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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 13:01

 

 

III. Comment la guerre totale s’exerce-t-elle aussi sur les civils ?

 

            A. En quoi les civils sont-ils victimes de la guerre ?

 

                        1. Quelles violences subissent les civils ?

                                              

Texte 1 page 92 : Les civils victimes de la pénurie

Qui impose le rationnement au Nord de la France ? Quelles sont les conséquences ?

_ Les territoires occupés par les Allemands connaissent rationnement et privations entraînant cherté des produits et famine. A Lille la mortalité est passée de 19-21% avant la guerre à 41-55% en 1918. La tuberculose, le scorbut… font des ravages sur les corps affaiblis.

 

Quelles pourraient être les autres violences et souffrances imposées aux civils ?

_ La Belgique et le nord de la France sont des territoires occupés avec brutalité par les Allemands.

* Exécutions et destructions : Dès août-septembre  1914 lors de l’invasion de la Belgique  6000 civils sont tués. A Lille des exécutions ont lieu comme en 1915 le jeune Léon Trulin, âgé de 18 ans, ou quatre membres du comité Jacquet, l’un des premiers comités de résistants.

Des endroits prestigieux sont détruits comme la bibliothèque de Louvain qui est incendiée.

* Réquisitions : les produits alimentaires, mais aussi tous les biens sont pillés : les cloches et les statues sont fondues pour en récupérer le métal, les matelas pour en prendre la laine et en faire des uniformes… Une taxe est instaurée sur les chiens.

* La population civile est réquisitionnée pour des travaux forcés agricoles ou en usine. Des civils sont déportés en Allemagne (camps de  Rastatt ou Güstrow). Entre octobre 1916 et février 1917, 61 000 travailleurs belges sont contraints d’aller travailler en Allemagne.

 * L’Allemagne ne respecte pas les conventions de La Haye et constitue des groupes d’otages qui risquent d’être exécuté en cas de geste hostile de la population contre l’occupant. Les otages servent aussi de boucliers humains sur les aérodromes, ou à faire pression sur les municipalités qui refusent de payer les contributions de guerre.

Cf : http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/comprendre-et-approfondir/le-nord-et-le-bassin-minier-sous-loccupation/lille-a-lheure-allemande.html

 

Texte 2 page 92 : L’invasion russe en Prusse orientale (Allemagne)

Quelles sont les causes des destructions ?

_ Les Russes détruisent les villages, coupent les lignes télégraphiques. Les habitants fuient avec ce qu’ils peuvent emporter. Les combats qui se rapprochent peuvent causer d’autres destructions.

 

_ Les progrès de l’artillerie à longue distance et de l’aviation permettent de toucher des villes en arrière du front. Londres est bombardée par des neuf zeppelins le 31 janvier 1916, tuant 59 civils.

_ Aux destructions par les combats s’ajoute  la « politique de la terre brûlée ». Tout ce qui pourrait être utile à l’ennemi est détruit systématiquement.

 

  

                        2. Génocides des Arméniens, Grecs Pontiques, Assyro-Chaldéens !

 

Lien Ina :(de 1 min 30 à 5 min 40)

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/CAB8200592901/historique-du-genocide-armenien.fr.html

 


Texte 5 page 93 : Un témoignage sur le génocide arménien

Question 4 page 93 : Quelle est la source du document ?

_ Le document provient d’une personne neutre et fiable car extérieure au conflit mais bien informé par sa position diplomatique : le consul des Etats-Unis Leslie A. Devis. Il a rédigé cette lettre rapport à destination de l’ambassadeur des Etats-Unis Henry Morgenthau. La lettre est rédigée durant le génocide arménien le 30 juin 1915.

 

Question 5 page 93 : Quels sont les motifs qui permettent la répression des Arméniens dans l’Empire ottoman ?

Le prétexte des persécutions « Un mouvement révolutionnaire de la part de certains Arméniens » (l. 2-4) permet d’exercer sans distinction et à l’échelle de tout un peuple des mesures génocidaires : « en faisant fort peu de distinction entre ceux qui étaient entièrement innocents et ceux que l’on soupçonnait d’avoir participé au mouvement. » (l. 7 à 10).

_ Les Arméniens sont un peuple chrétien partagé entre les Empires ottoman et russe. Le gouvernement ottoman accuse les Arméniens chrétiens d’être pro-russes et de possibles trahisons face à l’avancée des armées russes.

 

Question 6 page 93 : Quelles sont les mesures prises par les Ottomans contre les Arméniens ?

Les mesures prises par les Ottomans contre les Arméniens sont diverses :

* Arrestation et élimination des élites arméniennes : « Ici, presque tous les Arméniens de sexe masculin de quelque importance ont été arrêtés et jetés en prison. […] soumis aux tortures les plus cruelles […] Plusieurs centaines des Arméniens les plus en vue […] ont été tués. » (l. 10-19).

* Massacres par armée et organisations paramilitaires : « menace d’un massacre » (l. 21)

* Déportation de tous les Arméniens vers le Sud : « une déportation générale de ce genre signifie une mort progressive et peut-être plus horrible pour presque tous. » (l. 39-42).

_ Dès le XIX siècle les Arméniens sont victimes de violences. Mais, en 1915 le premier ministre Talaat Pacha prend des mesures conduisant à la destruction du peuple arménien : arrestation et élimination des élites arméniennes (tortures, meurtres) ; massacres par l’armée et des organisations paramilitaires ; puis la déportation de toute la population arméniennes vers le Sud par des marches de la mort où ils sont attaqués, puis abandonnés dans le désert sans moyen de survie.

 

Question 7 page 93 : Montrez qu’il s’agit d’un génocide.

Le massacre peut laisser survivre des gens, ce qui n’est pas le cas pour un génocide : « Dans un massacre, beaucoup de gens peuvent en réchapper, mais une déportation générale de ce genre signifie une mort progressive et peut-être plus horrible pour presque tous. » (l. 37-42).

Les caractères du génocide : la volonté de détruire tout un peuple, même les femmes et les enfants, à cause de particularités religieuses et linguistiques de ce peuple, sont présentes dans l’organisation de cette déportation.

_ Dans l’Empire Ottoman, dès 1915, commencent des génocides envers les peuples chrétiens de l’Empire : Arméniens (entre 650 000 à 800 000 victimes), Grecs Pontiques (500 000) et Assyro-Chaldéens (entre 500 000 et 750 000, soit 70% de la population assyro-chaldéenne).

Génocide (p. 94) : Destruction physique, intentionnelle, systématique et programmée d’un groupe ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines ethniques ou religieuses.

 

 

            B. Comment les civils sont-ils mobilisés par la guerre totale ?

 

                        1. Qu’est-ce que l’économie de guerre ?

                                              

Texte et tableau statistique 2 page 96 : Les usines Renault tournées vers l’effort de guerre

Question 2 page 97 : Quelles conséquences la guerre a-t-elle sur la manière de produire ? Sur les produits fabriqués ?

_ La guerre industrielle exige de fabriquer un nombre grandissant d’armes et de mutinions, de fournitures (uniformes, etc.) pour les soldats. L’Etat commande et paye les fournitures : « on nous demanda un nouvel effort pour augmenter nos fabrication de camions » (l. 1 à 3), « En vue de répondre au programme de l’aviation » (l. 6-7) et les industriels fournissent les armes.

_ Les industriels achètent ou produisent eux-mêmes les machines dont ils ont besoin pour la production : « nous avons fabriqué les machines-outils les plus diverses. » (l. 13-14). De plus, les entreprises créent de nouveaux ateliers et se développent : « avant la guerre nous n’avions pas d’ateliers de forges, nous n’avions pas d’ateliers d’emboutissage, nous n’avions pas de fonderies de fonte et de bronze. » (l. 15 à 18).

_ Pour fabriquer en masse armes et munitions les industries s’équipent de nouvelles machines-outils et adoptent des techniques (taylorisme par exemple) de production plus performantes. La progression est spectaculaire : les usines Renault passent de la production de 75 obus en 1913 à 2000 000 en 1918.

 

_ L’économie de guerre se caractérise par l’ensemble des mesures prises pour adapter l’économie d’un pays aux nécessités de la guerre (financement, productions, main-d’œuvre…). L’Etat met en place une « économie dirigée » sur le « front de l’arrière » en :

* assurant le financement : l’Etat réalise emprunts extérieurs et intérieurs (Allemagne et France), augmente les impôts (Royaume-Uni), procède à la création de monnaie provoquant une forte inflation (la masse de billets passe de 6 milliards en 1913 à 35 milliards en 1919). En effet la guerre coûte cher : pour la petite bataille de Malmaison dans l’Aisne la dépense s’élève à 600 millions de francs-or, soit 10% du budget de la France en 1914

* encadrant la production : Les industriels travaillent pour l’Etat. En France Louis Renault fabrique des chars d’assaut, des obus ; Marius Berliet des camions. Pour augmenter leur production les entreprises généralisent le taylorisme : 13 000 obus par jour avant guerre à 151 000 en juin 1916. Les entreprises réalisent des profits très importants mais sont considérés dans l’opinion publique comme des profiteurs de guerre.

* Main d’œuvre : Pour assurer la production l’Etat rappelle du front les ouvriers qualifiés.

 

 

 

 

 

Site INA : Les immigrés et les troupes coloniales comme combattants pour la France

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/I00017527/guerre-de-1914-1918-engagement-des-communautes-immigrees.fr.html

 

 

 

 

 

 

Photographie 3 page 97 : Le recours à nouvelle main d’œuvre

Question 3 page 97 : Par qui remplace-t-on les hommes appelés sur le front dans cette usine ?

_ La main-d’œuvre manque avec le départ des hommes sur le front. Aussi est-elle remplacée par des femmes et par des travailleurs étrangers européens et originaires des colonies africaines et asiatiques.

 

_ Pour remplacer les hommes partis au front les travailleurs étrangers et les femmes sont recrutés. En 1918, l’industrie de l’armement française compte 1,7 million d’ouvriers contre 50 000 avant guerre. Parmi eux près de 500 000 militaires et 40 000 prisonniers de guerre, 430 000 femmes.

* En 1915 les travailleurs européens en France sont 250 000 (Espagnols, Portugais…) ; les travailleurs issus des colonies sont nombreux : 132 000 Maghrébins et 55 000 Malgaches, 49 0000 Indochinois.

* Les femmes prennent un rôle important dans la guerre industrielle en devenant munitionnettes. Elles assument aussi les travaux traditionnels : éducation des enfants, soin des invalides de guerre de retour du front… Dans les fermes les femmes accomplissent leurs travaux agricoles mais aussi ceux de leurs maris. Les employées féminines acquièrent une liberté dans le faits plus grande. Les « munitionnettes » deviennent des suffragettes en faveur des droits des femmes comme le droit de vote. Après guerre les femmes désirent leur émancipation (« garçonnes » dans les années folles).

Munitionnettes (p. 100) : Femmes produisant des munitions dans les usines durant la Première Guerre mondiale.

 

                        2. Comment la culture de guerre mobilise-t-elle les esprits ?

 

Texte 1 page 98 : Une information contrôlée

Question 1 page 99 : Quels sont les objectifs de la circulaire ?

La circulaire a pour objectif de contrôler l’information de nature militaire par l’établissement de la censure sur les journaux.

 

Question 2 page 99 : Qui a voté ces dispositions ? Dans quel contexte ?

Le Parlement a voté ces dispositions « sans aucune opposition ». En effet, un gouvernement d’Union nationale se forme en France dès le début de la guerre (la guerre est déclarée le 3 août 1914 et la loi est votée le 6 août).

_ Un gouvernement d’union nationale nommée «Union sacrée » selon l’expression du président de la République Raymond Poincaré dirige la France jusqu’en 1917. Les partis politiques cessent leurs oppositions au profit d’une lutte commune contre l’ennemi (environ 200 000 soldats dans le 1er mois de la guerre à cause des uniformes voyants et de l’absence de casques !)

 

Question 3 page 99 : Pourquoi peut-on parler ici d’un véritable « bourrage de crâne » ?

Le « bourrage de crâne » est visible dans les mensonges adressés à la population française dans les journaux, en particulier au début de la guerre pour rassurer les populations face au très grand nombre de morts causés par l’artillerie dans les premiers mois du conflit.

_ La « mobilisation des esprits » passe par une intense propagande appelée « bourrage de crânes ». Les informations venues de la presse sont contrôlées par la censure, la gravité de la situation cachée aux civils. La propagande guerrière exalte les victoires de l’armée française.

Bourrage de crâne (p. 100) : propagande exercée sur l’ensemble des populations des Etats belligérants pour les mobiliser.

 

Texte 5 page 99 : La mobilisation des enfants

Question 7 page 99 : Montrez que l’école permet la mobilisation des plus jeunes.

_ La société est engagée dans la guerre au côté des militaires. Les enfants sont eux aussi concernés par cette mobilisation du « front de l’arrière » par l’enseignement scolaire

 

Image 2 page 98 : La déshumanisation de l’adversaire

Question 5 page 99 : Comment sont présentés les Alliés ? L’Allemagne ? Quel est l’objectif de cette caricature ?

* Les Alliés sont représentés unis et combatifs, courageux face à un monstre hideux et meurtrier. Les Alliés peuvent être assimilés à de preux chevaliers luttant contre le mal personnifié en dragon.

* Le monstre représente l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie comme le montre le double couvre-chef de la tête : casque à pointe du kaiser Guillaume II, képi de l’empereur François-Joseph. A proximité du feu, sous la queue du monstre, figurent des cadavres rouges de sang de civils, de femmes et d’enfants.

* L’objectif de la caricature est d’assimiler l’ennemi à un monstre, de lui enlever son caractère humain en lui conférant de la sauvagerie, de la barbarie. Le journal peut s’appuyer sur l’actualité pour réaliser cela : 6000 civils belges ont été tués (cadavres sanglants) et la bibliothèque de Louvain incendiée (ruines fumantes). La lutte est souvent présentée comme un combat de la civilisation contre la barbarie. Des rumeurs d’atrocités parcourent la population comme celles des mains coupées.

_ La culture de guerre est la diffusion des modes de pensées nationalistes et guerriers à l’ensemble de la société. La propagande entretient l’idée d’une lutte de la civilisation contre la barbarie (représentation de l’Allemand comme un « hun » pour les Américains).  Des rumeurs d’atrocités parcourent la population comme celles des mains coupées des enfants par les Allemands.

_ La Première Guerre mondiale constitue une rupture dans la perception de la guerre en banalisant la destruction de masse, en accoutumant les sociétés aux violences physiques et psychologiques. La « brutalisation » de la société (historien américain George Mosse) explique en partie les violences d’après-guerre et de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, en France et au Royaume-Uni

Culture de guerre (p. 100) : Ensemble des représentations que les belligérants ont de la guerre, de ses violences, de ses souffrances.

 

Dessins d’enfants de la Première Guerre mondiale sur les mains coupées :

Site : http://www.ecole-alsacienne.org/spip/Les-Dessins-de-la-Grande-guerre.html

 

 

_ La première guerre mondiale provoque en Europe des réactions contradictoires avec d’un côté une brutalisation des sociétés avec le désir de revanche des vaincus et la montée des totalitarismes ; et de l’autre l’essor du pacifisme avec la création de la Société des Nations et l’esprit de Genève.

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion :

La Première Guerre mondiale (1914-1918) est une guerre mondiale impliquant les pays européens et leurs colonies africaines ou asiatiques, mais aussi le continent américain avec l’intervention en 1917 des Etats-Unis. Elle est une guerre totale à cause de la propagande, de la mobilisation de l’arrière et de l’économie de guerre. C’est également une guerre brutale par l’emploi des gaz. Elle provoque 10 millions de morts, 6 millions d’invalides, et voit aussi l’existence des génocides des Arméniens et des Assyro-Chaldéens.

            Elle provoque en Europe des réactions contradictoires avec d’un côté une brutalisation des sociétés avec le désir de revanche des vaincus et la montée des totalitarismes ; et de l’autre l’essor du pacifisme avec la création de la Société des Nations et l’esprit de Genève.

            Ces réactions aboutissent à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

 

 

 

Schéma L'expérience combattante dans une guerre totale

 

 

 

 

Tableau l'expérience combattante dans une guerre totale 00

 

Par M. Martineau - Publié dans : Cours 1ère
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