Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
MUSECLIO

Lettre d'un fusillé : Guido BRANCADORO

21 Octobre 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Concours et club histoire

 

Guido Brancadoro est fusillé par les Allemands à l’âge de 21 ans, pour avoir participé à de nombreuses actions clandestines : impression et diffusion de journaux et de tracts, sabotages.

 

 

Guido Brancadoro à sa famille

 

Prison de Loos-lès-Lille (Nord) - 30 avril 1942

 

Loos, le 30 avril 1942

 

 

Mes très chers parents, père et mère,

 

À cette heure qui est la dernière pour moi, parce que quand vous recevrez cette présente missive, j’aurai fini de vivre, oui fini, mais courageusement, oui, car c’est en mon pouvoir.

 

Le seul regret que je puisse avoir à cette heure est de vous avoir causé des ennuis, mais je quitte ce monde avec l’espoir que j’obtienne votre pardon, oui, parce que j’ai ce seul regret et qu’avec le regret, il y a toujours le pardon quand arrive cette heure dernière. Je passe par les armes à dix-neuf heures trente avec mes dernières pensées qui vont vers vous.

 

Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie : “Vive la France”, les Allemands qui m’exécutent, et je crie : “Vive le peuple allemand et l’Allemagne de demain”.

 

Recevez pour la dernière fois mon dernier message et les derniers baisers de l’amour, d’amour fidèle.

 

Adieu, chers parents.

 

Brancadoro

 

Lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko (2003), La vie à en mourir. Lettres de Fusillés

 

(1941-1944), Éditions Tallandier, Paris, p. 161.

 

Partager cet article

Commenter cet article