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MUSECLIO

Terminale TSTG Histoire : De 1945 à nos jours l'affrontement Est-Ouest (1)

2 Juin 2007 , Rédigé par J.-V. Martineau Publié dans #Cours Terminale STMG

 

DE 1945 A NOS JOURS : L’AFFRONTEMENT EST-OUEST ET LA DISSOLUTION DES BLOCS

 

 

MANUEL : Magnard, Lycée, 1998

 

Introduction : La rupture de la grande alliance de guerre contre l'Allemagne marque le début de la guerre froide. Deux blocs se forment alors, se groupent autour de valeurs communes, partagées ou imposées et se dotent d'institutions collectives aussi bien politiques que militaires. La rivalité des deux grandes puissances, soviétique et américaine est à l'origine d'un monde bipolaire.

            Pourquoi ce système conflictuel n'a-t-il pas entraîné un conflit universel armé ? Comment l'URSS est-elle passée de la position d'ennemie à celle d'obligée de la seule super puissance : les Etats-Unis ?

 

            Pourquoi et comment est-on passé d’un monde bipolaire où s’affrontent deux superpuissances, deux idéologies, à un monde où les Etats-Unis et le capitalisme semblent avoir triomphé ?

 

 

I. Comment se constituent et s’opposent deux blocs politiques opposés ? (1946- 1948)

 

 

            A. Quelles sont les origines de la rupture Est-Ouest ?

 

 

FICHE (à préparer à la maison) : DISCOURS DE W. CHURCHILL A FULTON (USA), 5 MARS 1946

 

 

            Une ombre s’est répandue sur les scènes si récemment illuminées par la victoire alliée. Personne ne sait ce que la Russie soviétique et son organisation communiste internationale ont l’intention de faire dans l’avenir immédiat ni quelles seront les limites, s’il en est, que respecteront leurs tendances à l’expansion et au prosélytisme. De Stettin dans a la Baltique, à Trieste, dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent les capitales de tous les pays d’Europe orientale : Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia. Toutes ces villes célèbres toutes ces nations se trouvent dans la sphère soviétique et toutes sont soumises sous une forme ou sous une autre, non seulement à l’influence soviétique, mais encore au contrôle très étendu et constamment croissant de Moscou. […] Les communistes qui étaient très faibles dans tous ces pays de l’Est européen ont été investis de pouvoirs qui ne correspondent nullement à leur importance numérique et cherchent partout à s’entourer d’un contrôle totalitaire. […] Sauf en Tchécoslovaquie, il n’existe pas dans cette partie de l’Europe de vraie démocratie. […]

 

            J’ai appris pendant la guerre à connaître nos amis et alliés russes et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qu’ils admirent autant que la force et rien qu’ils respectent moins que la faiblesse militaire.

 

 

Discours de Churchill à Fulton, mars 1946.

 

 

 

Correction de la fiche avec les élèves.

 

_ Au lendemain de la guerre (où Etats-Unis et URSS ont été alliés contre l’Allemagne nazie) et dès 1946, Winston Churchill a été le premier à dénoncer la situation dans le « discours de Fulton ». C'est la première fois que quelqu'un dit tout haut ce que tout le monde pense : ce n'est plus l'Allemagne mais l'URSS l'ennemie. Il fait apparaître le concept de « rideau de fer », c’est-à-dire la situation de partage de l'Europe en deux blocs aux politiques opposées.

 

 

Rideau de fer : Situation de partage de l'Europe en deux blocs aux politiques opposées.

 

 

 

 

DISCOURS DE W. CHURCHILL A FULTON (USA), 5 MARS 1946

 

 

                Une ombre s’est répandue sur les scènes si récemment illuminées par la victoire alliée. Personne ne sait ce que la Russie soviétique et son organisation communiste internationale ont l’intention de faire dans l’avenir immédiat ni quelles seront les limites, s’il en est, que respecteront leurs tendances à l’expansion et au prosélytisme. De Stettin dans a la Baltique, à Trieste, dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent les capitales de tous les pays d’Europe orientale : Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia. Toutes ces villes célèbres toutes ces nations se trouvent dans la sphère soviétique et toutes sont soumises sous une forme ou sous une autre, non seulement à l’influence soviétique, mais encore au contrôle très étendu et constamment croissant de Moscou. […] Les communistes qui étaient très faibles dans tous ces pays de l’Est européen ont été investis de pouvoirs qui ne correspondent nullement à leur importance numérique et cherchent partout à s’entourer d’un contrôle totalitaire. […] Sauf en Tchécoslovaquie, il n’existe pas dans cette partie de l’Europe de vraie démocratie. […]

 

                J’ai appris pendant la guerre à connaître nos amis et alliés russes et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qu’ils admirent autant que la force et rien qu’ils respectent moins que la faiblesse militaire.

 

 

Discours de Churchill à Fulton, mars 1946.

 

               

 

Questions

 

1. Introduction : présenter le texte et son auteur les circonstances de sa rédaction et ses thèmes principaux.

 

2. Le communisme selon Churchill : à partir du texte quelles sont les intentions de politique extérieure que Churchill prête à Staline ? Décrivez le système politique critiqué par Churchill.

 

3. Le rideau de fer : expliquer l'expression. Quels sont les pays concernés dont le texte nous cite les capitales ? Quelle est la situation dans ces pays à la date du texte ? Le point de vue de Churchill doit-il être nuancé ?

 

4. Les propositions d'action : dans quel but Churchill prononce-t-il ce discours ? Que propose-t-il pour l'avenir ? Peut-on considérer ce discours comme une "déclaration de guerre froide " ?

 

 

 

DISCOURS DE W. CHURCHILL A FULTON (USA), 5 MARS 1946

 

 

                Une ombre s’est répandue sur les scènes si récemment illuminées par la victoire alliée. Personne ne sait ce que la Russie soviétique et son organisation communiste internationale ont l’intention de faire dans l’avenir immédiat ni quelles seront les limites, s’il en est, que respecteront leurs tendances à l’expansion et au prosélytisme. De Stettin dans a la Baltique, à Trieste, dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent les capitales de tous les pays d’Europe orientale : Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia. Toutes ces villes célèbres toutes ces nations se trouvent dans la sphère soviétique et toutes sont soumises sous une forme ou sous une autre, non seulement à l’influence soviétique, mais encore au contrôle très étendu et constamment croissant de Moscou. […] Les communistes qui étaient très faibles dans tous ces pays de l’Est européen ont été investis de pouvoirs qui ne correspondent nullement à leur importance numérique et cherchent partout à s’entourer d’un contrôle totalitaire. […] Sauf en Tchécoslovaquie, il n’existe pas dans cette partie de l’Europe de vraie démocratie. […]

 

                J’ai appris pendant la guerre à connaître nos amis et alliés russes et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qu’ils admirent autant que la force et rien qu’ils respectent moins que la faiblesse militaire.

 

 

Discours de Churchill à Fulton, mars 1946.

 

               

 

Questions

 

1. Introduction : présenter le texte et son auteur les circonstances de sa rédaction et ses thèmes principaux.

 

2. Le communisme selon Churchill : à partir du texte quelles sont les intentions de politique extérieure que Churchill prête à Staline ? Décrivez le système politique critiqué par Churchill.

 

3. Le rideau de fer : expliquer l'expression. Quels sont les pays concernés dont le texte nous cite les capitales ? Quelle est la situation dans ces pays à la date du texte ? Le point de vue de Churchill doit-il être nuancé ?

 

4. Les propositions d'action : dans quel but Churchill prononce-t-il ce discours ? Que propose-t-il pour l'avenir ? Peut-on considérer ce discours comme une "déclaration de guerre froide " ?

 

 

 

 

 

 

Explication des termes, des références chronologiques et géographiques :

 

 

récemment : Le discours se situe moins d’un an après la fin de la seconde guerre mondiale

 

organisation communiste internationale : Il s’agit de la troisième Internationale, fondée en 1919 par Lénine, dans le but d’étendre le communisme dans le monde entier.

 

Stettin : Port allemand sur la mer Baltique, annexé par la Pologne en vertu des accords de Yalta et Postdam.

 

Trieste : Port italien sur l’Adriatique, frontalier de la Yougoslavie communiste.

 

rideau de fer : Frontière fermée, matérialisée par des barbelés, des champs de mines.

 

Varsovie : Pologne.

 

Berlin : Capitale de l’Allemagne, divisée en 4 zones d’occupation, américaine, anglaise, française et soviétique.

 

Prague : Capitale de la Tchécoslovaquie.

 

Vienne : Capitale de l’Autriche, divisée en zones d’occupation, occidentales et soviétique.

 

Budapest : Hongrie.

 

Belgrade : Capitale de la Yougoslavie. A la différence des capitales précédentes, elle n’est pas occupée par l’armée soviétique.

 

Bucarest : Roumanie

 

Sofia : Bulgarie

 

sphère soviétique : A l’exception de la Yougoslavie, tous ces pays sont occupée par l’Armée Rouge

 

influence soviétique : Les soviétiques contrôlent la défense, mais aussi l’économie et la vie politique, en poussant en avant les communistes locaux, qui sont investis de pouvoirs qui ne correspondent nullement à leur importance numérique.

 

très faibles : Les communistes étaient peu nombreux avant la seconde guerre mondiale en Europe de l’Est car le PC était partout pourchassé. Le nazisme a décimé leurs rangs. Ils participent après la guerre à des gouvernements de coalition dans tous les pays d’Europe de l’Est.

 

contrôle totalitaire : Importance de la police politique inféodée à l’URSS

 

Sauf en Tchécoslovaquie, il n’existe pas dans cette partie de l’Europe de vraie démocratie : La Tchécoslovaquie était déjà avant la guerre le seul pays démocratique de la région.

 

J’ai appris pendant la guerre à connaître nos amis et alliés russes : Churchill a été le premier ministre britannique pendant toute la guerre et a participé à toutes les grandes conférences de l’après guerre. Il s’est opposé aux projets de Staline lors de la conférence de Yalta.

 

Churchill : Premier ministre britannique de 1940 à 1945. Il n’est plus au pouvoir lorsqu’il prononce ce discours.

 

Fulton : Churchill prononce ce discours à Fulton, dans le Missouri, en présence du président des Etats-Unis, Truman.

 

mars 1946 : La guerre est terminée depuis moins d’une année, mais déjà apparaissent au grand jour les tensions entre les Britanniques et les Américains, d’une part, et les Soviétiques d’autre part.

 

 

Recommandations :

 

 

 

Winston Churchill, il n'est même plus premier ministre de sa gracieuse majesté puisqu'il a subit une défaite électorale. Son remplaçant est alors C. Atlee.

 

Le discours de Churchill comporte deux aspects principaux que l'élève doit  mettre en avant :

 

- une description de la situation géographique de l'Europe au sortir de la guerre avec la modification des Etats ; ce point permet de montrer que l'Union Soviétique assure sa puissance sur l'Europe de l'est grâce aux Etats dits satellites qui constituent désormais le glacis que Staline réclamait aux conférences de Yalta et de Postdam.

 

- un appel du pied aux Etats Unis devant cette menace qui s'étend partout : aux yeux de Churchill, seuls les USA et le Royaume Uni ont un parti communiste faible sinon l'ensemble des pays d'Europe est sous la menace de l'URSS.

 

L'élève doit être capable d'expliquer ce qu'est le rideau de fer.

 

 

Réponses aux questions :

 

 

1. Le texte est un discours prononcé le 5 mars 1946 aux Etats-Unis, à Fulton, en présence du président Truman, par Winston Churchill, ancien premier ministre britannique - trois thèmes : le communisme, la division de l'Europe, les mesures à prendre pour empêcher l'expansion du communisme - on peut se demander si ce discours n'a pas contribué à faire monter la tension.

 

 

2. Pour Churchill, le communisme est un système tyrannique et expansionniste : il s'agit d'un système totalitaire à l'intérieur, qui cherche à s'étendre à l'extérieur (prosélytisme). Mais on peut aussi considérer que Staline cherche à protéger la « patrie du socialisme » par un glacis de pays satellites.

 

 

3. Le rideau de fer est la frontière entre l'Europe de l'Est, occupée par les soviétiques, et l'Europe occidentale. Il est matérialisé par des barbelés. Il isole les pays d'Europe centrale et leurs capitales du reste du continent. Cependant, à la date du texte, seules la Yougoslavie et l'Albanie ont des régimes communistes, les autres pays sont dirigés par des gouvernements de coalition où les communistes sont plus ou moins puissants, mais tiennent en main quelques ministères clés comme la police.

 

 

4. Churchill propose une politique de réarmement des pays occidentaux et d'endiguement de la progression du communisme. La doctrine Truman, qui sera décidée un an plus tard, est déjà contenue dans ce discours. On peut considérer ce discours comme un déclaration de guerre froide mais aussi comme un discours d'une grande lucidité face au stalinisme.

 

 

            B. Quelles sont les zones d’influence des deux blocs ?

 

 

Affiche 2 page 60 : Affiche anticommuniste (1952) + Affiche 3 page 60 : Affiche communiste (1951)

 

Annexe 1 : L’Europe de la Guerre Froide (1947-1955)

 

Question 5 page 61 : A l’aide des documents 2, 3 et de l’Annexe 1, énumérez les pays de l’Est et ceux de l’Ouest.

 

_ Les pays appartenant au bloc soviétique sont situés à l’Est de l’Europe : l’URSS et les pays satellites comme la Pologne, la République Démocratique Allemande (RDA), la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie.

_ Les pays alliés aux Etats-Unis sont à l’ouest et au nord de l’Europe : Portugal et Espagne, France, Italie et République Fédérale d’Allemagne (RFA), Belgique avec les Pays-Bas et le Luxembourg, Royaume-Uni, Danemark et Norvège, Grèce et également Turquie.

 

_ Le monde se divise en deux blocs :

* le bloc Ouest pro- américain comporte les démocraties occidentales (Royaume-Uni, France…) mais aussi des pays moins démocratiques en Méditerranée (Turquie, Portugal…).

* Le bloc des pays de l’Est pro- soviétiques autour de l’URSS (Pologne, RDA, Roumanie…). La satellisation des pays de l‘Est permet à l’URSS d’élargir sa zone d’influence.

_ L'URSS est perçue comme une menace car elle tente d'étendre son influence selon le principe du « glacis protecteur ». Elle a des visées vers l'Ouest mais aussi vers les mers chaudes (le sud), et particulièrement vers la Grèce et la Turquie. Cette dernière contrôle des détroits et la Grèce est en situation de guerre civile.

 

Satellisation : contrôle absolu de l’URSS sur des pays en principe souverains, leur imposant un système politique, économique et social de type soviétique.

 

 

Photographie 4 page 61 : Le « Coup de Prague » 1948

 

Question 4 page 61. En quoi l’événement figuré sur le document 4 peut-il renforcer chaque camp dans ses convictions ?

 

Le parti communiste tchèque prend le pouvoir dans la capitale Prague. La démocratie est renversée par ce coup d’Etat. Ce non-respect de la démocratie renforce l’opinion des démocraties occidentales que l’URSS constitue un danger pour leurs valeurs et le respect des droits, à cause de son impérialisme.

 

+ Affiche 1 page 62 : L’aide financière américaine vue par le Parti Communiste français (1952)

 

 

_ Les vainqueurs de l’Allemagne nazie organisent leurs zones d’influence par des moyens différents : fortes aides économique américaine aux pays qui les acceptent, c’est  le Plan Marshall. Les militaires soviétiques de l’Armée rouge imposent aux pays libérés du nazisme un régime politique et économique communiste. Le « coup de Prague » en 1948 renverse la démocratie en Tchécoslovaquie en imposant les communistes au pouvoir.

_ Le dirigeant de l’URSS, Joseph Staline,  regroupe tous les partis communistes de l’Europe de l’Est sous son autorité dans le Kominform.

 

Kominform : « bureau de liaisons des partis communistes ». Il regroupe, sous la tutelle de Moscou, tous les partis communistes, afin de s’opposer aux initiatives des Etats-Unis. Créé en 1947, il est dissous en 1955.

 

 

 

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