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MUSECLIO

Lettre d'un fusillé : Robert PELETIER

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

Il s’agirait de Robert Peletier, fusillé le 9 août 1941 à la Vallée-aux-Loups (Châtenay-Malabry), chemin dit de “l’Orme mort”. On ne dispose pas toujours d’informations exhaustives sur certains fusillés, ce qui a permis de donner la parole, à côté de grandes figures célébrées, à des personnes moins illustres.

 

 

Robert à son fils

 

Prison de Fresnes (Seine 6) - 8 août 1941

 

 

Prison de Fresnes, le 8 août 1941

 

Mon Bobby bien-aimé,

 

Ne pleure pas, mon Bobby, la pensée de tes larmes m’ôte de mon courage.

 

Mon Dieu ! quand je pense à ton enfance si tourmentée déjà ; quand je pense aux larmes que tu as déjà versées pour moi ; quand je pense que, si jeune, je ne te reverrai plus.

 

Mais non, je te reverrai, mon Bobby. Dieu nous réunira plus tard, quand tu auras aussi accompli ta tâche sur la terre et je le prierai pour qu’elle te soit moins lourde que la mienne ne l’a été. Et pour cela, je veux aussi te donner des conseils. Travaille, mon Bobby, sois aussi instruit en toutes choses que tu le pourras. Dans quelques années, tu choisiras ta voie. Fais-le posément, en t’interrogeant, en t’interrogeant longuement sur tes goûts, sur tes aptitudes et suis le chemin choisi avec opiniâtreté.

 

Sois doux et bon, mon Bobby, on ne l’est jamais assez. Je ne l’ai pas été toujours assez avec toi et je le regrette aujourd’hui de toute mon âme. Pourtant, tu sais combien ton Papa t’aime et je pense que, dans ton souvenir, c’est cet amour qui l’emportera sur tout le reste.

 

[...] Peut-être te sera-t-il donné, si tu travailles bien et si Dieu t’aide, d’être dans vingt ou trente ans un des hommes qui relèvera (sic) la France, qui fera que je ne serai pas mort en vain.

 

Mais on ne meurt jamais en vain. C’est parce que trop de Français disaient et pensaient le contraire que nous avons connu la défaite avec toutes ses effroyables conséquences.

 

[...]

 

Je te bénis, mon Bobby, en demandant à Dieu de t’accorder sur terre à toi, toute innocence, ce que sa justice m’a refusé.

 

Toute ma pensée va vers toi, je te serre sur mon coeur, je t’embrasse de tout mon âme.

 

Ton père qui t’aime,

 

Robert.

 

Sois fort, sois courageux, sois bon.

 

VIVE LA FRANCE.

 

Lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko (2003), La vie à en mourir. Lettres de Fusillés

 

(1941-1944), Éditions Tallandier, Paris, pp. 35-37.

 

(6) Aujourd’hui Val-de-Marne.

 

 

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soukaina 31/01/2011 12:21



vraiche,ent jai aimé les letrre de tout les fusilé ellle ma telemnt touché jai telement versé des larme les plus pronfon mon coeur vive la france jaimerai telement etre dasn cette epoke et aide
les résindent qui on su faire de la france une vie



M. Martineau 02/02/2011 00:23



Bonsoir Soukaina,


oui, les lettres sont très émouvantes : elles expriment un adieu à toutes les beautés de la vie, aux personnés aimées... Et pourtant elles offrent une leçon de vie jusque dans l'acceptation de la
mort ! La justice, les idéaux de liberté et de fraternité, tout cela mérite que l'on lutte...Mais nous même, face à leurs choix, aurions-nous le même courage qu'eux ? Leur héritage
c'est notre liberté. Leur courage a façonné notre présent.