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MUSECLIO

Cours Terminale L/ES : Quel est le déroulement de la Guerre Froide de 1945 à 1975 (partie 2) 4

8 Octobre 2010 Publié dans #Cours Terminale

 

 

 

B. En quoi les accords d’Helsinki sont-ils un espoir démocratique ?

 

La conférence d’Helsinki (1975)

Questions 1 à 5 page 99

1. Présentez le document.

La conférence sur la sécurité et la coopération en Europe s’ouvre le 3 juillet 1973 à Helsinki en Finlande. 33 Etats européens, URSS comprise, y participent, auxquels s’ajoutent les Etats-Unis et le Canada. Les débats se poursuivent à Genève de septembre 1973 à juillet 1975 et s’achèvent le 1er août 1975 par la signature par les chefs d’Etats ou de gouvernements présents dans la capitale finlandaise d’accords qui engagent les 35 pays. Leonid Brejnev pour l’URSS et Gérald Ford pour les Etats-Unis sont présents.

_ La conférence d’Helsinki rassemble tous les Etats européens et les deux Grands : L’URSS et les Etats-Unis. Elle s’ouvre en 1973 et s’achève avec la signature des accords d’Helsinki en 1975.

            L’idée d’une conférence sur la sécurité en Europe n’est pas nouvelle puisque l’URSS l’avait lancée dès 1954 afin de faire reconnaître définitivement aux Occidentaux les frontières de l’URSS et de ses satellites. L’accord avait échoué en raison du problème touchant les frontières de la RDA et de celles de la Pologne ; de plus les Soviétiques contestaient la présence des Américains. La reprise des négociations, en 1973, a lieu dans le contexte d’une nouvelle détente suite au consensus adopté par les Etats-Unis au Vietnam. L’acte final, même s’il n’est pas un véritable traité, est doté d’une grande portée morale et politique.

 

2. Quels principes doivent désormais guider les relations entre Etats ?

Les principes qui doivent désormais guider les relations entre Etats sont :

- « l’indépendance politique » et « tous les droits inhérents à leur souveraineté » (art.1 et 6) ;

- « l’intégrité territoriale » et l’ « inviolabilité » de « toutes leurs frontières » (art. 1 et 3) ;

- le respect à l’intérieur des Etats des « droits de l’homme et des libertés fondamentales » et des « droits des peuples à disposer d’eux-mêmes » (art. 7 et 8) ;

- l’interdiction de toute ingérence dans les affaires d’autrui et l’interdiction de « recourir à la menace ou à l’emploi de la force » pour tout différend avec un autre Etat (art. 2 et 6).

_ Les accords d’Helsinki satisfont l’URSS puisqu’elle obtient la confirmation des situations issues de la deuxième guerre mondiale. En effet sont affirmés l’inviolabilité des frontières européennes ainsi que la renonciation au recours à la force dans le règlement des conflits.

_ Les Etats-Unis est également satisfait de l’affirmation de la garantie de la défense des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales, et du principe de la libre circulation des hommes et des idées.

_ Les accords promeuvent également une volonté de développement de la coopération scientifique, technique et économique entre les signataires.

 

3. En quoi ce texte peut-il être perçu comme une condamnation des pratiques antérieures des deux Grands ?

Ce texte peut-être perçu comme une condamnation des interventions extérieures menées en particulier par l’URSS ou par les forces du pacte de Varsovie lors de soulèvements à Berlin-Est en 1953, en Pologne et à Budapest en 1956, à Prague en 1968. La condamnation touche aussi les Etats-Unis intervenant indirectement dans les affaires intérieures des Etats de l’Europe de l’Ouest, soutenant les révolutions à l’Est et ne reconnaissant pas le partage de l’Allemagne en deux Etats.

 

 

 

4. A quels autres textes ce document fait-il référence et pourquoi ?

Ce texte fait référence à plusieurs reprises à la charte de l’ONU (26 juin 1945) et surtout à son préambule affirmant une volonté de défendre l’égalité souveraine de tous les Etats, la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque nation, la droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le règlement pacifique des litiges entre les pays et surtout le respect des droits fondamentaux de l’homme : « proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes ou petites ».

            La Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 reprend ces mêmes valeurs ; le préambule du traité de l’Atlantique Nord de 1949 reprend l’idée de détermination à « sauvegarder la liberté de leurs peuples ».

 

5. En quoi ces accords peuvent-ils faire évoluer les relations internationales dans le sens de la paix mais aussi maintenir le statu quo entre les grandes idéologies ?

            Les accords entérinent des situations mises en place durant les années de guerre froide et l’hégémonie de l’URSS sur les pays de l’Europe de l’Est mais ils affirment aussi la « libre circulation des idées et des hommes » ce qui pousse par la suite les dissidents de ces pays de se réclamer d’un acte qui a été signé par l’Union soviétique.

            La conférence coïncide avec l’expulsion d’URSS, en 1974, de l’écrivain A. Soljenitsyne suite à sa critique du régime dans L’Archipel du Goulag. La signature des accords coïncide avec l’attribution du prix Nobel de la paix au physicien militant pour le respect des droits de l’homme, A. Sakharov, l’interdiction de sortir de son pays afin de recevoir ce prix entraînant une vague de protestations en Occident.

            Néanmoins, malgré des périodes de tensions entre l’Est et l’Ouest, il s’ensuit, grâce à « Helsinki », un développement de la coopération économique, technique et culturelle entre les pays signataires. D’autres conférences internationales telle que celle qui se tient à Belgrade en 1977 permettent de mettre en place de nouvelles exigences de la part des défenseurs des droits de l’homme.

_ Les Etats-Unis est satisfait des garanties démocratiques contenues dans les accords d’Helsinki, mais l’URSS et les pays de l’Est qui n’en tiennent pas compte à l’intérieur de leurs frontières. Cependant, les dissidents soviétiques, peuvent s’appuyer sur ces accords pour dénoncer les violations des droits de l’homme à l’Est. Le Kremlin n’a plus autant de libertés pour faire taire les dissidents, au moins pour les plus célèbres d’entre eux  (Soljenitsyne condamné à l’exil, Sakharov en résidence surveillée). Pour les autres il reste toujours l’épreuve du goulag et de l’hôpital psychiatrique)

 

 

 

Quels sont les autres signes de détente ?

_ La période 1973-75 est considérée comme l’apogée de la détente. Des gestes symboliques sont réalisés. Ainsi, le 17 Juillet 1975, sous les yeux de millions de téléspectateurs les capsules spatiales américaines et soviétiques Apollo et Soyouz s’arriment dans l’espace.

 

 

            C. Comment les accords SALT éloignent-ils le danger d’une guerre nucléaire ?

 

Texte 5 page 91 :

Question 4 page 91 : Citez la clause essentielle de ces accords. Peut-elle assurer une paix définitive ?

            Après la grave crise de Cuba en 1962 et malgré la guerre au Vietnam, la détente reprend entre les Etats-Unis et l’URSS. Plusieurs négociations dont les objectifs sont la parité de la dissuasion nucléaire aboutissent en 1972 aux accords SALT (Strategic Arms Limitation Talks) signés à Moscou par R. Nixon et L. Brejnev.

_ Les accords SALT ont été précédés par le traité de non-prolifération des armes nucléaires conclu en juin 1968 par les deux Grands et signé par 115 pays (sauf la France, la Chine et l’Inde, désireuses de préserver leur indépendance et ne voulant pas s’interdire de développer leur potentiel nucléaire)

_ Par ce traité les signataires contractent plusieurs engagements :

* les puissances non nucléaires s’interdisent d’acquérir ou de produire des armes nucléaires.

* les puissances nucléaires s’interdisent d’aider les autres pays à acquérir et fabriquer l’arme nucléaire, tout en leur communiquant les découvertes à usage pacifique.

 

            Les accords SALT limitent pour cinq ans les armements stratégiques offensifs, comme le nombre des ICBM (Intercontinentaux de portée supérieure à 5 500 km. Ils limitent surtout le nombre des ABM (missiles antibalistiques, qui détruisent les vecteurs adverses avant qu’ils n’arrivent) jugés à la fois trop coûteux et contraires au principe de la « destruction mutuelle assurée ». Cette limitation permet de « rendre permanent le concept de dissuasion, chacune des deux parties offrant sa population et son territoire à une attaque par missiles stratégiques » (Nixon). Cet accord peut paraître bien limité, il n’en est pas moins un élément essentiel de la détente puisque bien vite d’autres accords sont signés notamment celui qui est cité dans ce texte et qui a été signé à Washington entre les deux mêmes partenaires le 22 juin 1973.

_ Les accords S.A.L.T. 1 (Strategic Arms Limitation Talks) sont le résultat de négociations ouvertes à Helsinki en 1969. L’accord (valable 5 ans) est signé à Moscou en mai 1972 entre les Etats-Unis et l’URSS.

_ Les accords prévoient de limiter le nombres des armes stratégiques (missiles balistiques intercontinentaux) à un certain niveau, ainsi que des sous-marins atomiques lanceurs. Les missiles anti-balistiques (missiles antimissiles) sont également limités afin de ne pas rompre l’équilibre de la terreur. Le but est de limiter la course aux armements.

_ Il reste possible d’améliorer les armes existantes (miniaturisation et missiles avec ogives à têtes multiples) et de chercher de nouvelles armes comme la bombe N, la bombe à neutrons (qui détruit toute forme de vie mais laisse le matériel intact tout en engendrant une moindre contamination …).

_ Le traité sur la prévention de la guerre nucléaire est signé par les Etats-Unis et l’URSS en 1973, lorsque Brejnev se rend en voyage officiel aux Etats-Unis. Les deux pays s’engagent à éviter un conflit nucléaire entre eux ou avec des tiers

 

            La raison essentielle de la signature de ces accords est donnée dans les articles 1 et 4 : il faut « écarter le danger de guerre nucléaire », « le risque de conflit nucléaire ». Pour cela les adversaires s’engagent, lorsqu’existent des « situations risquant de provoquer une dangereuse tension dans leurs relations » à se « concerter d’urgence » et à « déployer tous leurs efforts » afin de prévenir le risque d’utilisation des armes nucléaires. Effectivement, les bombardiers américains n’ont pas utilisé l’arme nucléaire lors des bombardements du Nord Vietnam mais leurs B52 ont lancé des bombes au napalm, des mines et des agents chimiques défoliants qui font des milliers de victimes.

            Ces accords n’assurent donc pas la paix mais ils évitent les anéantissements et permettent des reprises de dialogue lors des conflits futurs.

 

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