Les espaces ultramarins disposent de ressources mais ont des économies fragiles : peu de matières premières, sauf le Nickel en Nouvelle-Calédonie ; la faiblesse des industries s’explique par l’étroitesse du marché local et le coût trop élevé de la main d’œuvre.

Les raisons de la faiblesse de l’économie des espaces ultramarins sont diverses : Les handicaps structurels sont les désavantages en matières de développement causés par l’insularité, l’éloignement et l’exiguïté des territoires ultramarins. L’Union européenne reconnaît ces « handicaps structurels » des RUP depuis le traité d’Amsterdam de 1997 et tente de les compenser par des mesures multiples visant à réaliser une parité économique et sociale entre outre-mer et métropole dans le cadre de l’objectif « convergence » (p. 216) : 1) des défiscalisations : En France la loi « Pons » de 1986 prévoit une exonération d’impôts pour les sommes investies en outre-mer par des entreprises ou par des particuliers. 2) des lois nationales comme LODEOM en France en 2009. La loi d’orientation pour le développement économique de l’outre-mer prend en compte les spécificités locales et les problèmes de développement liés à l’isolement, à l’éloignement, à l’insularité, à la petite taille, à la fragilité des écosystèmes et aux risques naturels. 3) des programmes européens comme POSEIDOM (programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité des DOM). Ce programme prend en compte les contraintes liées à l’ultra-périphéricité.

 

 

 

 

Mais les transferts financiers (60 à 80% du PIB dans les territoires français) créent un cercle vicieux. En effet ils augmentent les salaires et les prix. Le coût du travail élevé nuit à la production et génère un très fort chômage (20 à 30% de la population). La main d’œuvre et les capitaux se détournent des secteurs exposés à la concurrence pour se tourner vers les secteurs protégés comme l’administration. Le secteur tertiaire est hypertrophié (80% des emplois).

Les problèmes sociaux dans les espaces ultramarins : Les territoires ultramarins disposent d’un niveau de vie inférieur en moyenne de 30% par rapport à la métropole. La culture vivrière ne suffit pas aux besoins locaux et le coût des marchandises venant de métropole explique la cherté de la vie. Les manifestations de 2009 contre la vie chère montre un malaise social. L’importance du chômage provoque des poches de pauvreté, par exemple dans les périphéries urbaines (Le Chaudron à Saint-Denis de la Réunion). 

 

Les enjeux environnementaux :

             L’isolement explique une grande richesse de la biodiversité avec des espèces animales et végétales endémiques (spécifique à une région) comme à La Réunion (papillons, lézards et oiseaux). Cette richesse de la biodiversité conduit à la création de parcs et de réserves de biosphère (sites classés par l’UNESCO protégeant la biodiversité mais en préservant la gestion durable des ressources au profit des communautés locales).

La richesse des paysages (exotisme de la forêt guyanaise, paysage volcanique de la Réunion…) et des cultures permet de développer l’écotourisme. L’écotourisme est l’activité touristique se développant dans des espaces ruraux peu mis en valeur. Ce type de tourisme permet la promotion d’une région tout en contribuant à la protection de la nature et au bien-être des populations dans le cadre d’un développement durable. Il s’agit par exemple tout en visitant la forêt guyanaise de respecter les traditions des tribus de la forêt guyanaise, ou encore de reconnaître la culture créole.

Les enjeux écologiques sont également présents dans les réalisations écologiques. Les énergies renouvelables sont développées avec la géothermie et l’énergie marémotrice dans les Açores.

 

 Les territoires ultramarins sont souvent des îles volcaniques et subtropicales marquées par leurs caractéristiques physiques. Ce sont des espaces à hauts risques (saison cycloniques de 5 à 6 mois, volcanisme). En effet la plupart des îles sont d’origine volcanique avec des volcans actifs aux éruptions dangereuses (éruptions de Montserrat en 2008, destruction de Saint-Pierre de la Martinique en 1902 avec la montagne Pelée). Lors de la saison chaude les îles tropicales sont soumises au risque de cyclones dévastateurs.

 Ces caractéristiques renforcent des déséquilibres spatiaux. En effet les périphéries intérieures sont dépeuplées malgré leur patrimoine naturel (forêt guyanaise, volcans des Açores). Les littoraux concentrent hommes et activités. De plus, l’opposition entre façades pluvieuses « au vent » soumises aux alizés (vent fort et régulier soufflant d’est en ouest) et côtes plus sèches « sous le vent » structure le territoire avec une inégalité de peuplement. Les villes montrent une hétérogénéité : les quartiers aisés (villas bien exposées) cohabitent avec les quartiers défavorisés (fonds de vallées inondables, pentes abruptes).

Les caractéristiques sont néanmoins un atout considérable pour le tourisme : les éruptions spectaculaires mais peu dangereuses du Piton de la Fournaise à La Réunion, les récifs coralliens bordant les îles tropicales protégeant lagons et plages de sable blanc, etc. attirent les touristes.

 

 

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