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MUSECLIO

Récit de la rencontre avec les résistants le 22 octobre 2007

24 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Activités et conférenciers

 

            Le 22 octobre 1941. Le 22 octobre 2007. Le lycée Joliot Curie,
placé au 1 rue Guy Môquet, a commémoré le souvenir du jeune résistant Guy
Môquet.

            La classe de 1ère S3 de M. Martineau, ainsi que la 1ère ES de M.
Saillard, ont été présentes lors de la venue au lycée des anciens résistants
M. Girost et Mme Collot.


            Le 22 octobre, la lettre de Guy Môquet a été lue par l'élève de
1ère S3 Elodie MARTIN
devant les deux classes réunies et en présence des
deux anciens résistants champenois.

 


            Cette lettre a un fort pouvoir d'émotion. Elle doit susciter
également la réflexion sur le sens de l'engagement de Guy Môquet et de la
jeunesse dans la Résistance. Le
pouvoir de l'émotion doit s'accompagner du
devoir de réflexion civique, historique
.


            Dans cette réflexion, la première démarche est celle de
l'information. Qui était Guy Môquet ? Quels ont été son action, son engagement, mais aussi
ses valeurs ?


            Un travail préparatoire a été considéré comme indispensable pour
la compréhension du texte et de la période, mais aussi pour s’informer sur la
biographie de Guy Môquet. Un exemplaire de la lettre et des éléments
biographiques ont été distribués au préalable aux élèves, et des documents
complétant la biographie et ouvrant la réflexion vers d'autres résistants
ont été mis en ligne sur internet.


            Les élèves de 1ère S3 avaient préparé de nombreuses questions.
Les échanges entre les deux résistants et les élèves ont été riches d'émotions et
d'informations sur cette période et sur la vie des résistants.


            En accompagnement des questions et des réponses des élèves, des
documents ont été lus ou diffusés par rétroprojecteur.


            L'itinéraire du jeune garçon de 17 ans Guy Môquet est celui d'un
être aimant la France, la liberté, la vie. La lettre de Guy Môquet à Odette
Niles regrettant un baiser promis a été projetée pour montrer cet amour de
la vie du jeune homme.


            Mme Collot et M. Girost ont évoqué les risques quotidiens de
leur engagement et la violence de l'occupant. Mme Collot a aussi expliqué
son choix de ne pas avertir sa mère de son activité de peur de la plonger
dans l'inquiétude.

 

            Les deux anciens résistants ont expliqué le contexte de cette période : conquêtes d’avancées sociales en 1936, et la fin de celles-ci lors de l’occupation, et la fragilité ancienne et contemporaine de la liberté.

 

            Il a encore été évoqué l’entente entre résistants de toutes les familles politiques et philosophiques : chrétiens ou communistes. Le poème de la Rose et de la Réséda de Louis Aragon a été cité, mais aussi le poème du pasteur Martin Niemöller déporté à Dachau.

 

                        M. Girost et Mme Collot ont indiqué que malgré la violence que
pouvaient subir les résistants capturés, eux-mêmes, lorsqu'ils faisaient des
prisonniers, s'empressaient d'abord de les nourrir et de les traiter avec
dignité.

            Au cours de l'échange il a été cité d'autres jeunes résistants
fusillés. Les étudiants de la Rose blanche Hans et Sophie Scholl en
Allemagne. Dans l'Aube Jean Alba. Mme Collot a apporté l'original de la
lettre de ce garçon de 20 ans. Cantonnier à Saint Hilaire sous Romilly, il a
été arrêté le 7 mars 1944 au maquis du Vignot, à la limite de l'Aube et de
l'Yonne, puis emprisonné rue Hennequin à Troyes. Enfin, il a été fusillé le
8 juin 1944 à Montgueux. Dans sa dernière lettre à sa famille, il indiquait
: « Soyez très courageux car je meurs en bon soldat en essayant de délivrer
la France, très fier, la tête haute ».



 


            Je voudrais adresser mes remerciements à M. Saillard pour
l'encadrement de sa classe, un merci spécial à Mme Fricot pour la réception et le
contact avec les anciens résistants, et surtout à ceux-ci : Mme Collot et M.
Girost qui ont accepté de venir au lycée répondre aux questions des élèves
et témoigner de leur passé et des valeurs de la résistance.

            J'ai été particulièrement sensible à la qualité de l'écoute des
élèves, à leurs remerciements, par exemple des mots adressés par une
élève après la séance pour féliciter le courage des résistants.  M.
Girost a alors répondu avec simplicité qu'ils avaient eu peur autrefois dans
leurs combats, mais qu'ils avaient peur aujourd'hui de voir se perdre le
souvenir de leur lutte et de ses valeurs.



            Les dernières paroles devant les classes ont été le moment de
rappeler les grandes actions de la résistance : celles, spectaculaires du
sabordage de la flotte de Toulon ; mais aussi les plus humbles, parfois
méconnues, comme ceux qui ont aidé les juifs et autres individus pourchassés.
Ce dernier point étant le sujet du concours national de la Résistance et de
la Déportation dont l'existence a été rappelée aux élèves.

 

 

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