Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
MUSECLIO

Culture, arts et religions à l'âge industriel 1850-1939 (3)

23 Octobre 2010 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

 

IV. Comment les Eglises font-elles face au monde moderne ?

 

Introduction :

La religion traditionnelle trouve un rival dans l’explication du monde : la science réputée infaillible.

Comment les pratiques religieuses évoluent-elles dans ce contexte ?

 

            A. Quelle est l’évolution des pratiques religieuses ?

                        1) Les catholiques

Image de catéchisme 2 page 50.

Question 3 page 51 : Quel jour de la semaine la scène se déroule-t-elle ?

La scène se déroule le dimanche, jour de la messe (cérémonie religieuse à l’église) et du repos dominical.

 

Question 4 page 53 : Décrivez l’illustration en distinguant ce qui relève de la tradition et de la modernité. Laquelle des deux notions est-elle mise en valeur ? Pourquoi ?

_ L’image peut être interprétée comme une allégorie des dangers de l’enfer et du bonheur du paradis.

* La modernité est figurée au bas de l’image, avec la représentation de l’usine comme un lieu où le travail est difficile, sans repos. La chaleur est intense, l’atmosphère enfumée, la surveillance des contremaîtres sans faille. C’est une vision de l’enfer.

* La modernité est encore présente dans la ville avec les bistrots où les hommes sont attablés et se moquent probablement des curés emmenant les enfants à la messe.

 

*La foule de ceux qui se dirigent vers l’église devient de plus en plus ordonnée : hommes et femmes en habits de couleurs mélangés, puis les clercs et les enfants en rang, devant eux les militaires en habits rouges et quelquefois cuirasses accompagnés de leurs épouses… Loin devant eux sur la route on trouve en tête de ce cortège vertueux les moniales (bonnes sœurs) en rang. 

 

* La tradition est située en hauteur, dans le monde de la campagne avec verdure, croix sur les chemins, haute église en pierre blanche sur la colline où se réunissent les habitants des alentours. C’est aussi une image du paradis. 

 

_ L’église et la campagne sont mises en valeur car c’est le monde resté christianisé alors que le monde des villes et des ouvriers est de plus en plus déchristianisé, les ouvriers étant de moins en moins pratiquants. La volonté est de catéchiser ces populations déchristianisées.

 

_ Dans les régions industrialisées la pratique religieuse est en baisse pour toutes les religions. Les ouvriers sont déchristianisés. Les pratiquants se contentent des rites qui rythment les grandes étapes de la vie : baptême, communion solennelle, mariage, enterrement : c’est ce qu’on appelé « la religion des quatre saisons ».

_ Les vocations religieuses sont moins nombreuses. En France en 1900 plus de 4 000 paroisses sont sans prêtre.

_ Cependant, le recul de la religion doit être nuancé : les femmes pratiquent davantage que les hommes. En France, l’Ouest, le Nord et le Massif Central sont des espaces de chrétienté. Le culte de la Vierge Marie est mis en valeur par le pèlerinage de Lourdes.

                       

                        2) Le protestantisme et le judaïsme

_ Les protestants  subissent la même crise des pratiques mais les réactions sont plus radicales : des sectes protestantes voient le jour pour revenir à des pratiques plus ascétiques, pour venir en aide aux masses et purifier les fidèles. C’est notamment sous l’influence de ce mouvement que le puritanisme s’accentue dans les pays anglo-saxons (Prohibition de la consommation d’alcools aux Etats-Unis en 1919).

_ Les Juifs sont de plus en plus victimes de l’antisémitisme qui sévit un peu partout dans une Europe qui baigne dans le nationalisme de plus en plus exacerbé (et où ils font une nouvelle fois figure de bouc-émissaires), et surtout à l’Est où plusieurs pogroms sont organisés. Mais l’ampleur de l’Affaire Dreyfus montre que la France connaît également de fortes vagues antisémites.

D’où la solution pour les Juifs selon Herzl : le sionisme visant à la création d’un Etat juif.

            B. Quelles sont les attitudes des catholiques face au défi de la modernité ?

 

Texte 3 page 50 : L’Eglise et la science

Question 5 page 51 : Quel est le point de vue de chacun des auteurs sur la science ? Quels sont leurs arguments ?

_ le Père de Scoraille est opposé au darwinisme et à la théorie de l’évolution des espèces. Il ne veut pas d’examen sur cette question. Il évoque implicitement l’argument d’autorité, la tradition : il est traditionaliste.

_  L’abbé Loisy cherche un accord entre science et foi. Il évoque le travail de vérité qui est à la base du christianisme. Il est en faveur de la modernité : c’est un moderniste.

 

 _ L’époque est celle de la confrontation de la foi et du progrès scientifique. Deux opinions s’opposent au sein des Eglises :

* les traditionalistes condamnent le modernisme, à l’exemple du pape Pie IX (1864-1878) qui condamne les « erreurs de notre temps » dans les 80 articles du Syllabus en 1864. Ces erreurs sont : la laïcisation des institutions, le libéralisme, le socialisme…

* les modernistes sont favorables à un accord entre la raison scientifique et la croyance religieuse.

 

Modernisme : Mouvement chrétien favorable à une interprétation des textes, des croyances et des doctrines en accord avec les découvertes de la science.

 

Texte 4 page 50 : La naissance de la doctrine sociale de l’Eglise

Question 6 page 51 : Présentez le texte.

            L’extrait est issu de l’encyclique (lettre adressé par le pape à tous les évêques pour les instruire sur une décision de l'Église, elle est nommée d’après ses premiers mots) Rerum Novarum (Au sujet des choses nouvelles). L’auteur de cette lettre est le pape Léon XIII (1878-1903) et est datée du 15 mai 1891.

Elle a pour objet la prise en compte de la misère ouvrière tout en condamnant la lutte des classes.

 

Question 7 page 51 : Quelles sont les doctrines critiquées par Léon XIII ? Pourquoi ?

            Léon XIII critique le socialisme (l.5) et le marxisme à travers la notion de lutte des classes (l. 11 à 14). Mais il condamne aussi le capitalisme qui exploite les forces du travailleur : 2e partie du texte).

            Le pape condamne le marxisme et le socialisme dont la vision violente de lutte des classes choque ses conceptions chrétiennes. De plus, le marxisme s’oppose à la religion : « La religion est l’opium du peuple » a dit Karl Marx. Ensuite, Léon XIII condamne le capitalisme qui exploite l’individu et s’oppose ainsi à la charité chrétienne.

 

Question 8 page 51 : Que propose l’Eglise en matière sociale ?

L’Eglise propose aux patrons de traiter les ouvriers avec respect (l. 20-21), et surtout à l’Etat d’intervenir pour assurer un revenu suffisant aux ouvriers (l. 24-25), mais aussi de limiter le temps de travail (l. 26à 29), d’être attentif à l’état de santé de l’ouvrier (l. 28-29) ; de protéger les femmes et les enfants (l. 31 à 35).

 

_ Le pape Léon XIII (1878-1903) s’efforce de concilier christianisme, démocratie et justice sociale. Par son encyclique Rerum Novarum de 1891 il prend en compte la misère ouvrière. Il rappelle ainsi aux patrons « qu’exploiter la misère et spéculer sur l’indigence (pauvreté) sont choses que réprouvent (condamnent) également les lois divines et humaines ».

_ Le pape Pie XI (1922 – 1939) condamne plusieurs conceptions politiques et économiques dominantes à son époque. En 1931 il condamne l’égoïsme du capitalisme libéral dans l’encyclique Quadragesimo anno. En 1937 il condamne le nazisme par l’encyclique Mit brennender Sorge (14 mars 1937), le communisme avec l’encyclique Divini Redemptoris (19 mars 1937).

Partager cet article

Commenter cet article