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MUSECLIO

Devoir Histoire 1ère : Les mutations de société depuis 1850 La marche des Beurs

2 Novembre 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Evaluations 1ère

 

 

 

Devoir d’histoire 1ère               Date :                 Nom :

 

Chapitre : Les mutations de société depuis 1850

 

Analyse de documents : Un témoignage sur la première marche des Beurs en 1983

 

Consigne : Vous présenterez d’abord le sens général du document en le replaçant dans son contexte ; puis vous analyserez ce qu’il dit de la place et du rôle des enfants d’immigrés maghrébins dans la société française à la fin du XX siècle ; vous indiquerez enfin les limites de leur combat en faveur de l’égalité civique.

 

« Un soir de l’année 1983, on est venu me chercher : un enfant d’origine maghrébine s’était fait mordre par le chien d’un vigile, et un jeune de dix-neuf ans, Toumi Djaïda, s’était fait tirer dessus par le vigile propriétaire du chien. Je suis allée le voir à l’hôpital, puis je suis allée soutenir les jeunes immigrés qui, à la suite du père Delorme (1), commençaient une grève de la faim. Au départ, cette grève n’était qu’un geste de désespoir, afin de mettre un terme à l’affrontement incessant entre les jeunes de la cité et les forces de police. […]

                Le geste de désespoir des grévistes va peu à peu se transformer en dynamisme de lutte. C’est ainsi qu’est née l’idée de la marche, la fameuse « marche des beurs », cet immense cri de protestation de toute une jeunesse voulant exprimer au grand jour, par sa fraternité interethnique, un désir violent d’égalité au fronton de ses mairies ces trois mots symboliques : Liberté, Egalité, Fraternité… […] Je suis partie rejoindre le petit groupe, une cinquantaine de jeunes, garçons et filles, qui partaient de Marseille en direction de Paris. Notre but était de parvenir jusqu’à l’Elysée et d’apporter nous-mêmes nos revendications au Président Mitterrand.

                […] Les villages, les villes nous attendaient, nous accueillaient pour nous offrir de quoi se nourrir, de quoi dormir […]. Un soir, il y avait un mois que nous marchions, nous avons appris l’assassinat d’Habib Krimzi, un jeune touriste algérien défenestré par des apprentis légionnaires dans le train Bordeaux-Vintimille. […] Tout a failli dégénérer, ce jour-là… [Mais] nous avons tenu bon. Nous étions une cinquantaine au départ de Marseille et plusieurs milliers sur les marches de l’Elysée. Le 3 décembre, le président de la République, François Mitterrand, a reçu une délégation de marcheurs, pendant trois quart d’heure… […] Nous avons montré que nous étions vivants, que nous refusions de n’être que des ombres, comme l’avaient été nos pères. Nous avons obtenu la carte de résident de dix ans au lieu de cinq, une révision des procédures d’expulsion, le droit d’association (2). »

                Yamina Benguigui, « Warda ou la marche des Beurs », Mémoires d’immigrés, Albin Michel, 1997.

1. Le père Delorme est un prêtre du quartier des Minguettes, dans la banlieue lyonnaise aux côtés des immigrés dans la lutte contre le racisme. Il soutient Toumi Djaïda, victime d’agression, pour l’organisation d’une marche pacifique.

2. Au moment des événements relatés, ce droit est déjà reconnu.

 

 

 

 


 

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