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MUSECLIO

Cours Terminale L/ES : Quel est le déroulement de la Guerre Froide de 1945 à 1975 (partie 2) 3

8 Octobre 2010 Publié dans #Cours Terminale

 

 

 

II. Comment se déroule la soumission des Etats tiers ?

 

_ Comment se déroule la soumission des Etats tiers ?

_ En quoi les événements de l’année 1956, véritable année-charnière, ont-ils remodelé l’ordre international ?

 

A. En quoi la crise de Suez est-elle une crise de la guerre froide mais aussi un épisode de l’émergence politique du tiers monde ?

 

Caricature 5 page 187 : Caricature soviétique à propos de l’affaire du canal de Suez, publiée en 1956

Question 4 page 187 : Quel est le message délivré par cette caricature ? Quelle est l’importance de l’épisode de Suez dans l’affirmation politique des pays du Tiers monde ?

_ La crise de Suez se déroule du 29 octobre au 6 novembre 1956.

 Sur la caricature, le lion anglais et le coq français, malheureux et pitoyable, sortent des eaux du canal. Sur l’autre rive, la pyramide et le Sphinx, affichant un air dédaigneux et supérieur, est présenté comme le vainqueur : il a arraché la queue du lion et quelques plumes du coq tricolore. La caricature est soviétique, elle insiste donc sur l’humiliation infligée aux vieilles puissances libérales européennes et met en valeur la victoire de l’Egypte. 

 

_ Au début des années 1950, France et Royaume-Uni, les deux anciennes grandes puissances coloniales, sont en position de repli. Les Britanniques rencontrent bien des difficultés à garder le contrôle de la région devant la montée du nationalisme arabe tandis que la France, qui accorde l’indépendance au Maroc et à la Tunisie en 1956, est en guerre avec l’Algérie. Le 26 juillet 1956, le colonel Nasser proclame la nationalisation de la compagnie du canal de Suez dont les actionnaires sont en majorité français et anglais, pour financer le barrage d’Assouan. Nasser a auparavant obtenu des Soviétiques une aide militaire conséquente ainsi que la promesse de financer les travaux du barrage. Après des négociations infructueuses sous l’égide de l’ONU, la France, le Royaume-Uni et Israël attaquent l’Egypte à la fin du mois d’octobre. Moscou menace et Washington exerce des pressions politiques et financières sur les Britanniques. Ces derniers cèdent, obligeant le gouvernement français à accepter le cessez-le-feu ordonné par l’ONU.

 

_ Les deux Grands ont réussi à se débarrasser des vieilles puissances européennes et se trouvent désormais face à face au Moyen-Orient tandis que Nasser sort vainqueur de l’épreuve. Il a acquis une grande popularité lui permettant de se poser en rassembleur de la « nation arabe ». L’affaire de Suez est une crise de la guerre froide mais aussi un épisode de l’affirmation du nationalisme arabe et de l’émergence politique du tiers monde qui a révélé sa capacité de décision autonome dans le jeu des relations internationales.

 

 

            B. Comment se déroule la répression de l’insurrection hongroise ?

 

Une du journal La Croix mardi 6 novembre 1956

Questions 1 à 3 page 98

1. Présentez le document.

            Le 6 novembre 1956, le journal quotidien La Croix fait part à ses lecteurs, par des titres imposants, d’événements graves qui se sont passés à relativement peu de distance de la France : le soulèvement de Budapest et la crise du canal de Suez.

            Ce journal porte des indices redondants de caractères confessionnel : la Croix est celle portée par le Christ lors de sa portée au calvaire ; le logo en haut et à gauche est encore celui du Christ mort sur sa croix et le premier titre de l’éditorial sur la gauche annonce la mort du cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, réputé pour avoir pris parti contre la déportation des juifs par Vichy.

 

2. Exposez les événements dont il est question.

_ A la suite de plusieurs années d’agitation dans la République populaire de Hongrie, le dirigeant stalinien Rakosi est remplacé par Imre Nagy, communiste souhaitant le retour au pluralisme politique, la neutralité de la Hongrie et son retrait du pacte de Varsovie : c’est ce qu’il proclame le 1er novembre. Il a le soutien d’une majeure partie de la population ce qui explique l’inquiétude des Soviétiques et leur décision de faire intervenir les membres du pacte de Varsovie dès le 4 novembre 1956 afin de briser l’insurrection qui, pour eux, ne peut avoir été fomentée que par les « forces impérialistes ».

(   _ Le 26 juillet 1956, le colonel Nasser, à la tête de la jeune République égyptienne décide la nationalisation du canal de Suez afin de financer le barrage d’Assouan et affirmer ainsi une véritable indépendance nationale ; le mécontentement est total pour le Royaume-Uni, principal actionnaire et utilisateur du canal, et grand pour la France devenue très méfiante à l’égard d’un pays soutenant les nationalistes algériens et les protégeant. Quand à l’Etat d’Israël, il voit là une bonne occasion de se venger et d’infliger une cuisante défaite à l’Egypte qui lui est totalement hostile. L’attaque des franco-britanniques suit de très peu celle des Israéliens qui avait démarré le 26 octobre. Le 31 octobre 1956, les franco-britanniques bombardent les aéroports égyptiens puis débarquent à Port-Saïd mais dès le 2 novembre l’assemblée générale de l’ONU recommande le cessez-le-feu immédiat en Egypte, ce que les franco-britanniques acceptent dès le lendemain mais en posant des conditions. Le 6, ils décident d’arrêter leurs opérations. )

Et pourtant, le gros titre du journal La Croix affirme, sans doute en retard, que « les parachutistes alliés sont entrés en action dans la zone du canal de Suez » ; et ajoute la photographie d’un porte-avion faisant partie de la « flotte de débarquement » alors que ces forces sont en fait sur l point de s’en retirer (et que le porte-avion est en fait une…barge de débarquement !). 

 

3. Comment le journal La Croix présente-t-il les événements hongrois ? Pourquoi ?

            Le journal affirme son indignation par un vocabulaire très imagé et jetant toute la responsabilité de l’événement sur « Moscou » : « botte sanglante », « mer de flammes », « écrasé » ; la photographie accompagnant ce titre exprime la dureté des combats : façades dévastées, char détruit. Le jugement du journal est donné par le titre d’un autre article : « honte et indignation ».

            Le vocabulaire employé insiste sur la brutalité de la répression soviétique qui est en réalité celle des forces militaires du pacte de Varsovie. En haut, à droite, le journal a choisi de placer une citation du cardinal catholique polonais Wyszynski montrant par là même que le régime athée représente les forces du mal car il réprime tout à la fois ses opposants politiques qui aspirent à la liberté et les fidèles religieux, ici, les catholiques. Ce régime ne produit que des « massacres », l’URSS continue sa politique d’extermination : après Katyn – exécution de milliers d’officiers polonais par Staline – celle des opposants au régime.

 

 

            C. En quoi consiste l’intervention des armées du Pacte de Varsovie à Prague ?

 

Photographie 4 page

5 page

Question 4 page 251 : Quelle a été la réaction des Soviétiques ? (  Quelle interprétation font-ils du « printemps de Prague » ? En quoi est-elle une contre-vérité ? )

_ Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie entrent en Tchécoslovaquie. Les forces sont impressionnantes (500 000 hommes et 7 000 chars) pour réprimer la tentative de démocratisation du régime communiste mené par Dubcek.

Il faut souligner ici que, faute d’interlocuteur crédible (tel Kadar en Hongrie qui avait appelé à l’aide), les Soviétiques ne peuvent rééditer le scénario de 1956, ce qui explique aussi les nombreuses protestations émanant de partis communistes (Chine, Roumanie, Italie, France dans une moindre mesure). La photographie montre un char soviétique dans les rues de Prague. La scène est violente car le char a dû se frayer un passage, sans doute en tirant sur les bus situés derrière lui maintenant. Toutefois, il faut souligner qu’aucun des Tchécoslovaques n’est armé (une femme brandit un drapeau) et que la plupart sont en fait en train de regarder ce qui se passe. En effet, à la différence de ce qui s’est passé en 1956, le sang ne coule pas en Tchécoslovaquie et la population se contente d’une résistance passive. Quant à l’armée, elle a reçu l’ordre de ne pas s’opposer.

 

 

III. Comment évoluent les relations diplomatiques (1962-1975) ?

           

            A. En quoi la guerre du Vietnam est-elle un traumatisme pour les Etats-Unis ?

 

Affiches de propagande 3 page 89

Question 3 page 89 : Quels symboles sont représentés ? En quoi les deux affiches illustrent-elles la nature du combat au Vietnam ?

Lors de cette guerre, plusieurs films ont été tournés et de nombreuses affiches de propagandes réalisées.

            La première affiche est américaine et destinée à favoriser l’enrôlement. En grosses lettres, la destination, le Vietnam, en petite écriture, les objectifs, servir… l’Amérique et ses idéaux.

            Le drapeau américain occupe une bonne partie de l’affiche et la situation sur place est évoquée par une présence massive de jeunes soldats conquérants, guerroyant dans les rizières, sûrs de leur victoire prochaine, appuyés par un matériel militaire abondant. Cette vision optimiste de la guerre est bien loin de la réalité !

 

_ La guerre du Vietnam (1964 – 1975) montre les limites de la Détente.

Avant 1964 : l’engrenage :

_ La guerre a pour origine la division du Vietnam en deux zones de chaque côté du 17e parallèle par les accords de Genève en 1954. Le Nord est dominé par les communistes de Hô Chi Minh, et le Sud par la dictature anticommuniste de Diem soutenue par les Etats-Unis. L’opposition à la dictature, essentiellement communiste (mais avec aussi des liberaux et des bouddhistes) se regroupe dans le Front National de Libération (FNL) en 1960. Les « Vietcongs » sont les forces armées du FNL. Depuis 1959 ils se livrent à une guérilla contre la dictature, avec l’appui du Nord Vietnam.

_ Les Etats-Unis, dans le cadre de la « théorie des dominos », aide le Sud Vietnam (Il ne faut pas qu’un pays tombe sous l’emprise communiste, sinon il entraînera ses voisins dans sa chute les uns après les autres). Kennedy envoie 17 000 «conseillers militaires entre 1961 et 1963, pour encadrer l’armée du Sud Vietnam.

A partir de 1964 : l’enlisement :   

_ En 1964 le Sud Vietnam est au bord de l’effondrement. Aussi les Etats-Unis interviennent plus directement et plus massivement. Le prétexte est l’attaque par des vedettes du Nord Vietnam de navires américains (l’incident du Tonkin). Le président Johnson décide de combiner des attaques aériennes au Nord et des opérations au sol au Sud.

_ Les bombardements sont massifs et meurtriers : dès 1965 les B 52 américains larguent plus de 634 000 tonnes de bombes en 3 ans (c’est à dire plus que l’Europe n’en a reçu au total pendant la 2ème guerre mondiale !…). Les bombes sont de tous les types : bombes à fragmentation, bombes chimiques, napalm, défoliants pour détruire la couverture forestière du pays. Le nombre de soldats américains est de 500 000 en 1967, et bien équipés hélicoptères…

_ Mais, la guérilla vietcong résiste, alors que l’armée américaine est rongée par la drogue et les trafics en tous genres, ainsi que par la démoralisation.

 

Hô chi Minh : (biographie page 147)

 

            La seconde affiche est soviétique ; elle date de 1972 alors que les communistes sont de mieux en mieux implantés dans le Sud, que les bombardements sur le Nord sont à nouveau intenses et que des pourparlers entre Henry Kissinger et des représentants vietnamiens s’engagent à Paris. L’affiche présente à la fois la continuation de la lutte et l’avenir du pays. La lutte, c’est le bras levé occupant tout le centre de l’affiche et tenant fermement et avec une grande force le drapeau rouge surmonté d’une étoile jaune, celui des partis communistes. La victoire et l’avenir sont symbolisés par les enfants scolarisés montrés en noir et blanc comme sur une photographie pour en donner une représentation réaliste. Les épis de blé vert évoquent le retour à une production alimentaire abondante. Cette affiche affirme elle aussi la certitude de la victoire en vue d’une vie meilleure.

 

_ Le Nord Vietnam remporte des succès. L’année 1968 constitue un tournant avec l’Offensive du Têt.

* En janvier, les maquisards Vietcongs lancent une grande offensive dite « offensive du Têt » (Nouvel An vietnamien) sur les villes du Sud, les bases américaines et ils entrent même dans Saigon, pour être finalement repoussés. Cela montre l’échec américain pour détruire le FNL.

* Face à cet échec le président Johnson commence les négociations avec le FNL et le gouvernement de Hanoi et ordonne en mars l'arrêt des bombardements.

_ Le président Nixon décide de la «vietnamisation» de la guerre. A partir de 1969 les forces terrestres américaines se désengagent. Les soldats américains passent de 500 000 à 50 000 hommes. En même temps, les États-Unis organisent une puissante armée Sud-vietnamienne de 1 800 000 hommes. Mais, en mars 1972, l'armée Nord-vietnamienne lance une offensive générale sur le 17e parallèle. Nixon réplique par la reprise des bombardements massifs sur Hanoi et les digues du Tonkin.

_  Pour négocier en position de force, Nixon décide du bombardement de la piste Hô Chi Minh, qui, du Nord Vietnam, à travers le Laos et le Cambodge oriental, approvisionne les maquis du Vietnam du Sud. Il provoque ainsi l’extension régionale du conflit au Laos et au Cambodge.

_ Dans ce contexte, Nixon autorise la CIA en 1970 à faire renverser le prince Sihanouk, roi du Cambodge, dont la position dans le conflit est neutraliste, au profit d'une dictature militaire proaméricaine dirigée par le général Lon Nol. Le Cambodge bascule dans la guerre civile, les « khmers rouges », communistes cambodgiens prochinois, harcelant le nouveau régime à partir des maquis.

 

 

Texte 5 page 89

Question 4 page 89 : D’après Henry Kissinger, pour quelles raisons les Américains ont-ils été nombreux à s’opposer à la guerre ?

            Henry Kissinger est le conseiller de R. Nixon en 1968 puis son secrétaire d’Etat en 1973. Dans ses mémoires et dans cet extrait, il dresse un tableau de l’Amérique de la fin des années 1960 et du début des années 1970.

            Durant ces années, le modèle américain subit une montée des critiques de tous ordres : ralentissement de la croissance, société très inégalitaire, problème noir, contestation d’universitaires et d’étudiants à l’égard de la société de consommation, poussée du mouvement féministe mais surtout exacerbation des passions face à cette guerre lointaine du Vietnam dont on ne retient que le retour des morts, des blessés et des traumatisés pour le restant de leurs jours ; les manifestations pour « la paix au Vietnam » devant la Maison Blanche se font de jour en jour de plus en plus nombreuses et touchent de plus en plus d’Américains issus de couches sociales et ethniques très diverses. Pour l’américain M. Herr (Putain de guerre, 1980), « il semblait maintenant que tout le monde connaissait quelqu’un qui était allé au Vietnam et ne voulait pas en parler ».

             La réflexion de H. Kissinger, une dizaine d’années après les événements démarre par une contestation : la baisse de « l’unité nationale américaine » alors qu’elle ne fait que croître au Vietnam, confirmant ainsi la remarque de Hô. Pour l’ancien secrétaire d’Etat, l’opposition à la guerre est due aux raisons suivantes :

- des « sacrifices » c’est-à-dire des tués et des blessés pour une cause que les Américains ne comprennent plus ;

- un « idéal abstrait dont nul ne pouvait prouver le bien-fondé » : après la guerre, les Américains avaient créé cet idéal de libérateur juste et glorieux ; or, au Vietnam, l’idéal revendiqué par les dirigeants, la justice, la liberté, la libération ne se justifient plus car pour un grand nombre d’Américains leur pays est devenu l’occupant et par là même l’agresseur des Vietnamiens ;

- les manifestations nombreuses dans le monde font douter de la « crédibilité de l’Amérique » quant à la continuation de la guerre, l’Amérique s’isole.

            Notons que H. Kissinger est un des artisans du désengagement américain au Vietnam.

_ Le 23 janvier 1973, le président américain Richard Nixon annonce dans un discours radiotélévisé la conclusion d'un accord sur la cessation des hostilités et sur le rétablissement de la paix au Viêt-nam. La guerre a causé 56 000 morts pour les américains, 1,5 million pour le Vietnam du Nord … La guerre continue entre le Nord et le Sud, qui a refusé les accords de Paris jusqu’à la chute de Saigon en 1975.

_ La guerre a de multiples conséquences négatives.

* Elle a été très coûteuse. Des centaines de milliards de $ ont été dépensées dans cette guerre.

L’inflation et le déficit augmentent, provoquant une perte de confiance dans la monnaie américaine.

* La guerre a été médiatisée dans le monde entier et révèle les horreurs de la « sale guerre » avec les souffrances de la population vietnamienne, des soldats américains, favorisant ainsi la propagande pacifiste.

_ La guerre provoque une crise morale aux Etats-Unis :

* L’opposition à la guerre se développe dans les universités, parmi les intellectuels, et également chez les noirs qui y voient une guerre raciste.

* Les Américains subissent pour la première fois de leur histoire une défaite militaire de la tout en doutant de la légitimité du conflit.

_ La guerre ternit l’image des Etats-Unis dans le monde, en créant une vague d’antiaméricanisme dans le tiers monde, mais aussi parmi la jeunesse des pays occidentaux, en particulier en France.

_ Au niveau politique l’échec de la guerre du Vietnam provoque un affaiblissement des positions de l’occident. L’ouest s’interroge sur la capacité des Etats-Unis à défendre leurs alliés, et aussi sur leur volonté à le faire. En effet une volonté de non intervention s’est développée aux Etats-Unis. Ceci avantage la politique soviétique. 

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