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MUSECLIO

Cours Tl Histoire : L'émancipation des peuples colonisés (2)

19 Janvier 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale

 

 

II. Quelles sont les différentes vagues et les différents types de décolonisation ?

 

            A. Quelles sont les vagues de la décolonisation ?

 

Carte pages 170-171 : La décolonisation (1945 – 1990) +frise chronologique page 168

Distinguez les différentes étapes de la décolonisation en indiquant à chaque fois quelles sont les régions les plus touchées.

 

_ La décolonisation se fait en plusieurs vagues :

* L’Asie devient indépendante avant l’Afrique. Cela s’explique par l’ancienneté de l’implantation des mouvements nationalistes, par l’influence du marxisme dans plusieurs pays (l’Indonésie, l’Indochine…), par le rôle déstabilisateur du Japon pendant la guerre (qui a décrété l’indépendance des colonies conquises). La première décolonisation est celle de l’Inde, en 1947, suivie de Ceylan, la Birmanie (1947-1948), les Indes néerlandaises (Indonésie) (1949) et, plus tardivement, l’Indochine française (1945-1954) et la Malaisie (1957).

* La deuxième vague de décolonisation concerne essentiellement l’Afrique, en commençant par le Maroc et la Tunisie (1956), puis la Gold Coast (Ghana) (1957) en Afrique subsaharienne, et la majorité des pays en 1960 (Afrique noire française, le Congo belge…).

* Certains pays connaissent une décolonisation plus tardive : notamment les colonies portugaises (1974, lors de la révolution des Œillets et la chute de la dictature portugaise).

L’indépendance des colonies portugaises est plus tardive

 

                Elle ne survient qu’après la «Révolution des Oeillets» au Portugal, en 1974, qui met un terme final à la dictature faciste du docteur Antonio de Oliveira Salazar au pouvoir depuis 1932.

 

                En Guinée-Bissau, le P.A.I.G.C. (Parti Africain de l’Indépendance de la Guinée et des Iles du Cap Vert) mène une guerilla urbaine contre les portugais. A partir de 1964, il cherche à prendre en main l’administration des régions libérées. L’intervention de l’armée portugaise ne résoud rien. En 1972, le P.A.I.G.C., qui contrôle l’ensemble du pays, organise l’élection d’une Assemblée Nationale qui proclame l’indépendance. L’ONU reconnaît le nouvel Etat en 1973. Après la Révolution des Oeillets au Portugal, le nouveau chef de gouvernement, le général Spinola signe un accord avec le P.A.I.G.C., consacrant l’indépendance désormais acceptée par Lisbonne (septembre 1974).

 

                En Angola et au Mozambique, une évolution semblable a lieu, mais avec une intervention étrangère beaucoup plus marquée. En Angola, se développent deux mouvements nationalistes rivaux, qui déclanchent la guerilla à partir de 1962 : le F.L.N.A. (Front National de Libération de l’Angola) soutenu par le Congo et la République d’Afrique du Sud , et le M.P.L.A. (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola) marxiste donc soutenu par l’URSS et Cuba. L’Indépendance est proclamée en novembre 1975 dans un contexte de guerre civile. Le M.P.L.A. l’emporte finalement, mais après de multiples tergiversations, l’Angola reste encore aujourd’hui une région très troublée dans une région stratégique de l’Afrique.

 

                Au Mozambique, le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique) déclenche la guerre d’indépendance en 1964. L’indépendance est obtenue en 1975. Là aussi, les troubles persistent.

 

 

            B. Quelles sont les différentes formes des décolonisations ?

 

                        1. Les décolonisations négociées

 

Texte 2 page 182 : Le discours de Carthage (Tunisie)

Question 2 page 183 : Quelle est la politique de la France en Tunisie en 1954 ? Comment est-elle justifiée ?

            Dès son investiture, Pierre Mendès France se prononce pour un changement de politique dans les protectorats d’Afrique du Nord. Le 31 juillet 1954, quelques jours après avoir réglé la question de l’Indochine à Genève, il se rend à Tunis. Au palais de Carthage, il prononce ce discours resté célèbre, en présence du bey. Au terme d’une période extrêmement troublée, la France accorde l’autonomie interne à la Tunisie ; mais entend maintenir en vigueur le traité du Bardo (1881) qui confiait à la France la Défense et les Affaires étrangères. Le président du Conseil justifie sa décision en invoquant les valeurs libérales de la France, les aspirations du peuple tunisien et les engagements pris (première phrase). D’autre part, il explique que la Tunisie est maintenant arrivée à un degré de civilisation et dispose d’un personnel politique et administratif lui permettant de pouvoir accéder à l’autonomie : »Le degré d’évolution auquel est parvenu le peuple tunisien […], la valeur remarquable de ses élites justifient que ce peuple soit appelé à gérer lui-même ses propres affaires. »

 

_ La plupart des colonies obtiennent leur indépendance de manière pacifique : c’est le cas de la majorité des colonies britanniques, et des colonies françaises d’Afrique subsaharienne.

 

_ Ponctuellement, quelques territoires ont choisi de s’émanciper en s’intégrant à la puissance coloniale : c’est le cas, en France, des Dom-Tom.

 

 

                        2. Les décolonisations violentes

 

Texte 3 page 183 : « L’Algérie c’est la France »

Question 3 page 183 : Comment le gouvernement français réagit-il à l’insurrection de la Toussaint ?

François Mitterrand, ministre de l’intérieur du gouvernement Mendès France, présente la réaction du gouvernement français face à l’insurrection dite de la Toussaint. Il commence par revenir sur la rumeur que l’Algérie serait « à feu et à sang ». Il entend montrer l’efficacité de son gouvernement et la promptitude de sa réaction : « les mesures que nous avons prises ont été immédiates », « en trois jours, tout a été mis en place ». Le premier élément de cette réaction est le rétablissement de l’ordre par l’envoi de « seize compagnies républicaines de sécurité » ; l’autre, qui n’apparaît pas dans le texte, est l’accélération des réformes pour « s’attaquer aux racines profondes des problèmes, qui sont d’abord économiques et sociaux » (P. Mendès France).

 

                         

_ Des décolonisations donnent lieu à des guerres d’indépendance : c’est le cas des colonies de peuplement (Kenya britannique, Algérie française) et des puissances déclinantes qui ne sont pas prêtes à abandonner leurs colonies, symbole de leur prestige passé (l’Indochine française, car la France veut rehausser son prestige perdu lors de la Seconde Guerre mondiale, et les colonies portugaises, derniers fleurons d’un gigantesque empire perdu).   

 

            _ L’exemple de la guerre d’Algérie

 

Récit :

                Alors que la Tunisie et le Maroc accèdent à l’indépendance par la négociation, l’Algérie y parvient après une guerre de près de 8 ans.

 

                Cela s’explique par la situation particulière de l’Algérie :

                L’Algérie depuis la colonisation, est considérée comme faisant partie intégrante du territoire national français. Elle forme trois départements français de l’autre còté de la Mer Méditerranée. Elle est peuplée de 10 millions d’habitants, sur lesquels on compte un million de français de souche, les «pieds-noirs» parmi lesquels se trouve un groupuscule très influent dans l’administration française en Algérie, et très hostile à une Algérie musulmane et indépendante. Plus d’un siècle de colonisation a détruit en Algérie tous les cadres politiques locaux sans jamais les avoir remplacer. La France ne reconnaît donc aucun représentant légitime du peuple algérien. Il n’y a donc personne avec qui pouvoir négocier. Les algériens n’ont donc pour se faire entendre que le recours à la rébellion. C’est le Front de Libération Nationale, dirigé par Ahmed Ben Bella réfugié au Caire (Nasser est au pouvoir en Egypte), qui lance la rébellion le 1er novembre 1954. Se développent alors des actions de guerilla et de terrorisme menées par les «fellaghas» dans les campagnes, puis dans les villes. Le FLN soutenus par les pays arabes reçoit aussi l’appui de l’URSS.

 

                En Algérie, la France répète les mêmes erreurs qu’en Indochine : ne pas comprendre le sens de la rébellion, croire que la masse du peuple algérien est en faveur de la France, croire que l’écrasement de la rébellion sera rapide. La France s’engage donc dans une politique de répression croissante par l’envoi de moyens et de soldats toujours plus nombreux dans le but officiel de «maintenir l’ordre». En 1956, les élections législatives se font sur la question algérienne et les partisans de la paix l’emportent. Guy Mollet, nouveau chef du gouvernement, tente alors de mettre en oeuvre sa politique «cessez-le-feu, élections, négociations». Mais sous la pression et l’hostilité des pieds-noirs, il se voit obliger de renforcer la présence du contingent militaire français sur le terrain afin d’intensifier la «pacification». Bien plus encore, les pieds-noirs et l’armée française d’Algérie estiment insuffisant l’engagement et la détermination de la France. Finalement, le 13 mai 1958, éclate l’insurrection d’Alger, avec le soutien de l’armée française d’Algérie qui menacent  d’un coup d’Etat en métropole si De Gaulle ne revient pas au pouvoir. Tous ces événement, d’une extrême gravité, conduisent à l’effondrement de la IVème République et au retour au pouvoir du général De Gaulle.

 

 

Au départ, De Gaulle ne semble pas avoir considéré l’indépendance comme inévitable. Il essaie deux nouvelles politiques : «La Paix des Braves»  (pardon politique à tous) et «La Troisième Force» (le juste milieu entre les extrêmes : pieds-noirs et FLN). Mais, face au pourissement de la situation,  il ne voit très rapidement d’autre solution que la négociation avec la FLN qui, en 1958, se transforme en G.P.R.A. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne). Pour De Gaulle, la négociation apparait la seule issue face aux attaques contre la France à l’ONU, mais aussi du fait de la perte de prestige auprès des pays du Tiers Monde, alors que De Gaulle cherche au contraire à redonner une place importante à la France dans le monde.

 

                L’évolution de l’Algérie vers l’indépendance par la négociation est toutefois retardée par l’opposition farouche des pieds-noirs (révolte des barricades en Janvier 1960 à Alger), mais surtout de l’armée qui, en avril 1961, tente un coup d’Etat : le putsch des généraux (Salan, Challes, Jouhaud, Zeller, le fameux «quarteron de généraux»). De cette double opposition surgit bientôt l’O.A.S. (Organisation de l’Armée Secrète) qui tente à plusieurs reprises d’assassiner De Gaulle.

 

                Les négociations aboutissent enfin, le 12 mars 1962, à la signature des Accords d’Évian :  Algérie indépendante (Sahara compris), avec référendum en France et en Algérie. 800 000 pieds-noirs quittent alors l’Algérie pour la France métropolitaine. La guerre a fait entre 600 000 et un million de victimes. Ce fut  la plus cruelle des guerres de décolonisation.

 

 

* La France accorde en 1956 l’indépendance aux protectorats de Tunisie et du Maroc. Mais, en Afrique du Nord, l’Algérie a un statut particulier. Cette colonie de peuplement comporte un million de « pieds noirs » sur dix millions d’habitants. L’armée française est chargée avec des appelés (jeunes hommes effectuant un service militaire) de pacifier les départements français d’Algérie. Le Front de libération nationale de Ahmed Ben Bella lance la guérilla à partir de 1954.

* Terrorisme et guérilla durent de 1954 jusqu’aux accords de paix en 1962. Les Pieds noirs et l’armée française d’Algérie jugent insuffisante la détermination des hommes politiques. Le 13 mai 1958 l’insurrection d’Alger conduite avec le soutien de l’armée française d’Algérie menace d’un coup d’Etat la métropole si De Gaulle ne revient pas au pouvoir. Ces événements conduisent à l’effondrement de la IVème République.

* Le 12 mars 1962 les négociations aboutissent à la signature des Accords d’Évian : l’Algérie devient indépendante. 800 000 pieds-noirs quittent l’Algérie pour la France métropolitaine. La guerre a fait entre 600 000 et un million de victimes, victimes des combats, du terrorisme des « «fellaghas», de la torture (« gégène ») des services de renseignements français.

 

 

 

 

_  Exemples du Kenya et de l’Indonésie

 

Récit :

            Durant la guerre d’Indochine, deux autres Etats conquièrent par les armes leur indépendance : le Kenya en Afrique de l’est, et l’Indonésie en Asie du sud-est. Il est à noter tout de suite que les combats y ont été beaucoup moins meurtriers qu’en Indochine.

 

            En 1952, au Kenya, les britanniques doivent affronter, la rébellion de la tribu des Mau-Mau qui veulent reprendre aux colons britanniques les meilleures terres que les anglais ont accaparées. Ceux-ci répondent aux attaques des rebelles par des campagnes de «pacification» ! Les très longues négociations avec le chef de la rébellion, Jomo Kenyatta, mettent un terme à la tuerie en 1954, mais le Kenya n’obtient réellement son indépendance qu’en 1963 !

_ Deux autres exemples de décolonisation par la lutte armée sont les cas du Kenya et de l’Indonésie. 

 

_ Au Kenya en 1952 les Britanniques combattent la rébellion de la tribu des Mau-Mau. Ces derniers veulent reprendre aux colons britanniques les meilleures terres confisquées par les colons. Des campagnes de «pacification» sont organisées en représailles aux attaques des rebelles.

_ Les très longues négociations avec le chef de la rébellion, Jomo Kenyatta, mettent un terme à la tuerie en 1954, mais le Kenya n’obtient réellement son indépendance qu’en 1963 !

 

Récit :

            En Indonésie, Ahmed Soekarno (1901-1970), leader du Parti National Indonésien créé en 1928 et dont les principes de lutte nationale sont : foi en Dieu, amour de l’humanité, nationalisme et démocratie, proclame l’indépendance le 17 aôut 1945. Mais les Pays-Bas espèrent restaurer leur souveraineté sur les «Indes Neerlandaises». Entre 1947 et 1948 de très nombreux affrontements ont lieu. Mais en 1949, devant les difficultés rencontrées, les hollandais acceptent l’ouverture de négociations. La Conférence de la Table Ronde de La Haye débouche, fin 49, sur la reconaissance par les Pays-Bas de la création des Etats-Unis d’Indonésie dans le cadre de l’Union néerlandaise. Mais en 1950-1952, les Pays-Bas soutiennent le cessession de la République des Moluques. Soekarno impose alors un Etat centralisé et unitaire. En 1956, l’Union néerlandaise est dissoute. Finalement, en 1957, les derniers ressortissants néerlandais sont expulsés et leurs biens confisqués.

 

 

_ Le 17 août 1945 le leader du Parti National Indonésien Ahmed Soekarno (1901-1970) proclame l’indépendance de l’Indonésie. Mais les Pays-Bas veulent restaurer leur souveraineté sur les «Indes Néerlandaises». De violents combats se déroulent en 1947 et 1948. Face aux difficultés les Hollandais acceptent des négociations en 1949. A la fin de 1949 les Pays-Bas reconnaissent la création des Etats-Unis d’Indonésie dans le cadre de l’Union néerlandaise. Mais, en 1956, l’Union néerlandaise est dissoute. Les derniers ressortissants néerlandais sont expulsés et leurs biens confisqués en 1957.

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