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MUSECLIO

Fiche révision : Guerre d'Algérie

8 Mai 2013 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Pour réviser...

 

 

LA GUERRE D’ALGERIE (1954-1962)

 

La décolonisation est un phénomène historique majeur du XX siècle. Elle donne naissance à de nombreux nouveaux Etats, parfois après des conflits violents et des déchirements au sein de sa population comme pour l’Algérie.

            Après la seconde guerre mondiale se met en place un processus d’émancipation de l’occupation d’un territoire et du gouvernement d’un peuple par un Etat étranger. Ce processus a été l’occasion en Algérie d’une importante violence, car faisant suite à 130 ans de présence française, avec une population d’origine européenne considérant l’Algérie comme leur patrie (Camus), des violences multiples dans chaque camp.

 

La guerre d’Algérie est un conflit qui ne veut pas dire son nom car pour la métropole il existe un mythe selon lequel l’Algérie c’est la France.

La guerre d’Algérie se déroule dans le cadre de la décolonisation (Carte pages 292-293 + Frise chronologique page 291) :

* A l’échelle internationale : les deux Grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, Etats-Unis (ancienne colonie anglaise) et URSS (opposé à « l’exploitation de l’homme par l’homme) sont hostiles à la colonisation. L’Onu est devenu une tribune de l’anticolonialisme en accueillant comme membres les anciens pays colonisés.

* A l’échelle de l’Empire Français : La métropole est affaiblie par la Seconde Guerre mondiale et a perdu la guerre d’Indochine en 1954, au moment où éclate la Guerre d’Algérie.

* A l’échelle de l’Algérie : Le mythe de l’Algérie française consiste dans la croyance que l’Algérie restera un territoire français comme l’indiquait en 1954 François Mitterrand : « L’Algérie, c’est la France ». (Texte 2 page 298 : « L’Algérie c’est la France »). En effet l’Algérie est française depuis 1830, et est organisée en trois départements  depuis 1848: l’Algérois, l’Oranais et le Constantinois. Au début des années 1950, elle est peuplée par un peu moins d’un million d’Européens (les « pieds-noirs ») et par environ 8,5 millions de musulmans.

 

Les réalités vécues provoquant la guerre d’Algérie sont des inégalités économiques et sociales. Les inégalités économiques et sociales en Algérie sont nombreuses (Tableau 3 page 276 ) :

* propriétés agricoles : la taille moyenne des exploitations agricoles des agriculteurs français est de 100 ha, contre 14 ha pour celle des algériens.

Toutefois, les colons riches – gros exploitants agricoles, chefs d’entreprises – ne représentent qu’une minorité des français d’Algérie, environ 25 000, la grande masse des autres appartenant à la classe moyenne ou aux classes populaires.

* salaires quotidien : Le niveau de vie des français d’Algérie est supérieur à celui des musulmans : le salaire journalier d’un ouvrier agricole français est deux fois et demi supérieur à celui d’un Algérien.

* Scolarisation : Les inégalités se retrouvent dans le faible taux de scolarisation des enfants musulmans dans le primaire (20% seulement, contre 100% des jeunes français). Par ailleurs, le taux de chômage élevé de la population musulmane se traduit en particulier par une misère importante dans les villes.

 

Le statut politique de l’Algérie et des Algériens pose problème. (Texte 5 page 277 )

_ Une assemblée algérienne de 120 membres (60 élus par les Français, 60 par les musulmans) a été mise en place en 1947.  Elle dispose en théorie d’une certaine autonomie. En réalité le pouvoir appartient au gouverneur général et à l’administration française.

_ Malgré la présence d’une assemblée et d’électeurs musulmans, les élections du collège des représentants musulmans portent à l’assemblée des partisans de la présence française. Cela les rend peu crédibles pour les Algériens.

_ Leur participation à l’effort de guerre des Algériens lors des deux Guerres mondiales n’a pas amélioré leur statut civique ni économique, créant de multiples revendications. En effet l’égalité de prime entre les anciens combattants algériens et français n’est décidée par le Conseil constitutionnel français qu’en 2010.

 

Les débuts de la « guerre d’Algérie» (Texte 1 page 298)

_ En 1954, lorsque débute la guerre d’Algérie, la décolonisation de l’Empire français a déjà commencé avec l’accession à l’indépendance du Liban et de la Syrie en 1946, de l’Indochine en 1954. La Tunisie et le Maroc sont proches de leur indépendance en 1956.

_ Le nationalisme algérien s’affirme dès le 8 mai 1945. Dans les villes de Sétif et Guelma sont organisés des défilés pour fêter la victoire. Des violences éclatent provoquant plus d’une centaine de morts côté français et plusieurs milliers dans la population musulmane.

_ Deux mouvements politiques représentent le nationalisme algérien avant le conflit :

* L’UDMA (Union de défense du manifeste algérien), dirigée par Ferhat Abbas, ne revendique pas l’indépendance mais une participation démocratique des Algériens au sein d’une Algérie fédérée à la France.

* Le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj réclame pour sa part la formation d’une assemblée constituante et le départ des troupes françaises d’Algérie.

_ Au sein du mouvement nationaliste MTLD un groupe de six dissidents menés par Ahmed Ben Bella et Mohammed Boudiaf décident de passer à l’action : le 1er novembre 1954, ils organisent une dizaine d’attentats qui font 8 victimes et annoncent simultanément la formation d’un FLN (Front de libération nationale) dont le but est l’indépendance immédiate.

FLN (Front de libération nationale) (p. 303) : Mouvement fondé le 10 octobre 1954 pour conquérir l’indépendance de l’Algérie, il est doté d’une organisation militaire, l’ALN (Armée de libération nationale).

 

L’enlisement dans une « guerre sans nom » commence avec une escalade dans la violence (Texte 2 page 298+ Photographie 3 page 299+Chronologie page 298).

_ Une escalade vers la guerre : Après les attentats de la « Toussaint rouge » du 1 novembre 1954 et la proclamation du FLN les gouvernements français mettent en place des mesures de « pacification » : envoi de forces de polices puis de militaires en 1956. L’Etat d’urgence est décrété en 1955.  La répression est de plus en plus violente (tortures).

 

La guerre d’Algérie correspond à trois guerres en une seule. Une guerre franco-algérienne… (Photographie 3 page 299) avec l’arrivée des forces de police, puis à partir de 1956, des militaires du contingent qui mènent des opérations de maintien de l’ordre contre les Fellaghas. Les militaires du contingent sont de jeunes Français de métropoles envoyés combatte en Algérie dans le cadre de leur service militaire (2 millions entre 1956 et 1962).

_ Les opérations de maintien de la paix s’intensifient pour devenir des opérations de guerre. Mais c’est une « guerre sans nom » car le gouvernement refuse de reconnaître la réalité d’une nouvelle guerre coloniale (l’expression « guerre d’Algérie » n’est reconnu par la France qu’en 1999).

_ Le ratissage des campagnes algériennes est pratiqué par l’armée et les harkis malgré les embuscades. En janvier-octobre 1957 se déroule la bataille d’Alger pour démanteler le FLN. Des attentats à la bombe dans les lieux publics sont réalisés par l’ALN (800 attentats à Alger en 1957), des actes de tortures par les militaires français… L’armée française est victorieuse sur le terrain.

Fellaghas (p. 303) : Terme arabe signifiant « coupeurs de routes » ou « bandits de grand chemin » utilisé par les Français pour désigner les membres du FLN.

 

_ Les violences sont intenses de chaque côté : mutilations de soldats Français et attentats contre les civils par les Fellaghas, torture (« gégène ») et assassinat politique par les parachutistes (Texte 7 page 300).

_ D’autres méthodes sont aussi employées par les chefs militaires français : le détournement d’un avion marocain pour capturer des dirigeants du FLN et le bombardement du village tunisien de Sakhiet (1958).

_ La violence s’étend à la métropole (Texte 9 page 301) : le 17 octobre 1961, la police parisienne se livre à une « ratonnade » après avoir dispersé une manifestation organisée par le FLN parisien pour protester contre le couvre-feu imposé aux Algériens de France. La répression ordonnée par le préfet de police Maurice Papon fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

 

Le conflit est aussi une guerre algéro-algérienne (Texte 6 page 300). La guerre en Algérie oppose les Algériens entre eux.

* Les mouvements nationalistes rivaux comme le MLA et le FLN s’opposent à travers des assassinats en Algérie et dans la métropole, par du racket exercé sur les 300 000 immigrés algériens installés dans la métropole.

* Les Algériens en faveur de la France s’opposent aux indépendantistes, luttant aux côtés de la France comme les harkis.

Harkis (p. 303) : Algériens musulmans servant comme auxiliaires dans l’armée française contre le FLN.

 

Le conflit est finalement également une guerre franco-française (Photographies 5 page 299 et 8 page 300).

_ Face à l’enlisement du conflit le général de Gaulle propose des solutions politiques pouvant conduire à l’indépendance de l’Algérie. Des partisans de l’Algérie française réagissent par des actions violentes :

* construction de barricades à Alger lors de la semaine des barricades (24 janvier-1er février 1960) ;

* fondation de l’OAS en février 1961 et actes terroristes en Algérie et en France ;

*  tentative de putsch par quatre généraux à Alger les 25 et 26 avril 1961.

OAS (Organisation armée secrète) (p. 303) : Organisation terroriste et clandestine (février 1961-juin 1962) regroupant des civils français d’Algérie et des militaires déserteurs pour empêcher les négociations entre le gouvernement et le FLN et l’application des accords d’Evian.

 

Pendant la guerre d’Algérie les mentalités évoluent. L’opinion publique française découvre peu à peu la violence de la guerre (Photographie 5 page 299).

_ Les mentalités sur l’accession à l’indépendance de l’Algérie sont diverses en métropole :

* « L’Algérie c’est la France » pour François Mitterrand et les Français en 1954. En effet l’opinion française a été traumatisée par la défaite et l’occupation lors de la Seconde guerre mondiale. La population française est attachée à l’Empire colonial comme symbole de la puissance française.

_ Mais d’autres Français ont des points de vues différents :

* Albert Camus, qui souhaiterait une réconciliation entre Français et Arabes est désespéré par la situation de l’Algérie.

* Les communistes, les « porteurs de valises » et certains intellectuels français comme le philosophe Francis Jeanson sont favorables à l’indépendance algérienne. Maurice Blanchot est l’auteur du « manifeste des 121 », un appel à la désobéissance appuyé par plus d’une centaine d’intellectuels.

 

_ Le 16 septembre 1959 le président français Charles de Gaulle prononce un discours favorable à l’autodétermination pour décider de l’indépendance de l’Algérie. Il provoque ainsi une rupture (Texte 4 page 299) avec les positions politiques précédentes (cf. François Mitterrand) et suscite une forte opposition de l’armée et des « pieds noirs ».

_ Le référendum de janvier 1961 montre qu’une large majorité de Français et d’Algériens (75%) sont également favorables à la fin de la « sale guerre ». Les négociations aboutissent aux accords d’Evian du 18 mars 1962.

_ Deux référendums organisés en métropole et en Algérie approuvent ces accords (respectivement 91% et 99,7% de « oui »). Le 3 juillet 1962 l’Algérie devient indépendante.

Autodétermination (p. 303) : le 16 septembre 1959, de Gaulle propose de consulter les Algériens par référendum sur trois possibilités : « la sécession », « la francisation » ou « l’association ».

 

La guerre d’Algérie a des conséquences sur la politique intérieure française. L’enlisement du conflit provoque la naissance de la V République (caricature 2 page 348+ Photographie 2 page 344)

_ L’enlisement meurtrier du conflit en Algérie provoque des réactions comme les émeutes de mai 1958 à Alger  provoquant le retour au pouvoir du général de Gaulle. Ce dernier est le créateur de la V République proclamée le 28 septembre 1958. Cf. cours sur la naissance de la V République.

Des violences politiques ont lieu dans la métropole après la guerre (Photographie 8 page 300).

_ Malgré la fin de la guerre l’OAS continue de perpétrer meurtres et attentats contre Algériens et Français favorables à l’indépendance. Ainsi, en août 1962, l’OAS commet une tentative d’assassinat contre de Gaulle au Petit-Clamart.

 

Le sort des Harkis après la guerre d’Algérie a été un sujet tabou (Tableau 11 page 301)

_ Le 18 mars 1962, les accords d’Evian sont signés : ils prévoient que le million de français présents peut rester en Algérie. Mais les éléments les plus extrémistes du FLN assassinent des Européens pour pousser les Français à partir.

_ Aussi plus de 800 000 pieds-noirs quittent l’Algérie à la hâte, abandonnant la plupart de leurs biens. La plupart des « rapatriés » s’installent dans les départements du sud de la France. La majorité d’entre eux se sentent déracinés, puisque plus de 80% sont nés sur le sol algérien.

_ Parmi les rapatriés d’Algérie une catégorie est rejetée en France et en Algérie : les harkis. Environ 260 000 Algériens musulmans se sont engagés dans l’armée française dans les troupes régulières, comme dans des groupes de protection des villages, les harkas. Il y eut toujours plus d’Algériens combattant sous le drapeau de la République française que dans les rangs du FLN, du MTLD et du MNA.

_ Ces supplétifs algériens musulmans de l’armée française ont été abandonnés aux représailles du FLN ou entassés dans des camps de fortune en France. En effet, à  la fin de la guerre, une partie de harkis, 50 000 à 70 000, a pu venir en France et échapper à la mort et aux tortures infligées par les hommes du FLN. Ils s’entassent dans des camps de fortune et ne bénéficient d’aucune reconnaissance de la part de la France. Ils sont rejetés à la fois par l’Algérie et par l’ancienne métropole.

Harkis (p. 303) : Algériens musulmans servant comme auxiliaires dans l’armée française contre le FLN.

CONCLUSION :La « guerre sans nom » est un conflit meurtrier à l’origine de nombreuses violences sur plusieurs catégories de populations. Elle est à l’origine d’un déracinement pour les « pieds noirs » et les harkis, de traumatismes pour les acteurs du conflit. Cette guerre coloniale a aussi été à l’origine d’un changement politique majeur avec le retour au pouvoir du général de Gaulle et la création de la V République. Mais, aujourd’hui encore, les passions et les incompréhensions sont toujours vives de chaque côté de la Méditerranée malgré 132 ans d’histoire partagée.

 

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