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MUSECLIO

Cours Terminale STG Histoire : Décolonisation et construction de nouveaux Etats (3)

16 Décembre 2010 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale STMG

 

 

III. En quoi consiste le défi du développement ?

 

            A. Quelles sont les difficultés des nouveaux Etats ?

 

(Partager la classe en 3 rangées opérant des tris et les justifiant : la première sur la rubrique démographique, la seconde sur l’économique, la dernière sur le social et le culturel).

 

Liste 1 page 70 : Les critères du sous-développement

Question 1 page 71 : Classer les critères du sous-développement en quatre rubriques : démographiques, économiques, sociaux, culturels.

_ Les critères du sous-développement dans le domaine démographique sont nombreux : malgré une forte  mortalité infantile (2) la croissance démographique est importante (13). Cela s’explique par la transition démographique : le passage d’une situation caractérisée par une forte natalité et une forte mortalité à un régime démographique moderne où la natalité et le mortalité sont faibles. La période intermédiaire est celle d’une forte baisse de la mortalité grâce à l’introduction des vaccins et de la médecine moderne qui luttent contre les maladies des masses (2), mais aussi du maintien d’une forte natalité. Pendant cette période intermédiaire la population augmente fortement.

_ Le Tiers-monde se caractérise par des difficultés d’ordre social et économique. Les structures économiques et sociales sont disloquées (12).

* Cela se constate dans l’existence de très violentes inégalités sociales (11) visibles dans les insuffisances alimentaires de la population (1), principalement des agriculteurs à basse productivité (4). Les citadins et les « classes moyennes » étant au contraire peu nombreuses (5).

* Dans le secteur économique le PNB/hab. (Produit national brut par habitant) est faible (8). Cela s’explique par une situation de subordination économique (10), mais aussi car les ressources sont négligées ou gaspillées (3) par exemple avec un très grand nombre de places de fonctionnaires attribuées aux « clients » du chef de l’Etat. Ces fonctionnaires étant eux-mêmes corrompus (hypertrophie et parasitisme du secteur tertiaire [7]). Le secteur industriel est récent et peu performant (6). Tous ces facteurs aboutissant à un fort chômage ou encore au sous-emploi et au travail des enfants. 

_ Toutes ces conditions sont encore aggravées par une forte proportion d’analphabètes (2) qui n’empêchent pas la prise de conscience de la situation par les populations (14).

 

_ Le Tiers-monde se caractérise par des difficultés d’ordres sociaux et économiques, mais aussi démographiques et culturels. Pour mesurer le sous-développement il a été créé un indice : l’IDH. Celui-ci mesure le niveau d’instruction, l’espérance de vie à la naissance et le Produit National Brut par habitant.

_ Les pays sous-développés sont caractérisés par la pauvreté de la majorité de la population, par leur forte croissance démographique, et l’importance de l’analphabétisme.

TIERS-MONDE (p. 271): l’expression fait référence au tiers état de l’Ancien régime. Comme lui, le Tiers-monde « n’est rien » dans l’ordre mondial et demande à y « devenir quelque chose ». A partir des années 1960, le Tiers-monde regroupe l’ensemble des pays pauvres, africaines, asiatiques et latino-américains.

IDH (p. 268) : indicateur du développement humain calculé par l’ONU. Il est compris entre 0 et 1. La moyenne mondiale est de l’ordre de 0,740.

Pays sous-développé (p. 71) : pays qui ne parviennent pas à satisfaire les besoins essentiels de sa population.

 

B. Quelles sont les causes de la fragilité économiques des nouveaux Etats ?

 

Graphiques 3 page 70 : Le tiers-monde et les exportations

Question 3 page 71 : Comment se traduit la dépendance des nouveaux Etats dans le commerce international ? Quel est le risque lié à la mono-exportation ?

_ Les nouveaux pays cherchent à parvenir à leur indépendance économique face aux anciennes métropoles. Pour cela il leur faut modifier les infrastructures et les circuits jusque là orientés en fonction des intérêts du colonisateur : chemins de fer et routes orientés vers les ports, priorité aux cultures commerciales et aux richesses du sous-sol…

* En effet, la dépendance économique des nouveaux Etats dans le commerce international se voit dans la part tenue dans l’exportation par un seul produit : en 1967 plus de 90% des exportations de la Mauritanie était constitué de minerais de fer, 70% des exportations de l’Algérie correspondait au seul pétrole. Les cultures commerciales sont aussi importantes : plus de 80% des exportations du Tchad en 1967 résident en coton.

_ Le risque lié à la mono-exportation est celui de voir le prix du produit exporté diminué et donc le revenu du pays baisser également. Or, les prix des produits sont fixés par les pays développés. Cette dégradation des termes de l’échange creuse les écarts de richesse entre pays en voie de développement et pays développés dont la valeur des produits manufacturés augmentent.

* Les compagnies originaires des pays développés présentes sur les pays en développement exploitent leurs richesses naturelles, avec parfois peu de retombées pour les populations locales. On parle parfois à ce sujet de néocolonialisme.

Termes de l’échange (p. 71) : rapport entre les prix moyens à l’exportation et les prix moyens à l’importation. Cet indicateur permet de mesurer le « pouvoir d’achat » e’un pays dans le commerce mondial.

Néocolonialisme (p. 71) : domination indirecte, de nature économique ou culturelle, d’un pays sous-développé par un pays développé.

 

Quels facteurs internes expliquent ce mauvais développement ?

RECIT :

_ Les nouveaux pays ont hérité d’une économie dépendante : ils exportent une ou deux matières premières mais n’ont pas été industrialisés. Par exemple l’économie de la Côte d’Ivoire repose sur le cacao. Or les cours de ce produit sont fixés par les gros acheteurs des pays industrialisés. Quand il baisse c’est la crise généralisée des années 1980.

_ Mais cette crise révèle une exploitation des richesses marquées par la corruption et le gaspillage. Félix Houphouët-Boigny, président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1990, a financé lui-même les 250 millions d’euros nécessaires à la construction d’une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome dans son village de Yamoussoukro, devenue capitale.   

 

 

C. Quelles sont les différentes stratégies de développement et leurs résultats ?

 

Carte 3 page 59 : Le tiers monde à la fin des années 1970

Qu’est-ce qui caractérise les quatre « dragons » en 1970 ?

_ Le décollage économique et la croissance forte des quatre « dragons » (Corée du Sud, Taiwan, Hong-Kong et Singapour) s’expliquent par le choix de l’industrialisation des pays asiatiques dans les années 1950-1960. Les pays ont développés une industrie industrialisante, c’est-à-dire une industrie permettant de développer d’autres industries.

 

Texte 4 page 71 : La voie de développement ivoirienne

+ Texte 5 page 71 : La voie de développement tanzanienne

Question 4 page 71 : Comparer les deux voies de développement. En quoi ces deux pays africains divergent-ils ?

_ Plusieurs voies de développent sont adoptées par les pays décolonisés.

* Certains pays africains comme la Côte d’Ivoire ont adoptés une stratégie de développement extravertie. L’ouverture commerciale permet de vendre des denrées agricoles (cacao ivoirien) ou des ressources énergétiques (pétrole algérien) pour financer le développement du pays. Mais cela crée une forte dépendance vis-à-vis de la demande extérieure.

*  De 1950 à 1980 la majorité des Etats ont choisie une voie de développement socialiste autocentrée. La priorité est donnée au marché intérieur plutôt qu’aux relations commerciales avec l’extérieur. L’agriculture est collectivisée, les ressources nationalisées (comme le gaz et le pétrole en Algérie). C’est le Tanzanien Julius Nyerere, proche de Fidel Castro, qui a été le promoteur de cette voie socialiste en Afrique.

(La Tanzanie produit du riz, du café, du sisal : une plante tropicale dont la fibre permet de fabriquer des cordages).

Ce modèle s’accompagne d’efforts en faveur de l’enseignement et de tentatives pour une amélioration des conditions sanitaires. Mais le modèle s’effondre avec l’effondrement de l’URSS.

 

Texte 20 page 79 : La réorientation libérale.

Question 3 page 79 : Comment, pour sortir de la crise, l’Algérie réoriente son modèle ?

_ L’Algérie voulait financer son développement par les ressources en pétrole passées sous le contrôle de l’Etat. La priorité était donnée à l’industrialisation (raffinage, chimie, sidérurgie) au détriment de l’agriculture. Dans les années 1980 la diminution des revenus pétroliers, les résultats décevants de la politique d’industrialisation et les faiblesses du secteur agricole provoquent des difficultés économiques et sociales (fort chômage des jeunes, carences dans les secteurs éducatifs et sanitaires). En 1988 éclatent des émeutes de la faim.

_ A partir de 1994 l’Algérie abandonne son modèle de développement socialiste. Des réformes sont faites pour ouvrir le marché national et adopter l’économie de marché : les entreprises publiques sont privatisées, une demande d’adhésion est formulée auprès de l’OMC. Néanmoins, le rôle de l’Etat reste important en Algérie, en Inde, etc…

 

Quels projets de zone de libre-échange souhaitent créer l’Algérie ?

_ L’Algérie souhaiterait (l. 17 à 19) créer des zones de libre-échange avec l’Union européenne et les Etats-Unis. En effet, les projets de création de grands marchés régionaux se multiplient : Union européenne à 27 en Europe ; Union du Grand Maghreb et Unité africaine sur le continent africain ; ASEAN en Asie.

_ Le but de ces créations de zone de libre-échange est de favoriser l’économie et le développement des pays membres. Cependant, les réussites sont limitées.

Quel est le bilan de ces stratégies de développement ?

_ En 2007 le bilan du développement des Pays en Développement est contrasté :

* Positif en Asie, pour les pays émergents, les dragons, ou encore l’Inde. En Inde par exemple l’alimentation de la population a été possible grâce à la révolution verte, la modernisation de l’économie est importante. Par exemple le groupe sidérurgique Tata se lance après 1945 dans la construction d’automobiles et de camions, puis dans l’électronique. La vallée de Bangalore est aujourd’hui une zone importante pour l’électronique et la recherche, comparable avec la Sillicon Valley américaine.

* Le bilan est négatif en Afrique. En particulier avec la crise économique depuis 1980, des épidémies comme le Sida, et une instabilité politique importante.

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