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MUSECLIO

Devoir Histoire 1ère : Les mutations de société depuis 1850 Economie monde ?

2 Novembre 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Evaluations 1ère

 

 

 

 

Devoir d’histoire 1ère               Date :                 Nom :

 

Chapitre : Les mutations de société depuis 1850

 

Sujet de composition : Le monde britannique (1850-1914) : une économie-monde ?

 

OU

 

Sujet de composition :Les mutations de la société française depuis le milieu du XIXe

 

Vous rédigerez une introduction avec présentation du sujet, problématique et courte annonce du plan. Puis vous répondrez à votre problématique en rédigeant deux ou trois parties comportant des sous-parties. Enfin vous élaborerez votre conclusion en établissant un bilan de votre démonstration puis une ouverture au devoir.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Devoir d’histoire 1ère               Date :                 Nom :

 

Chapitre : Les mutations de société depuis 1850 

 

Sujet de composition : Le monde britannique (1850-1914) : une économie-monde ?

 

 

CORRECTION

 

Les clés du sujet :

 

Le sujet porte sur le monde britannique, c’est-à-dire la Grande-Bretagne et l’ensemble des territoires qui lui sont liés institutionnellement, économiquement et culturellement (l’Irlande, l’ « Empire informel » - les régions sous son influence économique).

            Les limites chronologiques (milieu du XIX siècle – début de la Première Guerre mondiale) correspondent au moment où la Grande-Bretagne est la puissance mondiale dominante.

 

La notion clé du sujet est celle d’économie-monde : selon l’historien Fernand Braudel, il s’agit d’un espace caractérisé par des relations économiques et commerciales intenses entre ses différentes composantes, et qui cherche à étendre son influence à l’échelle mondiale. Il est organisé autour d’un centre rayonnant sur des périphéries plus ou moins intégrées. La forme interrogative invite à réfléchir sur la pertinence de cette notion pour caractériser le monde britannique.

 

Dégager la problématique :

 

La problématique est largement suggérée par le libellé du sujet : dans quelle mesure le monde britannique constitue-t-elle une économie-monde du milieu du XIX siècle à la veille de la Première Guerre mondiale ?

 

Définir un plan :

 

Même si le sujet couvre une période d’une soixantaine d’années, un plan analytique est le plus pertinent pour rester dans sa logique. Cependant on tiendra compte des évolutions propres au monde britannique.

On peut ainsi construire le plan en trois parties : on décrira d’abord le fonctionnement de cet espace comme celui d’une économie-monde ; on présentera ensuite les fondements de cette dernière ; enfin, on mettra en évidence ses limites. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

[Accroche]

            Selon l’historien Fernand Braudel (1902-1985), l’histoire de l’Europe est rythmée par une succession d’économies-monde du XI au XIX siècle. Il désigne ainsi un espace, caractérisé par l’intensité des relations commerciales et économiques entre ses différentes composantes, qui cherche à étendre son influence à l’échelle mondiale ; il est organisé autour d’un centre rayonnant sur des périphéries plus ou moins intégrées.

[Définition du sujet et problématique]

            Durant la période comprise entre le milieu du XIX siècle et 1914, la Grande-Bretagne s’affirme comme la première puissance économique européenne et mondiale. Dans quelle mesure le monde britannique, organisé autour de ce territoire, est-il une économie-monde ?

[Annonce du plan]

            Nous répondrons à cette problématique en présentant d’abord le fonctionnement de cet espace, puis ses fondements, avant d’en décrire les limites.

 

I. Le monde britannique, un fonctionnement d’économie-monde

1. Un centre, des périphéries

* La Grande-Bretagne est la première puissance économique mondiale durant la seconde moitié du XIX siècle. Londres est une métropole économique mondiale (siège de bourse des valeurs, des bourses de commerce, des grandes entreprises) qui fait figure d’hyper-centre.

* L’Irlande, unie à la Grande-Bretagne au sein du Royaume-Uni, est une périphérie proche et intégrée.

* En périphérie lointaine mais intégrée, l’Empire colonial, composé en 1914 des colonies et des dominions (territoires autonomes sous tutelle britannique), est situé sur tous les continents.

* L’ « Empire informel » qui désigne tous les territoires sous influence britannique (en particulier les Etats-Unis, l’Amérique latine et la Chine), représente les périphéries lointaines en cours d’intégration.

2. D’intenses flux entre le centre et les périphéries

* Des flux commerciaux : la Grande-Bretagne exporte des produits industriels et importe des produits bruts (produits agricoles, matières premières, métaux). Ils sont à l’origine de véritables dépendances : à la fin du XIX siècle, la Grande-Bretagne assure 80% des échanges extérieurs de la Nouvelle-Zélande.

* Des flux financiers : la Grande-Bretagne investit dans l’ensemble du monde britannique. Au début du XX siècle, elle est ainsi le premier investisseur étranger en Chine (1/3 des investissements).

* Des flux migratoires : des millions d’Anglais et d’Irlandais émigrent vers les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Afrique du Sud.

3. L’extension de l’influence du monde britannique

* Elle s’explique essentiellement par l’agrandissement de l’empire colonial en Afrique à partir des années 1870-1880 : Afrique du Sud, Afrique occidentale, Afrique orientale.

* En 1914, l’Empire colonial britannique est le plus grand et le plus peuplé : il s’étend sur 29 millions de km² et compte 450 millions d’habitants.

 

II. Les fondements de l’économie-monde britannique

1. La puissance économique et financière de la Grande-Bretagne

* Durant la seconde moitié du XIX siècle, la Grande-Bretagne est la première puissance économique mondiale : première puissance industrielle (33% de la production manufacturière mondiale en 1870) et commerciale (60% du commerce des produits manufacturés).

* Sa politique commerciale fondée sur le libre-échange lui ouvre de nouveaux marchés et stimule les innovations.

* C’est également la première puissance financière : la City concentre les banques et compagnies d’assurances mondiales ; la livre sterling est la principale monnaie des échanges internationaux.

2. Les choix politiques

* Les gouvernements soutiennent l’impérialisme britannique qui s’exerce à l’échelle mondiale. Ainsi, à partir de 1887, des conférences coloniales (appelées impériales à partir de 1907) réunissent périodiquement les ministres des colonies autonomes et ceux de la métropole.

* Ces ambitions s’appuient sur la supériorité navale de la Grande-Bretagne par rapport à ses concurrents européens.

3. D’autres facteurs

* La forte croissance démographique du Royaume-Uni, conjuguée à la pauvreté d’une partie importante de la population, pousse au départ de nombreux adultes en quête d’une vie meilleure.

* Le contrôle britannique sur la plupart des grands câbles télégraphiques transocéaniques qui se multiplient entre 1865 et 1914 conforte le rayonnement mondial de la Grande-Bretagne.

 

III. Les limites de l’économie-monde britannique

1. Des résistances intérieures

* En Grande-Bretagne, des voix s’élèvent pour critiquer l’impérialisme britannique : c’est le cas de certains dirigeants du parti libéral, comme Lloyd George au début du XX siècle, qui dénonce la colonisation violente ; c’est également le cas des marxistes qui voient dans la colonisation une forme d’exploitation de l’homme par l’homme.

* Dans l’Empire, des révoltes fragilisent la domination britannique : en 1857, en Inde, la Grande Mutinerie affaiblit le prestige de la métropole et entraîne de nombreuses concessions politiques ; de 1899 à 1902, en Afrique du Sud, la guerre des Boers a un coût humain et financier très lourd pour la Grande-Bretagne.

2. De nouveaux concurrents

A partir de la fin du XIX siècle, la puissance économique de la Grande-Bretagne est dépassée par celle des Etats-Unis et rattrapée par celle de l’Allemagne : en 1914, les Etats-Unis réalisent ainsi 32% de la production industrielle mondiale, l’Allemagne 15% et la Grande-Bretagne 13%. Néanmoins cette dernière reste de loin au premier rang  pour les investissements réalisés à l’étranger (44% du total).

 

CONCLUSION

[Bilan et réponse à la problématique]

Par son fonctionnement, le monde britannique constitue bien une économie-monde du milieu du XIX siècle à la veille de la Première Guerre mondiale ; elle s’appuie sur de solides bases, même si elle rencontre des limites.

[Ouverture]

Cependant, amorcée dès les années 1890, l’affirmation de la puissance économique des Etats-Unis annonce le basculement progressif vers une nouvelle économie-monde : le XIX siècle a été britannique, le XX sera américain.

 

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