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MUSECLIO

Cours 1ère L/ES Histoire : L'enracinement de la République (3)

2 Février 2011 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

IV. Quelles sont les réalisations de la République radicale (1902 -1914) ?

 

            A. Qui sont les républicains radicaux ?

 

Texte 4 page 153 : Le programme radical

Question 5 page 153 : Quels principes fondamentaux sont énoncés  en 1901 ?

En 1901 les républicains radicaux ont pour valeurs la laïcité, la liberté républicaine, l’aide sociale.

 

Question 6 page 153 : Sont-ils tous confirmés en 1908 ?

En 1908 les radicaux s’opposent de plus en plus aux conceptions socialistes « idées et rêves des collectivistes » (l. 16-17).

 

_ De 1902 jusqu’en 1914 les radicaux dominent la vie politique française. Le radicalisme influence la politique. Les Radicaux pratiquent une politique anti-cléricale très prononcée. Le laïcisme militant devient pour longtemps un des fondements de l’identité de la Gauche.

_ Le laïcisme militant des Radicaux se traduit par la dissolution des ordres religieux. Cette dissolution interdit de fait l’enseignement privé et met fin au rôle privilégié que jouait l’Eglise dans l’éducation (1902). En 1904, la République rompt ses relations diplomatiques avec le Vatican. En 1905, c’est l’aboutissement de cette politique anticléricale avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat

 

Radicalisme (p. 333) : courant politique, apparu sous Louis-Philippe, qui propose une politique des réformes en faveur de la laïcité, de la liberté et de l’égalité. Défenseurs farouches de la République, ils se réclament du « programme de Belleville » écrit en 1869 par Léon Gambetta. Le parti radical, fondé en 1901, représente entre 1800 et 1930 les aspirations de beaucoup de Français pour le progrès de l’instruction, les libertés fondamentales, l’égalité sociale mais aussi la défense de la propriété.

 

Question 7 page 153 : A quel parti les radicaux s’opposent-ils en refusant la violence révolutionnaire ?

Les radicaux s’opposent aux socialistes de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) et aux syndicats qui leurs sont liés.

 

_ Dans le domaine social, le parti radical s’oppose au syndicalisme révolutionnaire de la CGT, affirmées au congrès d’Amiens de 1906. Les grèves sont réprimées avec violence, en particulier sous Georges Clemenceau (1906-1910). Mais la politique sociale du parti radical aboutit à la création en 1906 du ministère du travail,  et en 1910 à une loi sur les retraites ouvrières. L’impôt sur le revenu est adopté en 1914.

 

 

Photographie 4 page 159 : Manifestation contre « la loi des 3 ans »

 

_ En 1913, face aux risques de guerre la loi des trois ans de service militaire est adoptée.

 

  

            B. Quelles sont les actions des Radicaux ?

 

Texte 6 page 155 : Loi de 1905

Question 10 page 155 : Quelles décisions sont prises par la République française ?

La République française décide la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est-à-dire :

* L’Etat et les collectivités publiques ne financent plus les membres du clergé : prêtres, pasteurs, rabbins (article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »)

* De plus, les biens des églises sont transférés (articles 4 et 9). Ils ne sont plus la propriété du clergé.

* Enfin, la liberté des cultes est garantie (article 1) à l’aide de la force publique (article 25).

* Les signes religieux sont interdits dans les lieux publiques (article 26, 28).

 

Question 11 page 155 : Sur quels principes républicains se fondent-elles ?

La laïcité, la liberté de conscience.

 

_ La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 cherche à garantir la liberté de conscience des citoyens. La République française est laïque et ne finance aucun culte, même pas celui de la très grande majorité de Français en 1900 : le catholicisme. Les prêtres et les pasteurs ne sont plus des fonctionnaires de l’Etat, les biens d’Eglises (monastères, églises…) sont confisqués et donnés aux mairies. Mais la pratique d’une religion peut continuer dans ces établissements.

 

Laïcité : séparation de l’Eglise (pouvoir religieux) et de l’Etat.

 

OU

 

(   10. Quelle liberté cette loi garantit-elle ?

La loi garantit la liberté de conscience, c’est-à-dire d’avoir ou non une croyance politique ou religieuse, de pratiquer un culte religieux si la personne le désire…

 

13. Quelles sont les conséquences immédiates de cette loi ?

La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat a pour conséquences de transformer les agents du culte (pasteurs et surtout prêtres catholiques) : ils ne sont plus fonctionnaires mais de simples individus.

En plus, les biens d’Eglise (catholiques : monastères, églises…) sont donnés aux mairies, établissements publics.

 

14. Quelle valeur républicaine justifie le vote de cette loi ?

La laïcité.

 

Article 1 : liberté de conscience

Article 2 : séparation de l’Eglise et de l’Etat, la République ne salarie aucun culte, aucune religion d’Etat.

Problèmes :

Comment les prêtres vont-ils être payés ?

Par le denier du culte (dons des fidèles à l’Eglise)

 

Que faire des biens de l’Eglise qui depuis la révolution française était propriété de l’Etat ?

La loi prévoyait de faire l’inventaire des biens de l’Eglise étant transféré à des associations cultuelles (religieuse) qui avait un an pour se constituer.

 

Les inventaires commencèrent en 1906 et provoquèrent des manifestations.   )

 

            C. Quelles sont les oppositions politiques en 1914 ?

 

Graphiques semi-circulaires 2 page 152 : Les députés radicaux à l’Assemblée nationale de 1881 à 1914

Quels sont les opposants aux radicaux ?

Les socialistes et les conservateurs

 

_ Le début du XX siècle voit la naissance de partis politiques. Ce sont des organisations structurées dotées de statut, et de sections locales.

* Le 1er parti à se constituer est le parti radical (gauche) en 1901, de la fusion de plusieurs tendances républicaines.

* La SFIO (section Française de l’Internationale Ouvrière) socialiste naît en juin 1905, elle a pour chefs Jules Guesde (socialiste révolutionnaire) et Jean Jaurès (socialiste réformiste). Elle remporte les élections législatives en 1914.

* L’Alliance républicaine démocratique  (droite) naît en 1901, avec pour leader Raimond Poincaré

                       

Texte 2 page 163 : Manifeste de l’Action française

 

1. Présentez le document et son contexte

L’Action française est le journal des monarchistes.

 

2. Quel régime est dénoncé et par quels arguments ?

_ La République est dénoncée avec force.

_ On lui reproche d’être « vendue à l’étranger » et aux sociétés secrètes : juifs, protestants, francs-maçons, étrangers… On lui reproche aussi d’avoir un système d’éducation protestant, de détruire l’Eglise, de provoquer des conflits dans la société, de piller les richesses de la France…

 

3. Quels groupes sociaux sont considérés comme destructeurs de la nation française ?

Les Juifs et les étrangers.

 

4. Quel régime est proposé aux Français ? Qu’en attendent les auteurs de ce manifeste ?

_ A la place de la République on propose la monarchie.

_ Mettre fin à l’inquiétude de la raison française en rétablissant le régime des fondateurs de la France.

 

5. Concluez en dégageant l’intérêt historique de ce document.

Le document montre que la République n’a pas réussi à rallier tous les Français autour d’elle. Mais que les républicains sont néanmoins majoritaires. La liberté d’expression a triomphé et permet à tous, même aux opposants de la République, de s’exprimer.

 

Les oppositions à la culture républicaine sont diverses :

_ Les monarchistes et l'extrême droite s'expriment dans l'Action Française : minoritaire mais ayant une grande influence dans les milieux intellectuels.

 * La Ligue d’Action Française est créée en 1905 par Charles Maurras. Elle dispose d’un service d’ordre avec les Camelots du Roy. Les valeurs de l’Action Française sont à l’opposé des valeurs républicaines : elle est nationaliste (différent du patriotisme d’amour de la patrie), cette doctrine politique accorde la priorité à la défense des intérêts nationaux. Elle est aussi antisémite et xénophobe, antiparlementaire et contre-révolutionnaire, monarchiste et religieuse. Elle s’oppose aussi à la Franc-maçonnerie.

* La ligue souhaite une restauration monarchique, défend l’Eglise catholique et souhaite retrouver le caractère français.

_ A l’extrême gauche les anarchistes prônent une doctrine politique préconisant l’abolition de l’Etat et de toutes les formes de réglementation, mais aussi la suppression de la propriété privée qui opprime les non- possédants. Les anarchistes ont des modes d’actions violents.

Ligue : groupement, à l’origine, civique ou patriotique autour d’une action déterminée. Dans les années 1930, moyen d’action utilisée par l’extrême droite pour faire de l’activisme politique. 

Xénophobie : haine de l’étranger.

Franc-maçonnerie : Association fermée prônant un idéal de fraternité et de solidarité, accueillant les principaux responsables républicains.

 

 

Conclusion : La France à la veille de la 1ère Guerre mondiale

 

 

 

Conclusion :

La culture républicaine qui s’impose progressivement à partir des années 1880  associe respect de l’individu, prépondérance de la Chambre des députés désignés par la nation souveraine, rôle décisif de l’instruction publique pour la formation du citoyen et le dégagement d’une élite, réponse aux attentes de la classe moyenne indépendante, adhésion à un ensemble de symboles et de rites. Cette culture est dominante au tournant des XIX –XX siècles, ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas des adversaires.

  

Ouverture, transition avec le chapitre suivant

 

 

Lecture des pages 158-159

 

 

Le début du siècle est également très marqué par l’esprit de revanche sur l’Allemagne. L’école sert de propagande patriotique, la diplomatie française mène une politique d’alliances qui conduit à la formation de la Triple Entente (avec la Russie et la GB), le débat politique se focalise sur la durée du service militaire, les crises diplomatiques avec l’Allemagne se multiplient (les 2 crises marocaines en 1905 et 1911). L’opposition politique entre la droite et la gauche, centré jusque là sur la question sociale, se déplace sur l’opposition entre militarisme et pacifisme.

 

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