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MUSECLIO

Cours histoire 1ère : L'enracinement de la République (2)

2 Février 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

II. Quels sont les éléments de la culture politique républicaine ?

 

            A. Quels sont les valeurs et les symboles républicains ?

 

T. P. pages 156-157 : les symboles de la République

 

Statue 2 page 156 : Buste de Marianne (1890)

Quels symboles et valeurs de la République sont représentés sur ce document ?

Les symboles de la République sont : Marianne est une personnification de la République (à la fois mère (seins gonflés de la mère nourricière), et combattante [tête de Méduse sur sa poitrine]). 

Le bonnet phrygien est un symbole de liberté, il était porté par les esclaves romains libérés.

La devise : liberté, égalité, fraternité sont les valeurs républicaines.

 

_ La culture politique française devient républicaine grâce à l’utilisation de symboles, souvent hérités de la Révolution française. La III République se présente comme l’achèvement des promesses de la Révolution française :

* Marianne : allégorie de la République. Il y’a une identification entre Marianne et la République qui date de la révolution française. 

* Bonnet phrygien : bonnet des esclaves romains affranchis, devient le symbole de la liberté.

* drapeau tricolore : les deux couleurs de Paris (bleu et rouge) entre le blanc de la monarchie.

* souvent également les tables de la loi : déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.

_ Le triomphe de la République signifie l’avènement d’une ère nouvelle, faite de progrès et bâti sur la devise : « liberté, égalité, fraternité ».

 

Culture politique : connaissances et sentiments d’individus ou de groupes d’individus concernant une idéologie politique.

 

D’après les documents visibles (3 p. 156 timbre-poste « républicain » créé en 1903, 5 page 157 carte postale de Hansi : « La Marseillaise » (1905)) et vos connaissances, citer d’autres symboles républicains.

La Marseillaise, la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, le drapeau tricolore.

 

_ Les valeurs républicaines sont l’égalité devant la loi, les droits de l’homme, la lutte pour la liberté, la valeur du progrès. Elles sont présentées comme la nouvelle croyance. Ce catéchisme républicain est institutionnalisé par des rites :

* Le 14 juillet  (anniversaire de la prise de la Bastille) devient fête nationale en 1880.

* En 1879 la « Marseillaise » écrite par Rouget de Lisle est choisi comme hymne national.

_ C’est au moyen de ces symboles et de ses rites que la culture républicaine s’est diffusée et à enraciner solidement la république dans l’esprit des Français. Grâce à la pratique régulière du suffrage universel et à l’école, la République est en 1914 un régime accepté par la majorité des Français.

 

             B. Par quels moyens la République s’est-elle imposée aux esprits ?

 

Texte 2 page 154 : Le service militaire

3 page 155. A quelle défaite l’auteur fait-il allusion ? Quel pays considère-t-il comme l’ennemi?

La défaite est celle de la guerre de 1870, perdu contre la Prusse devenue l’Empire d’Allemagne.

 

2. Qu’est-il demandé aux classes populaires et aux classes aisées ? Dans quel but ?

Les citoyens des classes populaires comme des classes populaires doivent accomplir le service militaire. Il doit unir les Français dans un même objectif : reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Pour cela les soldats doivent se sentir Français, avant d’être républicains, monarchistes…  Le service militaire doit donner à toutes les couches de la société (ouvriers et bourgeois) une préparation suffisante pour la revanche.

 

L’école et l’armée sont les principales institutions favorisant l’apprentissage de la République, ainsi que la mixité sociale et régionale.

* Politique de défense nationale : l’armée prépare la Revanche contre les Prussiens et pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine. Tous les Français doivent effectuer un service militaire, quels que soient leurs catégories sociales (ouvriers, bourgeois).

 

T. P. L’école de la République page 149

3. Quelles missions sont fixées à l’école républicaine ?

L’école a pour mission de former le citoyen républicain, et de préparer les esprits des futurs soldats pour la revanche contre l’Allemagne.

 

4. A qui l’auteur compare-t-il les instituteurs ?

Charles Péguy (l’auteur) compare les instituteurs aux « hussards noirs », c’est-à-dire aux soldats du 1er Empire.

 

5. Quelles valeurs incarnent-ils ?

Ils incarnent les valeurs civiques de la République « après le pain, l’éducation est le second besoin du peuple ».

 

7. Relevez les symboles républicains présents sur ce tableau.

Au-dessus du bureau de vote on trouve le drapeau tricolore et le buste de Marianne.

 

8. Quel droit républicain ce tableau met-il en scène ?

Le droit de vote.

 

* L’apprentissage de la République se fait aussi à travers l’école où les instituteurs qualifiés de « hussards noirs de la République » diffuse le savoir et des valeurs civiques à toutes les couches de la société, dans toute les régions françaises. Les lois de Jules Ferry rendent l’enseignement primaire gratuit (juin 1881), laïque et obligatoire (mars 1882), de 6 à 13 ans.  

_ Les contingents des premiers élèves arrivent en âge de voter : les valeurs enseignées à l'école se retrouvent dans les urnes.

 

 III. Quelles crises affectent la République (1886 – 1906) ?        

 

            A. Quelles sont les mouvements opposés à la République ?

 

Illustration haut de la page 142 : Boulanger à l’assaut de la Bastille parlementaire.         

Décrire la caricature ? Quelle est sa signification ?

            La caricature montre un général français (pantalon rouge, képi orné, médaille d’officier de la légion d’honneur) tenant un drapeau. Il désigne du doigt une forteresse sur laquelle est écrit « Bastille parlementaire ». Le général est entouré d’un soldat tirant au canon des écrits, d’une foule levant le poing mais aussi dressant haut des drapeaux portant des titres de journaux (L’Intransigeant, la Cocarde, la Presse…).

            * La caricature montre le soutien de diverses catégories de la population (paysan en chapeau de paille avec sa faux, ouvrier en chemise blanche, bourgeois en haut de forme, militaires) et de journaux.

            * Le but des personnes en faveur du général Boulanger est d’établir une modification du régime. Cela est visible avec les slogans inscrits sur le drapeau tenu par le général : « Vive la République honnête », « A bas les voleurs ». L’accusation de corruption vise les parlementaires installés derrière les murs de la Bastille.

            * Le moyen de parvenir au pouvoir est indiqué avec le soleil se levant à l’horizon sur lequel est inscrit : « Elections de 1889 ». Le canon porte sur son fut l’inscription : « Suffrage universel ». Le général Boulanger compte sur les élections proches (l’affiche de 1889) et sa grande popularité pour parvenir au pouvoir.

 

_ Le général Boulanger rassemble autour de lui les oppositions à la République opportuniste de 1886 à 1889. Il bénéficie d’une grande popularité après s’être opposé à l’Allemagne lorsqu’il était ministre de la guerre en 1886. Le « général Revanche » inquiète les modérés et l’écarte du gouvernement en 1888. Il remporte les élections partielles de 1888-1889.

_ Le programme boulangiste est nationaliste et anti-parlementaire. Il demande la dissolution de la Chambre, l’élection d’une assemblée Constituante, et la révision de la Constitution pour renforcer le pouvoir exécutif.

_ Le général Boulanger rallie autour de lui une coalition de radicaux désirant une république autoritaire et centralisatrice (jacobine), mais aussi des royalistes et des bonapartistes espérant renverser le gouvernement.

_ Le général Boulanger remporte une victoire triomphale à paris et une immense foule l’incite à marcher sur l’Elysée où se trouve le siège de la présidence de la République. Il refuse le coup de force et attend avec confiance les élections générales de 1889. Mais, face aux poursuites judiciaires lancées contre lui par les modérés, il s’enfuit en Belgique où il se suicide en 1891. 

 

Illustration haut de la page 142 : Boulanger à l’assaut de la Bastille parlementaire ?       

Décrire la caricature ? Quelle est sa signification ?

            Dans la caricature on distingue un jeune homme tenant en main un couteau arrêté par d’autres hommes. Le président Sadi Carnot, tient sa main sur une tâche écarlate sur l’écharpe rouge de sa fonction. 

            La caricature montre le choc dans l’opinion provoqué par l’assassinat du plus haut magistrat de la République. Les anarchistes désiraient justement provoquer cette stupeur et la terreur dans l’opinion publique.

 

_ Les anarchistes effectuent une série d’attentats « en réaction violente contre l’ordre établi ». Ils désirent détruire « l’Etat bourgeois » par la violence.

_ Le contexte est celui de scandales dont le plus important est celui du scandale de Panama en 1892. Des députés sont accusés de corruption pour permettre à la Compagnie du canal de Panama d’émettre des emprunts auprès du public. L’opinion a le sentiment d’une complicité entre monde des affaires et classe politique.    

_ Les attentats anarchistes se succèdent : En décembre 1893 une bombe explose dans la chambre des députés. En juin 1894 le président de la république Sadi Carnot est assassiné à Lyon.  

 

           B. Pourquoi l’Affaire Dreyfus divise-t-elle profondément les Français ?

 

T. P. pages 150-151 : L’affaire Dreyfus      

Questions 1 à 6 page 151 :

1. Qui sont les véritables coupables de l’affaire Dreyfus, d’après Zola ?

Pour l’écrivain Zola, les responsables sont des officiers, des généraux et les bureaux de guerre, c’est-à-dire les militaires hauts gradés.

 

2. Quelles explications donne-t-il à cette erreur judiciaire ?

Pour Zola l’explication est double, d’un côté une « passion cléricale », une hostilité des chrétiens envers le juif Dreyfus. De l’autre, la volonté de protéger l’armée, de faire d’elle une institution infaillible dans sa justice (militaire) et donc inattaquable.

 

3. Quelles valeurs défend-il ?

Emile Zola se fait le défenseur de valeurs républicaines de « vérité et justice ». Il défend la primauté des droits de l’individu sur la raison d’Etat (l’armée doit préparer la revanche et donc être « infaillible »).

 

_ L’affaire Dreyfus éclate en 1894 : le service de contre-espionnage découvre qu'un officier de l'état-major livre des renseignements à l'Allemagne. Les soupçons pèsent sur le capitaine Alfred Dreyfus, juif alsacien. Il est condamné à la dégradation et à la détention à perpétuité en Guyane en 1894. Puis le nouveau chef du service des renseignements découvre que le coupable est un autre officier, Esterhazy. Mais l’armée refuse de reconnaître ses torts. Ainsi, le 11 janvier1898 Esterhazy est acquitté. La famille de Dreyfus suivi peu à peu par les intellectuels se mobilisent. Le 13 janvier 1898 Emile Zola  publie un célèbre article en faveur de la vérité et de Dreyfus : J'Accuse, dans le journal L’Aurore.

 

4. Quel est le message de cette caricature ?

La célèbre caricature de Caran d’Ache montre l’intensité de la division en France entre les dreyfusards, partisan de l’innocence de Dreyfus et de la révision du procès, et des antidreyfusards qui refusent le procès soit par antisémitisme, soit parce qu’ils considèrent que l’armée ne doit pas avoir tort. 

 

_ A la suite de cet article de journal la France se divise en deux camps opposés :

* les dreyfusards, partisan de l’innocence de Dreyfus et de la révision du procès. Ils se rassemblent dans la Ligue des droits de l’homme créée en février 1898.

* Les antidreyfusards refusent la révision du procès, soit par antisémitisme, soit parce qu’ils considèrent que l’armée ne doit pas avoir tort. Ils préfèrent une injustice individuelle à un amoindrissement de « l’honneur de l’armée ». Ils se réunissent dans la Ligue des patriotes de Paul Déroulède.

 

5. De quels maux sont accusés les Juifs dans ce tract ?

Les Juifs sont accusés de diviser la France, d’accaparer les richesses du pays, de salir l’image de l’armée.

 

_ L’affaire Dreyfus transforme la culture politique française. La gauche devient graduellement de plus en plus antimilitariste, alors qu’une partie de la droite devient antisémite. La période est aussi celle de la création de la catégorie des intellectuels, qui se revendiquent ainsi face aux autres composantes de la société.

 

6. En quoi, selon cette gravure italienne, la réhabilitation de Dreyfus consoliderait-elle la République française ?

La réhabilitation de Dreyfus s’est mettre en avant la vérité (trompette du génie ailé), favoriser la paix entre les citoyens (ailes du génie), et faire revivre la justice (elle sort du tombeau).

 

_ Face au retentissement du scandale, une révision du procès se déroule pendant l'été 1899. Finalement, le capitaine Dreyfus est gracié par le président de la République Emile Loubet en septembre 1899 et réhabilité en 1906.

_ « L'Affaire » Dreyfus s'est achevée par la reconnaissance des valeurs républicaine avec la victoire du camp dreyfusard.

Antisémitisme : Haine des individus issus d’une famille juive.

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