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MUSECLIO

Cours Histoire Tle STMG : Décolonisation et construction de nouveaux Etats 3/3

12 Octobre 2014 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours Terminale STMG

 

 

III. Quelles sont l’unité et la diversité du Sud ? <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

            A. Existe-t-il une position politique commune des nouveaux Etats dans un monde bipolaire ?

 

Carte 1 page 60 : Des Empires coloniaux aux indépendances

Question 4 page 60 : De quelles régions du monde les participants à la conférence de Bandung viennent-ils ?

_ Les pays participant à la conférence de Bandung (Indonésie) en 1955 sont des pays afro-asiatiques, (23 pays d’Asie et 6 d’Afrique). Ce sont essentiellement d’anciennes colonies. Les participants à cette conférence proviennent de ces deux continents : Sukarno (Indonésie), et Nehru (Inde) ; le colonel Nasser (Egypte) et Nkrumah (Ghana)…

Sukarno (p. 66) : (né Koesno Sosrodirdjo) (1901-1970) Il est l’un des fondateurs du Parti national indonésien qui lutte contre la colonisation des Pays-Bas. En 1945, il proclame l’indépendance du pays, finalement reconnue en 1949 après quatre années de guerre. En réunissant, en 1955 à Bandung, la première conférence des pays décolonisés, il devient un des leaders du tiers monde, mais il refuse le non-alignement.

 

Texte 1 page 67 : Déclaration finale de la conférence de Bandung, avril 1955 (extrait)

Question 1 page 67 : Pourquoi la conférence de Bandung modifie-t-elle la vision d’un monde bipolaire ?

_ La conférence de Bandung modifie la vision d’un monde bipolaire en refusant le partage du monde en deux blocs en proposant de « favoriser la paix et la coopération mondiales ». La conférence est l’acte de naissance politique du Tiers-monde.

 _ La conférence de Bandung condamne le colonialisme. Les participants veulent une coopération mondiale pour lutter contre le sous-développement.

Tiers monde (p. 66) : expression créée en 1952 par l’économiste et démographe Alfred Sauvy pour désigner les pays pauvres, nouvellement indépendants pour la plupart. Le tiers monde tente de s’affirmer en tant qu’entité politique dans le monde bipolaire.

 

Comment évolue la position des Etats du tiers monde de refuser le partage du monde en deux blocs ?

_ De nombreux pays décolonisés et du Tiers monde choisissent l’un des blocs :

* Cuba en 1962, l’Angola après 1975… sont favorables à l’URSS.  

* Le Pakistan, l’Iran et l’Irak dans le Pacte de Bagdad (1955-1975) s’allient aux Etats-Unis.

_ Plusieurs Etats du tiers-monde choisissent le non-alignement. La conférence de Belgrade (Yougoslavie) de 1961 est la première conférence des non-alignés. Elle se tient dans un pays communiste mais indépendant de l’URSS. <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /> La Yougoslavie n’est pas une ancienne colonie mais un pays dont le chef Tito, est l’un des dirigeants les plus en vue du Tiers-monde. Avec l’Egyptien Nasser et l’Indien Nehru, Tito propose pour le Tiers-monde la voie du non-alignement. Ils refusent la bipolarisation du monde entre deux blocs opposés.

Non alignement (p. 66) : position des pays du tiers monde refusant pour la plupart de s’engager dans l’un des deux blocs de la guerre froide.

 

 

 

 

 

 

 

            B. Quelles sont les différences dans les stratégies de développement des pays du Tiers-monde ?

 

                        1. Quels sont les modèles de développement ?

 

Texte 1 page 69 : Déclaration de Julius Nyerere, à Arusha (Tanzanie), janvier 1967.

Question 1 page 69 : Quels obstacles au développement de la Tanzanie Nyerere relève-t-il ?

Les obstacles au développement relevés par Julius Nyerere sont : le manque de « moyens financiers » (l.5) et de « compétences techniques » (l. 5-6). L’outillage agricole est rudimentaire «houe » (l. 7, 9).

 

Question 2 page 69 : Comment Nyerere conçoit-il alors le développement de son pays ?

Le développement de la Tanzanie repose pour Nyerere sur l’agriculture, avec une modernisation de l’outillage agricole, avec la révolution verte par l’utilisation des engrais et d’insecticides (l.9), de meilleures semences (l. 11), l’irrigation. Le but est de développer le pays en tenant compte du manque d’argent mais aussi des compétences de la population rurale.

 

_ Le tiers monde se caractérise par les difficultés économiques, la faible scolarisation, une faible espérance de vie. Ces critères sont mesurés par l’IDH. La population des pays du tiers-monde est essentiellement rurale, et l’économie basée sur l’agriculture. Les gouvernements choisissent des stratégies différentes pour assurer le développement de leur pays :

* Le modèle soviétique : Il privilégie l’industrie lourde au détriment de l’agriculture. La mise en valeur globale est préférée à la satisfaction des besoins individuels. Cuba et l’Algérie ont adopté ce modèle.  

* Le modèle maoïste  privilégie le développement agricole comme la Chine ou la Tanzanie du président Nyerere.       

* Les modèles nationalistes sont présents en Amérique du sud (Argentine de Peron), en Afrique et Asie du sud-est. Ils remplacent les produits d’importation par des productions locales. Les firmes transnationales luttent contre ce modèle économique.

* Les stratégies capitalistes : misent sur les exportations et sur une main-d’œuvre bon marché en faisant appel aux investissements étrangers (IDE).  Plusieurs pays deviennent des « pays ateliers » en particulier en Asie : Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour.            

Développement (p. 68) : accroissement de richesses produites accompagné de l’élévation du niveau de vie des populations (pouvoir d’achat, espérance de vie, niveau d’éducation).

Julius NYERERE (p. 68) : (1922-1999) Président du Tanganyika en 1961 puis de la Tanzanie en 1964, il mène une politique de développement agricole d’inspiration socialiste  soutenue par la Chine, ce qui l’isole sur le plan international. La Tanzanie est l’un des pays les plus pauvres du monde.

 

  (   RECIT :

_ Les nouveaux pays ont hérité d’une économie dépendante : ils exportent une ou deux matières premières mais n’ont pas été industrialisés. Par exemple l’économie de la Côte d’Ivoire repose sur le cacao. Or les cours de ce produit sont fixés par les gros acheteurs des pays industrialisés. Quand il baisse c’est la crise généralisée des années 1980.

_ Mais cette crise révèle une exploitation des richesses marquées par la corruption et le gaspillage. Félix Houphouët-Boigny, président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1990, a financé lui-même les 250 millions d’euros nécessaires à la construction d’une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome dans son village de Yamoussoukro, devenue capitale.            )

                    

 

 

 

 

               2. Quelles sont les actions internationales des pays du tiers-monde pour le développement ?

 

Texte 1 page 71 : Les problèmes du développement

Question 1 page 71 : Qu’est-ce que le Groupe des 77, issu de la CNUCED ?

Le Groupe des 77 correspond à des pays du tiers-monde (au départ 77)  au sein de l’ONU cherchant à peser dans les négociations internationales pour améliorer les conditions économiques des pays en développement.

_ Nombreux au sein de l’ONU, les pays en développement font de l’ONU une tribune contre le colonialisme mais aussi pour promouvoir le développement économique. Ainsi, en 1964, une conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) est réuni pour la première fois à Genève. 120 Etats sont représentés dont 77 en voie de développement.

CNUCED (p. 70) : (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement) conférence de l’ONU réunie la première fois en 1964, à la demande des pays en développement. Un groupe de 77 Etats en développement (132 Etats en 2012), majoritairement africains, défend particulièrement les intérêts économiques de ses membres.

 

Question 2 page 71 : d’après la déclaration, quels sont les types de difficultés rencontrées par les pays en développement ?

Les pays en développement rencontrent plusieurs difficultés économiques dénoncées par le Groupe des 77 : « pauvreté générale » (l. 16-17) de l’Etat et des individus qui s’accroît.

Les revenus sont insuffisants à cause d’une aide publique au développement internationale insuffisante (l. 3-4)  et d’ un commerce qui ne permet pas le développement à cause du manque d’IDE (l. 7). Cela alors que les dépenses sont fortes à cause du poids de la « dette » (l. 10).

Les causes de la pauvreté sont parfois externes : système commercial désavantageux (l. 8-9) pour les pays en développement avec la chute des prix des matières premières en 1994.

Pour sortir de la crise et de la pauvreté les pays ont adopté ou se sont vus imposer des « programmes d’ajustement structurel » (l. 18-19) pour « restructurer leur économie » (l. 21-22). Cela a conduit à des situations difficiles pour la population des pays en développement et parfois à des guerres : décennie du chaos en Afrique dans les années 1990-2000.

La situation est dénoncée par le Groupe des 77 qui souhaite une aide internationale pour les pays en développement.

(   _ Les « programmes d’ajustement structurel » préconisés par le FMI ou la Banque mondiale en imposant une réduction des dépenses de l’Etat et donc en aggravant les conditions de vie de plusieurs PED ont conduit à des  tensions et guerres civiles dans les PMA africains lors de la « décennie du chaos » (1990-2000).   )

 

_ En 1967, dans la Charte d’Alger, le « groupe des 77 » définit ses buts : redonner au Sud une place satisfaisante  dans le commerce mondial en rééquilibrant les termes de l’échange ; favoriser le contrôle par chaque Etat de ses ressources souvent aux mains des firmes multinationales et en proie à l’impérialisme des Etats puissants accusés de néo-colonialisme.

Terme de l’échange (p. 70) : rapport entre les prix moyens à l’exportation et les prix moyens à l’importation. Les termes de l’échange se dégradent quand les premiers baissent ou qu’ils progressent moins vite que les seconds.

Impérialisme (p. 68) : domination d’un Etat sur un autre, sans nécessairement remettre en cause son indépendance politique. Cette domination peut-être économique, financière, culturelle.

 

Photographie 2 page 71 : La barrage d’Inga I, sur le fleuve Zaïre

Question 3 page 71 : Comment de grands aménagements semblables à ce barrage sont-ils possibles (doc. 2) ?

_ L’aide publique au développement est une aide versée par des organisations internationales (ONU) ou par des Etats (dons, prêts) pour financer des projets et construire des équipements dans les pays en développement. Par exemple le barrage d’Inga I sur le fleuve Zaïre a été conçu en 1972 avec belge (pays ancienne métropole coloniale) et internationale. Les ports, écoles et universités hôpitaux sont aussi réalisés grâce à ces fonds.

 

 

 

 

C. Quelle est la situation des pays du Sud dans l’économie mondiale ?

 

Repères bas de la page 70 : Exportations de pétrole de pays membres de l’OPEP (en millions de dollars)

En quoi la création de l’OPEP donne une « arme pétrolière » et financière pour les pays en développement ?

L’importance de la production de l’OPEP permet à cette organisation de fixer le prix du baril au niveau international. Cela aboutit à plusieurs « chocs pétroliers » en 1973 et 1979. Les revenus des pays de l’OPEP ont fortement augmenté au point de parler de « pétromonarchie » en désignant les riches Etats d’Arabie Saoudite ou du Qatar.

_ Les pays du Sud connaissent des situations économiques différentes en fonction de leur choix économiques et politiques ainsi que de leurs ressources naturelles.

* Les pays producteurs de pétrole se regroupent dans les années 1960 dans l’OPEP. L’augmentation des prix du pétrole a provoqué les « chocs pétroliers » de 1973 et 1979. Les revenus des pays pétroliers ont fortement augmentés. Les « pétromonarchies » d’Arabie Saoudite, du Qatar, du Koweït… sont des pays riches parmi les pays du Sud.

Sud (p. 70) : ensemble des pays en développement, par opposition au Nord qui désigne les pays industriels développés. Le terme ne rend pas compte de la diversité des niveaux  de développement.

OPEP (p. 70) : (organisation des pays exportateurs de pétrole) : formée en 1960, elle regroupe la plupart des pays exportateurs de pétrole pour garantir leurs revenus.

 

Texte 2 page 69 : Le projet du chef d’une grande entreprise indienne, Tata, le 15 août 1947

Photographie 9 page 69 : Dans un camp de réfugfiés, à Umuahia, pendant la guerre du Biafra, mars 1969

Quel est le bilan de ces stratégies de développement ?

_ En 2014 le bilan du développement des Pays en Développement est contrasté :

* Positif pour les BRICS et en Asie, pour les pays émergents, les dragons. En Inde par exemple l’alimentation de la population a été possible grâce à la révolution verte, la modernisation de l’économie est importante. Par exemple le groupe sidérurgique Tata se lance après 1945 dans la construction d’automobiles et de camions, puis dans l’électronique. La vallée de Bangalore est aujourd’hui une zone importante pour l’électronique et la recherche, comparable avec la Sillicon Valley américaine.

* Le bilan est négatif en Afrique. En particulier dans les PMA avec la crise économique depuis 1980, des épidémies comme le Sida ou Ebola, et une instabilité politique importante.

BRICS (p. 140) : (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) : principaux pays émergents qui connaissent une croissance économique rapide.

PMA (p. 148) : territoires où le revenu par habitant et l’IDH sont très faibles et dont les économies fragiles et très vulnérables reposent essentiellement sur l’agriculture, soumise aux aléas climatiques.

 

 

 

 

 

 

FICHE REVISION T STMG HISTOIRE : DECOLONISATION ET CONSTRUCTION DE NOUVEAUX ETATS

 

NOTIONS :

Anticolonialisme (p. 62) : hostilité au système de domination coloniale fondée sur des idées humanistes qui engendre la création de mouvements politiques, dans les métropoles ou les colonies, favorables à l’indépendance des peuples colonisés.

Décolonisation (p. 62) : processus politique par lequel un peuple colonisé devient indépendant. Elle peut être négociée entre la métropole et les nationalistes, violente en étant obtenue par une « guerre de libération », mixte lorsque l’indépendance est négociée à la suite de troubles sociaux (grèves, manifestations, émeutes).

Non alignement (p. 66) : position des pays du tiers monde refusant pour la plupart de s’engager dans l’un des deux blocs de la guerre froide.

Tiers monde (p. 66) : expression créée en 1952 par l’économiste et démographe Alfred Sauvy pour désigner les pays pauvres, nouvellement indépendants pour la plupart. Le tiers monde tente de s’affirmer en tant qu’entité politique dans le monde bipolaire.

Développement (p. 68) : accroissement de richesses produites accompagné de l’élévation du niveau de vie des populations (pouvoir d’achat, espérance de vie, niveau d’éducation).

Impérialisme (p. 68) : domination d’un Etat sur un autre, sans nécessairement remettre en cause son indépendance politique. Cette domination peut-être économique, financière, culturelle.

Sud (p. 70) : ensemble des pays en développement, par opposition au Nord qui désigne les pays industriels développés. Le terme ne rend pas compte de la diversité des niveaux  de développement.

 

LES ACTEURS CLES (p. 72) :

Hô Chi Minh : (1890-1969) En 1945, après avoir proclamé la République démocratique du Vietnam, il anime la lutte contre la France jusqu’à l’indépendance, reconnue en 1954. Il combat le Sud-Vietnam soutenu par les Etats-Unis afin de réunifier les deux Etats.

SUKARNO : (né Koesno Sosrodirdjo) (1901-1970) Il est l’un des fondateurs du Parti national indonésien qui lutte contre la colonisation des Pays-Bas. En 1945, il proclame l’indépendance du pays, finalement reconnue en 1949 après quatre années de guerre. En réunissant, en 1955 à Bandung, la première conférence des pays décolonisés, il devient un des leaders du tiers monde, mais il refuse le non-alignement.

Kwame NKRUMAH : Leader nationaliste, il est le président du Ghana, devenu indépendant en 1957. Il est renversé par un coup d’Etat en 1966.

Julius NYERERE: (1922-1999) Président du Tanganyika en 1961 puis de la Tanzanie en 1964, il mène une politique de développement agricole d’inspiration socialiste soutenue par la Chine, ce qui l’isole sur le plan international. La Tanzanie est l’un des pays les plus pauvres du monde.

Houphouët-Boigny Félix (p. 66) : (1905-1993) Député et ministre sous la IV République française. Il est le « père » de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Défendant une politique libérale sur le plan économique, il dirige seul le pays, à l’aide d’un parti unique, de l’indépendance en 1960 à sa mort. Tout en conservant des liens étroits avec la France, il est très influent dans la politique intérieur des Etats du golfe de Guinée. 

Habib BOURGUIBA : (1903-2000) Fondateur du Néo Destour en 1934, plusieurs fois emprisonné, il négocie l’indépendance de la Tunisie en 1956. Président de la République, de 1957 à 1987. Il modernise le pays en instaurant l’égalité des sexes et en développant l’éducation et l’économie.

Sese Soko MOBUTU : (1930-1997) arrivé au pouvoir après un coup d’Etat, il instaure un régime autoritaire et dirige le Zaïre de 1965 à 1997.Il défend la « zaïrisation » du pays : décolonisation culturelle, nationalisations d’entreprises étrangères… A sa mort, sa fortune personnelle est estimée à 7 milliards de dollars.

 

DATES :

Dates d’indépendance :

1945-1949 : Indonésie

1946-1954 : Indochine

1947 : indépendance et partition de l’Inde et du Pakistan.

1956 : Maroc et Tunisie

1960 : Congo belge

1962 : Algérie

Années 1960 : Afrique noire française et britannique

1975 : Colonies portugaises.

Affirmation internationale des pays décolonisés :

1955 : Conférence de Bandung

1961 : Conférence des non-alignés à Belgrade

 

 

 

Indépendance économique :

1960 : Fondation de l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole).

1964 : Première Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement.

1967 : Charte d’Alger rédigée par le « Groupe des 77 »

1967 : Création de l’ASEAN (Association des nations du Sud-Est asiatique.

 

 

 

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