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MUSECLIO

Cours Histoire 1ère : La République et la question ouvrière : le Front Populaire (1)

30 Mai 2012 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

LA REPUBLIQUE ET LA QUESTION OUVRIERE : LE FRONT POPULAIRE

Manuel Nathan Côte                                                                            5 heures

 

Introduction : La République s’adapte aux évolutions sociales et culturelles de la société française.

Dans les années 1930, les ouvriers restent marginalisés, le régime s’étant enraciné dans les campagnes et avec l’appui des classes moyennes et ayant rejeté le modèle révolutionnaire illustré par la Commune. De leur côté, les ouvriers ne se reconnaissent pas dans les républicains de gouvernement d’origine bourgeoise. Malgré une amélioration de leur condition depuis le XIXe siècle, ils demeurent dans une situation fragile qui est aggravée par la crise économique de 1929.

Le Front populaire rompt avec cette situation en assurant une intégration plus complète des ouvriers dans la République.

 

Problématique : En quoi le Front populaire marque un tournant dans les relations entre la République et les ouvriers ?

 

 

 

 

I. Comment les ouvriers obtiennent-ils une reconnaissance de l’Etat avec la formation du Front populaire ?

 

A. En quoi le monde ouvrier est-il marginalisé avant le Front populaire ?

 

Texte 5 page 361 : L’espoir des ouvriers

Question 7 page 361 : Quelles sont les revendications des ouvriers ? Montrez que le contexte de la victoire du Front populaire est propice aux espoirs ?

Le monde ouvrier exprime de multiples revendications dans le contexte de la victoire du Front populaire. Plusieurs des demandes formulées dans le texte correspondent à la volonté d’établir plus de justice dans le travail : « sanctions plus ou moins sévères et injustes », « insultes », « coups ». D’autres revendications correspondent aux demandes sociales (« salaires, congés payés… »).

 

Affiche 2 page 361 : La France s’enfonce dans la crise

Question 3 page 361 : Comment la crise de 1929 se répercute-t-elle sur les ouvriers ?

_ Le monde ouvrier éprouve un malaise dans la période précédant le Front populaire à cause de plusieurs crises :

* En 1929 la crise économique américaine éclate. En 1931 elle provoque en France des faillites bancaires, une forte hausse du chômage... Celui-ci passe de 1700 chômeurs secourus en 1930 à 500 000 chômeurs complets en 1935. Le nombre d’emplois a diminué de 1 800 000. (De 1930 à 1935 la production d’acier diminue de 40%.)

_ La crise est également sociale L’importante baisse du niveau de vie provoque le manque de produits de base (alimentation…). La faible protection sociale entraîne la hausse de la pauvreté. De spectaculaires marches de la faim débutent pour protester contre les effets de la crise économique. Les soupes populaires se multiplient.                

 

Pourquoi la crise est-elle également politique ?

_ La crise est également une crise politique : les gouvernements luttent sans succès contre la crise économique. Le gouvernement de Pierre Laval en 1935 décide de réduire les dépenses publiques (traitement des fonctionnaires…) pour équilibrer le budget, mais aussi de baisser les salaires pour diminuer le coût du travail.  Le pouvoir d’achat des ouvriers diminue ce qui aggrave la situation des ouvriers. Le mécontentement social se traduit par des grèves dès 1935.

_ La politique de lutte contre la crise des nombreux gouvernements qui se succèdent est inefficace. L’impuissance des hommes politiques à résoudre les difficultés économiques provoque, dans l’opinion des classes frappées par la crise, une remise en cause des valeurs républicaines et de l’efficacité de la démocratie.

 

 

 

            B. En quoi les réformes du Front populaires intègrent les ouvriers dans le monde républicain ?

 

                        1. Comment le premier gouvernement avec un socialiste à sa tête parvient-il au pouvoir ?

 

LIEN VIDEO INA (1 min 46) : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAB8100563701/ce-que-fut-le-front-populaire.fr.html

 

Photographie 6 page 362 : La victoire du Front populaire

Photographie 7 page 362 : Les « grèves sur le tas »

Question 8 page 363 : Dans quelle ambiance se déroule la victoire du Front populaire ?

_ Le Front populaire est une alliance électorale regroupant plusieurs partis politiques : le parti radical au centre, les socialistes de la SFIO, les communistes du PCF. La réunification des syndicats CGT et CGTU montre la volonté d’union de la gauche, surmontant la division traditionnelle entre communistes et socialistes datant du Congrès de Tours (1920).

_ La peur du communisme s’explique par les idéaux communistes : abolition de la propriété, instauration d’une dictature soviétique. Aussi le socialiste SFIO Léon Blum (1872-1950) forme un gouvernement avec l’appui du PCF mais sans la participation de ceux-ci au gouvernement (absence de ministres communistes).

Front populaire (p. 364) : alliance des partis de gauche (communistes, socialistes et radicaux) aux élections législatives de 1936. Par extension, désigne la périodes ou cette coalition gouverne et réalise des réformes sociales d’ampleur (40h, congés payés…).

Léon Blum (p. 365) : (1872-1950) Homme politique français, il est l’un des principaux dirigeants de la SFIO. Les réformes qu’il fait adopter quand il dirige le gouvernement du Front populaire marquent de réelles avancées sociales. Arrêté en 1940, il est jugé par le régime de Vichy lors du procès de Riom et livré aux nazis pour être déporté en Allemagne.

 

_ Les candidats du Front populaire remportent les élections législatives le 3 mai 1936 (376 sièges contre 222 à leurs adversaires). La SFIO obtient le plus grand nombre de députés, aussi son chef Léon Blum devient-il président du Conseil. Pour la première fois des femmes participent au gouvernement, dont Irène Joliot-Curie (prix Nobel de chimie) à la recherche scientifique.

_ Le programme du Front populaire tient en trois mots : pain, paix et liberté. Des réformes sociales sont annoncées, facilitées par la vague de grèves de l’été 1936.

_ Léon Blum veut installer une politique de « reflation » inspiré du New Deal américain. Dans ce but le déficit du budget doit financer une politique de relance par l’augmentation des bas salaires et la diminution du temps de travail (semaine de 40 heures) sans baisse de salaires. Les grands travaux doivent permettre de lutter contre le chômage. La croissance doit augmenter les rentrées fiscales et permettre le retour à l’équilibre du budget.

 

 

                        2. Quelles sont les réformes adoptées par le Front populaire ?

 

 

Texte 9 page 363 : Les accords de Matignon (7 juin 1936)

Question 11 page 363 : Quelles sont les principales mesures des accords de Matignon ?

 

 

Question 12 page 363 : Pourquoi ces accords constituent-ils une victoire pour les ouvriers ?

 

_ Les discussions syndicats-patronat organisées par le gouvernement aboutissent aux accords Matignon signés le 7 juin 1936  accordant des droits syndicaux et des avancées sociales :

* conventions collectives.

* augmentation des salaires (7 à 15%).

* liberté d'action syndicale (droit d’adhérer à un syndicat…).

* création des comités d'entreprise (organisme formé par des représentants élus des salariés).

 

_ Le Parlement vote d'importantes lois sociales les 11 et juin 1936 :

* deux semaines de congés payés par an : beaucoup de Français voient la mer pour la 1ère  fois. 600 000 personnes bénéficient de ces congés en 1936, 1,8 million l’année suivante.

* semaine de 40 heures (et non 48).

* nationalisations des Chemins de Fer (S.N.C.F.), du secteur de l’armement et de l’aéronautique.

_ Pour lutter contre le danger de l’extrême droite les Ligues sont interdites.

Syndicat (p. 364) : association de personnes ayant pour but la défense d’intérêts communs, matériels ou moraux, spécialement dans le domaine professionnel.

Convention collective (p. 364) : Contrat conclu entre des représentants du patronat et des salariés d’une branche professionnelle sur les conditions de travail et de rémunération.

 

Photographie 10 page 363 : Eté 1936, les premiers congés payés

Tableau  statistique 3 page 361 : Evolution du budget annuel d’une famille ouvrière parisienne

Quelles sont les dépenses de type culturel en 1937 ? Ont-elles augmentées depuis 1906 ?

 

_ Les grandes réformes du Front populaire visent non seulement à améliorer la condition ouvrière mais aussi à démocratiser la culture :

* Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts de 1936 à 1939 porte de 13 à 14 ans l’école obligatoire. Il encourage les bibliobus.

 * Léo Lagrange, sous secrétaire d’Etat aux Loisirs, tente de promouvoir les loisirs populaires à travers plusieurs mesures : encouragement des auberges de jeunesse, billets de chemin de fer à tarif réduit (-40%) pour que les classes populaires puissent profiter des congés payés.

_ Les ouvriers éprouvent de la reconnaissance envers une République qui se soucie de leur dignité et de leur bien-être. Lors des premiers départs en congés payés on peut lire sur quelques panneaux : « Merci Blum ! ». En prenant en compte les aspirations du monde ouvrier le Front populaire a permis le ralliement à la République des ouvriers.

 

 

 

caricature congés payés 1936 0002

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