Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
MUSECLIO

Cours 1ère Histoire : la guerre d'Algérie 3

25 Avril 2013 , Rédigé par M. Martineau Publié dans #Cours 1ère

 

 

III. Quelle est l’évolution des mentalités durant la guerre d’Algérie ?

 

            A. Comment l’opinion découvre-t-elle peu à peu la violence de la guerre ?

 

Photographie 5 page 299 : Les partisans de l’Algérie française

En quoi cette photographie montre-t-elle la difficulté à accepter l’indépendance de l’Algérie ? Montre-t-elle des différences dans la réception de cette idée entre Métropole et Algérie ?

* L’indépendance de l’Algérie est inacceptable pour l’armée et pour les Français établis en Algérie, à tel point qu’ils choisissent de réagir par la violence.

* En métropole, la lassitude face aux violences et aux morts de soldats du contingent conduit à accepter l’idée de l’indépendance.

 

_ Les mentalités sur l’accession à l’indépendance de l’Algérie sont diverses en métropole :

* « L’Algérie c’est la France » pour François Mitterrand et les Français en 1954. En effet l’opinion française a été traumatisée par la défaite et l’occupation lors de la Seconde guerre mondiale. La population française est attachée à l’Empire colonial comme symbole de la puissance française.

_ Mais d’autres Français ont des points de vues différents :

* Albert Camus, qui souhaiterait une réconciliation entre Français et Arabes est désespéré par la situation de l’Algérie.

* Les communistes, les « porteurs de valises » et certains intellectuels français comme le philosophe Francis Jeanson sont favorables à l’indépendance algérienne. Maurice Blanchot est l’auteur du « manifeste des 121 », un appel à la désobéissance appuyé par plus d’une centaine d’intellectuels.

 

            B. Comment l’opinion publique reçoit-elle l’idée de l’indépendance algérienne ?

 

Texte 4 page 299 : L’action décisive du général de Gaulle

+ Chronologie page 298

En quoi ce discours constitue-t-il une rupture avec les positions politiques précédentes ? Cette rupture est-elle approuvée par les Français de la métropole ?

_ Le 16 septembre 1959 le président français Charles de Gaulle prononce un discours favorable à l’autodétermination pour décider de l’indépendance de l’Algérie. Il provoque ainsi une rupture avec les positions politiques précédentes (cf. François Mitterrand) et suscite une forte opposition de l’armée et des « pieds noirs ».

_ Le référendum de janvier 1961 montre qu’une large majorité de Français et d’Algériens (75%) sont également favorables à la fin de la « sale guerre ». Les négociations aboutissent aux accords d’Evian du 18 mars 1962.

_ Deux référendums organisés en métropole et en Algérie approuvent ces accords (respectivement 91% et 99,7% de « oui »). Le 3 juillet 1962 l’Algérie devient indépendante.

Autodétermination (p. 303) : le 16 septembre 1959, de Gaulle propose de consulter les Algériens par référendum sur trois possibilités : « la sécession », « la francisation » ou « l’association ».

 

(Ahmed Ben Bella, chef du FLN, devient le premier président du Conseil de l’Algérie indépendante – il en sera le premier Président.)

 

 

 

IV. Quelles sont les conséquences de la guerre d’Algérie pour la politique intérieure française ?

 

A. En quoi l’enlisement du conflit provoque la naissance de la V République ?

 

Chronologie page 344 (ou caricature 2 page 348)

+ Photographie 2 page 344 : Les Français appellent de Gaulle au pouvoir

Quelles sont les conséquences des émeutes à Alger pour la politique intérieure française ?

_ L’enlisement meurtrier du conflit en Algérie provoque des réactions comme les émeutes de mai 1958 à Alger  provoquant le retour au pouvoir du général de Gaulle. Ce dernier est le créateur de la V République proclamée le 28 septembre 1958.

 

Cf. cours sur la naissance de la V République.

 

B. Quelles sont les violences politiques d’après guerre dans la métropole ?

 

Photographie 8 page 300 : Les attentats de l’OAS

Quel est le but des actions violentes de l’OAS ?

L’OAS cherche à influer sur le cours de la guerre en dehors de toute action de l’Etat, parfois même contre l’Etat français et les populations algériennes et françaises.

_ Malgré la fin de la guerre l’OAS continue de perpétrer meurtres et attentats contre Algériens et Français favorables à l’indépendance. Ainsi, en août 1962, l’OAS commet une tentative d’assassinat contre de Gaulle au Petit-Clamart.

 

 

V En quoi le sort des Harkis après la guerre d’Algérie a-t-il été un sujet tabou ?

 

A. En quoi consiste le drame des rapatriés ?

 

Photographie 10 page 301 : Le drame des rapatriés

Question 10 page 301 : Comment se termine la guerre pour les Européens d’Algérie ?

_ Le 18 mars 1962, les accords d’Evian sont signés : ils prévoient que le million de français présents peut rester en Algérie. Mais les éléments les plus extrémistes du FLN assassinent des Européens pour pousser les Français à partir.

_ Aussi plus de 800 000 pieds-noirs quittent l’Algérie à la hâte, abandonnant la plupart de leurs biens. La plupart des « rapatriés » s’installent dans les départements du sud de la France. La majorité d’entre eux se sentent déracinés, puisque plus de 80% sont nés sur le sol algérien.

 

 

B. Quelles ont été les conditions de survie ou de mort des harkis à la fin de la guerre d’Algérie ?

 

INA (5min39) : http://www.ina.fr/video/2434021001004

(début Harki : 2 min 40)

 

INA (4 min 16) http://www.ina.fr/video/1791570008012/la-memoire-des-harkis-video.html

Situation Harki en Algérie et France après la guerre à partir de 2 min 14.

 

 

Tableau 11 page 301 : Le bilan humain de la guerre d’Algérie

Quelles sont les causes de la mort des Harkis ?

Les harkis ont été tués pendant les combats mais aussi victimes de l’épuration.

 

 

_ Parmi les rapatriés d’Algérie une catégorie est rejetée en France et en Algérie : les harkis. Environ 260 000 Algériens musulmans se sont engagés dans l’armée française dans les troupes régulières, comme dans des groupes de protection des villages, les harkas. Il y eut toujours plus d’Algériens combattant sous le drapeau de la République française que dans les rangs du FLN, du MTLD et du MNA.

_ Ces supplétifs algériens musulmans de l’armée française ont été abandonnés aux représailles du FLN ou entassés dans des camps de fortune en France. En effet, à  la fin de la guerre, une partie de harkis, 50 000 à 70 000, a pu venir en France et échapper à la mort et aux tortures infligées par les hommes du FLN. Ils s’entassent dans des camps de fortune et ne bénéficient d’aucune reconnaissance de la part de la France. Ils sont rejetés à la fois par l’Algérie et par l’ancienne métropole.

Harkis (p. 303) : Algériens musulmans servant comme auxiliaires dans l’armée française contre le FLN.

 

 

 

Fiche travail : Harkis

Les harkis en quête de reconnaissance

                Ce que souhaitent les anciens harkis et leurs familles, c’est que la France reconnaissance que son engagement à les protéger à la fin de la guerre n’a pas été tenu. Qu’elle reconnaisse que ceux qui sont venus en France ont été soumis en France ont été soumis à une procédure humiliante de « réintégration dans la nationalité française » alors que la V République leur avait garanti qu’ils étaient citoyens français et qu’ « il n’y avait plus désormais en Algérie qu’une seule catégorie de citoyens ». Et enfin qu’elle reconnaisse que leur regroupement dans les camps […] a été un traitement discriminatoire contraire à tous les principes de la République.

Ces trois faits sont constitutifs d’un abandon qu’il faut que la France reconnaisse enfin. Telle est la demande que formulent les anciens supplétifs* et leurs familles et que les autorités de la République refusent toujours d’entendre. […]

Pour que les plaies d’hier se referment, les anciens supplétifs et leurs familles souhaitent que le passé dont ils ont souffert devienne un objet d’histoire et cesse d’être utilisé, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, comme un enjeu politique. Ils savent que leur passé les rattache aux deux pays et réclament de revoir librement la terre de leurs ancêtres. Or certains discours officiels français qui prétendent rendre hommage à ceux qui auraient fait le « bon choix », celui de combattre avec la France contre l’indépendance algérienne, alimentent la stigmatisation officielle sur l’autre rive. Les réalités d’hier ont été plus complexes.

 

Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, et Gilles Manceron, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, décembre 2009.

* Soldats recrutés pour renforcer temporairement l’armée régulière.

 

 Arrivee-de-harkis.jpg

Harkis et leur famille arrivant à Marseille, 11 juin 1962

1) Qui sont les harkis ? Pourquoi sont-ils employés par l’armée française ?

 

 

 

 

CONCLUSION

 

Tableau 11 page 301 : Le bilan humain de la guerre d’Algérie

Question 11 page 301 : Quelles sont les principales victimes de la guerre ?

Le bilan de la guerre d’Algérie est difficile à évaluer tant il varie selon les sources. La France compte officiellement plus de 24 600 soldats français tués, 141 000 morts dans les rangs du FLN et de l’ALN et plus de 60 000 victimes civiles, dont près de 49 000 algériens. Les sources officielles algériennes citent quant à elles le chiffre de 1 à 1,5 million de victimes civiles. Selon les historiens, le nombre de victimes civiles avoisine un total de 430 000.

 

_ La « guerre sans nom » est un conflit meurtrier à l’origine de nombreuses violences sur plusieurs catégories de populations. Elle est à l’origine d’un déracinement pour les « pieds noirs » et les harkis, de traumatismes pour les acteurs du conflit. Cette guerre coloniale a aussi été à l’origine d’un changement politique majeur avec le retour au pouvoir du général de Gaulle et la création de la V République. Mais, aujourd’hui encore, les passions et les incompréhensions sont toujours vives de chaque côté de la Méditerranée malgré 132 ans d’histoire partagée.

 

 

 

Schema-de-la-decolonisation.jpg

 

 

 

 

 

  Schema-Processus-d-emancipation-des-peuples-colonises.jpg

Partager cet article

Commenter cet article

LOUANCHI 27/04/2013 21:26


HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :


lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En
1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24
heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200
harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société
française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.


 


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser
le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


 


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de
ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi
joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012
sur radio-alpes.net