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MUSECLIO

Cours Histoire 1ère : La Laïcité (1)

30 Mai 2012 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

 

LA REPUBLIQUE, LES RELIGIONS ET LA LAÎCITE DEPUIS 1880

 

 

Introduction :

Les rapports entre la politique et les Religions sont déterminés par l'idée de la laïcité, notion essentielle du projet républicain. La laïcité s'est élaborée depuis 1880 à travers des combats et des débats (séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, question scolaire) qui l'ont  opposé parfois violemment à l'Eglise catholique. Aujourd'hui la laïcité est parfois débattue (débat sur le voile islamique dans les lieux publics) ou contestée à travers des violences (agression de personnels hospitaliers masculin ayant accouché des femmes musulmanes). Pourtant la laïcité est une valeur dominante et consensuelle de la République.

Les caractères de la laïcité républicaine peuvent être définis à travers les écrits de Ferdinand Buisson, l’un des pères fondateurs de la République : neutralité de l’Etat en matière de religion, liberté et égalité des cultes, liberté de conscience. Le modèle qui s’impose sous la IIIe République est celui d’une laïcité tolérante qui repose sur le respect de la liberté et qui s’oppose à une laïcité de combat incarnée notamment par Emile Combes.

 

Problématique : En quoi la laïcité est-elle un des fondements de la République ? Comment se met progressivement en place la laïcité à partir de 1880 ?

 Quelles sont les caractéristiques de la laïcité républicaine ?

 

 

 Chronologie laïcité

 

 

 

 

I. Quels sont les débats sur la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 ?

 

            A. Quelles conceptions de la laïcité s’opposent ?

 

                        1) Comment se manifeste la laïcité de combat avant 1905 ?

 

Caricature 1 page 366 : La République menacée

Question 1 page 367 : Quelles sont les relations entre l’Eglise et la République d’après ce document ?

_ Les partisans de la III République considèrent l’Eglise catholique comme un adversaire politique. En effet l’Eglise catholique a soutenu la droite cléricale qui veut rétablir la monarchie.

* La puissance et l’hostilité de l’Eglise catholique suscitent l’anticléricalisme de Républicains : L’Eglise est puissante car depuis le concordat de 1801 le catholicisme est officiellement « la religion de la majorité des Français ». Evêques et curés sont payés par l’Etat et appartiennent à la fonction publique. De plus l’Eglise a une place importante dans l’enseignement avec la loi Falloux de 1850 (l’école est surveillée par le curé et le maire, l’éducation religieuse est obligatoire). Les anticléricaux considèrent que l’Eglise catholique manipule la population en utilisant son poids dans l’enseignement

* Les Républicains s’inspirent de la philosophie des Lumières et de la Révolution française. Ils reprennent à leur compte l’opposition soulignée par les philosophes français entre la « raison » et l’ « obscurantisme » religieux. Le catholicisme est aussi considéré comme un pilier de la monarchie. « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »  s’exclame Léon Gambetta à la Chambre des députés en 1877.

Anticléricalisme (p. 366) : opposition à l’influence des Eglises dans les affaires publiques.

Concordat (p. 370) : Traité entre un pape et un etat définissant les relations entre l’Eglise et cet Etat.

 

Photographie 1 page 370 : L’expulsion des moines chartreux en 1903

Pourquoi les moines chartreux sont-ils expulsés ?

_ Les élections législatives de 1902 ont vu la victoire du « bloc des gauches » avec un programme anticlérical. Le gouvernement anticlérical d’Emiles Combes (1902-1904) conduit à l’interdiction d’enseigner aux congrégations. Cela entraîne le départ de milliers de religieux et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican.

Congrégations (p. 370) : associations de religieux ou de religieuses.

  

 

                        2) Comment se manifeste la laïcité tolérante avec la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ?

 

Texte 2 page 366 : Extraits de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905

Question 2 page 367 : Expliquez le contexte ; les objectifs et les principales dispositions de la loi de 1905 ?

_ La loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 est adoptée dans un contexte où les Républicains anticléricaux sont au pouvoir. Le climat est passionné à cause de la politique anticléricale d’Emile Combes (expulsion des congrégations, rupture des relations avec le Vatican).

_ Les objectifs sont d’affirmer la liberté de conscience, la liberté et l’égalité des cultes (art. 1) à travers plusieurs dispositions « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (art. 2). De plus la création d’association pour gérer les biens des Eglises est prévue. Pour cela il faut procéder à l’inventaire des biens des Eglises (art.3).

 

 

Texte 2 page 366 : Extraits de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905

Texte 3 page 367 : Les Républicains défendent la loi

Question 3 page 367 : Pourquoi est-elle, pour son rapporteur Aristide Briand, une loi « de liberté et de loyauté » ?

_ Le texte présenté par Aristide Briand est un texte de compromis visant à ménager les Juifs, protestants et catholiques. La loi établit la liberté de conscience et de culte mais renvoie la religion dans la sphère privée. Les Eglises perdent le revenu que leur versait l’Etat mais gagne en échange une certaine indépendance.

 

_ Les caractères de la laïcité républicaine peuvent être définis à travers les écrits de Ferdinand Buisson (prix Nobel de la paix en 1927, créateur du mot laïcité et président de la commission parlementaire chargé de mettre en œuvre la séparation de l’Eglise et de l’Etat), l’un des pères fondateurs de la République : neutralité de l’Etat en matière de religion, liberté et égalité des cultes, liberté de conscience.

_ Le modèle qui s’impose sous la IIIe République est celui d’une laïcité tolérante qui repose sur le respect de la liberté et qui s’oppose à une laïcité de combat incarnée notamment par Emile Combes.

Laïcité (p. 370) : Principe qui consiste à supprimer l’influence de la religion dans la vie publique et à la réduire à la sphère privée.

 

 

C. Quelles sont les oppositions à la loi de 1905 ?

 

Texte 4 page 367 : La réaction du pape Pie X

Question 4 page 367 : Pourquoi la loi est-elle condamnée par le pape Pie X ?

_ Le pape Pie X condamne en 1906 par l’encyclique Vehementer nos le principe et les modalités de la séparation des Eglises et de l’Etat. La France, « fille aînée de l’Eglise » depuis le baptême de Clovis le 25 décembre 498, rompt ses liens avec l’Eglise catholique en mettant fin au concordat et en établissant un Etat indépendant de toutes religions.

 

Texte 2 page 366 : Extraits de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905

Photographie 5 page 367 : La crise des inventaires : les églises barricadées

Question 5 page 367 : Quelle conséquence cette position va-t-elle avoir en France ?

_ Lors de l’adoption de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat une majorité d’évêques est favorable à la loi. Des intellectuels catholiques expliquent que la loi n’empêche ni de croire ni de pratiquer. Cependant, la condamnation par le pape aboutit à une résistance des catholiques qui contestent en particulier les inventaires des biens de l’Eglise.

_ La loi stipule que les édifices religieux sont propriétés de l'État, mais l’Etat accepte que les associations religieuses constituées selon la loi de 1901 exercent gratuitement un culte dans ces édifices. Juifs et protestants acceptent la loi mais les fidèles catholiques et son clergé refusent les inventaires. En effet des éléments sacrés réservés aux prêtres lors des messes (calices pour recueillir le sang du Christ) pourraient être profanés. Aussi, de violentes oppositions apparaissent dans les régions fortement pratiquantes de l’Ouest et des Pyrénées. 

_ En 1907 le gouvernement de Clemenceau décide de mettre fin au conflit en ordonnant la suspension de la création des associations et donc la fin des inventaires. Le clergé catholique se maintient dans les églises.

Inventaires (p. 370) : Comptabilisation des biens de l’Eglise survenue en 1906 à la suite de la loi de séparation de 1905.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mimi 07/02/2016 11:59

L'auteur Sandrine Desse, dans son roman Charlie profané, livre une réflexion assez iintéressante à ce sujet:
" Les religions m’indifférent profondément. Il n’existe pour moi que des humains dont le droit essentiel est de vivre en pensant ce qu’ils veulent sans avoir à risquer leur vie pour ça. Et c’est ce que la laïcité avait presque réussi à accomplir. Aidé de la science, l’homme avait tué le merveilleux et la sagesse qui seule peut permettre le véritable vivre ensemble était enfin à portée de main. Et aujourd’hui, ce sursaut de délire mystique remet en cause des siècles de combat silencieux et sans violence. Tous les discours que nous pourrions faire pour inciter l’homme à la raison seraient inutiles. L’être humain a besoin de merveilleux autant que de nourriture. C’est la seule chose que la laïcité n’a pas pu lui fournir. C’est notre seule faiblesse."