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MUSECLIO

Cours Terminale L/ES : Quel est le déroulement de la Guerre Froide de 1945 à 1975 (partie 2) 1

8 Octobre 2010 Publié dans #Cours Terminale

 

 

QUEL EST LE DEROULEMENT DE LA GUERRE FROIDE DE 1945 à 1975 ? (partie 2)

 

I. En quoi la période 1953-1962 est-elle celle du dégel et de l’équilibre de la terreur ?

 

            A. Pourquoi la coexistence pacifique est-elle une coexistence forcée ?

 

Texte 1 page 90 : La dissuasion nucléaire en 1954

Question 1 page 91 : Définissez « armes de destruction massive », « arme conventionnelle », « armes non conventionnelles ». Pour Kennan, quelle stratégie militaire les Etats-Unis doivent-ils dorénavant adopter ?

 

            G. F. Kennan qui a été ambassadeur américain en Union soviétique, est l’un des grands experts des Etats-Unis pour les affaires de l’URSS ; il a été, en 1947, l’initiateur de la politique d’endiguement des Etats-Unis et a mis en garde ses compatriotes contre le danger d’une politique de défense fondée sur l’arme nucléaire, dénoncée par l’auteur comme « arme de destruction massive », c’est-à-dire une « arme horrible » provoquant à court mais aussi à long terme des dégâts à la fois sur l’adversaire mais aussi sur l’agresseur. Les armes nucléaires, pour Kennan, représentent « l’une de réalités majeures et les plus tristes du monde contemporain ».

            La course aux armements nucléaires s’est accélérée depuis 1945 et les deux Grands possèdent, l’un et l’autre en 1954, l’arme thermonucléiare beaucoup plus puissant que celle de Hiroshima.

            Ce grave danger pour la planète mais la quasi-certitude que « nous ne pouvons écarter la possibilité d’une guerre » entraîne Kennan à conseiller le retour à la production et l’utilisation éventuelle d’armes traditionnelles (chars, explosifs non-irradiants, mitrailleuses…) dénommées par lui-même « armes conventionnelles ». A celles-ci il ajoute des armes non reconnues par les conventions de Genève donc « armes non conventionnelles », telles que l’arme chimique ou bactériologique. Il établit donc une hiérarchie de l’armement en fonction à la fois des dangers qui exercent mais aussi en fonction de son efficacité.

            Pour Kennan, l’arme nucléaire, durablement contaminante, doit donc prendre une valeur de dissuasion, le but de sa fabrication étant de battre l’adversaire par ce moyen psychologique de risque d’anéantissement rapide. Pour cet expert et pour nombre de savants et politiques, cette arme peut jouer le rôle de protecteur contre la guerre. Pour Kennan, la victoire sur l’adversaire ne dépend pas « du nombre de gens que l’on peut tuer avec une seule arme » mais de la valeur de dissuasion de l’armement possédé.

 

_ 1953 est une année tournant avec la mort de Staline, l’armistice en Corée, la première bombe H soviétique (bombe à Hydrogène, bien plus destructrice que la Bombe A, atomique). Tous ces points contribuent à une évolution des relations entre URSS et Etats-Unis. Chacun doit tolérer l’autre. C’est une coexistence forcée.

Les deux grands entrent désormais dans une phase dite de « coexistence pacifique », ce qui entraîne un certain dégel des relations entre les deux Supergrands, même si des tensions réapparaissent périodiquement.

_ Les deux grands règlent désormais leurs rapports sur deux principes implicites :

* Ne pas intervenir dans la zone d’influence directe de l’autre

* Eviter la guerre nucléaire.

Coexistence pacifique (p. 80) : expression léniniste reprise par Khroutchev en 1956 pour définir la nouvelle ligne internationale de l’URSS. Soucieux d’éviter une guerre destructrice, les Soviétiques veulent transposer la lutte sur le terrain de la compétition économique et idéologique. La coexistence pacifique ne comporte donc qu’une détente limitée. 

 

 

 

 

OU

            1) Quelles sont les causes de ce revirement sur les relations Est-Ouest en URSS ?

 

_ Les causes de ce revirement en URSS sont :

_ L’équilibre de la Terreur : c’est la prise de conscience des risques d’une guerre nucléaire, chacun pouvant maintenant intégralement détruire son adversaire, mais pouvant aussi être largement détruit en seconde frappe : mieux vaut éviter l’affrontement direct pouvant conduire à une guerre mondiale nucléaire qui pourrait anéantir une bonne partie de l’humanité !

L’arme nucléaire s’intègre donc dans une stratégie de dissuasion.

_ La fin du complexe de citadelle assiégée par l’URSS :

La possession de l’arme nucléaire confère un sentiment de sécurité à l’URSS : à l’ère des bombes thermonucléaires et des fusées porteuses, il est possible de frapper n’importe quel point de la planète en un temps extrêmement réduit.

 

_ Les grands projets économiques et sociaux

Khrouchtchev projette de dépasser la puissance économique et le niveau de vie des américains vers les années 1980. Une longue période de paix est donc nécessaire pour cela ; la coexistence pacifique permettrait de freiner la course aux armements

 

            2) Quels sont les changements dans la politique extérieure américaine ?

 

_ Du côté américain, il n’y a pas de véritable rupture en politique extérieure :

Même si le langage est en apparence plus offensif. Ainsi, pendant la campagne électorale de 1952, le futur président Eisenhower critique la politique de l’endiguement de Truman. En effet, son secrétaire d’état, Foster Dulles, est quant à lui favorable au « roll back », c’est à dire au refoulement des soviétiques sur leurs positions d’origine.

_ La doctrine militaire est renouvelée :

La doctrine des représailles massives (toute attaque de l’URSS, de quelque nature qu’elle soit engendrera  une riposte américaine immédiate et générale en n’importe quel point du bloc socialiste). La stratégie anti-cités consiste à pointer l’arme nucléaire  sur les villes du bloc de l’Est et non pas seulement sur les objectifs militaires.

_ En fait si la Maison Blanche durcit le ton, c’est davantage à usage intérieur pour satisfaire une opinion largement maccarthyste, qu’à un usage extérieur. En réalité la politique extérieure américaine est plus pragmatique, pratiquant l’endiguement et s’appuyant sur l’intégralité de l’éventail de leurs moyens, et pas seulement sur leur puissance nucléaire : réseaux d’alliances, bases militaires dans le monde, diplomatie du dollar et investissements extérieurs, puissance de la CIA.

 

            3) Quels sont, de 1953 à 1955, les signes du dégel des relations internationales ?

 

_ Le climat international est amélioré par plusieurs rencontres et accords dans la période :

* Janvier 1954 : se tient une conférence à 4 sur l’Allemagne : c’est une illustration de la reprise du dialogue. Mais c’est un échec.  

* 1954 la conférence de Genève met fin à la guerre d'Indochine ;

C’est la première présence officielle remarquée de la Chine populaire dans une conférence internationale (ministre des affaires étrangères Zhou En Laï)

* 1955 : est l’année de la réconciliation spectaculaire de l'URSS avec la Yougoslavie de Tito, avec le voyage de Khrouchtchev à Belgrade où il reconnaît les erreurs passées de L'URSS.

L’URSS reconnaissait ainsi des formes différentes, nationales, de construction  du socialisme. C’est un atout aussi dans la mesure où Tito est très écouté dans le Tiers Monde et où cela peut donc faciliter l'offensive diplomatique de l'URSS dans cette nouvelle direction

* 1955 : conférence de Vienne entre les 4 grands. La souveraineté est restituée à l'Autriche. C’est le premier accord européen négocié en Europe depuis la fin de la guerre.

* Janvier 1956 : visite de Boulganine et Khrouchtchev en Grande Bretagne : c’est l’offensive du sourire.

            B. En quoi les crises de 1953 à 1962 montrent-elles les limites de la coexistence pacifique ?

 

                        1. Comment se déroule la seconde crise de Berlin (1958-1961) ?

 

_ La  seconde crise de Berlin se déroule de 1958 à 1961.

 

Textes 3 page 102 : La position des Soviétiques

Question 3 page 103 : Quelles solutions sont proposées pour résoudre le problème de Berlin ? (D’après ce texte, qui est le vainqueur de la crise de Berlin en 1961 ?)

Dans Berlin, îlot particulier à l’intérieur de la République démocratique allemande, les niveaux de vie sont très différents de l’Ouest et ceux de l’Est. A l’Ouest, le redressement économique, le pluralisme culturel et les libertés politiques font de la ville un véritable pôle d’attraction, une sorte de « vitrine » de l’Occident. A l’Est, les conditions de vie sont beaucoup plus difficiles mais les Berlinois communiquent relativement facilement avec parents et amis vivant dans l’ouest. Chaque jour, des milliers d’hommes et de femmes franchissent à pied, en métro ou en S-Bahn la limite entre les secteurs. Le problème et qu’il ne s’agit pas seulement d’un franchissement mais d’un véritable exode vers l’Ouest. En 1960, près de 200 000 réfugiés de RDA sont passés par Berlin et ont afflué dans les centres d’accueil de RFA et le flux ne fait que grossir.

_ De 1950 à 1960 plus de deux millions d’Allemands de l’Est sont passés à l’Ouest, en RFA, via Berlin-Est puis Berlin-Ouest, avec l’aide des associations de réfugiés.

 

Pour l’URSS, la situation devient inacceptable et le 10 novembre 1958, Khrouchtchev exige des Occidentaux qu’ « ils renoncent aux résidus du régime d’occupation de Berlin et qu’ils permettent ainsi d’instaurer une situation normale dans la capitale de la RDA ». Le 27 novembre, l’URSS propose que Berlin-Ouest « devienne une ville libre […] aux élections libres […] un statut garanti par les quatre puissances ». La proposition est un retour à la situation de la fin de la guerre qui avait échoué. De plus, tous savent que ce modèle de « ville libre » est présenté par l’URSS comme une concession mais qu’en réalité elle ne peut plus accepter la situation et souhaite l’absorption de Berlin-Ouest dans la RDA.

 

_ Ces départs constituent un désaveu du régime communiste inacceptable pour la RDA et l’URSS. En effet, privés de la liberté de s’exprimer démocratiquement, « ils votaient avec leurs jambes ».

_ De plus, ce sont des adultes jeunes et souvent qualifiés (techniciens, cadres) qui quittent le pays. Cela aggrave les difficultés de développement de la RDA.

 

4 page

Question 4 page : Qui construit le mur ? Pour quelles raisons ? Quel dispositif est mis en place pour diviser la ville ?

            Aux premières heures du 13 août 1961, des unités de la Police Populaire et des « Groupes de combat de la classe ouvrière » dépavent les points de passages routiers vers Berlin-Ouest, enfoncent des poteaux de béton, tendent des barbelés et creusent des tranchées ; les autorités de RDA coupent les lignes de métro et de S-Bahn (transport en commun desservant une région fortement urbanisée, type TER). Quelques jours plus tard commencent les travaux de construction du mur. Les portes de maison situées à l’Est sont murées et les dispositions de « protection » (par exemple les chiens et les miradors) interdisent toute possibilité de communication entre l’Est et l’Ouest. Des amis, des familles sont séparés, l’indignation est quasi générale chez les Occidentaux.

 

_ Le « Mur de Berlin » est édifié le 13 août 1961. Il se caractérise par la fermeture des frontières de Berlin-Est. Le métro est arrêté. Des barbelés sont posés. Enfin le mur est édifié. Il mesure 46 kilomètres de long et est haut de 3 à 6 mètres. Il comporte un no man’s land de 200 à 400 mètres avec miradors et barbelés. Les points de passage sont peu nombreux et sévèrement contrôlés. Le « Mur de Berlin » devient le « Mur de la Honte ».

_ Les tentatives de franchissement du mur se soldent par la mort de nombreux Allemands et, de 1961 à 1988, seules 5 000 personnes réussirent à s’enfuir à l’Ouest.

Texte 5 page 103 : « Ich bin ein Berliner »

Qui est l’auteur du texte ? Qui est son opposant soviétique ?

L’auteur du texte est le président américain John Fitzgerald Kennedy. Son adversaire est Khrouchtchev. Or, ceux –ci se déjà rencontré à la conférence de Vienne en juin 1961 : c’est la rencontre des deux « K ». Khrouchtchev croit que Kennedy est un président jeune et inexpérimenté, moins déterminé que les anciens présidents américains. Il agite la menace nucléaire lors de la crise de Berlin. La réaction de Kennedy est ferme : il augmente les effectifs militaires américains en Allemagne. 

 

_ La conférence de Vienne en juin 1961 permet la rencontre des deux « K » entre un jeune président américain Kennedy et un politicien soviétique expérimenté Khrouchtchev. Ce dernier mésestime le président américain.

Kennedy :

Khrouchtchev :

 

Question 5 page 103 : Pour Kennedy, que symbolise la ville de Berlin en 1963 ? Expliquez la dernière phrase.

            Le mur construit à Berlin ne modifie pas le nouveau rapport de force mondial d’engagement vers la Détente entre les deux Grands. Le discours célèbre de J. F. Kennedy le 26 juin 1963 à Berlin-Ouest ne prévoit aucunement la réunification de la ville.

 

_ Le président Kennedy prononce le 26 juin 1963 son célèbre discours : « Ich bin ein Berliner ». Dans ce discours il oppose monde communiste et monde libre. Berlin-ouest est considérée comme la vitrine du capitalisme et de la démocratie. Pour Kennedy, la ville de Berlin-Ouest symbolise la liberté : « Tous les hommes libres, où qu’ils vivent sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest »

 

            Le président américain commence son discours en faisant allusion à la séparation entre deux mondes : « le communisme et le monde libre ». Il vante les mérites de l’Occident en citant à plusieurs reprises la liberté et la démocratie et en donnant la responsabilité de la construction du mur aux Soviétiques, décision choisie afin d’ « empêcher le peuple à s’enfuir ». Kennedy continue son discours en caractérisant le monde de l’ouest (« paix… libre…confiance…) par opposition à celui de l’Est (« régime d’occupation… faillite du système communiste »). Il n’évoque par la suite que Berlin-Ouest car elle seule existe et est l’unique porteuse des justes valeurs : « Tous les hommes libres, où qu’ils vivent sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest ». L’expression « Ich bin ein Berliner » confirme l’association de Berlin-Ouest au « monde libre » dirigé par les Etats-Unis et Kennedy et le statut de vitrine de cette ville.

            La priorité pour les Occidentaux est dorénavant d’essayer d’ « assouplir » la frontière et de maintenir dans la mesure du possible des liens humains. Après ce discours, des représentants entre le deux parties concluent, en décembre 1963, un « arrangement sur les laissez-passer » ce qui permet à 730 000 personnes de l’Ouest de venir visiter leur famille en secteur soviétique après 28 mois de séparation, la ville restant divisée encore longtemps.

 

 

 

Transition : Dans ce contexte extrêmement tendu éclate la crise la plus grave de l’après-guerre : l’affaire des fusées de Cuba

 

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